Affichage des articles dont le libellé est incendie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est incendie. Afficher tous les articles

vendredi 10 mars 2017

L'incendie de Persépolis

l'incendie de persépolis

Georges Antoine Rochegrosse, L'incendie de Persépolis (1913)

Ivre de vin, de joie et de colère,
Alexandre le Grand tient sa beauté
Telle une divinité solaire
Brandissant sa torche avec cruauté.

Pour s’amuser il brûle une ville,
Comme Néron par le feu transporté
Et l’effroyable terreur civile
Montant dans cette sinistre clarté

Qui embrase comme un haillon vétuste
L’antique Persépolis qui gémit
Comme une vieille déesse auguste
Pendue dans la fumée et qui blêmit ;

Ses lions et ses bêtes fantastiques 
Rugissent en vain dans le sombre brouillard,
Réveillés de leurs rêves extatiques,
La flamme mange ses divins vieillards,

Elle choit à genoux dans l’abîme,
Délicieux festin de l’enfer béant,
Et le gouffre se nourrit de ses cimes
Et des têtes brisées de ses géants,

Tandis qu’Alexandre, comme un satyre
Ravisseur d’une nymphe qui sourit,
S’en va loin de la cité martyre
Tombée comme un fruit pesant qui pourrit.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 7 juin 2014

Le Mont balafré

 Le mont balafré
 
J'interromps (juste ce soir) la publication de ma série de poèmes "Histoire de trois calenders, fils de rois, et de cinq dames de Bagdad" pour publier un poème intitulé: "Le Mont balafré" s'inspirant d'un évènement très grave: Un incendie a ravagé le Mont Ennahli, qui est tout près du lieu où j'habite et qui était, pour tous les habitants du quartier et pour tant d'autres visiteurs, un vrai abri paisible et naturel.

L'incendie est-il un acte criminel? Tout reste à prouver, mais le triste mont n'en souffre pas moins...il faut absolument agir pour protéger, maintenant et dans le futur, ce joyau de la nature!

Malheur à ceux qui, pleins d’une rage criminelle,
Incendient la forêt profonde et éternelle !
La montagne blessée en géant se changera
Et, le jour du Jugement, de ces brutes se vengera !
Seuls les monstres maltraitent la nature
Et ces charmantes et paisibles créatures 
Qui ne veulent qu’une seule chose : qu’on les laisse en paix !
La calme brebis qui des herbes se repait
Ainsi que la fourmi et l’abeille qui errent
Et l’hirondelle qui déploie ses ailes légères
Ont une âme comme vous, ô, mortels arrogants !

Que vous a fait ce mont, ignominieux brigands,
Pour qu’il soit balafré ainsi par les flammes ?
Il soupire sombrement et il nous réclame
Justice, au nom de Dieu qui le voit et l’entend !
De ce que vous avez fait êtes-vous content ?
Crime ou erreur, cette douce forêt bien-aimée
Se meurt, étranglée par les cruelles fumées !
   Ce mont triomphant, ce mont immense et chéri,
Etait, hélas ! notre refuge et notre abri ;
Nous étions ses enfants, il était notre père,
Et malgré ses affres et ses balafres, on espère
Qu’il nous sourira à nouveau, fleuri et vert,
Quand nous passerons dans ses bois en chantant des vers !


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène