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Le plus grand enfer
Le Remords,
ainsi qu’une plaie ouverte,
Fait saigner
notre cœur,
Comme le
printemps aux aurores vertes,
Il y reluit,
vainqueur.
Il jette son
voile lourd sur nos âmes
Où il fait
soudain nuit,
De nos esprits
il éteint la flamme,
Il ne reste que
lui,
Plus immense qu’une
mer sans phares
Et sans étoiles
au ciel ;
Notre conscience
gémit et s’effare,
Dans le vent
éternel
Pareille à une
chétive voile
Qui erre à la
merci
D’un ciel
courroucé et sans étoiles
Et au cœur
endurci.
Vainement nous
cherchons un refuge,
Rien ne peut
nous sauver
De l’incommensurable
déluge
Que nul ne peut
braver
Et qui sur son
aile nous emporte
Loin de tous les
humains
À une grève
déserte et morte
Au ténébreux
chemin.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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mercredi 1 janvier 2020
Le plus grand enfer
samedi 11 mai 2019
Le grand méchant Loup
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Le grand méchant loup
Où vas-tu,
petite fille ?
Tu erres seule
dans les bois
Loin de toute ta
famille,
Le loup te voit,
et je le vois !
Tu mets des
fleurs et des cerises
Dans ton mignon
petit panier,
Par les
papillons surprise
Et les
champignons singuliers,
Tu marches sur l’herbe
verte
En disant
bonjour au lapin
Qui sort des
portes ouvertes
De ton
magnifique destin ;
Belle fillette
aux joues roses,
Tu souris au
frêle écureuil
Et tu salues
toutes les choses
Naturellement et
sans orgueil.
Mais ton monde n’est
pas le monde !
De ta pureté il
est jaloux ;
La forêt est
bien profonde,
Gare à la
sorcière et au loup,
Le loup qui se
cache dans l’ombre
Et qui, comme un
grand spectre noir,
Te suit, affamé
et sombre,
Aurore que
chasse le soir !
Cours, rentre
chez toi, fillette !
Car le monde est
grand et mauvais !
Le loup met déjà
sa serviette,
Si seulement tu
le savais !
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 11 mars 2018
Conte: Salomon le grand roi et les Huppes aux couronnes d'or (Partie VI)
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CONTE: SALOMON LE GRAND ROI ET LES HUPPES AUX COURONNES D'OR (PARTIE Vi)
Salomon le grand roi et les Huppes aux couronnes d'or (Partie II)
Salomon le grand roi et les Huppes aux couronnes d'or (Partie III)
VI. La dernière prière des
Huppes
Le roi Salomon ne
peut couvrir d’un voile
Les couronnes
brillant comme des étoiles
Et comme les rayons
du plus radieux soleil.
Pour les pauvres
Huppes jour et nuit sont pareils,
Elles ne peuvent
plus dormir, aucune n’ose
Chercher une
branche pour qu’elle se repose.
Les chasseurs, eux,
les tuent et ne se lassent pas.
Sur toute leur
espèce alors pleut le trépas,
Maintes mères à
leurs fils sont soudain ravies
Et dix huppes
seulement restent toujours en vie.
« Que faire, hélas !
gémit le roi des oiseaux morts,
Qu’avons-nous fait,
ô Dieu, pour mériter ce sort ?
Il faut que Salomon
vite nous enlève
Cette couronne d’or
qui est un fatal rêve !
Allons le supplier
d’ôter ce lourd fardeau
Que nous portons
sur nos têtes, non sur nos dos. »
Les Huppes s’envolent
à Jérusalem ; la route
Est dangereuse,
elles n’ont pas péri toutes,
Cependant, et
celles qui restent parlent au roi,
Bienveillant, qui
leur dit : « Je comprends votre effroi,
Que puis-je faire
pour vous, amis fidèles ? »
« La Mort nous
guette et a comme nous des ailes !
S’écrie alors le
roi des Huppes, sauvez-nous !
Nous venons et nous
vous implorons à genoux
De nous ôter ce
noir diadème, fait d’amertume ! »
« Vous
porterez alors des diadèmes de plumes,
Lui répond Salomon,
sachez que le bonheur
N’appartient pas qu’aux
grands et aux triomphateurs,
Mais à ceux dont le
cœur est bon comme l’âme. »
Les Huppes
remercient le roi avec flamme
Et errent désormais
tranquillement dans le ciel
Sans trembler des
hommes avides et cruels.
[FIN DU CONTE: SALOMON LE GRAND ROI ET LES HUPPES AUX COURONNES D'OR]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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samedi 10 mars 2018
Conte: Salomon le grand roi et les Huppes aux couronnes d'or (Partie V)
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CONTE: SALOMON LE GRAND ROI ET LES HUPPES AUX COURONNES D'OR (PARTIE V)
Salomon le grand roi et les Huppes aux couronnes d'or (Partie II)
Salomon le grand roi et les Huppes aux couronnes d'or (Partie III)
V. Le malheur qui frappa les
Huppes
Ayant oublié les
sages conseils du roi,
Un jour, une Huppe
vole dans un endroit
Fréquenté par
l’homme, et un chasseur la chasse
Et la tue sans
pitié et tandis qu’il passe.
« Qui a osé
faire ceci ? Qui a osé ? »
S’écrie, apercevant
le diadème brisé,
Le roi, qui pour n’avoir
nul doute sur la proie,
Court chez un
joaillier qui lui dit avec joie :
« Cet or est
aussi pur que le radieux soleil !
C’est un chef-d’œuvre,
je n’ai rien vu de pareil !
Je vous en donne
cent sicles sans attendre,
Roi Salomon, si
vous venez pour le vendre. »
Les chasseurs ont
vite su, pour le grand malheur
Des Huppes, que
leur tête a beaucoup de valeur :
Tous se mettent en
campagne, et les flèches volent
Deux fois plus
rapides que les Huppes molles
Apportant promptement
mort et désolation ;
Les chasseurs
construisent pour remplir leur mission
Encor plus
rapidement, des engins de guerre,
Et guettent
patiemment la Huppe qui erre,
Inconsciente, l’abattent
et prennent leur butin.
Gémissant d’un
nouveau et terrible destin,
Les Huppes vont
voir le roi et se lamentent :
« Salomon !
Salomon ! Les hommes nous tourmentent !
Avides de massacre,
ils nous tuent sans pitié,
Dans les cieux nous
tremblons de leur inimité ;
Justice !
Justice ! ô roi Salomon, justice !
Aveuglez ces hommes
cruels, qu’ils subissent
Le châtiment de
Dieu Tout-Puissant par vos mains,
En son nom punissez
les ignobles humains ! »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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jeudi 8 mars 2018
Conte: Salomon le grand roi et les Huppes aux couronnes d'or (Partie IV)
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CONTE: SALOMON LE GRAND ROI ET LES HUPPES AUX COURONNES D'OR (PARTIE iv)
Salomon le grand roi et les Huppes aux couronnes d'or (Partie II)
Salomon le grand roi et les Huppes aux couronnes d'or (Partie III)
IV. Les Huppes devenant les
reines des oiseaux
L’enchanteur,
pendant trois jours, sans répit travaille,
L’or pur ; les
marteaux vont, c’est une bataille
Contre le feu et l’or,
et notre forgeron
Cisèle les
couronnes à mettre sur leur front.
Le roi arrive à l’aube,
un triste sourire
Aux lèvres, et
avant de parler soupire
Puis dit aux Huppes :
« Je ne vous ai pas menti,
Zacchar, le
magicien, pour moi a consenti
A forger les plus
beaux diadèmes sur terre,
Chef-d’œuvre sans
pareil dont il sait les mystères.
Partez, amis
oiseaux et fils chéris de l’air,
Que vos cœurs
soient toujours grands, comme le ciel clair !
Partez où le Destin
propice vous mène,
Quittez cette terre
d’iniquités humaines. »
Les oiseaux
chantent et dansent, enfin obéissant,
Mais sans les
comprendre, aux ordres du roi puissant.
Les Huppes s’envolent,
donc, pleines d’allégresse,
Etourdies de
bonheur, le cœur plein d’ivresse
Et bénissant le don
du bon roi Salomon,
Elles vont dans les
airs, elles vont sur les monts,
Dans les vallées
descendent, et racontent la chose
A tous leurs
semblables, jamais ne se reposent,
Dans toutes les
branches où un oiseau s’endort
Montrant leur tête
ornée du beau diadème d’or.
En voyant le
bandeau sacré, les bêtes
S’inclinent devant
elles, et les oiseaux les traitent
En rois et reines,
en souveraines et souverains.
Devant le paon
superbe et l’aigle au bec d’airain,
Laissant loin
derrière elles rossignol, colibri,
Fauvettes et
faucons, toute leur espèce
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mercredi 7 mars 2018
Conte: Salomon le grand roi et les Huppes aux couronnes d'or (Partie III)
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CONTE: SALOMON LE GRAND ROI ET LES HUPPES AUX COURONNES D'OR (PARTIE IiI)
III. Ce que les Huppes
demandèrent au roi Salomon
Salomon se remet en
route. La nuit tombe,
Aussi ténébreuse
que le fond d’une tombe,
Quand il arrive
chez la reine de Saba .
Le peuple des
Huppes le suit jusque là-bas,
L’escortant et
l’aidant dans sa solitude.
Ému par une si
grande sollicitude,
Le fils de David
dit aux oiseaux : « Mes amis,
A votre volonté mon
cœur sera soumis.
Que
désirez-vous ? Au nom de Dieu je jure
D’exaucer tous vos
vœux, douces créatures. »
Le roi des Huppes
lui dit : « Nos vœux les plus chers
Sont les
suivants : être les grands princes de l’air,
Les plus beaux des
oiseaux, étoiles vivantes
Qui parcourent le
ciel bleu sans épouvante ;
Nous désirons aussi
une couronne d’or,
Etre honorés par
tous les oiseaux grands et forts,
Le rossignol fier
de son chant qu’il répète
Le paon fat et
l’aigle pareil à la tempête. »
Salomon est triste
de tout ce qu’il entend
Et répond aux
oiseaux : « Mon cœur était content
De vous voir si
humbles ; tout spectre est éphémère
Et régner est une
chose bien amère !
Vous réclamez ce
qui vous portera malheur
Et pour le
Tout-Puissant n’a aucune valeur.
Pour votre propre
bien, demandez autre chose ! »
« C’est ce que
nous voulons, et le ciel vous impose
D’honorer sans
retard votre auguste serment. »
Salomon, consterné,
à ses amis charmants
Dit :
« Venez, dans ce cas, chez la seule personne
Qui sait manier le
fer et l’or qui rayonne
Et tous les
métaux : le magicien Zacchar,
Mon ami, maîtrisant
à merveille son art. »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mardi 6 mars 2018
Conte: Salomon le grand roi et les Huppes aux couronnes d'or (Partie II)
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CONTE: SALOMON LE GRAND ROI ET LES HUPPES AUX COURONNES D'OR (PARTIE Ii)
II. Comment le roi
des Huppes et ses sujets volèrent au secours du roi Salomon
Vaincu par la fatigue et la grande chaleur,
Le roi tombe, d’un mort ayant la pâleur.
Or de loin apparaît le bon roi des Huppes,
Qui sur le sort de son confrère n’est pas dupe.
Il vient appesanti par un luisant fardeau,
Au bec une mince, mais bonne, goutte d’eau,
Et murmure en voyant le voyageur qui râle :
« Ah ! mon pauvre ami, bien fatigué et pâle !
Heureusement pour toi que je suis arrivé. »
Du bout de sa brave aile il se met à laver
Le visage du roi, aussi doux qu’une mère,
Et verse la goutte d’eau dans sa bouche amère.
Salomon se réveille et dit à son sauveur :
« Ô toi qui as aidé un faible voyageur
Et as rendu la vie à un roi misérable,
Jérusalem et moi te sommes redevables. »
« Seigneur, votre bonté mérite nos secours,
Mais la soif brûlante vous dévore toujours.
Voyez : le ciel s’emplit de mes sujets fidèles
Qui viennent vous sauver en remuant leurs ailes. »
Le ciel est noir d’oiseaux, le soleil qui reluit
Est soudain caché par cette bizarre nuit ;
Grands, petits, jeunes, vieux, mâles et femelles,
Dans la bouche du roi la rosée de leur aile
Tombe comme une pluie. « Ô béni soit le Ciel !
S’écrie le roi, rosée plus douce que le miel !
Grâce à Dieu et à vous, oiseaux, je suis en vie.
Demandez, exigez, et moi, l’âme ravie,
J’exaucerai vos vœux. Que désirez-vous ? » « Rien »,
Répond le roi en s’envolant avec les siens.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 5 mars 2018
Conte: Salomon le grand roi et les Huppes aux couronnes d'or (Partie I)
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CONTE: salomon le grand roi et les huppes aux couronnes d'or (PARTIE I)
I. Les deux prières
du roi Salomon
Le puissant Salomon, bâtisseur de tempêtes,
Ami des magiciens, des sorciers et des bêtes,
De Jérusalem un jour sortit pour aller
Visiter la reine de Saba et parler.
Depuis l’aube il marchait sous les chauds nuages,
Appuyé sur son vieux bâton de voyage,
Les insectes, l’ayant sans peine reconnu,
Bourdonnent joyeusement, sur son chemin venus,
Les fleurs, portes poussées par la brise légère,
S’entrouvrent doucement en buvant la lumière,
Et dans les bois touffus les oiseaux vont, chantant
Ses louanges, dans leurs trilles éclatants.
Salomon, qui comprend les bêtes et les choses,
Marche, salue la brise et salue la rose,
Qui lui rendent avec un murmure ses bonjours.
Fatigué, cependant, par l’astre chaud du jour,
Sa gorge est enflammée ; l’oiseau cache son aile,
Le lis et la rose penchent leur tige frêle,
Et la brise expire dans les branches en dansant.
Le roi, plus que toute la Nature puissant,
Marche encore, malgré les gouttes pesantes
Qui perlent sur son front, de sueur luisante,
Assailli des flèches des armées du Soleil.
« Ah ! Seigneur, gémit-il enfin, tout est pareil
A un vaste désert ! Envoyez un nuage
Qui porte ombre à votre serviteur en voyage. »
La terre reste sèche et le ciel demeure pur.
Salomon s’écrie en contemplant ces deux murs :
« Seigneur ! Faites jaillir une source limpide
Au fond d’un bois sacré, comme le vent rapide. »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 10 mars 2017
L'incendie de Persépolis
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l'incendie de persépolis
Georges Antoine Rochegrosse, L'incendie de Persépolis (1913)
Ivre de vin, de joie et de colère,
Alexandre le Grand tient sa beauté
Telle une divinité solaire
Brandissant sa torche avec cruauté.
Pour s’amuser il brûle une ville,
Comme Néron par le feu transporté
Et l’effroyable terreur civile
Montant dans cette sinistre clarté
Qui embrase comme un haillon vétuste
L’antique Persépolis qui gémit
Comme une vieille déesse auguste
Pendue dans la fumée et qui blêmit ;
Ses lions et ses bêtes fantastiques
Rugissent en vain dans le sombre brouillard,
Réveillés de leurs rêves extatiques,
La flamme mange ses divins vieillards,
Elle choit à genoux dans l’abîme,
Délicieux festin de l’enfer béant,
Et le gouffre se nourrit de ses cimes
Et des têtes brisées de ses géants,
Tandis qu’Alexandre, comme un satyre
Ravisseur d’une nymphe qui sourit,
S’en va loin de la cité martyre
Tombée comme un fruit pesant qui pourrit.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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jeudi 22 septembre 2016
Le Sabbat des sorcières
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le sabbat des sorcières
Francisco de Goya, Le Sabbat des sorcières ou Le Grand Bouc (1819-1823)
Assises en cercle, hagardes,
Les sombres sorcières regardent
Et écoutent, obscur conteur,
Le Diable, ce noir orateur.
Il leur parle de choses noires,
D’éternité et de gloire
Et de son Royaume caché,
Des vagues splendeurs du péché
Qui rend tout-puissant et libre,
Sa voix séduisante vibre
Comme un profond cor infernal,
Et l’ange limpide du Mal
Qui a perdu ses sombres ailes,
Berce et séduit avec zèle,
Fait entendre le bruit des fers
Qu’il brisera dans les enfers !
Le bouc contemple ses chèvres
Tout ce qui sort de ses lèvres
Est pour elles sombre et sacré,
Leurs fronts ténébreux sont ocrés
Par la fange du blasphème,
Pareilles à des bêtes blêmes,
Elles vénèrent le démon
Orgueilleux comme les monts,
Venu des immensités sombres,
Enfant du chaos et de l’ombre.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 13 février 2015
Conte: Jean des Merveilles (Partie V)
CONTE: JEAN DES MERVEILLES (PARTIE V)
V. Comment Jean des Merveilles accomplit sa
courageuse mission
Jean ordonna à
son équipage diligent
De prendre le
chemin du Sud, se dirigeant
Vers l’île où la
princesse où était prisonnière.
Le navire
voguait d’une fougueuse manière
A tribord, à
bâbord et aussi en avant,
Obéissant à son
capitaine savant
Qui des ondes
connaît les sombres mystères.
Jean et son
équipage courageux restèrent
Trois jours en
pleine mer. Quand le quatrième vint,
Alors que Jean
croyait ce long voyage vain
Et désespérait
de trouver la princesse,
En exhortant à
la rechercher sans cesse
Ses hommes
obéissants, courroucé et déçu,
Ils aperçurent
une île et mirent cap dessus.
Jean vit quinze
navires postés autour d’elle,
L’un d’eux s’avança
vers lui ; aux marins fidèles
Il commanda manœuvre,
d’une attaque tremblant.
Le corsaire qui
venait tira deux coups à blanc
Et un à boulet. « Feu ! »
cria Jean des Merveilles,
Mais ses
canonniers, lents comme l’enfant qui s’éveille,
Restèrent
immobiles comme de fiers monuments.
« Obéissez !
cria leur chef éperdument,
Ou vous serez
châtiés ! », pâlissant de rage.
Mais les
matelots, devenus soudain sans courage,
Ne bougeant pas,
laissèrent les pirates infester
Le vaisseau,
sans même tenter de résister.
Jean des
Merveilles pensa à sa coque charmée,
Et ayant résolu
de punir son armée,
Lui dit : « Coque
de noix, sauve-moi du trépas,
Deviens, pour me
tirer de ce bien mauvais pas,
Un petit navire où
il n’y a qu’une place. »
Le vaisseau
devint une chaloupe qui, lasse
De tant de
voyageurs, les noya à l’instant.
Le chef des
corsaires, le seul à bord restant,
Et qui était l’ennemi
de la fée vieillissante,
Qui donna la
coque à Jean et était puissante,
Fut changé en un
gros chat noir, et dit à Jean :
« Tu seras
cent ans prince, et moi, en m’affligeant,
Je serai cent
ans chat. » Jean aborda à l’île,
Délivra la
princesse, fit un voyage tranquille
Dans sa chaloupe
qu’en vaisseau il transforma.
Le roi, qui de
ne point le revoir s’alarma,
L’embrassa et en
fit l’époux de sa fille pieuse.
Il y eut de
belles noces, qui étaient si copieuses,
Que le lendemain
on vit des invités nombreux
Qui mangèrent et
burent lors du soir ténébreux
Et des belles
princesses égayaient leurs paupières,
Ronfler heureusement
sur les mètres de pierres.
[FIN DU CONTE: JEAN DES MERVEILLES]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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