Affichage des articles dont le libellé est Jacques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jacques. Afficher tous les articles

dimanche 23 août 2020

Re-Ode

  RE-ode

D’après le poème  « Ode » de Jacques Tahureau (1527-1555) duquel je ne garde ici que les deux premiers vers

 

Si en un lieu solitaire

Les ennuis me font retraire,

Je veux emporter avec moi

Mes souvenirs et mes émois

Et dans la nuit toujours fidèle

Comme dans une citadelle,

Me cacher de tous les humains.

Je marcherai dans des chemins

Empli d’apparitions livides ;

Loin des monuments limpides

Et de la civilisation,

Avec les hirsutes nations

Aux onomatopées vibrantes,

Je vivrai sans épouvante.

Heureux à toutes les saisons,

La forêt sera ma maison

Et la nature ma demeure,

Et jusqu’à ce que je meure,

Mon cœur sera toujours content !

Quand de partir il sera temps,

Comme une fumée de chaumière,

Je m’envolerai dans la lumière.

Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 30 juillet 2020

Re-Sur l’affection de la vie

RE-sur l'affection de la vie

D’après le poème  « Sur l’affection de la vie » de Jacques Vallée, seigneur des Barreaux (1599-1673) duquel je ne garde ici que les deux premiers vers.

Mon Dieu, que la lumière est belle,
Mais on n’en voit qu'une étincelle,
Et qu’elle est belle, cette nuit,
Avec sa lune qui reluit ;
Qu’elle est vaste et qu’elle est sombre,
Mais nous n’en voyons qu’une ombre !
Le monde est comme un bois profond
Duquel nul n’aperçoit le fond
Que cache un immense chêne ;
Appesantis de nos chaînes,
Nous y marchons dans des chemins
Faits pour égarer les humains,
Confus et labyrinthiques,
Emplis de satyres antiques
Et de gros ogres triomphants
Qui mangent de pauvres enfants
Devenus soudain des adultes !
Nous vouons un éternel culte
À l’insensible Vérité,
À l’Amour et à la Beauté,
Sans jamais voir, dans notre ivresse,
Le néant qui grandit sans cesse,
Pareil à un feu dévorant,
Sous nos pas dans la nuit errant.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 28 juillet 2020

Re-Plus je suis tourmenté...

RE-plus je suis tourmenté

D’après le poème  « Plus je suis tourmenté...» de Jacques Grévin (1538-1570) duquel je ne garde ici que la première strophe

Plus je suis tourmenté, plus je me sens heureux
Plus je suis assailli, et plus je me renforce,
Plus j’ai de poursuivants, plus s’augmente ma force,
Plus je suis au combat, plus je suis courageux.

Comme le feu grandit dans le vent violent,
L’âme grandit dans la douleur et les épreuves,
Elle est un océan et le corps est un fleuve,
Elle est tempétueuse et il est indolent.

Je marche dans la vie de ma foi armé,
Sans compter ni mes fers ni mes cicatrices,
Ni mes années d’exil, ni mes sacrifices,
Et sans jamais être par la mort alarmé.

L’homme heureux est celui qui sait que son destin
Ne changera jamais, bien qu’il soit rebelle,
Et il sait que la vie n’est pas éternelle,
Comme la rose qui s’épanouit le matin

Et se fane le soir. Il bénit ses tourments
Car ils le rendent fort, et ses infortunes,
Il sait que la sagesse est pareille à la lune
Et n’apparaît qu’à la nuit de l’âge charmant.

Malgré l’exil, malgré tous les fardeaux pesants,
Malgré la tempête qui crie et se courrouce,
Je marcherai toujours, une force me pousse
Vers d’autres rivages dont le sable est luisant.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 22 juillet 2020

Re-Chanson

RE-chanson

D’après le poème  « Chanson » de Jacques Gohorry (1520-1576) duquel je ne garde ici que la première strophe

Ô combien est heureux
Celui qui se contente
Des biens si plantureux
Que nature présente !

Son cœur est apaisé
Et sans nuées grises,
Dans l’ombre reposé,
Il compte les brises,

Il cueille, s’il a faim,
Les fruits pleins de lumière
Et empli de parfums,
Lourds comme des pierres,

Quand la nuit vient, il dort
À la belle étoile,
Une poussière d’or
Tombe sur sa voile

Qui erre dans la mer
Jusqu’au pays des rêves
Et trouve le port clair
Quand le soleil se lève !

Il vit dans sa maison
Aux portes ouvertes,
Et aux quatre saisons
S’étend sur l’herbe verte.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 28 mai 2020

Re-Au bord tristement doux des eaux, je me retire

RE-au bord tristement doux des eaux, je me retire

D’après le poème  « Au bord tristement doux des eaux, je me retire » de Jacques Davy du Perron (1555 – 1618), duquel je ne garde ici que la première strophe.

Au bord tristement doux des eaux, je me retire,
Et vois couler ensemble, et les eaux, et mes jours,
Je m'y vois sec, et pâle, et si j'aime toujours
Leur rêveuse mollesse où ma peine se mire.

Autre Narcisse, je ne vois pas mon visage ;
Dans toutes les sources je vois mon cœur sanglant,
Assailli sans pitié par les désirs violents
Et que le temps qui passe a rendu plus sage,

Et je vois mon esprit, comme un gaz toxique,
Se répandre dans l’air et contaminer l’eau,
Devenir un nuage et devenir un flot
Qui casse les folies modernes et antiques,

Tempête emportant les débris des idoles
Et les poussières dorées des illusions !
Les fausses prophéties et les fausses visions,
Tout cela devant moi s’enflamme et s’envole !

Ma douleur vient de l’ignorance et des mensonges
De ces vilains qui parlent et qui ne savent pas,
Et d’écraser ces vers de terre je suis las
Et je préfère me cacher dans mon songe !

Ils m’entendront gronder, cependant, ces infâmes !
Je gronderai comme un tonnerre et un volcan,
Et tous ces ignorants ne sauront jamais quand
Mes paroles tomberont sur eux, flèches de flamme !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 26 novembre 2016

L'enterrement d'Abel

L'enterrement d'abel

Jean-Jacques Henner, Adam et Ève découvrant le corps d'Abel (1858)

Adam, vêtu d’une peau de bête,
Et Ève de ses cheveux radieux,
Contemplent tous deux la sanglante tête
De leur fils tué par son frère odieux.

Comme l’eau d’une fontaine limpide
Son sang coule, par la fange souillé,
De la mer imitant les flots rapides
Dont son corps livide est l’écueil mouillé !

Les deux parents voient leur enfant sans vie
Et sans sépulture, déshonoré,
Son âme et leur joie leur sont ravies,
Tué par Caïn, son frère abhorré !

Cette ruine morte et malodorante,
Ce fut leur fils chéri ! Hélas, hélas !
Écœurée par cette chose écœurante,
La mère gémit, et le père est las,

Las de vivre dans ce nouveau monde
Où tout est éphémère et dégoûtant,
Où l’on doit manger des bêtes immondes
Et boire de sales eaux tout le temps !

Il dit à Ève : « Cet infâme
Sera puni par Dieu ; en vain il fuit.
Cachons Abel dans la terre, femme,
Loin de ces fauves qui hurlent la nuit. »


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

lundi 7 novembre 2016

Les fils de Brutus

LEs fils de brutus

Jacques-Louis David, Les licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils (1789)

Titus et Tiberius, sanglantes reliques,
Torturés, flagellés, sans têtes et sans honneur,
Sacrifiés par leur père à la République,
Sont deux rouges fardeaux portés par les licteurs.

Par le feu et le fer il a juré vengeance
Et de châtier Tarquin et son ignoble sang,
Sa femme, ses enfants et toute son engeance,
En attestant l’Olympe et tous ses dieux puissants !

Embrasé de vertu comme de colère,
Il a fait le serment d’occire tous les rois,
Et que la mort sera le juste salaire
De ceux qui régneront par le sang et l’effroi.

Pour qu’elles ne voient pas ces choses sanglantes
Qui furent leurs frères, et qu’elle ne peut voir,
Sa femme cache ses filles avec épouvante
Et s’écrie : « Ô Brutus, tu as fait ton devoir !

Sois content ! Par tous les poètes de Rome 
Ton nom sera chanté, radieux et éternel,
Les dieux se rappelleront, ainsi que les hommes,
Ton sublime forfait, ô père criminel ! »

Et Brutus, quand à lui, n’osant voir les cadavres
De ces traîtres chéris malgré leur trahison,
Entend gémir son cœur que la douleur navre,
Mais pense que ses fils reviennent à la maison.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

dimanche 6 novembre 2016

Le Mal d’Antiochos

le mal d'antiochos

Jacques-Louis David, Érasistrate découvrant la cause de la maladie d’Antiochus (1774)

Antiochos, roi faible et malade
Et dont l’empire est mutilé,
Soupire comme un exilé,
Le cœur plein d’estafilades ;

Un fléau sombre et homicide
Ronge son corps, patient et noir,
Chaque matin et chaque soir
Font gémir le Séleucide

Dont le nom est une ironie !
Lui, qu’on surnomme le Sauveur !
Le vertige le rend rêveur,
Enivré par son agonie !

Roi de Syrie, son sceptre tremble, 
Et son empire est un festin
Où Ptolémée et le Destin
Se sont invités ensemble !

Il a perdu la Cilicie
Comme un enfant perd un jouet,
Le Pont se rit se son fouet,
La Bithynie, la Phénicie ! 

Mais ce qui ainsi le tourmente
N’est pas un belliqueux souvenir.
C’est un feu qu’il ne peut bannir
Et c’est une beauté charmante !

Pour le guérir de son supplice
Érasistrate est à son lit,
Et l’Infaillible soudain dit : 
« Antiochos aime Stratonice. »


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

samedi 5 novembre 2016

Date obulum Belisario

date obulum belisario

Jacques-Louis David, Bélisaire demandant l'aumône (1780)

L’illustre byzantin, le preux Bélisaire
Qui battit Totila et soumit Gélimer,
Aveugle appesanti par le faix des misères
Soupire avec son fils, oublié et amer !

C’est lui qui terrassa les fiers Sassanides,
A Constantinople il ploya la sédition,
Et les Vandales, les Alains et les Gépides,
Ne disent son nom qu’avec des imprécations,

Et pourtant, le feu duc de Mésopotamie,
Vaincu par le destin, maudit par Justinien,
Vivant pour la gloire, se meurt dans l’infamie,
Moins fortuné que son soldat, Jean l’Arménien !

Il porte toujours son armure luisante,
Fidèle à l’empereur malgré sa cruauté,
Et à côté de lui, sa lance épuisante
Brille comme les yeux d’une jeune beauté.

Aux passants, peu nombreux, honteux et livide,
Ce va-nu-pieds, qui fut un héros, tend la main,
Et l’enfant son casque profond et presque vide,
A l’image de la charité des humains !

Et l’aveugle gémit, l’âme triste et lasse,
Martyr de la guerre, misérable et féral,
Quand l’un de ses soldats, qui par hasard passe,
S’écrie en le voyant : « C’est vous, mon général ? »


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 4 novembre 2016

Les Funérailles de Patrocle

Les funérailles de patrocle 

Jacques-Louis David, Les Funérailles de Patrocle (1778)

Achille pleure ses larmes immenses 
En honorant son cousin bien-aimé
Et maudissant des destins l’inclémence ;
Toute la Grèce attend, l’œil alarmé !

Elle vient à ces funérailles vastes
Avec tous ses soldats et tous ses dieux,
Appesantie de son voile chaste,
Nuage cachant le soleil radieux

De sa douce nudité éclatante !
Tout est devenu morne et silencieux:
Les oiseaux rêveurs, la mer inquiétante,
Et même le vent se tait dans les cieux !, 

Le bûcher, emblème de ce désastre,
Est profond comme un bois ; il est si haut
Qu’à son sommet on peut voir un astre
Et les lueurs des soleils idéaux.

Achille, courroucé comme il est sombre,
Songe, près du blanc cadavre chéri,
A quelque chose de noir dans l’ombre
Par la vengeance le cœur mal guéri,

Et à ses pieds, comme une chose infâme,
Le cadavre nauséabond d’Hector
Tombe de son char, tandis que son âme
Hurle et s’en va au Royaume des morts.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

jeudi 3 novembre 2016

La mort des enfants de Niobé

LA mort des enfants de niobé

Jacques-Louis David, Diane et Apollon perçant de leurs flèches les enfants de Niobé (1772)

Pour châtier Niobé de ses enfants fière,
La cruelle Artémis et son frère furieux
Font choir avec courroux de l’azur mystérieux
Une inféconde pluie de flèches meurtrières !

Ô massacre divin, ignoble homicide ! 
Lascive et sombre sur son nuage doré,
La déesse châtie tous les fils adorés
D’une mère implorant en vain son cœur placide ;

Le farouche Apollon, lui, d’une main fatale,
Tend l’arc avec mépris et tue avec dédain 
Tous ces jeunes mortels qui périssent soudain,
Et laisse vivante la fille de Tantale

Pour qu’elle souffre et pour qu’elle se souvienne,
Pour que son supplice ténébreux soit sans fin,
Comme son père qui meurt de soif et de faim
Victime éternelle des déités anciennes !

Comme un vain bouclier elle tend sa main frêle
Pour protéger ses fils de l’invincible mort,
Et implore les dieux, le cœur plein de remords,
En voyant le trépas tomber autour d’elle.

C’est pourquoi Niobé, à genoux dans la poussière,
Sur le mont Sipyle, pleurant éternellement,
Contemple le ciel bleu en soupirant pâlement 
Et implore toujours, même devenue pierre.  


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

mercredi 2 novembre 2016

La Douleur d'Andromaque

LA douleur d'andromaque

Jacques-Louis David, La Douleur et les Regrets d'Andromaque sur le corps d'Hector son mari (1783)

Andromaque, veuve au cœur déchiré
Que son fils Astyanax en vain console,
Pleure dans la nuit Hector adoré
Avant que le feu sacré ne l’immole.

Tué par le sombre Achille, humilié,
Tiré par un char, mordu par les bêtes
Et laissé comme un soldat oublié
Sur la grève, à la merci des tempêtes !

Lui, Hector, fils de Priam, général 
Des Troyens, et la fierté de Troie,
Victime de l’abîme vespéral 
Et des vils rongeurs la chétive proie ! 

Son front est pâle, malgré ses lauriers,
Et il a l’odeur de la pourriture,
C’est donc ainsi que meurent les guerriers,
Des vers et du feu la nourriture !

La veuve gémit et veut embrasser
Ce qui reste de son époux livide,
Mais dégoûtée, son grand cœur est glacé
Malgré elle, en contemplant ses yeux vides, 

Et au lieu d’embrasser l’illustre mort
Embrasse le vivant, son fils, amère,
Qui, ne comprenant rien au sombre sort,
Lui demande : « Pourquoi dort-il mère ? »


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 1 novembre 2016

La Mort de Socrate

La mort de socrate

Jacques-Louis David, La Mort de Socrate (1787)

Maudit par l’Héliée et ses thesmothètes 
Et les sycophantes, vils délateurs,
Socrate dit des mots consolateurs
A ses élèves baissant la tête,

Il leur parle, fort mais malgré lui blême
En sentant venir la fatalité,
De l’âme et de son immortalité, 
Comme pour se consoler lui-même,

De la douleur, du plaisir, de l’Idée !
Il pense à Athènes qu’il va quitter,
Cette éternelle et radieuse cité
Aux vieux marbres et aux sculptures ridées !

C’est donc son destin, calme et farouche ; 
Maintenant, il va mourir empoisonné,
Il a été grand, il a rayonné,
Mais il faut que tout soleil se couche !

Ses élèves soupirent, chose vaine !
Platon, le dos tourné, ne veut rien voir,
Le bourreau éploré fait son devoir
Et lui tend la coupe fatale et pleine,

Et lui la prend d’une main royale,
Malgré son invisible et sombre peur,
Sentant de la mort venir la torpeur, 
Le doigt montrant des choses idéales.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène