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vendredi 27 août 2021

Les deux sabres

Les deux sabres

Nous t’avons accordé une victoire éclatante. (Coran, 48, 1)

Le Prophète conta à ses pieux compagnons
Ce que lui révéla Dieu dans une vision :
« J’émigrais, dit-il, de Mecque à une terre
Avec des palmiers. Sans comprendre son mystère,
Je pensais d’abord que c’était Al-Yamamah
Ou Hajar, dont cette terre avait le climat,
Mais je vis que cette terre hospitalière
Était Yathreb. Dans la même vision entière,
Je brandis un sabre, et ce sabre fut brisé :
C’est ce qui arriva aux croyants aiguisés
À Ouhoud. Je brandis ce même sabre encore,
Et il devint meilleur : c’était la métaphore
De la conquête de Mecque, et de ce que Dieu
Donna aux croyants qu’il rendit plus forts et pieux. » 
 
 
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

dimanche 4 juillet 2021

Les deux récipients

 les deux récipients

Redresse donc, pieux et dévoué, ton front pour cette religion, œuvre de Dieu, pour laquelle il a créé les hommes. La création de Dieu ne saurait être changée. Cette religion est immuable, mais la plupart des hommes ne le savent pas. (Coran, 30, 30)

Le Prophète a dit : « À la nuit où a eu lieu
Le voyage où je suis monté aux sept cieux
Avec Gabriel, j’ai pu voir Moïse :
C’est un homme maigre aux proportions précises,
Ni sec, ni mou, qui est grand et brun. C’est pourquoi
Il m’a semblé de la tribu de Chanou’a.
J’ai vu aussi Jésus, ni grand ni petit, homme
Au visage plein de vie et rouge, comme
S’il sortait d’un tunnel ou d’un bain de vapeur.
J’ai vu également Abraham, et d’ailleurs,
Je suis son descendant qui le plus lui ressemble.
On me présente deux récipients ensemble ;
L’un d’eux est rempli de vin et l’autre de lait,
Et on me dit : “Choisis celui qui te plaît.”
Je prends le récipient plein de lait et j’en goûte.
Gabriel alors me dit : “Voilà, sans doute,
Le choix qui correspond aux desseins de Dieu.
Sache, Mahomet, que tu as agi au mieux :
Si tu avais pris du vin, de Lui séparée,
Ta communauté en eût été égarée.” »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 19 juin 2021

Les Témoins

 LES témoins

Nous vous avons établis, ô peuples d’élus ! pour rendre le témoignage contre le reste des nations, comme votre apôtre le rendra contre vous. Nous avons changé le lieu vers lequel vous priez, afin de distinguer ceux qui suivent l’envoyé de Dieu, de ceux qui retournent à l’infidélité. Ce changement n’est pénible que pour celui que n’éclaire point la lumière divine. Le Seigneur ne laissera point votre foi sans récompense. Il est clément et miséricordieux. (Coran, 2, 143)

Un cercueil passe, sur les épaules porté,
Près du Prophète et ses compagnons, escorté
De leurs bénédictions, car l’âme était pieuse.
Le Prophète dit une chose mystérieuse :
« Il est sien ». Un autre cercueil ayant passé,
Le mort était impie, et il est pourchassé
Par les malédictions. « Il est sien », répète
Le Messager de Dieu. Omar s’écrie : « Prophète,
Qu’est-ce qui est donc sien ? Pour les deux tu l’as dit. »
« Pour le premier, répond-il, c’est le Paradis ;
Quant au deuxième, l’enfer est son partage,
Car Dieu a entendu votre témoignage.
Sachez que vous êtes sur terre ses témoins,
Que vous soyez quatre, trois, ou même moins. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 28 mai 2021

Deux funérailles

 deux funérailles

L’aveugle et l’homme qui voit, les hommes aux bonnes œuvres et le méchant ne sauraient être égaux. Que les hommes réfléchissent peu ! (Coran, 40, 58)

Le Prophète, en passant près de deux funérailles,
Dit à ses compagnons, l’écoutant où qu’il aille :
« L’un repose en paix ; tout de l’autre est reposé. »
Comme on veut comprendre et que ce n’est point aisé,
On lui demande qui est l’un et qui est l’autre.
« L’un d’eux ira à la pitié du Maître,
Répond le Prophète, et il ne va plus souffrir
À cause de cette vie, heureux de mourir.
Quant à l’autre, la terre et les créatures
Ne souffriront plus de lui, et la nature
Avec ses arbres et avec ses animaux
Ne sera pas privée, à cause de ses maux,
De la bénédiction de Dieu et de la pluie
Qui fait vivre la terre et de la mort l’essuie. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 6 mars 2021

Un trésor

un trésor

La fraude et la violence président souvent aux accords des humains. Il n’y a de justes que les croyants vertueux ; mais qu’ils sont en petit nombre ! (Coran, 38, 24)

Un homme acheta à un autre une terre,
Et tous les deux étaient pieux et sincères
Et craignaient le Seigneur et le vénéraient. Or
L’acheteur découvrit une jarre emplie d’or
Dans sa terre, et conta à l’autre l’affaire
En lui disant : « Prends ton or et me libère
De ce fardeau. C’est ton trésor et non le mien. »
L’autre lui répondit qu’il n’en était rien
Parce qu’il lui avait vendu avec la terre
Tout ce qu’il y avait. Que leur faut-il faire ?
Ils vont voir un homme sage, lui raconter
Toute cette aventure, et le solliciter
Pour qu’il soit leur juge et donne cet or qui brille.
Il veut savoir s’ils ont un fils et une fille.
L’un dit : « J’ai une fille », et l’autre : « J’ai un fils. »
Et voici ce que cet homme sage fit :
Il répondit aux deux hommes : « Mariez-les,
Gardez une part d’or pour les deux, et allez,
Puisque vous êtes des âmes pieuses et bonnes,
Faire avec l’autre part aux pauvres l’aumône. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 1 janvier 2021

Deux amis

deux amis

Voici Ceux qui, suivant vos serments, ne devaient jamais éprouver la miséricorde divine. Entrez dans le paradis ; que la crainte et la tristesse soient bannies de vos cœurs. (Coran, 7, 49)

Il y avait deux hommes du peuple d’Israël
Fort différents sur terre et différents au ciel
Mais qui étaient amis au point d’être frères.
Le premier s’extasiait en de longues prières,
Donnait tout son argent aux pauvres, était très pieux,
Et jour et nuit, n’était point las d’adorer Dieu ;
Il pensait seulement au salut de son âme,
Et exhortait souvent son ami avec flamme
À se repentir, en lui rappelant l’enfer.
Malgré sa piété, cet homme était très fier.
L’autre croyait en Dieu, mais suivait ses caprices,
Ayant, malgré sa foi, des péchés et des vices.
Il fut surpris un jour par son ami, caché,
Croyait-il, et en train de commettre un péché.
L’homme pieux s’écria : « De ton action vile
Repens-toi, maintenant ! » « Laisse-moi tranquille !
S’écria l’autre. C’est entre moi et mon dieu !
T’envoie-t-il surveiller mes actions sous les cieux ?
C’est lui qui punit et pardonne, mon frère ! »
L’homme pieux s’écria de nouveau, en colère :
« Dieu ne t’accordera jamais le Paradis
Ni son pardon, car tu es un homme maudit ! »

Au jour du Jugement dernier où tout tremble,
Dieu ressuscita les deux hommes ensemble
Et dit à l’homme pieux : « Savais-tu mes desseins,
Et as-tu dans tes mains ce que j’ai dans mes mains ? »
Au pécheur il dit : « Dans le Paradis entre. »
Et ordonna à ses anges de prendre l’autre
Et de l’appesantir sévèrement de fers
Pour qu’il fût jeté dans les flammes de l’enfer.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 14 octobre 2020

Deux hommes, deux destins

   DEUX hommes, deux destins

I

Avec le Prophète, à la bataille d’Honeïn,
Un homme combattait bravement les païens.
Son sabre, qui tournait à droite et à gauche,
Était comme une faux de moissonneur qui fauche
Les épis mûrs, l’été. Aussi durs que l’acier,
On cassa sur son dos et sur son bouclier
Des sabres bien forgés et de grandes lances.
Comme la tempête et la foudre, avec violence,
Il s’abattait sur les hommes et les chevaux
Qu’il emportait, et sur eux tombait de nouveau,
Il donna et reçut des coups mémorables,
Vingt fois, on le crut mort. La terre redoutable
S’abreuvait lentement de son sang généreux.
On dit : « C’est un brave, il sera des bienheureux !
Nous aurions essuyé, sans lui, une défaite ! »
« Il sera en enfer », dit alors le Prophète.
Tous étaient étonnés. Le guerrier, cependant,
Avec le même feu attaquant, défendant,
Du sabre et de la lance aimait les morsures,
Jusqu’à ce qu’il devînt lui-même une blessure ;
La douleur était trop forte, alors sur son fer
Il se jeta soudain, et alla en enfer.

II

Il faisait aussi chaud que dans une fournaise
Et la terre semblait devenue une braise,
Même l’impie croyait à l’enfer, ce jour-là.
Un voyageur passait et il était très las,
La soif le torturait, terrible et cruelle,
L’eau était un mirage et était irréelle,
Il la voyait, il l’espérait, il l’attendait,
Quand sa propre sueur sur ses joues descendait,
Il avait si soif qu’il pensait à la boire,
Et son esprit était plein de pensées noires,
Il songeait à la mort, à l’enfer, à la nuit,
Quand tout à coup il vit un puits ; un puits, un puits !
Alors il y sauta la tête la première
Et il put étancher sa soif meurtrière.
L’homme allait partir. Il aperçut, devant lui,
Un chien famélique : la chaleur l’avait cuit,
Et on voyait ses os et sa langue pendante.
L’homme eut pitié de cette bête errante,
Se dit : « De ce chien j’ai porté le fardeau »,
Et il lui donna, dans sa sandale, un peu d’eau.
Le chien après l’avoir bue, dit une prière,
Et le paradis de l’homme fut le salaire.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 13 octobre 2020

Les deux jardins

   Les deux jardins


Propose-leur en parabole ces deux hommes : à l’un d’eux nous donnâmes deux jardins plantés de vignes ; nous entourâmes ces jardins de palmiers, et entre les deux nous plaçâmes des champs ensemencés. Les deux jardins portèrent des fruits et ne furent point stériles. (Coran, 18, 32)

Il y avait deux frères : le premier était pieux
Et le second était un ennemi de Dieu.
Le premier dépensa tout son héritage
À nourrir les pauvres, content de son partage,
Et disait : « Mes femmes et tous mes serviteurs
Sont dans le paradis. Et à mon créateur
J’achète une maison qui est grande et belle. »
Il devint pauvre. Son frère, riche et rebelle,
Acheta une terre et acheta du bétail.
Sans penser aux manants, il pensait au travail ;
Son bétail grossissait, et sa terre fertile
Était toujours emplie de récoltes utiles.
On voyait l’épi croître et la vache beugler,
Dieu le rendait plus riche et voulait l’aveugler.

Ce frère impie avait deux jardins insignes
Entourés de palmiers et plantés de vignes,
Aux fruits toujours pesants et qui parfumaient l’air,
Et Dieu fit couler entre eux un ruisseau clair.
Son frère vint un jour, des haillons sur son âme
Et sa faim grandissant ainsi qu’une flamme,
Lui demandant de le prendre comme fermier.
Le deuxième frère railla le premier :
« Ton dieu ne te nourris donc pas ? Vois mes terres,
Il me faut un cheval afin que j’y erre !
Je ne compte plus mon or, ni mes serviteurs. »
« Tout périt, lui dit son frère, dans ce monde,
Et ton esprit marche dans la nuit profonde.
Dieu te ressuscitera au jour du Jugement,
Ne sois pas aussi fier, et crains son châtiment ! »
L’autre continua toutefois ses railleries :
« Mais qu’a-t-il fait pour toi, ce dieu que tu pries ?
Le Jugement dernier ? C’est toi qui l’as rêvé ?
Même ressuscité, moi, je serai sauvé !
Si ton dieu me donne tout cela, c’est qu’il m’aime. »
L’homme pieux s’écria : « Garde-toi des blasphèmes !
Dieu t’entend et te voit, de tout est l’auteur !
Pauvre impie ! Oses-tu renier ton bienfaiteur,
Celui qui t’a créé de terre et t’a fait homme ?
Dis plutôt, en entrant dans les lieux où nous sommes :
Sa volonté soit faite, et il est le plus fort.
Quant à moi, il sera mon dieu jusqu’à ma mort.
Je n’ai point ton or, ni ta progéniture,
Mais Dieu, qui connaît le destin des créatures,
Me récompensera, s’il veut, dans l’au-delà.
Tu es heureux et fier, il peut te rendre las,
Foudroyer tes jardins et les réduire en cendres
Ou pour les détruire sur eux faire descendre
Quelque trait du ciel, ou cacher à tes yeux l’eau. »

Le lendemain l’impie éclatait en sanglots
Et se tordait les mains, regrettant ses dépenses,
Car le Seigneur avait puni ses offenses :
Il dévasta sa terre où tout était détruit,
Et les arbres étaient dépouillés de leurs fruits.
Il cria, victime de cette parabole :
« Plût à Dieu que je n’eusse adoré les idoles ! »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène