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mardi 1 août 2023

Cartes postales (102)

   CARTES POSTALES (102)

Dans ma valise emplie de souvenirs
Qui devient plus profonde avec l'âge,
J’emporterai, avec tous mes désirs,
Le sable léger de toutes les plages

Ainsi que le sel de toutes les mers,
Des flots, des soleils, des débris de voiles,
Le goût puissant des océans amers
Et peut-être aussi quelques étoiles ;

Je ne serai jamais las de marcher
Et j'errerai dans mon propre rêve,
Et sans savoir ce que je vais chercher,
Sous l'étoile ou le soleil qui se lève,

Mes chemins, propices ou dangereux,
Se dérouleront devant moi d'eux-mêmes,
Et je serai fatigué et heureux
Et j'aimerai le monde qui m'aime !

J’aime mes erreurs et mes illusions
Qui sont plus pesantes que mes valises,
De port en port, de vision en vision,
J’irai, épris de toutes les surprises.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 31 mai 2023

Cartes postales (45)

   CARTES POSTALES (45)

Dans les cieux endormis,
L’avion s’en va, parmi
Les nuages et les ailes,
S’envolant avec zèle,
Dans les cieux endormis !

Dans son sein il porte
Des volontés fortes
Et des rêves détruits,
Des aurores, des nuits,
Que dans son sein il porte !

Désacralisation
Du ciel, sans compassion
Pour le pauvre poète
Qui gémit et s’inquiète ;
Désacralisation !

Éternel voyage
De l’homme volage
Par son cœur assailli
Et aimant les pays
Et l’éternel voyage !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 23 septembre 2021

La fougue du Bourak

La fougue du bourak

Gloire à Dieu, qui a transporté pendant la nuit son serviteur du temple sacré de la Mecque au temple lointain de Jérusalem, dont nous avons béni l’enceinte pour y laisser des marques de notre puissance. Dieu voit et entend. (Coran, 17, 1)

« La nuit où j’émigrai au ciel, dit le Prophète,
On fit venir pour moi le Bourak, belle bête
Appesantie de sa selle et de son licol.
Une fougue prenait toutefois le cheval,
Tout son corps frémissait et s'agitait (peut-être
Est-il resté longtemps après Jésus sans maître).
Gabriel au Bourak que sa voix soumet
Dit : “Tu oses faire cela à Mahomet !
Tu lui refuses ton dos, alors que nul autre
N’est plus cher que lui au Seigneur, notre Maître !”
Le cheval écouta ce que dit Gabriel,
Se couvrit de sueur et m’emmena au ciel. »
 

Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 4 juillet 2021

Les deux récipients

 les deux récipients

Redresse donc, pieux et dévoué, ton front pour cette religion, œuvre de Dieu, pour laquelle il a créé les hommes. La création de Dieu ne saurait être changée. Cette religion est immuable, mais la plupart des hommes ne le savent pas. (Coran, 30, 30)

Le Prophète a dit : « À la nuit où a eu lieu
Le voyage où je suis monté aux sept cieux
Avec Gabriel, j’ai pu voir Moïse :
C’est un homme maigre aux proportions précises,
Ni sec, ni mou, qui est grand et brun. C’est pourquoi
Il m’a semblé de la tribu de Chanou’a.
J’ai vu aussi Jésus, ni grand ni petit, homme
Au visage plein de vie et rouge, comme
S’il sortait d’un tunnel ou d’un bain de vapeur.
J’ai vu également Abraham, et d’ailleurs,
Je suis son descendant qui le plus lui ressemble.
On me présente deux récipients ensemble ;
L’un d’eux est rempli de vin et l’autre de lait,
Et on me dit : “Choisis celui qui te plaît.”
Je prends le récipient plein de lait et j’en goûte.
Gabriel alors me dit : “Voilà, sans doute,
Le choix qui correspond aux desseins de Dieu.
Sache, Mahomet, que tu as agi au mieux :
Si tu avais pris du vin, de Lui séparée,
Ta communauté en eût été égarée.” »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 16 avril 2021

La coiffeuse de la fille de Pharaon

La coiffeuse de la fille de pharaon

Dieu affermira les croyants dans cette vie et dans l’autre, par la parole immuable. Il égarera les méchants. Il fait ce qu’il lui plaît. (Coran, 14, 27)

Le Prophète, pendant son Voyage nocturne,
Dans les immensités vastes et taciturnes
Pareilles à des mers aux flots roulant sans fin,
Sentit tout à coup comme une odeur de parfum
Et il demanda à Gabriel : « D’où vient-elle ? »
Cette douce odeur qui semblait immortelle.
Gabriel répondit que ce parfum si bon
Vint de celle que la fille de Pharaon
Avait pour coiffeuse, et de sa progéniture,
Et conta le récit de cette femme pure
Au Prophète voulant l’entendre : « Une fois,
Dit Gabriel, cette femme qui a la foi
Coiffait la fille de Pharaon, quand son peigne
Tomba. Oubliant de Pharaon le règne,
Elle dit : “au nom de Dieu !” “Invoques-tu
Mon père ?” demanda la fille. Avec vertu
Sa coiffeuse lui fit cette réponse austère :
“Non, Dieu est mon maître et le maître de ton père.”
La fille s’écria : “Je vais en informer
Mon père !” Sa coiffeuse alors, sans s’alarmer,
Lui dit : “Fais-le”. Elle le fit. “Réponds, femme,
Ordonna Pharaon, les yeux emplis de flamme,
Adores-tu d’autres dieux que moi ? D’où te vient
Cette audace ?” “Dieu est mon maître et le tien.”
Répéta calmement la brave coiffeuse.
Pour châtier cette femme vertueuse,
Pharaon fit venir un horrible instrument :
Une vache en bronze, et le feu la consumant
Ordonna d’y jeter, avec ses fils, la mère.
Ils étaient des enfants. Sa seule prière
Fut d’enterrer leurs os dans le même tombeau.
Pharaon accepta. Cependant il crut beau
De jeter les enfants dans cette fournaise
Devant leur mère, pour qu’elle souffre à son aise.

La mère vit périr ses filles et garçons,
Et il ne lui restait qu’un pauvre nourrisson
Qu’on allait jeter dans cette vache ardente.
Malgré elle, elle fut saisie d’épouvante.
Le nourrisson parla toutefois, grâce à Dieu,
Et dit à sa mère : “Que ton cœur reste pieux,
Mère ! Car ce feu que tu vois et ces peines
Ne sont rien, comparés au feu de la Géhenne.”
Dieu raffermit sa foi comme seul Dieu le peut,
Et elle entra, avec son enfant, dans le feu. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 11 avril 2021

Comment le Prophète prouva son ascension

comment le prophète prouva son ascension

Gloire à Celui qui a transporté, pendant la nuit, son serviteur de la Mecque à la mosquée de Jérusalem, dont nous avons béni l’enceinte, pour lui faire voir nos miracles. Dieu entend et voit tout. (Coran, 17, 1)

Au lendemain de son ascension, le Prophète
Était triste et seul. Son âme n’était pas prête
À affronter tous les impies et les moqueurs,
Alors que son voyage avait réjoui son cœur.

Dès qu’Abou-Jahl le vit, il alla lui dire
En lui montrant son plus détestable sourire :
« Alors, qu’est-ce que tu as pour nous aujourd’hui ? »
« J’ai voyagé, lui dit le Prophète, la nuit. »
« Où cela ? » « J’ai été à la ville sainte. »
Abou-Jahl s’écria : « Cet homme raconte
Qu’il vit Jérusalem la nuit, et le matin,
Quand il eut fini de s’y promener, revint !
À moi, Banu Ka’ab Ben Louay ! » Pareils aux ombres,
Les impies vinrent, et ils étaient en grand nombre.
« Raconte-leur ce que tu viens de me conter ! »
S’écria de nouveau Abou-Jahl. Écoutez
Son histoire ! » Les uns applaudissaient, riaient,
Les autres s’étonnaient, blasphémaient et raillaient.
« Peux-tu, demanda-t-on au Prophète, décrire
La mosquée d’Al-Aqsa ? » Ils cessaient de rire
Quand le Prophète leur décrivait les saints lieux.
Il allait oublier des choses, mais Dieu
Fit venir la mosquée. Elle devint docile,
Et la décrire fut beaucoup plus facile
Quand le Prophète put la revoir. Surpris,
On s’écria alors : « Cela est bien décrit ! »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 29 juillet 2020

Re-J’ai voulu voyager, à la fin le voyage

RE-j'ai voulu voyager, à la fin du voyage

D’après le poème  « J’ai voulu voyager, à la fin le voyage » de Jean-Baptiste Chassignet (1571-1635) duquel je ne garde ici que la première strophe

J’ai voulu voyager, à la fin le voyage
M’a fait en ma maison mal content retirer.
En mon étude seul j’ai voulu demeurer,
Enfin la solitude a causé mon dommage.

L’homme qui erre va compter ses cicatrices
Dans d’autres pays et sur d’autres continents,
Et croit qu’il va guérir de ses maux en prenant
Les chemins infinis de ses grands caprices.

Il quitte sa maison, rayonnante et tranquille,
Pour braver la tempête et pour braver la mer,
Et il revient enfin chez lui, le cœur amer,
Las de la nature comme il est las des villes.

Son cœur est un vêtement que le Temps déchire, 
C’est un haillon usé et qui est plein de trous,
Car il a cru un jour – comme les autres fous –
Que la Fortune va l’aimer et lui sourire !

De sa pauvre maison il pousse la porte ;
C’est vide comme lui, personne ne l’attend,
Lui, guerrier de l’azur et le preux combattant !
Il n’y a devant son seuil que des feuilles mortes,

Et quelques factures dans sa boîte aux lettres,
Des journaux qui semblent ceux du siècle dernier,
De vieux abonnements qu’il faudra résilier,
Des publicités et la poussière aux fenêtres.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 11 décembre 2019

Voyage de noces abstrait

voyage de noces abstrait

Seule, le soir, avec son rêve immense,
Au pays de l’amour elle pense,
Enivrée par de secrètes odeurs,
Le corps brûlé par de jeunes ardeurs
Comme des bougies allumées dans l’âme,
Embrasée par d’invisibles flammes,
Les larmes aux yeux et les cendres au cœur.
Elle pense à lui, à son doux vainqueur,
Qui viendra et la ravira dans l’ombre,
Sa robe blanche sur son cheval sombre
Comme un peu de jour sur un peu de nuit,
Reluira, et il n’y aura qu’elle et lui ;
Elle sera vouvoyée et aimée,
Son existence sera parfumée
Comme son grand lit parsemé de fleurs,
Ils s’aimeront dans la joie et la douleur
Comme au premier jour, épris et fidèles,
Avec un bruissement délicat d’ailes
Un ange ou un oiseau, tous les matins,
Viendront les réveiller, et leur destin
Sera de mourir, bouche sur la bouche,
Au même instant et dans la même couche.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 9 mai 2019

Le voyage impossible

Le voyage impossible

Où vas-tu, petit oiseau ?
Tu me sembles bien frêle
Pour me prendre sur tes ailes
Jusqu’à ton pays si beau !

Douce brise sans fardeaux,
Tu m’as l’air bien légère
Pour me porter sur ton dos
Jusqu’à l’île des chimères !

Impalpables, grands rayons,
Vos lueurs sont trop réelles
Pour qu’ensemble nous soyons
Des âmes fraternelles !

Ondes, filles de la mer,
Vous êtes trop volages,
Et moi je suis trop amer
Pour faire ce voyage !

Nuages, vous êtes lents
Comme des tortues volantes,
Et mon cœur est trop violent
Pour les choses trop lentes !

Je n’irai donc nulle part,
Je resterai sur terre,
Caché à tous les regards
Dans la maison du mystère.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 12 octobre 2016

Bon voyage

bon voyage

Francisco de Goya, Capricho n.º 64: Buen viaje (« Bon voyage ») (1797-1798)

Les vices criants et éblouis
Sur leur étrange monture
Sont partis à l’aventure,
Cachés au soleil qui reluit,

Cortège de monstres rêveurs,
Ils s’envolent dans le ciel sombre,
Ombres, ils s’en vont dans les ombres
En gémissant avec ferveur !

Ridicules et terribles,
Leur voyage semble éternel,
Ils semblent, dans la mer du ciel,
Chercher un port invisible !

Où vont-ils ? dans le vaste monde
Ils errent comme des bannis,
A la fois maudits et bénis,
Bravant les écueils et les ondes !

