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dimanche 7 décembre 2025

À ma fille bien-aimée

  à ma fille bien-aimée

J’aime tes jouets quand ils sont par terre,
Bleus, jaunes, rouges, verts, orange, noirs,
Et mon cœur frémit, mon cœur de père,
Chaque fois que mes yeux peuvent te voir.

J’aime le son de ta voix mélodieuse
Qui dit des choses improbables et rit,
Quand, pareille à une fée merveilleuse,
Tu exauces mes vœux et me guérit.

Je t’aime comme la mer immense,
Je t’aime comme l’univers sans fin,
Je t’aime plus que tu ne le penses,
Et de ton amour j’ai soif et j’ai faim.

Comme un soleil doux de printemps, tu brilles
Dans le firmament clair de la maison,
Toi qui viens d’arriver dans la famille
Comme un fruit vert, mais qui est de saison ;

Un an et quelques mois : petite vie,
Petits soucis, petits pieds, petites mains,
Mon âme de ta présence est ravie,
Ébauche radieuse d’un être humain,

Car les ébauches sont les plus belles !
Rien n’est plus beau que le premier amour,
Le croquis d’une peinture éternelle
Et le lever invincible du jour !

Alors écoute-moi : reste frêle,
Reste petite, ne grandis pas,
Et ne répond pas, quand je t’appelle :
« Oui, mon père » mais répond « oui, papa » !



Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 16 avril 2021

La coiffeuse de la fille de Pharaon

La coiffeuse de la fille de pharaon

Dieu affermira les croyants dans cette vie et dans l’autre, par la parole immuable. Il égarera les méchants. Il fait ce qu’il lui plaît. (Coran, 14, 27)

Le Prophète, pendant son Voyage nocturne,
Dans les immensités vastes et taciturnes
Pareilles à des mers aux flots roulant sans fin,
Sentit tout à coup comme une odeur de parfum
Et il demanda à Gabriel : « D’où vient-elle ? »
Cette douce odeur qui semblait immortelle.
Gabriel répondit que ce parfum si bon
Vint de celle que la fille de Pharaon
Avait pour coiffeuse, et de sa progéniture,
Et conta le récit de cette femme pure
Au Prophète voulant l’entendre : « Une fois,
Dit Gabriel, cette femme qui a la foi
Coiffait la fille de Pharaon, quand son peigne
Tomba. Oubliant de Pharaon le règne,
Elle dit : “au nom de Dieu !” “Invoques-tu
Mon père ?” demanda la fille. Avec vertu
Sa coiffeuse lui fit cette réponse austère :
“Non, Dieu est mon maître et le maître de ton père.”
La fille s’écria : “Je vais en informer
Mon père !” Sa coiffeuse alors, sans s’alarmer,
Lui dit : “Fais-le”. Elle le fit. “Réponds, femme,
Ordonna Pharaon, les yeux emplis de flamme,
Adores-tu d’autres dieux que moi ? D’où te vient
Cette audace ?” “Dieu est mon maître et le tien.”
Répéta calmement la brave coiffeuse.
Pour châtier cette femme vertueuse,
Pharaon fit venir un horrible instrument :
Une vache en bronze, et le feu la consumant
Ordonna d’y jeter, avec ses fils, la mère.
Ils étaient des enfants. Sa seule prière
Fut d’enterrer leurs os dans le même tombeau.
Pharaon accepta. Cependant il crut beau
De jeter les enfants dans cette fournaise
Devant leur mère, pour qu’elle souffre à son aise.

La mère vit périr ses filles et garçons,
Et il ne lui restait qu’un pauvre nourrisson
Qu’on allait jeter dans cette vache ardente.
Malgré elle, elle fut saisie d’épouvante.
Le nourrisson parla toutefois, grâce à Dieu,
Et dit à sa mère : “Que ton cœur reste pieux,
Mère ! Car ce feu que tu vois et ces peines
Ne sont rien, comparés au feu de la Géhenne.”
Dieu raffermit sa foi comme seul Dieu le peut,
Et elle entra, avec son enfant, dans le feu. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 11 mai 2019

Le grand méchant Loup

Le grand méchant loup

Où vas-tu, petite fille ?
Tu erres seule dans les bois
Loin de toute ta famille,
Le loup te voit, et je le vois !

Tu mets des fleurs et des cerises
Dans ton mignon petit panier,
Par les papillons surprise
Et les champignons singuliers,

Tu marches sur l’herbe verte
En disant bonjour au lapin
Qui sort des portes ouvertes
De ton magnifique destin ;

Belle fillette aux joues roses,
Tu souris au frêle écureuil
Et tu salues toutes les choses
Naturellement et sans orgueil.

Mais ton monde n’est pas le monde !
De ta pureté il est jaloux ;
La forêt est bien profonde,
Gare à la sorcière et au loup,

Le loup qui se cache dans l’ombre
Et qui, comme un grand spectre noir,
Te suit, affamé et sombre,
Aurore que chasse le soir !

Cours, rentre chez toi, fillette !
Car le monde est grand et mauvais !
Le loup met déjà sa serviette,
Si seulement tu le savais !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 9 mai 2017

Conte: La fille d'une reine de fées (Partie XIII)

CONTE: LA FILLE D'UNE REINE DE FÉES (PARTIE XIiI)


XIII. Ce que fit Hassan pour sauver sa famille, et ce que devint le traître Loki

Hassan finit par voir une vieillarde frêle
Et se précipite, désespéré, vers elle
En lui demandant où se trouve la prison
De son épouse Ida captive sans raison 
Avec ses deux enfants innocents aux joues roses
Qu’on persécute avec leur mère, et qu’on ose
Emprisonner aussi, petits oiseaux bénis
Qu’on met dans une cage et qu’on arrache au nid.
La vieille femme pleure en entendant ses plaintes,
Et sur son visage ridé la douleur peinte,
Elle dit à Hassan : « Sachez que j’ai été
La nourrice d’Ida, dont la douce beauté
A grandi dans mes bras, dormant mal mais aimée,
Fleur qui avant de s’épanouir est parfumée.
On m’a permis d’aller lui prodiguer mes soins,
Et si d’une vieille femme elle a besoin,
Je l’aiderai, malgré les affres de l’âge
Qu’on ne peut éviter et que rien ne soulage.
Sachez aussi qu’elle est gardée par des guerriers
Sans pitié ni honneur, violents et meurtriers. »
« Je vaincrai, réplique Hassan ; je vais te suivre,
Ma femme, mes enfants et vous allez vivre. »
Il la suit, en effet, et ses yeux étonnés 
Ne peuvent plus le voir ; il a mis son bonnet.
Dans la prison d’Ida avec elle il entre 
Puis ôte son bonnet et à Ida se montre.
Elle en pleure de joie, et à son bon époux
Demande le pardon, tombée à ses genoux.
Hassan lui pardonne et doucement la relève,
Il disparait soudain comme un vague rêve,
Vole au gardien ses clefs, et jusqu’au dernier
Libère sans tarder les tristes prisonniers,
Frappe sur son tambour, et une vaste armée 
Occit l’armée ennemie, bien vite désarmée,
Puis il demande à sa balle, loin de Wak-Wak,
De les transporter tous jusqu’au château du lac.
Il remercie les deux sœurs une fois encore,
Retourne à Bassora à la première aurore
Avec ses deux enfants et sa femme, très heureux
Vivant sous leur grand toit, aidant les miséreux.

Et Loki ? il prit son trésor, voleur et traître,
Mais il ne tarda pas à trouver ses maîtres,
Et fut volé, à son tour, par de vils brigands,
Devint fou, et dans les rues alla divaguant.

[FIN DU CONTE: LA FILLE D'UNE REINE DE FÉES]


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène  

lundi 8 mai 2017

Conte: La fille d'une reine de fées (Partie XII)

CONTE: LA FILLE D'UNE REINE DE FÉES (PARTIE XiI)


XII. Comment les deux sœurs aidèrent Hassan à se rendre à l’île de Wak-Wak, où sa femme et ses deux fils sont retenus prisonniers

Malgré leur sympathie et toute leur douceur
En écoutant Hassan, les bienfaisantes sœurs
Ne savaient point comment braver ses infortunes,
Et attendirent avec lui la nouvelle lune.
Quand elle vint, elles allèrent interroger
Les compagnes d’Ida, les virent s’affliger
En leur disant qu’elle a été au château, certes,
Mais que sa mère, hélas, est maintenant morte,
Que sa belle-mère est un monstre sans pitié
Dont le cœur est pour elle empli d’inimitié,
Et qui de sa douce beauté est jalouse,
Qu’enfin pour la punir d’avoir été l’épouse
D’un vain mortel, avec ses enfants innocents 
Elle a emprisonné la mère, et le roi puissant
Comme un ensorcelé, se tait sur sa conduite.
« Ah ! s’écria Hassan, ils prendront la fuite,
Et moi je briserai leurs fers ! » Les fées du lac
Ajoutèrent : « Hélas, leur prison est au Wak-Wak !
Nul n’a été sauvé des serres de cette île. » 
L’aînée dit : « La chose est sans doute difficile,
Mais point impossible, et ils verront tous le jour. »
Et lui donne une balle, un bonnet, un tambour.
Le bonnet rend celui qui le porte invisible, 
Le tambour fait surgir une armée invincible,
La balle le transporte où il veut à l’instant.
De toute son âme il remercie, fort content,
Ses deux merveilleuses et douces protectrices.
Il dit à la balle qu’il veut sans caprices
Etre conduit à Wak-Wak. Aussitôt descend 
Vers lui un nuage qui semble empli d’encens,
Parfumé et léger, et qui le transporte
A l’île dont des rocs rouges sont les portes,
Et dont même le port semble un écueil fatal.
Il y voit étinceler sa ville de cristal
Et y erre longtemps, émerveillé et morne,
Sans voir aucun vivant sur l’île sans bornes.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 7 mai 2017

Conte: La fille d'une reine de fées (Partie XI)

CONTE: LA FILLE D'UNE REINE DE FÉES (PARTIE Xi)


XI. La fuite d’Ida

La mère de Hassan qu’aussi on invite,
Se préparant pour la glorieuse visite,
Cherche dans les coffres des présents singuliers,
Les plus belles robes, les plus radieux colliers,
Et trouve tout à coup au fond d’une caisse
Le voile de la fée, doux comme une caresse,
Avec sa couronne d’or, léger et pareil
A un nuage blanc devant un beau soleil.
Ignorant son secret, elle est émerveillée,
Pareille à une enfant par le jour réveillée
Qui se frotte les yeux d’un gracieux mouvement.
« Mon dieu, pense-t-elle, que ce voile est charmant !
Hassan veut certainement l’offrir à son épouse,
Et bien que moi je sois de son bonheur jalouse,
Je le ferai à sa place, il sera content. »
Ida, dont le voile est caché depuis longtemps,
Le revoit et frémit, et devenue blême,
Elle cesse d’être maîtresse d’elle-même
Et songe à sa mère, à son royaume chéri,
A ceux qui vivent encore et ceux qui ont péri,
Peut-être, pendant son éternelle absence,
Et à son vieux père, auguste roi, pense.
Elle prend ses enfants et jusqu’au jardin court,
Déroule son voile usurpé par l’amour
Sur eux et sur elle, et prestement s’envole.
La pauvre mère crie, devenue presque folle,
Contemple le grand ciel et perd le sentiment.
Le soir, elle raconte avec des gémissements
A son fils, de retour de son long voyage,
Comment sa famille s’est perdue dans les nuages.
Hassan s’en désole, mais l’embrasse et sourit,
Ne fais aucun reproche à sa mère, et lui dit
Qu’il va chercher secours en bravant les ondes
Auprès des douces sœurs à l’autre bout du monde. 

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 6 mai 2017

Conte: La fille d'une reine de fées (Partie X)

CONTE: LA FILLE D'UNE REINE DE FÉES (PARTIE x)


X. Hassan de retour à Bassora, dans quel état il trouva sa mère et ce qu’elle devint grâce à lui

Sorti de Bassora victime d’un piège, 
Hassan y retournait assis sur un siège,
Pareil aux grands seigneurs, marié, riche et heureux,
Avec ses esclaves et porteurs vigoureux.
Il montait un cheval grand et magnifique,
Et près de lui sa femme au front angélique
Etait montée sur un autre, deux fois plus beau,
Vêtue comme une reine, et comme des flambeaux
Portant ses bleus diamants qui semblaient des lunes
Dans le ciel ténébreux de la douce Fortune.
Ses deux enfants étaient avec leurs écuyers.
Une grande foule venait pour voir briller
Cette bienheureuse famille prospère ;
Le grand bruit qu’ils faisaient parvint jusqu’à la mère
De Hassan ; la pauvre veuve avait bien vieilli
Et par les rides son front était assailli,
Elle luttait contre l’affreuse misère 
Comme elle le pouvait, mais était amère
D’avoir perdu son fils chéri qu’elle crut mort,
Rongée par les puces comme par les remords.

Sans trop savoir pourquoi, elle ouvre sa fenêtre.
Mais c’est Hassan ! Hassan, son fils qu’elle a vu naître
Et qu’elle a cru ne plus revoir sous le soleil,
Qui se pavane ainsi, en pompeux appareil !
C’est lui ! Il s’avance vers sa maison natale,
Embrasse pieusement sa pauvre mère pâle
Et par sa misère lui aussi humilié,
Il pleure en lui jurant qu’elle va oublier
Ses jours d’infortune, et sans tarder fait construire
Un palais que de loin on voit reluire
Qui de tous les curieux attire les regards,
Où sa mère est traitée avec les mêmes égards
Que les reines, et sa femme aussi. Ses tables
Etaient appesanties, il était charitable
A tous les miséreux et tous les étrangers
Qui venaient et pouvaient festoyer et manger.
Le bruit de ses bienfaits parvint jusqu’aux oreilles
Du sultan et de la sultane nonpareille
Qui invita sa femme, alors qu’il voyageait,
Au palais royal, et à l’honorer songeait.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 4 mai 2017

Conte: La fille d'une reine de fées (Partie IX)

CONTE: LA FILLE D'UNE REINE DE FÉES (PARTIE Ix)


IX. Ce que Hassan désira faire, après qu’il eut épousé sa fée Ida

Avec le même zèle, Hassan faisait sa cour
A Ida, et il lui parlait de son amour
Et lui déclarait sans se lasser sa flamme,
Au point qu’elle l’aima et à être sa femme,
Après mille refus, finit par consentir,
Et dit ne plus vouloir chez elle repartir.
Hassan était heureux, plein de reconnaissance,
Et son bonheur s’accrut deux fois par la naissance
De deux charmants garçons. Toutefois il songeait
A sa pauvre mère, et son souvenir le rongeait ;
Etait-elle vivante ? Etait-elle morte ?
La reverrait-il s’il frappait à sa porte ?
L’abandonner, n’est-ce pas perdre son honneur ?
Hassan avait honte de son propre bonheur.
Il confia ses remords à sa femme chérie
De quitter la sienne point encore guérie,
Et ensemble ils prirent, un soir, une décision ;
Pleins de reconnaissance et pleins de confusion,
Ils remercièrent leurs bienfaisantes hôtesses,
Leur annonçant, malgré toute leur tristesse,
Qu’ils allaient dès l’aube partir pour Bassora.
Ce départ, si soudain, certes les éplora,
Mais elles comprenaient qu’il fût nécessaire.
Aux époux dont jamais elles ne se lassèrent,
De leur bonté présente et passée étonnés,
Ils offrirent des chevaux caparaçonnés,
Deux troupes de chameaux chargés de mille choses :
De mets et de trésors, de soies et de roses,
Et de beaux esclaves connaissant le chemin.
Hassan et sa femme partirent le lendemain
Avec leurs deux garçons et leur caravane,
Et sentirent bientôt la brise océane :
Ils trouvèrent un puissant navire, dans le port,
Allant à Bassora, et bientôt furent à bord.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène