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vendredi 11 août 2023

Cartes postales (112)

   CARTES POSTALES (112)

Le vent danse avec grâce
Dans les beaux sommets radieux,
Il caresse et embrasse
Les oiseaux volant aux cieux ;

La nature paisible
Semble rêver et attend,
Elle aime l'impossible
Et les langueurs du printemps ;

La saison éphémère
Remplit le monde mortel
D’amour et de lumière ;

Remède à nos blessures,
La paix qui descend du ciel
Endort les créatures.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 10 août 2023

Cartes postales (111)

   CARTES POSTALES (111)

Parfois, la fièvre vient et entre en nous
Comme en une maison abandonnée,
Et elle fait sa sombre randonnée,
Tandis que nous l’implorons à genoux.

Elle vient et nous remplit tout entiers
Et nous ouvrons portes et fenêtres
Pour qu’elle s’empare de notre être ;
Le vent fort gémit dans tous nos sentiers,

Nous sommes perméables aux éléments
Et aux inclémences de la nature,
Nous l’aimons quand elle nous torture
Et rend notre esprit vague et véhément !

Cette visiteuse arrive toujours
Pour opprimer notre solitude
Et elle devient une habitude,
Comme la nuit et comme le jour !

Nous voulons la repousser, mais en vain,
Elle est inexorable et invincible,
Et quand elle prend notre corps pour cible,
Notre raison frêle est entre ses mains !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 9 août 2023

Cartes postales (110)

   CARTES POSTALES (110)

La forêt, comme la mer profonde,
Comme la mer semble avoir des ondes
Et elle possède un sinistre port :
Une cabane où il y a des morts
Et qu'avaient un ogre et une ogresse.
La nuit s'emplit d'une vague détresse
Et de rugissements surnaturels,
L’imaginaire devient le réel,
Le réel devient l'imaginaire,
Les monstres que les Anciens vénèrent
Viennent et ouvrent les portes de la nuit,
La grande lune dans les bois reluit
Pareille à un œil et un visage,
On oublie tous les conseils des sages,
On sombre lentement, mais sans secours,
Dans la folie qui dévore le jour
Et se nourrit de nos visions sombres !
Toute la forêt s’engouffre dans l’ombre
Qui a des griffes et aussi des dents,
Loin du jour et de son soleil ardent.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 8 août 2023

Cartes postales (109)

   CARTES POSTALES (109)

Vaste larme qu'essuie
Toute la création,
La bienfaisante pluie
Tombe sur les nations.

Elle fait pousser l'herbe
Et s'épanouir les fleurs,
Et son chant superbe
Fait rêver les rêveurs,

Elle vient, purifie
Les rues comme les cœurs,
Elle revient, défie
Le grand soleil songeur !

La nature se noie
Dans ses flots infinis,
Elle porte la joie
Des anciens jours bénis ;

Persistante, elle inonde
Les montagnes, les prés,
La ville et le monde
Et les endroits sacrés.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 7 août 2023

Cartes postales (108)

   CARTES POSTALES (108)

Sur la ville roide comme une écorce,
Le soleil puissant brille avec force
Pour cuire les humains dans son grand four.
Il semble éternellement faire jour,
Les maisons de sueur sont couvertes,
Le soleil jaunit les choses vertes,
Messager radieux de la sombre Mort,
Et les rayons qui tombent sont si forts
Qu’on eût dit plutôt d’ardentes flèches ;
La ville hurlante a la gorge sèche.
L'on se cache, comme d'un ennemi,
De ce soleil brûlant, et l’on frémit
Sous la brise, pourtant artificielle,
Des climatiseurs qui tournent avec zèle
Ainsi que de formidables moulins.
L’air est dangereux et de hasards plein
Et les nuages lourds et immobiles,
Les hordes sombres de mendiants débiles
Errent comme des fantômes maudits
Qu’on voit sortir à l'heure du midi.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 6 août 2023

Cartes postales (107)

   CARTES POSTALES (107)

L'image est le dernier rempart
Contre l'inconstance des choses
Et elle est un nouveau départ,
Le parfum des défunts roses,

La matière de l'esprit
Et l'esprit de la matière,
Un vestige que l'on chérit
Et un débris de lumière !

Nous sauve-t-elle, cependant,
De la sombre finitude
Et de l'Oubli aux grandes dents

Et aux griffes sans pitié ?
Dans notre grande solitude
L’image est une amitié.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 5 août 2023

Cartes postales (106)

   CARTES POSTALES (106)

L'homme cherche toujours l'humain qui lui ressemble
Comme l'on chercherait un remède impuissant,
Mais ses efforts sont vains car il sait, ce passant,
Qu’on n'est jamais plus seuls qu'en étant ensemble.

L'homme va sans savoir où la vie le conduit,
L’abîme a des griffes dans son fond et l'emporte,
Et le destin s'ouvre pour lui comme une porte
Et il croit qu'il fait jour alors qu'il fait nuit !

Comment donc conjurer l'horreur de l'existence ?
Comment lutter contre le néant et la mort ?
Dans la mer de la vie comment trouver un port ?
Et comment supporter cette atroce souffrance ?

La Mort court. Elle vient, sur son sombre cheval
Libérer les hommes de toutes leurs faiblesses,
Car la vie est une maladie, qui cesse
Quand la Mort arrive pour extirper le mal,

Et il est étrange que les fleurs s'épanouissent
Et que le grand soleil se lève tous les jours
Dans ce monde mortel et à son salut sourd
Qui périra comme les hommes périssent.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 4 août 2023

Cartes postales (105)

   CARTES POSTALES (105)

L'immense montagne
Avec ses verts cheveux,
Pour le rêveur qui veut
Trouver enfin un bagne

Est un doux asile
Où gémissent les vents
Et où l'on dort souvent,
Dans les bois tranquilles,

À la belle étoile !
On chérit le danger
La nuit, on voit changer
Le monde en un voile

On aime la bête
Dont l'œil fauve reluit
Et on aime la nuit
Qu’aime le poète,

On devient sauvage,
La civilisation
Avec ses illusions
Disparaît, volage.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 3 août 2023

Cartes postales (104)

   CARTES POSTALES (104)

Qui n'a pas contemplé son image
Dans un miroir plat ou un lac volage
Qui lui disent toujours la vérité
Pour contempler avec sévérité
Ses cheveux gris et ses rides profondes ?
Rien n'est plus terrifiant, dans ce monde,
Pour l'homme qui espère et qui attend
Que de se voir ravagé par le temps
Qui impitoyablement toujours passe
Et rend le corps faible et l'âme lasse !
Ce qu'on sait et ce qu'on ne peut savoir,
Ce qu'on voit et ce qu'on ne veut pas voir,
Notre ignorance et nos certitudes !
Se connaître ! Quelle sombre habitude !
Le monde nous rappelle que nous sommes
Seulement des mortels et des hommes,
Que nos jours ont déjà été comptés
Par le sort indomptable et indompté
Et qu'un jour nous cesserons de vivre !
Le monde est un miroir et un livre.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 2 août 2023

Cartes postales (103)

   CARTES POSTALES (103)

La nuit est calme et l'air est doux,
Dans la mer, poème immense,
La lune a jeté ses bijoux
Ainsi que des récompenses.

On entend le frémissement
Des vagues pleines de murmures
Qui se mélangent doucement
Dans cette sombre nature,

Des poissons qui sautent dans l'eau
On entend le bruit agréable,
Ils disparaissent dans les flots
Lourds, profonds et insondables,

Tout devient grand et inquiétant,
Même un vilain sac plastique
Est, dans ce monde déroutant,
Une apparition fantastique,

Et le silence est éloquent,
Chaque fois qu'il ouvre la bouche,
Il berce le poète, quand
Il lui dit des choses farouches.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 1 août 2023

Cartes postales (102)

   CARTES POSTALES (102)

Dans ma valise emplie de souvenirs
Qui devient plus profonde avec l'âge,
J’emporterai, avec tous mes désirs,
Le sable léger de toutes les plages

Ainsi que le sel de toutes les mers,
Des flots, des soleils, des débris de voiles,
Le goût puissant des océans amers
Et peut-être aussi quelques étoiles ;

Je ne serai jamais las de marcher
Et j'errerai dans mon propre rêve,
Et sans savoir ce que je vais chercher,
Sous l'étoile ou le soleil qui se lève,

Mes chemins, propices ou dangereux,
Se dérouleront devant moi d'eux-mêmes,
Et je serai fatigué et heureux
Et j'aimerai le monde qui m'aime !

J’aime mes erreurs et mes illusions
Qui sont plus pesantes que mes valises,
De port en port, de vision en vision,
J’irai, épris de toutes les surprises.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 31 juillet 2023

Cartes postales (101)

   CARTES POSTALES (101)

Qui n'a pas deviné l'énigme altière
Du sens, cet esprit qui sort de la matière ?
Le monde qui grandit et s'épanouit
Est pareil au Sphinx debout dans la nuit
Qui compte les mortels et sur eux veille,
Il est plein de dangers et de merveilles,
De mystères divers et adorés
Et de grands océans inexplorés
Où errent des voiles sans maîtres
Jusqu’au néant qui noie tous les êtres !

Pour son ignorance sans compassion,
L’homme veut trouver des explications
Et sonde les insondables gouffres !
Il veut trouver un sens parce qu'il souffre
Et que le sens est sa consolation ;
Toute énigme est une désolation
Pour cet être vain et fier qu'est l'homme
Qui se consume et qui se consomme,
Pareil à un feu toujours en fureur
Et qu'on voit manger sa propre lueur.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 30 juillet 2023

Cartes postales (100)

   CARTES POSTALES (100)

Est-ce que la route nous prend
Ou prenons-nous la route ?
La route nous envoûte
Avec ses charmes errants,

La route comprend et sait
Ce que l’homme désire,
Souvent elle soupire
En exauçant nos souhaits,

Souvent, son sombre regard
Tombe sur l’homme sombre
Dont le cœur est plein d’ombre
Et dont l’esprit est hagard.

Ne sommes-nous pas conduits
Par de sinistres étoiles
Jusqu’à ce que se dévoile,
Notre destin dans la nuit,

Par des vents impétueux
Et des forces obscures,
Loin de toute la nature,
Loin de la terre et des cieux ?


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

samedi 29 juillet 2023

Cartes postales (99)

   CARTES POSTALES (99)

Par-delà les flots et les étoiles,
N'y a-t-il pas des mondes terrifiants
Que l'esprit vagabond aux yeux dévoile
Et qu'habitent des monstres et des géants ?

Grâce à des théories et des tropes,
L’homme fatigué y erre sans fin
Armé d'une lyre ou d'un microscope,
À la recherche de mondes défunts,

Cherchant des choses qui transcendent l'ombre
Et peuvent briller plus que le soleil
Et qui poussent un rugissement sombre
En s'éveillant de leur vaste sommeil !

Débris d'étoiles, restes de planètes,
Fumées primordiales de l'univers,
Toute l'existence devient nette
Et il la sonde en écrivant des vers,

Mais trouvera-t-il ce qu'il convoite ?
Verra-t-il s'épanouir les grands secrets ?
Qu’importe ! Il va, l'esprit toujours moite,
À braver les mystères toujours prêt.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 28 juillet 2023

Cartes postales (98)

   CARTES POSTALES (98)

N'est-il pas doux de se perdre, parfois,
Dans une ville immense ou un grand bois
En poursuivant sa marche opiniâtre ?
On contemple les rues et les sentiers
Comme on contemple un feu brillant dans l'âtre,
Et les chemins vont se multiplier.

Un réverbère apparaît, une étoile
Dans le ciel nocturne se dévoile,
Aux ténèbres on demande son chemin,
Il y a quelques humains et quelques bêtes,
La route, cependant, n'a pas de fin,
Tout nous regarde mais rien ne s'arrête,

Il y a quelques spectres, quelques mendiants,
Des ogres qui se cachent et des géants,
Des chats, des chiens errants ou des lièvres :
Qui daignera, toutefois, nous sauver ?
Nous attendons le salut avec fièvre,
Et soudain, nous nous mettons à rêver.

Rien ne va venir et rien ne nous cherche,
Il n'y a pas de voitures ni d'arches,
Que des chemins qui ne vont nulle part
Qui se confondent et qui nous confondent,
Et la peur devient une forme d'art
Qui de ses visions remplit le monde.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 26 juillet 2023

Cartes postales (97)

   CARTES POSTALES (97)

Comme les fleurs éphémères,
L’homme cherche un peu de lumière
Qui descend de la terre au ciel
Et qui reluit dans le tunnel ;
Il lutte contre les ombres
Qui remplissent le monde sombre
Où il marche, rêveur et las.

Bientôt, le noir hiver sera là.
D’une majesté tranquille,
Il descendra sur les villes
Qui dorment d’un pesant sommeil,
À un fantôme errant pareil.
Bienvenue, saison douce et froide !
L’âme, comme le corps roide,
Y trouve tout son réconfort ;
Dans la nuit, comme dans un fort,
Nos pensées couvertes d’un voile
Se cachent loin des étoiles
Dans les ténèbres des maisons ;
Bienvenue, ô douce saison !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 25 juillet 2023

Cartes postales (96)

   CARTES POSTALES (96)

Nos souvenirs sont têtus
Et notre vie est volage,
Ils viennent, chenus avec l'âge,
Et de noir et de blanc vêtus,

Voulant tourmenter nos esprits
Et nos âmes impuissantes
Avec leurs voix assourdissantes,
Leurs vains murmures, leurs vains cris !

Aux écrans des télévisions,
Aux cieux noirs et pleins d'étoiles,
Dans les manoirs qui sont des voiles,
Et aux bois qui sont des rayons,

Ils apparaissent avec dédain,
Squelettes ou jeunes femmes,
Leurs vêtements montrent leurs âmes
Qui semblent des soleils soudains

Et de leurs haillons désuets
Jaillissent de frêles aurores
Qui sont faibles mais brillent encore
Et qui chantent des chants muets.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 24 juillet 2023

Cartes postales (95)

   CARTES POSTALES (95)

Le phare contemple la mer sombre
Où une foudre immense reluit,
Et il a l’air de savoir le nombre
De toutes les étoiles de la nuit.

Il est debout, toujours, dans les ténèbres,
Pareil à un homme seul qui attend
Quelque chose de grand et de funèbre,
Incommensurable comme le temps.

Il montre le chemin aux épaves,
Ces souvenirs délabrés des vaisseaux
Que content les esprits des marins braves
Qui ont osé défier les vents et les eaux ;

Emblème immortel et inutile,
Il semble se flétrir comme une fleur
Et surveille de loin, sur son île,
De toute l'existence spectateur,

Tandis qu'à quelques lieues, la tempête
Rugit ainsi qu'un monstre qui a faim
Et dans la vaste immensité répète
Les sombres synonymes de la fin. 


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 23 juillet 2023

Cartes postales (94)

   CARTES POSTALES (94)

La vie, emplie de mystères divers,
Est pareille à un grand labyrinthe
Avec des sentiers froids et des bois verts
Et des saisons d’ombre et de contrainte.

L’homme y marche, accompagné ou seul,
Dans des couloirs infinis et immenses,
Et y trouve la blancheur du linceul
Ainsi que la noirceur de la nuit dense ;

Il y est pareil à un voyageur
Appesanti de tous ses bagages,
Cherchant une oasis, une lueur
Ou la cabane fermée d’un sage,

Une étoile lui montrant le chemin,
Quelque port petit et salutaire,
Quelque chose qui lui tendrait la main :
Un oiseau, une île ou une terre !

Mais ce qui l’attend, ce n’est pas un port,
Mais une sinistre métaphore :
Au fond de ce labyrinthe, la Mort
Qui ressemble à l’antique Minotaure.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 22 juillet 2023

Cartes postales (93)

   CARTES POSTALES (93)

Pourquoi fait-il si noir
Dans le sombre manoir
Qu’emplissent les spectres ?
Qui sont les trépassés ?
Qui a donc laissé
Ce manoir sans maîtres ?

Est-il vraiment hanté ?
L’esprit épouvanté
Est fertile en histoires ;
Des touristes ont vu
Des fantômes venus
Hurler dans la nuit noire,

D’autres disent avec peur
Que, pareils à des fleurs,
Des monstres s’épanouissent
Dans la sinistre nuit
Où l’effroi reluit
Et où ils sévissent !

Est-ce la vérité ?
Le cœur est irrité
Par les choses rebelles,
Le silence redit,
Le vide s’agrandit
Mais la peur est réelle.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène