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Histoire du pêcheur (Partie xiV)
Poèmes de "la série Mille et une Nuits":
Du discours du
pêcheur le génie amusé
Rit et répondit : « Je
ne vais point t’abuser
Et j’ai jeté le
vase pour rire de ta crainte.
Cette loi antique
ne peut être enfreinte ;
Quand on fait un
serment, il faut le respecter,
Et de ta bonne
action tu vas te délecter.
Prends tes filets
et me suis. » Non sans défiance,
Le pêcheur le
suivit. Il eut plus d’assurance
Quand ils
arrivèrent au bord d’un grand étang.
Le pêcheur l’observait,
étonné et content,
Il était entouré
de quatre collines
Qui, pareils à
quatre géants, le dominent,
Et de poissons
empli. « Jette tes filets, pêcheur,
Et prends-en »
dit le djinn. Le bonhomme, rêveur,
Vit qu’ils étaient
de quatre couleurs différentes,
Blancs, rouges,
bleus et jaunes. Il le fit sans attente
Et comme il n’avait
point vu de poissons pareils
Qui fussent aussi
dorés que ceux-ci ou vermeils,
Il pensa en tirer
une belle somme.
Le génie ordonna
au joyeux bonhomme :
« Emporte ces
poissons et va les présenter
A ton sultan dont
l’or qui va te contenter
Te rendra riche
tout le temps qu’il te reste à vivre.
Tu viendras tous
les jours pêcher, mais tu dois suivre
Mon avis, ou alors
il t’arrivera malheur :
Pour pêcher ces
poissons de quatre rares couleurs,
Ne jette tes
filets qu’une seule fois, prends-y garde
Et à les rejeter
jamais ne te hasarde.
Fais ce que je te
dis et tu en seras quiet. »
Le génie dit ces
mots, frappa la terre du pied,
Et elle l’engloutit
en s’ouvrant au moment même.
Résolu de suivre
le conseil suprême
Du génie, le
pêcheur se garda de rejeter
Ses filets, prit
sa pêche et l’alla présenter
Au sultan qui vit
ses poissons avec surprise
Et donna quatre
cents pièces d’or pour sa prise
Au pêcheur qui
faillit bien mourir de bonheur
Car il n’eut
jamais droit à un pareil honneur
Et lui promit la
même récompense fraîche
S’il lui rapportait,
le lendemain, la même pêche. »
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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mardi 4 mars 2014
Histoire du pêcheur (partie XIV)
lundi 3 mars 2014
Histoire du pêcheur (partie XIII)
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Histoire du pêcheur (Partie xiII)
Poèmes de "la série Mille et une Nuits":
« Pêcheur,
mon ami, dit le génie d’une voix douce,
De mes propos avec
raison tu te courrouces,
Pardonne à ma
colère, tant de siècles passés
Dans les ombres de
ce vase et les flots glacés
Rendent le plus
clément des hommes atrabilaire.
Tu méritais sans
doute un meilleur salaire
Que les menaces
faites car nul ne me sauvait,
Mais je sais que
tu n’es point un homme mauvais
Et que tu ne feras
pas cette action cruelle.
Dieu est
tout-puissant, sa clémence est éternelle
Et il n’en prive
point les pécheurs repentis.
Son prophète m’a
puni mais n’a point consenti
A me tuer, alors
qu’il eût pu le faire.
Libère-moi ;
je fais le serment de te plaire
Et jure par le
grand nom de Dieu qui m’enferma
Dans ce vase, de t’être
très bon. Comme Imama
Traita Ateca d’une
ténébreuse manière,
Ne me traite pas. »
« Et que fit-elle à cette dernière ? »
Demanda le pêcheur
avec curiosité.
« Libère-moi
d’abord de la morosité
De ma noire
prison, et n’aie aucun effroi.
Je ne puis rien
conter dans un si morne endroit. »
Repartit le génie.
« Non ! Tu n’es qu’un traître,
S’écria le
pêcheur. Contre le divin Maître
Tu t’es révolté, m’en
faisant le fier récit,
Et tu me
trahirais, sans scrupules, moi aussi
Qui ne suis qu’un
mortel et ne suis point prophète.
Âme de ses
immondes crimes satisfaite,
Prépare-toi à
mourir. Je te rends à la mer. »
Le génie s’écria :
« Libère-moi de mes fers
Et je promets,
pêcheur, de te rendre riche
Jusqu’à la fin de
tes jours éphémères, sans triche. »
Entendant ce
discours, le pêcheur désarmé
Dit au génie,
rêveur et encore alarmé :
« Génie,
jure-moi que tu tiendras ta promesse
Par le grand nom
de Dieu. Malgré ta hardiesse
Tu ne violeras
point ce formidable serment. »
Le génie le fit,
et du vase l’enfermant
Il fut libéré par
le pêcheur cupide.
Recouvrant sa
forme, il en sortit, rapide,
Et jeta le vase
dans la mer d’un coup de pied.
Le malheureux
pêcheur en devint très inquiet
Et implora l’esprit : « Souffrez
que je vive !
Je vous ai fait
jurer pour que rien ne m’arrive
Par le grand nom
de Dieu et, Sire, en me courbant
Vous prie de me
laisser vivre, comme Douban
Pria le roi,
séduit par son vizir ignoble,
Car du sort que
vous me réservez je tremble. »
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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