Au-dessus du radieux enfer
Dans lequel les hommes vivent,
Ils s’envolent et jamais n’arrivent
Aux rivages qui leurs sont chers,

Voyageurs de l’immensité
Perdus dans d’obscurs dédales,
Dont les visages sont pâles
De l’humaine perversité !


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

samedi 20 février 2016

Le Voyage

Le voyage 

Le voyageur, épris d’espoir et de rêve,
Erre de port en port et de grève en grève
Et il aime à braver les vents et le destin
Bercé par l’harmonie des profonds flots lointains.
Il appareille enfin ; tout est immense et vague,
Et le monde n’est plus qu’une seule vague,
Tumultueux et plat et que rien ne retient,
Que gonfle l’écume, qui va et qui revient !
Comme nous ! oubliant notre finitude,
Sans trembler du danger et de la solitude,
Nous espérons trouver, emportés par le flot,
Un phare ou un visage, une île ou un îlot !
Que les vents rugissent ! que l’océan gronde !
L’orage appesantit son antique fronde
Et veut nous assaillir, mais nous triompherons !
Nos lauriers de marins couronnent nos doux fronts,
Comme les rois, nous sommes ambitieux et augustes !
Peu nous chaut l’écueil traître et le vent injuste ;
Elle nous attend, l’île aux éternels festins,
Partons ce soir et nous y serons ce matin !


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 13 février 2015

Conte: Jean des Merveilles (Partie V)

CONTE: JEAN DES MERVEILLES (PARTIE V)


V. Comment Jean des Merveilles accomplit sa courageuse mission

Jean ordonna à son équipage diligent 
De prendre le chemin du Sud, se dirigeant
Vers l’île où la princesse où était prisonnière.
Le navire voguait d’une fougueuse manière
A tribord, à bâbord et aussi en avant,
Obéissant à son capitaine savant
Qui des ondes connaît les sombres mystères.
Jean et son équipage courageux restèrent
Trois jours en pleine mer. Quand le quatrième vint,
Alors que Jean croyait ce long voyage vain
Et désespérait de trouver la princesse,
En exhortant à la rechercher sans cesse
Ses hommes obéissants, courroucé et déçu,
Ils aperçurent une île et mirent cap dessus.
Jean vit quinze navires postés autour d’elle,
L’un d’eux s’avança vers lui ; aux marins fidèles
Il commanda manœuvre, d’une attaque tremblant.
Le corsaire qui venait tira deux coups à blanc
Et un à boulet. « Feu ! » cria Jean des Merveilles,
Mais ses canonniers, lents comme l’enfant qui s’éveille,
Restèrent immobiles comme de fiers monuments.
« Obéissez ! cria leur chef éperdument,
Ou vous serez châtiés ! », pâlissant de rage.
Mais les matelots, devenus soudain sans courage,
Ne bougeant pas, laissèrent les pirates infester
Le vaisseau, sans même tenter de résister.
Jean des Merveilles pensa à sa coque charmée,
Et ayant résolu de punir son armée,
Lui dit : « Coque de noix, sauve-moi du trépas,
Deviens, pour me tirer de ce bien mauvais pas,
Un petit navire où il n’y a qu’une place. »
Le vaisseau devint une chaloupe qui, lasse
De tant de voyageurs, les noya à l’instant.
Le chef des corsaires, le seul à bord restant,
Et qui était l’ennemi de la fée vieillissante,
Qui donna la coque à Jean et était puissante,
Fut changé en un gros chat  noir, et dit à Jean :
« Tu seras cent ans prince, et moi, en m’affligeant,
Je serai cent ans chat. » Jean aborda à l’île,
Délivra la princesse, fit un voyage tranquille
Dans sa chaloupe qu’en vaisseau il transforma.
Le roi, qui de ne point le revoir s’alarma,
L’embrassa et en fit l’époux de sa fille pieuse.
Il y eut de belles noces, qui étaient si copieuses,
Que le lendemain on vit des invités nombreux
Qui mangèrent et burent lors du soir ténébreux
Et des belles princesses égayaient leurs paupières,
Ronfler heureusement sur les mètres de pierres.

[FIN DU CONTE: JEAN DES MERVEILLES]



Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène