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mercredi 29 juillet 2020

Re-J’ai voulu voyager, à la fin le voyage

RE-j'ai voulu voyager, à la fin du voyage

D’après le poème  « J’ai voulu voyager, à la fin le voyage » de Jean-Baptiste Chassignet (1571-1635) duquel je ne garde ici que la première strophe

J’ai voulu voyager, à la fin le voyage
M’a fait en ma maison mal content retirer.
En mon étude seul j’ai voulu demeurer,
Enfin la solitude a causé mon dommage.

L’homme qui erre va compter ses cicatrices
Dans d’autres pays et sur d’autres continents,
Et croit qu’il va guérir de ses maux en prenant
Les chemins infinis de ses grands caprices.

Il quitte sa maison, rayonnante et tranquille,
Pour braver la tempête et pour braver la mer,
Et il revient enfin chez lui, le cœur amer,
Las de la nature comme il est las des villes.

Son cœur est un vêtement que le Temps déchire, 
C’est un haillon usé et qui est plein de trous,
Car il a cru un jour – comme les autres fous –
Que la Fortune va l’aimer et lui sourire !

De sa pauvre maison il pousse la porte ;
C’est vide comme lui, personne ne l’attend,
Lui, guerrier de l’azur et le preux combattant !
Il n’y a devant son seuil que des feuilles mortes,

Et quelques factures dans sa boîte aux lettres,
Des journaux qui semblent ceux du siècle dernier,
De vieux abonnements qu’il faudra résilier,
Des publicités et la poussière aux fenêtres.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 6 juillet 2020

Re-Stances

RE-stances

D’après le poème  « Stances » de Jean-Baptiste Rousseau (1671-1741) duquel je ne garde ici que la première strophe

Que l’homme est bien, durant sa vie,
Un parfait miroir de douleurs,
Dès qu’il respire, il pleure, il crie
 Et semble prévoir ses malheurs.

Quelle pauvre créature !
Larmes aux yeux et sueur au front,
Il erre dans la nature
Comme ses fils erreront.

Les montagnes, les cieux, la terre,
N’ont pas voulu de son fardeau,
Il le porte seul sur son dos,
Accablé par ses chimères.

Dès qu’il ferme la porte lourde
De sa demeure au soir charmant,
Toute l’humanité est sourde
À ses invincibles tourments ;

Plus d’amis. La solitude,
C’est l’heure de la vérité,
Du sage c’est l’habitude
Qui voit avec sévérité

Le monde où les mortels vivent,
Tandis que l’autre attend le jour
Pour que ses faux amis arrivent
Et lui apportent un peu d’amour.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 20 juin 2020

Re-Les poissons écaillés aiment les moites eaux

RE-les poissons écaillés aiment les moites eaux

D’après le poème  « Lespoissons écaillés aiment les moites eaux » de Jean-Baptiste Chassignet (1571 – 1635), duquel je ne garde ici que la première strophe.   

Les poissons écaillés aiment les moites eaux,
Les fleuves et les lacs : les animaux sauvages
Aiment les bois touffus, les creux et les bocages.
Et l’air doux et serein est aimé des oiseaux.

Tout ici-bas a son amour et sa maison,
La Nature est toujours douce et hospitalière,
Elle ouvre ses portes pleines de lumière
À tous les êtres et à toutes les saisons,

Hôtesse, elle sourit aux fragiles vivants,
Elle donne son eau, ses rayons et son ombre
À ses créatures bénies et sans nombre
Et qu’elle contemple tous les jours en rêvant.

Il est pourtant une douleur qu’elle ne peut
Voir, malgré sa bonté, et qu’elle ignore,
Celle de l’exilé marchant loin de l’aurore
Qui rêve comme la création et qui veut

Retrouver le chemin de ceux qui lui sont chers.
Pour lui, elle ne fait pas briller ses étoiles,
Dans la tempête il va, pareil à la voile
Qui ne peut éviter les écueils de la mer.

Elle ne le voit pas, ce sinistre marcheur
Perdu dans les sentiers éternels de la vie,
Et elle rayonne, de sa beauté ravie
Et ne songeant qu’à ses ruisseaux et à ses fleurs.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène