Poèmes publiés : 1228

vendredi 19 octobre 2018

Un sourire

uN sourire

Comme un nuage enchanté
Ton sourire qui se lève,
Ravi et épouvanté,
M’emporte au pays des rêves.

C’est un miroir amoureux,
C’est une source claire
Où je me vois plus heureux
Dans les ondes solaires,

C’est un sublime sommet
Qui donne le vertige,
Ecrit entre guillemets
Dans le livre des vestiges,

C’est un pays fort lointain
Hors de ce triste monde,
Qu’on ne voit que le matin
En contemplant les ondes,

Et c’est un poison exquis
Qui tue et qui enivre,
Un capiteux parfum qui
Donne la rage de vivre.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

mercredi 17 octobre 2018

Angoisse

angoisse

L’angoisse, comme un sombre navire,
M’emporte vers des rivages nouveaux
En errant dans les flots de mon cerveau
Ballotté par les vents et qui chavire.

Pareilles à un nuage énorme,
Ses ailes noires cachent l’horizon,
Ses serres immenses sont ma prison
Et leur vaste ténèbre m’enferme ;

Ô triomphante et divine angoisse,
Spectre hurlant et fantôme vainqueur
Qui me comprime méchamment le cœur
Comme un vilain papier que l’on froisse !

Guerrière qui me casse l’âme
Et les reins avec sa barre de fer,
Démon courroucé qu’abhorre l’enfer
Et qui m’emplit de nuit et de flamme !

Tu cries éternellement dans ma tête,
Je n’entends que ton vacarme immortel
Qui répand, sur terre et aussi au ciel,
De lointains gémissements de tempêtes.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

samedi 13 octobre 2018

La Fatigue

la fatigue

Comme un chant de sirène et un poison qui tue,
La Fatigue environne avec tous ses soldats,
Le Sommeil hagard et la Tristesse têtue,
Mon âme qui crie ainsi que mon cœur qui bat.

Ô blême Fatigue qui toujours m’envahis,
Et avec tous ses chars tous les jours m’assièges,
Comme une grande armée un lointain pays,
Toi qui emplis le bois de mon corps de pièges,

Ivresse chancelante et vapeur mortelle,
Tu montes dans âme et infectes mon sang,  
Et tu es ma complice et aussi ma rebelle,
Pareille, ma beauté, à un fétide encens.

Tu me veux, mais je ne sais point ce que tu veux,
Dans ma gorge meurtrie tu plonges tes serres,
Et tu plonges tes doigts de morte dans mes cheveux,
Dans les sentiers de mon être chaque doigt erre !

Ô va-t’en, de grâce, et de grâce, demeure,
Va-t’en, ô ma haine, et demeure, ô mon amour !
Patiente fatigue qui compte mes heures
Et qui sait sans doute le nombre de mes jours.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

samedi 6 octobre 2018

Osmose

osmose

Comme un ver dans une chose morte,
Le monde, sans frapper à la porte,
Entre en moi et emplit soudain mon cœur,
Spectre effrayant et vaste visiteur
Qui erre dans le manoir de mon âme,
L’univers grandit, transparente flamme
Qui me brûle comme un ancien amour,
Mais je ne vois jamais venir le jour
Et il fait toujours noir dans mon être !
J’ai beau ouvrir volets et fenêtres,
Je ne vois rien dans les infinis noirs.

Ténèbres éternelles, grands manoirs
Où des spectres hurlent avec délice !
Des pâles flambeaux les artifices
Ne dissipent point toute cette nuit,
Le soleil jamais ici ne reluit
Et toutes les ombres de ce monde
Ainsi que les flots d’une mer profonde
Viennent se briser sur le morne écueil
De ce château, allégorie du deuil.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

dimanche 30 septembre 2018

Cœur infini

CŒUR infini

Avec la tristesse d’un lac tranquille
Qui s’étend sous le beau soleil radieux,
Mon cœur s’étend, loin des bruyantes villes,
Autre ciel qui reluit sous les cieux.

Sur terre, mes ondes sont mes nuages,
Il n’y a point de havre, il n’y a point de port,
Mon cœur n’a point de grève ou de rivage,
Et il est infini comme la mort ;

Maintes bêtes errent dans les entrailles
De ce lac profond, maints monstres luisants,
Et à son fond des restes de bataille
Sont jetés avec des trésors pesants,

Et puis de la méchante ferraille
Et quelques lettres d’amoureux défunts,
Des choses rouillées, des choses qui raillent,
Un vaste chaos sans forme et sans fin,

Et pourtant, le vent chante à la surface
Et fait trembler les vagues nénuphars,
Les flots caressent les herbes lasses
Et la nuit remue son flambeau blafard.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

jeudi 27 septembre 2018

Joie, bonheur et félicité

Joie, bonheur et félicité

Pour l’homme ayant perdu sa joie de vivre
Comme l’enfant rêveur son premier livre
Plein d’images et de douces couleurs,
Tout ici-bas est ennui et douleur,
Et il boit lentement la vie altière,
Vieux café de la semaine dernière,
Plus salé, plus insipide et amer,
Que tous les flots et que toutes les mers.

Comme cet enfant souriant à sa mère,
Nous perdons nos radieuses chimères,
Nos chimères dorées, êtres cruels,
Et colorées comme des arcs-en-ciel
Dont il tombe de lourdes paillettes
Aux jours de douleur et aux jours de fête !
Nos rêves, tels des condamnés nombreux,
Crient, la nuit, dans leurs cachots ténébreux,
Nos illusions mortes nous tourmentent,
Nos inutiles desseins se lamentent,
Et nous marchons, à des spectres pareils,
Dans des sentiers qu’abhorre le soleil.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

mardi 25 septembre 2018

La montagne des souvenirs

la montagne des souvenirs

Au sommet d’une montagne hivernale,
J’ai enterré tous mes chers souvenirs
Avec des épitaphes banales
Gravées patiemment sur de blancs menhirs.

Les aigles, au-dessus de l’édifice,
Poussaient des cris rauques et incessants,
Le vent chantait, suivant son caprice,
Des hymnes doux ou des hymnes puissants,

La neige qui tombait du ciel livide,
Recouvrait mes souvenirs comme un linceul,
Grand ciel mélancolique et vide
Ou même les nuages semblaient seuls !

Rien n’égayait cette froide atmosphère,
Nul rayon n’éclairait ces mornes lieux,
Tel un homme qui ne sait pas quoi faire,
Le jour passait dans les immenses cieux ;

Et aujourd’hui, aurore fatale !
La neige a soudain fondu au soleil,
Et des formes terribles et spectrales
S’éveillent de leur éternel sommeil,

Mes souvenirs revivent et reviennent
Et de leurs tombeaux sortent chancelants
En faisant mille gestes obscènes
Et en poussant des hurlements violents.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 23 septembre 2018

Dans ma tête

dans ma tête

Ma vaste tête, où règne un chaos éternel,
Est comme un appartement de célibataire ;
Depuis la fenêtre on y voit un bout de ciel,
Et le Bien et le Mal y sont colocataires.

On y voit, comme des mortes dans leurs tombeaux,
Des fleurs dormant dans leurs vases pleins d’eau stagnante,
Un cendrier plein de cendres, un vieux tableau,
Et mille autres choses perdues et déclinantes,

Des chaussettes jetées, des chaussures sans pieds,
Des livres çà et là, des avis d’échéance
Et quelques mauvais vers sur des bouts de papier,
Peut-être moins mauvais, qui sait ? que je ne pense.

On y voit également des antidépresseurs,
Babioles sans valeur, bouteilles d’eau, bougies,
Un petit lit défait mais empli de douceur,
Les vêtements d’hier et des restes d’orgies,

Et puis, quoi d’autre ? cent choses et mille riens,
Des portraits d’êtres chers, forces bagatelles,
De vieilles lettres d’amour au parfum ancien,
Poèmes célébrant les passions mortelles.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 19 septembre 2018

La beauté errante

LA beauté errante

Quand tu passes, beauté au sourire vainqueur,
Marchant, pareille à un nuage, à vive allure,
Agitant comme une fleur ta chevelure,
Je vouvoie ton âme et tu tutoies mon cœur,

Et tu répands parfums, rayons et voluptés,
Tout ton être reluit, et toute ta personne,
Soleil de la terre, éblouit et rayonne,
Et tu es un éclair puissant et indompté !

Tu marches sur les cœurs balafrés et sanglants,
Tes pas nous écrasent, et tes talons aiguilles
Percent vaillamment nos âmes, femme et fille,
Ô douce apparition et monstre violent !

Tout ici-bas semble t’obéir, et le vent
Chante quand il te voit de douces mélodies,
Ton amour nous ronge comme une maladie,
Et nous te contemplons en tremblant et rêvant ;

Comme les tempêtes, les tableaux et les fleurs,
C’est pour être admirée, beauté, que tu es faite,
Et vivre éternellement dans les vers des poètes,
Dans leurs rimes, dans leurs odes et leurs douleurs !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 16 septembre 2018

La Nature et notre cœur

La nature et notre CŒUR 

Souvent, l’implacable et éternelle Nature
Brise les frêles cœurs de ses créatures,
Ciel d’hiver, ciel d’automne ou grand arbre chenu,
L’automne est arrivé et l’hiver est venu,
Les lacs sont gelés, à l’image de nos âmes,
Le soleil a perdu son éclat et sa flamme,
La nuit semble régner sur terre et dans le ciel,
Hormis les ténèbres, rien ne semble éternel !

La Nature est notre miroir ; avec zèle
Elle nous dévoile et nous nous voyons en elle,
Neiges, vents et pluie ont comme nous des yeux,
Dans ce qui est sombre et non ce qui est radieux
Nous contemplons avec des esprits immenses
L’introuvable reflet de notre existence !
Tout ce qui souffle, tout ce qui tombe et gémit,
Est notre ami à la fois et notre ennemi,
Et tout nous regarde : les nuages, la mousse,
L’herbe qui croît ainsi que la fleur qui pousse.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène