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LA douleur d'andromaque
Jacques-Louis David, La Douleur et les Regrets d'Andromaque sur le corps d'Hector son mari (1783)
Andromaque, veuve au cœur déchiré
Que son fils Astyanax en vain console,
Pleure dans la nuit Hector adoré
Avant que le feu sacré ne l’immole.
Tué par le sombre Achille, humilié,
Tiré par un char, mordu par les bêtes
Et laissé comme un soldat oublié
Sur la grève, à la merci des tempêtes !
Lui, Hector, fils de Priam, général
Des Troyens, et la fierté de Troie,
Victime de l’abîme vespéral
Et des vils rongeurs la chétive proie !
Son front est pâle, malgré ses lauriers,
Et il a l’odeur de la pourriture,
C’est donc ainsi que meurent les guerriers,
Des vers et du feu la nourriture !
La veuve gémit et veut embrasser
Ce qui reste de son époux livide,
Mais dégoûtée, son grand cœur est glacé
Malgré elle, en contemplant ses yeux vides,
Et au lieu d’embrasser l’illustre mort
Embrasse le vivant, son fils, amère,
Qui, ne comprenant rien au sombre sort,
Lui demande : « Pourquoi dort-il mère ? »
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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mercredi 2 novembre 2016
La Douleur d'Andromaque
mardi 21 avril 2015
Conte: Le Vilain devenu Médecin (Partie IV)
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CONTE: LE VILAIN DEVENU MÉDECIN (PARTIE Iv)
IV. Les prouesses du vilain, qui réussit à guérir la
princesse et quatre-vingts autres malades
La princesse vint, pâle et la bouche
ouverte,
Et, sa douleur l’ayant rendu indiserte,
Montrant au vilain le siège de la
douleur.
En voyant la beauté qui perdit ses
couleurs
Et dont le visage perdit sa blancheur
pure,
Il songeait comment opérer cette cure,
Car il voyait qu’il ne pouvait plus
reculer
Ou pour qu’il se tirât d’affaire
fabuler,
Et périr sous les coups ne le
réjouissait guère.
« Le mal est dû à cette artère qui
naguère,
Se disait-il, resta dans son royal
gosier.
Si j’arrive à la faire rire et à l’extasier,
Peut-être l’artère maudite
sortirait-elle
Et j’éviterais une punition mortelle. »
Le vilain demanda au roi qu’on allumât
Un grand feu dans la salle, et qu’on se
résumât
A le laisser seul un moment et la
patiente.
Tous se retirèrent. Presque inconsciente
A force de souffrir, le vilain fit
asseoir
La princesse. De ses ongles crochus et
noirs
Il se gratte avec des grimaces
plaisantes
Et s’étrille la peau. La chose est
amusante
Au point que la princesse, malgré sa
douleur, part
D’un grand éclat de rire, et que de son
rempart
L’artère sort et lui vole hors de la
bouche.
Il la ramasse et vole aussi comme une
mouche
Au roi à qui il dit : « La
voici, majesté ! »
« Peu de temps vous êtes avec elle
resté,
Mais vous l’avez guérie ! Vous me
rendez la vie !
S’écria le monarque, car, ma fille
ravie,
J’aurais perdu ce que j’avais de plus
précieux.
Ah ! bénie soit ta science et bénis
soient les cieux !
Je te donnerai des habits et des robes. »
Le vilain remercie, et pour qu’il se
dérobe
Prétend avoir fort à faire et être
pressé.
Le roi lui dit alors, par sa cour
caressé,
De devenir son ami et son médecin
fidèle.
« Ma bonne femme attend. Ayez pitié
d’elle.
Je ne mérite point de tels honneurs,
seigneur. »
A cette réponse l’on rossa le soigneur.
Convaincu par les coups : « Ah !
je vous l’accorde !
Cria-t-il. Majesté, faites miséricorde. »
Et il promit au roi de rester non
seulement
Un jour, mais s’il le lui commande,
éternellement.
On le régala, tout d’abord, aux
cuisines,
Puis il fut conduit dans une chambre
voisine,
Tondu et rasé, et prestement revêtu
D’une belle robe d’écarlate. Têtu,
Il pensait qu’il pourrait un jour
prendre la belle
Et aux souhaits du roi était toujours
rebelle.
Sa guérison avait fait cependant du
bruit,
Et malgré lui il lui fallait cueillir
ses fruits ;
Quatre-vingts malades de la ville
arrivèrent
Au château du roi, qui d’être guéris
rêvèrent
Et voulaient consulter le médecin
prodigieux
Dont on parlait avec des propos
élogieux.
Le roi le fit appeler et lui dit : « Maître,
De guérir ces gens-là vous devez me
promettre. »
« Sire, répondit le vilain avec
émoi,
Je ne le puis, sauf si Dieu s’en charge
avec moi. »
Il fit alors venir les sergents à sa
chambre,
Et le malheureux, qui tremblait de tous
ses membres,
Promit de ne laisser nul malade partir.
Il pria donc le roi et sa cour de
sortir,
Fit un feu d’enfer, et dit aux malades :
« Soigner autant de monde n’est
point rigolade,
Je ne sais qu’un moyen afin de vous
guérir :
Il faudra que l’un de vous consente à
périr
Dans ce docte feu que vous voyez allumé.
Les autres avaleront les cendres du
consumé
Et ils seront guéris. La chose est
violente,
J’en conviens, mais elle ne sera point
lente ;
Que le plus malade vienne ici sans
tarder. »
Mais nul ne voulut à venir se hasarder
Et à dire que sa maladie était grave.
Le guérisseur dit à l’un d’eux : « Tu
m’as l’air brave
Et tu me sembles aussi pâle comme la
mort. »
« Je suis lâche, seigneur, et je
fuis sans remords. »
Répondit le hère qui, comme les autres,
Se sauva promptement. Le roi les vit
paraître,
Et ils lui disaient tous, du feu
épouvanté,
Qu’ils étaient bien guéris et en bonne
santé.
Enchanté, il rentra dans la vaste salle,
Et étonné de cette guérison colossale
Il demanda à son médecin comment il fit.
Le vilain qui souriait joyeusement lui
dit
Qu’il possédait un charme aux vertus
sans pareilles.
De remerciements le roi flatta ses
oreilles,
Le combla de présents, le laissa
retourner
Auprès de sa femme, bien las de
séjourner
Contre son gré et loin des champs, dans
sa demeure.
Il lui fit promettre de revenir à l’heure
Où il aurait besoin de lui, et le manant
Cessa de labourer, et, prodige étonnant,
De battre sa femme quand il devint
prospère,
Qui l’aima et qui fit habiter son père
Avec eux, tous les jours enchanté de la
voir,
Et rendit son mari médecin sans le
savoir.
[FIN DU CONTE: LE VILAIN DEVENU MÉDECIN]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 20 avril 2015
Conte: Le Vilain devenu Médecin (Partie III)
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CONTE: LE VILAIN DEVENU MÉDECIN (PARTIE IIi)
III. Comment le vilain fut obligé de guérir la fille
du roi et de devenir médecin malgré lui
Les messagers chacun d’un bâton s’armèrent
Et allèrent au vilain que leur airs
alarmèrent.
Ils le saluèrent de la part de leur roi
Et lui demandèrent de les suivre. L’effroi
Le gagna, et il leur demanda : « Pourquoi
faire ? »
« Pour guérir la fille du roi et
lui plaire,
Répondirent-ils. Pour vous chercher nous
venons ;
Nous savons votre science ainsi que
votre nom
Et que vous êtes un grand médecin
illustre. »
Mais il leur répondit qu’il n’était qu’un
rustre,
Que si le roi avait besoin d’un
laboureur
Il l’aiderait, et qu’ils devaient faire
une erreur,
Car il n’entendait rien, hélas, à la
médecine.
« Je vois bien à quel point le
bâton le fascine,
Dit à son camarade l’un des deux
cavaliers,
Et nous allons bientôt lui être
hospitaliers. »
Là-dessus tous les deux de cheval
descendirent
Et battirent notre vilain avec tant d’ire
Qu’après quelques coups il finit par
leur céder,
Car ils étaient plus forts, de peur de
décéder.
Il leur demanda grâce, et finit par
promettre
De les suivre ainsi que d’obéir à leur
maître ;
On lui fit donc monter une de ses
juments
Et le conduisit au roi au même moment.
Le monarque, inquiet pour la princesse
chérie,
Et qui voulait à tout prix qu’elle fût
guérie,
Etait bien content de revoir ses
messagers
Qui lui dirent aussitôt que pour la
soulager
Ils avaient fait venir un médecin plein
de science,
Mais qui était étrange, et dont l’obédience
Ne serait assurée que s’il était rossé.
« Il sera alors, leur dit le roi,
bien brossé !
Et puisqu’il aime le bâton, qu’on le
bâtonne.
Ce que vous venez de me dire m’étonne
Et je n’ai jamais vu un médecin pareil.
On dirait un fermier, il n’a point l’appareil. »
Et le roi ordonna que l’on fît descendre
La princesse, sa fille, et que sans
attendre
Il montra au vilain. « Je vous ai
fait quérir,
Lui dit-il en l’appelant maître, pour la
guérir.
C’est ma fille que j’aime depuis sa
naissance,
Si vous la guérissez, ma reconnaissance
Vous sera éternelle, et je vais vous
combler
De présents magnifiques. » Notre
vilain, troublé,
Se jeta à genoux en criant : « Je
laboure
Chaque jour mon champ, et mon bétail m’entoure ;
Je vous jure par tous les saints du
paradis
Que je ne connais que le bœuf et le
radis
Et que d’être médecin je ne suis point
digne. »
Pour toute réponse, le roi fit un signe,
Et deux puissants sergents, fidèles à
leur devoir,
Sur les épaules du vilain firent
pleuvoir
Une grêle de coups. « Merci,
seigneur, grâce !
S’écria-t-il, aucun mal ne m’embarrasse,
Je la guérirai, mon roi, je la guérirai,
Ou en essayant de le faire périrai. »
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 19 avril 2015
Conte: Le Vilain devenu Médecin (Partie II)
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CONTE: LE VILAIN DEVENU MÉDECIN (PARTIE Ii)
II. La vengeance de la dame, rossée une deuxième
fois par le vilain son mari
Le soir, le
vilain dit à sa femme : « Le diable
M’a séduit, et
ma faute est irrémédiable. »
Et il tenta par
tous les moyens d’apaiser
Son épouse, à
qui il donna de doux baisers,
Puis se jeta à
ses pieds avec tant de flamme
Qu’elle l’excusa
et ne lui fit aucun blâme.
Ils soupèrent
ensemble, contents, sans se contrir.
Mais le vilain
comptait encore la férir
Et voulait
employer son stratagème encore.
Le lendemain, à
son lever, dès l’aurore,
Il chercha
querelle à sa femme, l’attrapa
Comme on fait
aux fripons, de nouveau la frappa
Et comme la
veille la quitta en larmes.
Tandis qu’elle
pleurait et contait ses alarmes,
Elle vit arriver
deux messagers du roi
Et qui étaient
montés sur deux blancs palefrois.
Les deux la
saluèrent au nom du monarque
Et de sa loyauté
voulurent une marque
En lui
demandant, sans vouloir la déranger,
Car ils avaient
grand faim, un morceau à manger.
Elle leur
apprêta, hospitalière hôtesse,
Ce qu’elle avait
chez elle, malgré sa tristesse,
Et les pria de
lui dire, dans le repas,
Où ils allaient
et où les conduisaient leurs pas.
« Princesse
Ade, la fille du roi, est débile,
Dirent-ils, nous
cherchons un médecin habile
Qui puisse la
guérir. Nous ne nous lasserons
Jamais de notre
tâche, et même nous passerons
S’il faudra le
faire, au pays d’Angleterre.
En mangeant du
poisson, au gosier une artère
Lui est restée,
et le roi est bien chagriné
De voir échouer
tout ce qu’on a imaginé
Pour l’en
délivrer. Son sombre et malheureux père
Qui de sa
guérison maintenant désespère
Nous a dépêchés,
las de la revoir souffrir,
Pour lui amener
quelqu’un qui puisse la guérir.
La pauvre
souffre et la nuit lui est effroyable,
Et ses douleurs
deviennent, hélas, incroyables
Au point qu’elle
ne peut ni manger, ni dormir. »
« La
princesse cessera, mes seigneurs, de gémir,
Reprit la dame,
grâce à la docte science
D’un médecin que
je sais. » Avec impatience
Ils s’écrièrent
tous deux : « Ciel ! se pourrait-il !
Dites-nous où se
trouve ce médecin subtil ! »
« Sachez d’abord,
seigneurs, repartit la dame,
Que ce médecin
est un fantasque, d’où sa fame,
Et qu’il n’exercera
point d’abord son talent ;
Je vous
conseille de ne point être galants,
Pour en tirer
parti il faut bien le battre. »
« Nous le
ferons alors, et par Dieu le Maître,
S’écrièrent
encore les loyaux messagers,
Nous le
rosserons bien et sans le ménager.
Dites-nous
seulement où cet homme demeure. »
Et nos deux
messagers partirent tout à l’heure,
Dès que la dame,
qui de lui peu s’amourait,
Leur enseigna le
champ où son homme labourait.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mercredi 26 février 2014
Histoire du pêcheur (Partie VIII)
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Histoire du pêcheur (partie VIII)
Poèmes de "la série Mille et une Nuits":
Le pernicieux
vizir, voulant mettre un terme
A la vie du
médecin, son rival, dit, ferme :
« Sire, un
perroquet mort, ce n’est point important
Et son maître est
resté en vie et bien portant.
Mais assurer la
vie d’un roi est une étude
Où les soupçons passent
pour des certitudes.
Il vaut mieux,
majesté, perdre un innocent
Que sauver un
coupable et assoiffé de sang.
Pour le bien du
Royaume, châtiez ce misérable !
Mon avis n’est-il
point pour vous honorable
Pour qu’il soit
une preuve de sa culpabilité ?
Ne vous ai-je
point servi avec fidélité,
Plus que ce
perroquet n’en avait pour son maître ?
Hélas ! Je ne
suis pour vous qu’un sombre traître,
Vous croyez que l’envie
m’aveugle et me remplit,
Mais moi pour vos
jours qui me sont chers je pâlis !
Le médecin Douban
aux allures hautaines
Est un assassin ;
c’est là une chose certaine
Et si grave que je
n’oserais point vous mentir
Mais que vous n’arrivez
pas, majesté, à sentir.
Par Dieu !
Pourquoi voudrais-je souiller un homme honnête
Et innocent, et
lui faire couper la tête ?
Si je le fais, n’ayez
pour moi aucune pitié,
Et que, comme ce
vizir jadis, je sois châtié ! »
« De ce vizir
contez-moi la sombre histoire,
Dit le roi. Son
action doit être bien noire
Pour qu’il méritât
son suprême châtiment. »
Le vizir répondit
au roi bien promptement :
« En effet,
majesté. Je vais vous apprendre
Son histoire,
puisque vous voulez l’entendre.
Il était autrefois
un roi comme vous grand
Qui avait un jeune
fils ardent et adorant
Plus que toutes
autres choses partir en chasse
Et son âme éprise n’en
était jamais lasse.
Son père, qui
voulait toujours le protéger
Et qui tremblait
pour lui des plus menus dangers,
Ordonnait à son
grand vizir de le suivre
Et ne le point
quitter s’il tenait à vivre,
Ce que le bon
vizir fit, fidèle comme un serf.
Un jour de chasse,
les piqueurs lançant un cerf,
Le jeune prince se
mit après la bête,
Agile et houleux
comme la houleuse tempête
En croyant le
vizir toujours derrière lui.
Il courut
longtemps ; le soleil qui avait lui
Ne luisait plus,
fermant son œil qui rayonne,
Le prince s’arrêta
et, seul, ne vit personne.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène |
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