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en, chevalier de l'espoir Sur les cœurs grands et noirs, Pareils aux terres sèches, En faisait pleuvoir L'espoir, cette pluie fraîche. Doux comme le printemps Qui verdit la nature, Il redonnait du temps Aux pâles créatures, Il rendait tout plus beau, Même les sombres choses, Et, non loin des tombeaux, Faisait pousser des roses, Il sublimait la fin De la vie éphémère ; Il restait du parfum Dans cette fiole chère, Dans ce grand élixir, Il restait quelques gouttes, Et avant de mourir On les buvait toutes. Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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mercredi 30 août 2023
En, Chevalier de l’Espoir
samedi 26 août 2023
Tas, Chevalier de l’Oubli
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tas, chevalier de l'oubli Tas, dans tout esprit qui pâlit Et dans toute âme qui souffre, Versait, comme dans un gouffre, L’océan profond de l’oubli. Ceux qui sont las de leurs travaux Et de leurs vaines habitudes L’attendaient dans leur solitude, Renoncement calme et nouveau ; Tout avait un sens différent, La vie, plus facile à vivre, Pareille à une femme ivre, Errait dans des chemins errants, L’existence brillait, et Tas Était son soleil limpide, Elle était désormais sans rides, Dans son plus virginal état ! Tout disparaissait grâce à lui, L’esprit comme la matière Qu’il perçait de sa lance altière Tuant hier et aujourd’hui. Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène |
mercredi 11 décembre 2019
Voyage de noces abstrait
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voyage de noces abstrait
Seule, le soir,
avec son rêve immense,
Au pays de l’amour
elle pense,
Enivrée par de
secrètes odeurs,
Le corps brûlé
par de jeunes ardeurs
Comme des
bougies allumées dans l’âme,
Embrasée par d’invisibles
flammes,
Les larmes aux
yeux et les cendres au cœur.
Elle pense à
lui, à son doux vainqueur,
Qui viendra et
la ravira dans l’ombre,
Sa robe blanche
sur son cheval sombre
Comme un peu de
jour sur un peu de nuit,
Reluira, et il n’y
aura qu’elle et lui ;
Elle sera
vouvoyée et aimée,
Son existence
sera parfumée
Comme son grand
lit parsemé de fleurs,
Ils s’aimeront
dans la joie et la douleur
Comme au premier
jour, épris et fidèles,
Avec un bruissement
délicat d’ailes
Un ange ou un
oiseau, tous les matins,
Viendront les
réveiller, et leur destin
Sera de mourir,
bouche sur la bouche,
Au même instant
et dans la même couche.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mardi 30 août 2016
Conte: U denti paladinu (La dent du paladin) (Partie II)
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CONTE: U DENTI PALADINU (PARTIE Ii)
Conte: U denti paladinu (Partie I)
II. Ce qui arriva au chevalier à l’issue de son aventure
Le chevalier entra, grâce à la défense,
Au château du Diable blême de cette offense,
S’il l’eût sue, mais il n’en fut pas, ce soir-là, instruit,
Car les dragons dormaient sans qu’ils ne fissent un bruit.
Le château était beau, riche et vénérable,
Aucun autre ne lui était comparable :
Avec de gros diamants il était tout pavé,
Il était éclairé, pour mieux défier Yahvé,
Par des lampes d’or dont l’huile était parfumée.
L’encens montait, comme une enivrante fumée,
Dans de vastes salles où causaient doucement
Des statues de marbre qui souriaient lassement.
Une statue parla au chevalier pâle :
« Que viens-tu faire dans la demeure fatale
Du Diable, vain mortel ? » et une autre reprit :
« Pour venir ici tu as dû perdre l’esprit,
Homme insolent ! Je veux te rosser pour ce crime,
Mais tu es chevalier, je préfère l’escrime ;
Prends cette épée et bats-toi donc jusqu’à la mort. »
Le chevalier tendit la main, mais du noir sort
Que lui prédit la fée, se souvint et fit taire
Sa colère aussitôt. Crâne et solitaire,
Il marcha en cherchant la dent du paladin,
Et fut bientôt dans un magnifique jardin
Où le Diable faisait chaque jour sa promenade.
Il y avait des arbres rares et des naïades
Qui se baignaient dans des ruisseaux profonds et clairs ;
Les arbres, dont la cime embrassait doucement l’air,
Etaient appesantis de fruits et de fleurs lourdes.
Le chevalier avait faim, mais il prit garde
De cueillir le moindre fruit. Les oiseaux, chantant,
Lui dirent : « Prends ces fruits ! Mange ! », le tourmentant,
Mais il ne céda pas à ce désir funeste
Et poursuivit sa route en marchant, moins leste,
Car il était bien las. Dans une salle il vit,
Après le beau jardin, apeuré mais ravi,
Les plus belles femmes qu’il y avait au monde.
La plus belle lui dit de sa voix profonde :
« Soyez le bienvenu ici, beau chevalier.
Le sort dans cette nuit semblait nous oublier,
Nous attendions vainement notre sauveur, sire ! »
Et elle poursuivit avec un doux sourire :
« Acceptez, je vous prie, quelques rafraichissements ;
Après tant de hasards vous soupirez lassement,
Reposez-vous un peu de votre voyage. »
Il faillit bien être séduit par ce langage,
Mais notre chevalier, malgré son ravissement,
Se souvint de la fée et son avertissement ;
Craignant un sinistre piège, il prit la fuite.
Dans une chaude salle il se trouva ensuite,
L’air était si pesant qu’il semblait un fardeau
Qui appesantissait et les pieds et le dos.
Le chevalier marcha dans cette géhenne
Trente jours et trente nuits, chose herculéenne !
Mais la faim et la soif le tuaient lentement,
Pour mourir n’attendant point notre consentement.
Le malheureux soudain vit la dent enchantée
D’où coulait un vin de couleur ensanglantée
Dans un bassin profond, fait d’un beau marbre blanc.
Encore un pas à faire ! Et le héros tremblant
Dépouillerait l’enfer d’un trésor légendaire.
Mais ce pas il ne put, le chevalier, le faire,
Il perdit la raison, oublia son dessein
Et tomba, la tête la première, au bassin.
Les flots de vin le couvrent et soudain l’emportent
Dans un gouffre infernal plein de choses mortes.
[FIN DU CONTE: U DENTI PALADINU]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 28 août 2016
Conte: U denti paladinu (La dent du paladin) (Partie I)
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CONTE: u denti paladinu (partie i)
I. Le château du Diable, et l’aventure d’un jeune chevalier qui s’y invita
Il existait jadis un château effroyable
Et qui appartenait éternellement au Diable ;
De fossés d’eau bouillante il était entouré
Où cuisaient pour toujours les pauvres égarés
Qui y tombaient, âmes dans l’enfer empêtrées.
Des portes d’airain sept dragons gardaient l’entrée.
Aucun aventurier n’avait pu les franchir,
Car le Diable gardait jalousement, sans fléchir,
Dans son château la Dent du Paladin, dont coule,
Comme d’une source à l’abri de la houle,
Un vin éternel et bon, aimé des mortels,
Que le Diable faisait goûter hors du castel
Pour le faire connaître ici-bas aux plus braves
Qu’il soumettait bientôt, faisant d’eux ses esclaves.
Ils venaient, mais jamais ne purent réussir ;
Arrivés aux portes dont on ne peut issir,
Mille cloches sonnaient, et les dragons venaient
Dévorer l’audacieux qu’en enfer ils menaient.
Un jeune chevalier, preux et bravant le sort,
Tenta l’aventure et voulut vaincre la mort.
Il cherchait la gloire, la plus grande de toutes !
Revenir avec la Dent du Paladin ! Sans doute
On parlerait de lui et nul ne l’oublierait.
Même à la géhenne pour cela il irait !
En route il se mit donc. Malgré la lassitude,
Les hasards du chemin et la solitude,
Il fut près des portes du château infernal
Se reposant un peu, reposant son cheval.
Dès qu’il fut sur l’herbe, il vit une femme frêle
Et un sanglier qui courait derrière elle,
Enorme et menaçant, grommelant avec fureur.
« Sauvez-moi ! Sauvez-moi ! » Criait avec terreur
La pauvre victime. Le chevalier, bien leste,
Eventra promptement la bête funeste
Avec son grand couteau. « Crâne et bon chevalier,
Qui vient à ce château inhospitalier,
Je ne suis point femme, mais une fée puissante.
Tu m’as sauvée et je te suis reconnaissante.
Pour te récompenser que veux-tu, bon guerrier ? »
Il répondit à la fée : « Seulement te prier
De me dire comment franchir ces grandes portes. »
« Arrache, chevalier, à cette bête morte
Sa plus grande défense, et tu pourras sans bruit
Entrer dans le château. De ceci sois instruit,
Toutefois : refuse tout ce qu’on t’y offre
Ou tu mourras. Prends garde à l’enfer et ses affres,
N’oublie pas que le Diable est malin et puissant.
Va, mon cœur te sera toujours reconnaissant. »
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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samedi 23 mai 2015
Conte: Lai du Palefroi Vair (Histoire du cheval gris) (Partie VI)
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CONTE: LAI DU PALEFROI VAIR (HISTOIRE DU CHEVAL GRIS) (PARTIE Vi)
VI. Le bonheur des deux amants, qui devinrent mari
et femme
Pour qu’on pût arriver chez Guillaume,
il fallait
Passer à gué une rivière. Il y allait,
L’intrépide cheval. Le bruit que ses pas
firent
Et sa brusquerie à pâlir Nina suffirent.
De sa triste rêverie quand la pauvrette
sort,
Elle voit le chemin désert comme la mort
Où il n’y nul vivant, hélas, qui
séjourne.
Pour appeler son parrain elle se
retourne
Mais ne voit personne. L’inquiétude et
le froid
La faisaient tressaillir et l’emplissaient
d’effroi,
Mais l’idée de fuir cet hymen qu’on lui
destine
La rendit plus hardie et aussi moins
chagrine
Et elle ne retint plus le cheval béni.
De traverser le gué noir dès qu’il eut
fini,
Le cheval arriva bientôt chez son
maître.
Le guetteur, quand il vit la beauté
paraître,
Corna pour avertir et vint lui demander
Ce qu’elle venait à telle heure
truander,
Ne la reconnaissant point dans l’ombre
pesante,
A travers la porte. Une voix séduisante
L’étonna quand elle lui dit : « Ouvrez,
je cours,
Des voleurs me poursuivent, venez à mon
secours ! »
L’autre par le guichet tout d’abord
regarde
Et voit une jeune beauté fort hagarde
Sur un palefroi gris, vêtue d’un riche
manteau.
Il court pour avertir le maître du
château
Car il prit Nina pour une fée favorable
Venue pour consoler son seigneur honorable.
Celui-ci, affligé encore, s’éplorait
Pour Nina, la douce beauté qu’il
adorait,
Et soupirait comme ses serviteurs
fidèles.
Quand il sut qu’une femme venait,
au-devant d’elle
Il alla courtoisement lui ouvrir, et
sans voix,
Ô joie inespérée ! ô, bonheur !
il voit
Sa mie, qui dans ses bras aussitôt s’élance
En criant : « Sauvez-moi »,
et avecque violence
Le serre de toutes ses forces avec les
siens
En se retournant pour voir s’il n’y
avait rien,
Donnant l’air de craindre d’être
vraiment ravie
Et de trembler comme elle le disait pour
sa vie.
« Rassurez-vous, s’écrie Guillaume,
je vous tiens,
Et à moi, cette fois, vous retenir
revient.
Nul ne vous ravira encore à ma flamme,
Dussé-je en trépasser et en perdre l’âme ! »
Il fait lever le pont. Pour jouir d’un
bonheur doux,
Il veut aussi devenir de sa beauté l’époux,
Et sans tarder il la conduit à la
chapelle
En ordonnant à son chapelain qu’il
appelle
De les marier. La joie enivra de plaisir
Tout le château, content de voir tous
les désirs
De son maître comblés après une nuit
sombre
Moins emplie que son bon cœur ténébreux
d’ombre.
Cependant à Médot tout le monde arriva.
De ne point voir Nina là on invectiva
D’abord le chevalier qui dormait encore
Et qui se réveilla, étonné, à l’aurore.
On soupçonna ensuite que Nina s’égara
Dans les bois, et à la chercher se
prépara,
Quand un écuyer vint de la part de
Guillaume
Inviter le père et tous les gentilshommes
A se rendre chez lui. Tous les convives
hideux
Y coururent. Guillaume alla au-devant d’eux
Leur présentant Nina, devenue sa femme.
On se révolta de la trahison infâme,
Mais Guillaume pria les gens d’être
écouté
Et leur dit qu’il n’avait point Nina
filouté
Et de ses amours il leur conta l’histoire.
Les vieillards applaudirent sa douce
victoire,
Blanchis dans des canons d’honneur et
loyauté,
Du père et de l’oncle virent la cruauté
Et pressèrent le père de ratifier l’union,
Et celui-ci ne put avoir autre opinion.
Peu de temps après, lui et l’oncle
moururent,
Guillaume et sa femme, qui se
secoururent
Pour vivre, devinrent les plus riches
seigneurs
De Champagne, et vécurent heureux et
sans frayeur.
[FIN DU CONTE: LAI DU PALEFROI VAIR (HISTOIRE DU CHEVAL GRIS)]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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Conte: Lai du Palefroi Vair (Histoire du cheval gris) (Partie V)
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CONTE: LAI DU PALEFROI VAIR (HISTOIRE DU CHEVAL GRIS) (PARTIE V)
V. Comment le palefroi gris, complice de ses amours,
aida Nina à fuir le mariage funeste
Tous sauf Nina à la paternelle demeure
Pour qu’ils partissent tôt couchés de
bonne heure,
Dormaient et emplissaient l’air de leurs
ronflements,
Vieillards fatigués qui sommeillaient
lourdement.
Le guetteur du donjon avait ordre du
maître
De réveiller dès qu’il verrait le jour
paraître
Tous ceux qui étaient là en sonnant du
tocsin.
Nina, qui maudissait le soleil assassin,
Fatal à ses amours, était pâle et
sombre,
Et elle avait cherché à s’enfuir dans l’ombre
Sans qu’elle réussît à quitter sa prison.
Ô mortelle douleur et noire trahison !
Vers minuit la lune se leva, radieuse.
Le guetteur, dont l’humeur était fort
joyeuse
Et qui avait mangé et vu à volonté,
S’était endormi. Tout à coup le déhonté,
Se levant, vit une clarté éblouissante
Qui lui sembla du jour la lueur
puissante,
Et sonna son tocsin, croyant qu’il était
tard.
Tous les vieux convives, qui n’étaient
point fêtards,
Se levèrent en grommelant. Les
domestiques allèrent
Préparer leurs chevaux qu’aussitôt ils
scellèrent.
Comme il était le plus beau, le palefroi
gris
Appartenant à son amant au cœur aigri,
Revenait à Nina, qui fondit en larmes
En le voyant. Mais nul ne plaignit ses
alarmes
Dont on croyait à tort que l’unique
raison
Etait qu’elle quittait son père et sa
maison.
Elle ne voulait point de cette monture,
Mais on y fit monter la pauvre créature
Comme de force, et on partit bien
promptement.
La mariée soupirait sans cesse et
tristement
Et elle s’était mise à la queue de la
troupe.
Devant elle marchait le sinistre groupe
Des gens de la noce, d’hommes, femmes et
valets.
Pour l’escorter un vieux chevalier
allait
Avec elle, parrain pour la cérémonie,
Et la pauvre, comme traînée aux
gémonies,
Etait peu empressée d’arriver au château
Qui était pareil pour elle aux cachots
fataux.
Pour atteindre Médot il fallait trois
lieues faire
Et qui aux voyageurs semblaient
prolifères
Car on passait, aux bois, par un chemin
étroit,
Et deux chevaux, fussent-ils les plus
adroits,
Ne pouvaient y passer de front. Chose
pénible
Qui rendit ces barbons rapidement
irascibles.
On causa un peu pour s’égayer, mais les
vieux,
Qui n’avaient pas dormi suffisamment,
envieux
D’un peu de sommeil, sans tarder s’endormirent.
Vous ririez en voyant leurs têtes qui se
mirent
A vaciller, ou qui tombaient sur leurs chevaux.
Nina n’en riait pas en songeant de
nouveau
A son malheur et à Guillaume qui l’aime,
Et ralentissait son cheval, triste et
blême
Comme les condamnés au supplice conduits
A vouloir vivre des instants de plus
réduits.
Quand on fit une lieue, à son insu la
belle,
Grâce au destin à son mariage rebelle,
Fut séparée du groupe, et son vieux
conducteur,
Qui dormait d’un sommeil lourd dont Dieu
est l’auteur,
Ne s’en aperçut point, chose heureuse
sans doute.
On arriva à un endroit où la route
Se partageait en deux. La gauche
conduisait
A Médot, et la droite que le bois
réduisait
A un petit sentier, au château de
Guillaume.
Longtemps appesanti par ce porteur du
heaume,
Son cheval prit, à son chemin accoutumé,
Le sentier qui était à cette heure
embrumé,
Et tous les autres allèrent à Médot avec
zèle
Sans suivre le palefroi de la
demoiselle.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 22 mai 2015
Conte: Lai du Palefroi Vair (Histoire du cheval gris) (Partie IV)
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CONTE: LAI DU PALEFROI VAIR (HISTOIRE DU CHEVAL GRIS) (PARTIE Iv)
IV. La douleur de Guillaume quand il sut la funeste
nouvelle
Guillaume, victorieux au tournoi mais
lassé,
Chez l’oncle qu’il crut son complice
avait passé
Pour ouïr la réponse propice qu’il
espère.
Mais ne le trouvant pas, il crut que le père
Faisait à ses souhaits quelque
difficulté,
Et sans qu’il ne fût de ce retard
révolté,
Le cœur parfaitement tranquille sur l’affaire,
De ses amours le chantre et le thurifère,
En rentrant chez lui de venir il fit
prier
Pour chanter des chansons douces un
ménétrier,
Les yeux emplis d’espoir, tournés vers
la porte.
Tout à coup il voit – Que le Diable l’emporte
–
Le valet qui salue de la part du
vieillard
Et qui lui demande à son nom d’un air
gaillard
Son beau palefroi gris pour lui et la
dame,
Qu’on lui rendra bientôt. « De
toute mon âme !
S’écrie le chevalier, et je serais
content
De le lui prêter, s’il le faut, pour
plus longtemps.
Que veut-il en faire, que j’y emploie
mon zèle ? »
« Sire, on mène à Médot notre
demoiselle. »
Répond le domestique, et Guillaume
repart :
« A Médot ? J’ignorais qu’elle
allait quelque part !
Qu’y va-t-elle faire ? Pourquoi ce
voyage ? »
« C’est pour consommer, dit le
valet, son mariage.
Ne savez-vous donc pas que votre oncle
est venu
La demander à monseigneur, a obtenu
Sa main de lui, et qu’ils seront mari et
femme
Demain matin ? » De la
trahison infâme
Le chevalier reste pétrifié d’étonnement
Et, courroucé par cet abandonnement,
Songea à se venger, se promenant en
silence,
Furieux, les yeux baissés, se faisant
violence
Pour dompter ses ardeurs. « Ce
traître m’a tout pris,
Se disait-il, et veut aussi mon cheval
gris !
On a forcé sa main, c’est une certitude.
Nina m’aime et elle a la même inquiétude,
Elle ne préférera point à moi ce barbon !
Maudit vieillard au cœur sombre comme
charbon ! »
Et il fait sceller son cheval gris, le
prête
En espérant toujours que le destin l’arrête,
Puis appelle, lorsque le valet sort, ses
gens
Et généreusement leur part son peu d’argent,
Leur permettant de le quitter à l’instant
même.
Ceux-ci lui demandent, éperdus et
blêmes,
Car ils sont fidèles, en quoi ils ont
déplu.
« Partez, leur répond-il, je ne
vous retiens plus !
Vous avez tous été fidèles et
honorables,
Mais moi je suis devenu, hélas ! un
misérable
Que le destin condamne à pleurer et
souffrir.
Partez et laissez-moi dans ce château
mourir. »
Mais les infortunés tous se jettent en larmes
A ses pieds. De rester pour guérir ses
alarmes
Ils le conjurent, mais lui, sans s’y
conformer,
Les quitte et s’en va dans sa chambre s’enfermer.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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jeudi 21 mai 2015
Conte: Lai du Palefroi Vair (Histoire du cheval gris) (Partie III)
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CONTE: LAI DU PALEFROI VAIR (HISTOIRE DU CHEVAL GRIS) (PARTIE iII)
III. La trahison de l’oncle de Guillaume, et ce qu’il
alla dire au père de Nina
Guillaume courut chez l’oncle sans
attendre
Comme lui dit Nina. Avec des soupirs
tendres
Il le supplia de seconder son amour
Et oublia de dire qu’on l’aimait en retour.
Son oncle répondit : « Je
loue votre zèle,
Votre mie est une charmante demoiselle,
Je connais sa vertu qu’on ne peut que
bénir.
Soyez tranquille, car je vais vous l’obtenir
De son père, qui est mon ami d’enfance,
Et qui ne fera pas la même défense
Quand je lui parlerai, et j’y vais de ce
pas. »
Content comme un hère invité au repas,
Guillaume alla, l’âme d’espoir enfin
remplie,
En attendant que la mission fût
accomplie,
Pour Galardon, à un tournoi qui durerait
Deux jours, mais sans songer point qu’on
le leurrerait
Et que son oncle était en vérité
traître.
Cet oncle alla devant le père paraître,
Il le reçut avec grande hospitalité,
Agent, sans le savoir, d’autre fatalité.
Les deux vieillards firent d’abord bonne
chère
Et de leurs jeunesses, qui leur sont si
chères,
Parlèrent en racontant leurs travaux
fort vantés
En guerre et en amour, quelques-uns
inventés.
« Mon vieil ami, dit l’oncle
ensuite au père,
D’être encore garçon je m’ennuie, et j’espère
Que vous accepterez une proposition
Que je viens vous faire, sans nulle
opposition.
Accordez-moi Nina. Je lui abandonne
Tous mes biens, et avec bonheur les lui
donne,
Et je demeurerai ici jusqu’à ma mort
Si épouser votre chère fille est mon
sort. »
Cette proposition plut au père cupide
Et son consentement fut certes rapide ;
Il embrassa son gendre pour sceller l’engagement,
Et pour lui annoncer le funeste
arrangement
Fit venir sa fille qui en fut
consternée.
Maudissant ce vieillard et l’horrible
journée,
Elle se cacha dans sa chambre, sans
recours,
Et de son chevalier implorant le secours
Alors qu’à Galardon il se couvrait de
gloire
Sans qu’il n’imaginât cette perfidie
noire
D’un oncle qui voulait lui ravir sa
beauté
Et le déshériter avecque cruauté.
Le soir, Nina courut comme d’habitude
Attendant son amant dans la solitude
Sans savoir qu’il était à son tournoi
rendu.
Après avoir longtemps et vainement
attendu
Sans qu’elle ne vît son chevalier apparaître,
Elle rentra, pleurant. Cependant les
deux reîtres
S’entendirent pour qu’on fêtât au même
soir
Au château de Médot, ce qui semblait
leur seoir,
Les noces et le mariage. Ils dirent en
conséquence
Qu’on partirait fort tôt. Avec
grandiloquence
Ils invitèrent leurs amis encor vivants.
Voir tous ces vieillards au cortège se
suivant
Etait bien burlesque, mines nonchalantes
Au front ridé, la tête chauve et les
mains tremblantes.
Nina, la mariée, se désolait tristement,
On préparait sa robe et ses ajustements,
Et elle retenait ses larmes avec
courage.
Le père venait pour examiner l’ouvrage
Et on lui demanda cependant s’il avait
Le nombre suffisant de chevaux qu’il
savait
Nécessaires, pour qu’on conduisît les
convives
Au château de Médot. « Sur les
leurs ils arrivent,
Répondit le vieillard, et quand ils
partiront
Ceux de mes écuries sans doute suffiront
Ou nous irons chercher dans le
voisinage. »
Et chargea un valet de ce badinage.
Le balourd se rappela en route, paressant
Et l’idée de rentrer vite le caressant,
Que Guillaume avait un cheval digne d’un
prince
Gris et réputé le plus beau de la
province,
Et crut pouvoir flatter en le lui
ramenant
Sa pauvre maîtresse. Au chevalier
avenant
Il l’alla emprunter donc, coquin qui
pense
Mériter ainsi une belle récompense.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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