vendredi 16 avril 2021

La coiffeuse de la fille de Pharaon

La coiffeuse de la fille de pharaon

Dieu affermira les croyants dans cette vie et dans l’autre, par la parole immuable. Il égarera les méchants. Il fait ce qu’il lui plaît. (Coran, 14, 27)

Le Prophète, pendant son Voyage nocturne,
Dans les immensités vastes et taciturnes
Pareilles à des mers aux flots roulant sans fin,
Sentit tout à coup comme une odeur de parfum
Et il demanda à Gabriel : « D’où vient-elle ? »
Cette douce odeur qui semblait immortelle.
Gabriel répondit que ce parfum si bon
Vint de celle que la fille de Pharaon
Avait pour coiffeuse, et de sa progéniture,
Et conta le récit de cette femme pure
Au Prophète voulant l’entendre : « Une fois,
Dit Gabriel, cette femme qui a la foi
Coiffait la fille de Pharaon, quand son peigne
Tomba. Oubliant de Pharaon le règne,
Elle dit : “au nom de Dieu !” “Invoques-tu
Mon père ?” demanda la fille. Avec vertu
Sa coiffeuse lui fit cette réponse austère :
“Non, Dieu est mon maître et le maître de ton père.”
La fille s’écria : “Je vais en informer
Mon père !” Sa coiffeuse alors, sans s’alarmer,
Lui dit : “Fais-le”. Elle le fit. “Réponds, femme,
Ordonna Pharaon, les yeux emplis de flamme,
Adores-tu d’autres dieux que moi ? D’où te vient
Cette audace ?” “Dieu est mon maître et le tien.”
Répéta calmement la brave coiffeuse.
Pour châtier cette femme vertueuse,
Pharaon fit venir un horrible instrument :
Une vache en bronze, et le feu la consumant
Ordonna d’y jeter, avec ses fils, la mère.
Ils étaient des enfants. Sa seule prière
Fut d’enterrer leurs os dans le même tombeau.
Pharaon accepta. Cependant il crut beau
De jeter les enfants dans cette fournaise
Devant leur mère, pour qu’elle souffre à son aise.

La mère vit périr ses filles et garçons,
Et il ne lui restait qu’un pauvre nourrisson
Qu’on allait jeter dans cette vache ardente.
Malgré elle, elle fut saisie d’épouvante.
Le nourrisson parla toutefois, grâce à Dieu,
Et dit à sa mère : “Que ton cœur reste pieux,
Mère ! Car ce feu que tu vois et ces peines
Ne sont rien, comparés au feu de la Géhenne.”
Dieu raffermit sa foi comme seul Dieu le peut,
Et elle entra, avec son enfant, dans le feu. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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