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Histoire de l'envieux et de l'envié (partie IV)
Poèmes de "la série Mille et une Nuits":
La belle Scheherazade
continua ainsi
Quand revint Schahriar,
son étrange récit :
« Le
derviche, monté sur le trône de son beau-père,
Passait, un jour,
devant une foule prospère
Alors qu’il était
au milieu de sa cour.
Tous l’acclamaient
avec loyauté et amour
Et saluaient
doucement son passage auguste
Car il était un
roi bienveillant et juste,
Aimé du misérable
qui erre et qui gémit.
Il aperçut, dans
cette foule, son ancien ennemi
Debout, lui aussi,
au milieu de la route,
Ne reconnaissant
point son voisin, sans doute,
Qu’il devait
croire mort au fond d’un puits ténébreux.
Le Sultan dit à un
de ses vizirs nombreux :
« Amène-moi
cet homme que voilà, et prends garde
De l’épouvanter,
et que rien ne te retarde. »
Quand l’envieux,
surpris, au sultan fut présenté,
Il lui dit : « Le
derviche que vous avez jeté
Au fond d’une
citerne, loin du ciel qui rayonne,
Et votre ancien
voisin, c’est moi. Je vous pardonne
Car c’est grâce à
vous que je suis devenu sultan.
Sachez, mon cher
ami, que je suis très content
De vous revoir,
sachez aussi que je pense
Que vous méritez
une bonne récompense. »
Et à un officier
il dit avec bonté :
« Que tout à
l’heure en mon nom il lui soit compté
Mille pièces d’or,
et que vingt charges de marchandises
Lui soient
livrées, et qu’une garde le conduise
A sa demeure, et
lui obéisse sans délai,
Et qu’on fasse
promptement tout ce qui lui plait. »
A ces mots l’envieux,
qui devint soudain pâle,
S’écria : « Un
revenant ! » poussa un affreux râle
Et tomba mort et
pour sa jalousie châtié.
L’envié de son
ancien ennemi eut pitié,
Le fit enterrer
dans son propre cimetière
Et venait souvent
dire pour lui une prière.
[FIN DE L'HISTOIRE DE L'ENVIEUX ET DE L'ENVIÉ]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2210.
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mardi 18 février 2014
Histoire de l'Envieux et de l'Envié (partie IV)
lundi 17 février 2014
Histoire de l'Envieux et de l'Envié (partie III)
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Histoire de l'envieux et de l'envié (partie III)
Poèmes de "la série Mille et une Nuits":
De revoir leur
chef les derviches étaient contents
Et ils furent
étonnés de l’entendre contant
La trahison de l’hôte,
âme sinistre et mauvaise.
Quand dans sa
cellule il fut plus à son aise,
Il vit le chat
noir dont il avait ouï parler
Qui vint frotter
contre lui son dos et miauler.
Il lui arracha
sept brins de poils de la queue,
Remède bien
précieux et infaillible que
Le derviche cacha
dans sa cellule avec soin
Pour qu’il s’en
servît quand il en aurait besoin.
Le Sultan vint, le
jour suivant, n’ayant de cesse
De vouloir guérir
la malheureuse princesse,
Au couvent du
derviche avec ses officiers.
Le bon homme n’oublia
pas de le remercier
D’être venu, en le
recevant dans son domaine.
« Sheikh, lui
dit-il, savez-vous ce qui m’amène ?
La princesse est
souffrante et j’aimerais la guérir.
S’il lui arrive
malheur, je pourrais en mourir,
Et plus que la
lumière de mes yeux elle m’est chère. »
« Mon
seigneur, répondit le derviche, j’espère
Que grâce à Dieu
et mes prières elle guérira.
Je connais un
moyen qui la soulagera ;
A son mal il n’y a
qu’un unique remède,
Elle n’est point
malade mais un djinn la possède,
C’est ce que m’ont
dit à son sujet les esprits. »
Le Sultan,
transporté de joie et fort surpris
Et réconforté par
ces étranges présages,
Fit venir sa
fille. Un voile couvrait son visage,
Une suite de
femmes et d’eunuques l’accompagnait,
On avait pris soin
de lui lier les poignets
Pour qu’elle ne se
fît nul mal. Sur sa tête frêle,
Le chef des
derviches fit tenir un poêle,
Et quand il eut
posé, par l’encens parfumés,
Les sept brins de
poils sur les charbons allumés,
On entendit un
grand cri, et tout de suite
Le génie Maimoun,
fils de Dimdim, prit la fuite.
D’un geste
délicat, la princesse porta
La main à son
voile qu’aussitôt elle ôta
En s’écriant : « Où
suis-je ? Et qui m’a amenée
Dans cet endroit
où j’ai été abandonnée ? »
A ces paroles le
Sultan son père, joyeux,
Embrassa sa fille
et la baisa aux yeux.
Il dit au derviche : « Je
vous fais mon gendre,
Ma fille est à
vous si vous daignez la prendre
Pour femme, et je
crois qu’elle ne peut que vous choisir. »
Quand mourut, en
peu de temps, le premier vizir,
Le Sultan nomma le
derviche à sa place,
Etant lui-même
mort sans enfant mâle de sa race
Pour le remplacer,
d’un commun consentement
On nomma le
derviche Sultan augustement. »
Le jour qui
paraissait fit taire la conteuse
Et le roi
Schahriar, l’âme devenue songeuse,
Dit : « L’envié
mérite sa couronne, et l’envieux
Ne mérite, lui, qu’un
prompt châtiment de Dieu.
J’espère qu’il
mourra d’amertume et de rage
Car il est traître
et lâche et n’a aucun courage. »
Et le roi se leva,
impatient de savoir
La suite de ce
récit, et aussi de revoir
La princesse
Scheherazade, aussi belle que savante,
Et d’écouter sa
douce voix la nuit suivante.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mercredi 30 avril 2014
Histoire de trois calenders, fils de rois, et de cinq dames de Bagdad (XXI)
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Histoire de trois calenders, fils de rois, et de cinq dames de bagdad (partie XXI)
Poèmes de "la série Mille et une Nuits":
Au lieu de s’affliger
de ce spectacle horrible,
Le roi se
courrouça et prit un air terrible,
Cracha au visage
de son fils incinéré
Et lui dit,
indigné : « Tu meurs déshonoré,
Dieu, qui est de
toutes les créatures le maître,
Te châtie dans ce monde
et aussi dans l’autre
Où l’enfer
consumera ta chair éternellement. »
Ne se contentant
pas de maudire cruellement
Son fils mort,
surpris, je vis ce père farouche
Sur sa joue donner
un grand coup de sa pabouche,
Ce qui emplit mon cœur
d’horreur et d’étonnement.
Je dis au roi : « Sire,
quel que soit l’évènement
Qui soit à l’origine
de votre colère,
Je ne vois pas
comment il a pu vous déplaire
Pour que vous
maltraitiez votre fils mort ainsi. »
« Mon neveu,
répondit-il, vous voyez ici
Un fils indigne de
porter mon nom encore
Qui, qu’il soit
vivant ou mort, me déshonore.
Dès ses premières
années, ce monstre aima sa sœur
Qui l’aima et eut
pour lui les mêmes douceurs.
Ne désapprouvant
point leur amitié naissante,
J’ignorais que sa sœur
était son amante
Quand, un jour, je
surpris mon fils qui embrassait
Avec ferveur sa sœur
qui, elle, le caressait.
Je réprimandai d’une
manière fort sévère
Et la sœur coupable,
et le coupable frère,
En leur
représentant l’horreur de cette passion
Et que Dieu ne
pouvait bénir leur relation
Qui s’opposait à
toutes les lois de la nature
Et les exposait
aux éternelles tortures,
Et leur expliquai
que cet amour criminel
Couvrirait leur
famille d’un opprobre éternel.
Horrifié comme tout
père par ce noir spectacle,
Je mis entre les
deux amants mille obstacles
Et j’enfermai
chacun dans son appartement.
La sœur, révoltée
sans doute par cet isolement,
But du poison et
en faillit être morte.
Son frère, sûr d’être
aimé d’une farouche sorte,
Fit bâtir ce tombeau
où nous sommes maintenant.
Il enleva, un
jour, sa sœur en l’y amenant
Et, pour jouir de
l’objet de sa flamme sombre,
Emplit de
provisions ces lieux emplis d’ombre.
Mais Dieu n’a pas
souffert cette abomination
Et leur a infligés
tous deux cette punition. »
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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