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vendredi 1 novembre 2024

Point de vue sur l’infini

POINT DE VUE SUR l'infini

L’infini hante nos rêves
Et emplit de vénération
Toutes les mortelles nations
Dont la vie est sombre et brève.

C’est une éternelle quête
Et c’est un immense chemin
Que tous les ténébreux humains
Traversent dans la tempête,

Les uns allant à l’abîme,
Les autres au salutaire port
Et au soleil magnanime,

Tous croyant trouver un havre,
Une oasis ou bien un fort,
Ou une aile qui de loin s’ouvre.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 21 mars 2024

Hiren, Loup de l’Infini

hiren, loup de l'infini

Hiren, empli de lui-même,
Allait sous les lunes blêmes,
Toujours se métamorphosant,
Oiseau étrange, se posant
Sur l'ombre comme une branche,
Fuyant les aurores blanches,
S'écartant des sentiers vermeils
Où reluit le radieux soleil,
Évitant les routes publiques,
Aimant la terreur antique
Berceuse de monstres nombreux
Et tous les replis ténébreux
Que voit seulement le poète.
Ce qu'aimait son âme inquiète
C'était le hurlement hagard
De la nature et ses hasards,
C'était la nuit interminable,
Dangereuse et impérissable,
Qu'il pétrissait de ses deux mains,
Loin des enchantements humains.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 30 juillet 2023

Cartes postales (100)

   CARTES POSTALES (100)

Est-ce que la route nous prend
Ou prenons-nous la route ?
La route nous envoûte
Avec ses charmes errants,

La route comprend et sait
Ce que l’homme désire,
Souvent elle soupire
En exauçant nos souhaits,

Souvent, son sombre regard
Tombe sur l’homme sombre
Dont le cœur est plein d’ombre
Et dont l’esprit est hagard.

Ne sommes-nous pas conduits
Par de sinistres étoiles
Jusqu’à ce que se dévoile,
Notre destin dans la nuit,

Par des vents impétueux
Et des forces obscures,
Loin de toute la nature,
Loin de la terre et des cieux ?


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

vendredi 24 février 2023

Carte postale (31)

  CARTES POSTALES (31)

Sur les rails de l’absolu
S’en vont nos vies toujours lentes
Emplies de ce qui n’est plus
Et d’espérances violentes.

Nous ne prenons avec nous
Que quelques menus bagages
Posés sur nos vains genoux.
L’homme divin et sage

Sait que tout est illusion,
Que dans le brouillard immense
Les lueurs et les visions,
Tout ce qui vit et pense,

Tout ce qui chante et qui va,
Tout ce qui vole et marche,
Est emporté çà et là
Par la Mort dans son arche.

L’homme contemple le ciel
Et ses frêles nuages,
Éphémère et éternel,
Sombre et beau paysage,

Proche et lointain, et hagard,
Perdu dans l’infini sombre,
Son insondable regard
Compte les rayons sans nombre.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 6 mars 2020

La griffe de l'Infini

la griffe de L'infini

Ô épidémie dévastatrice
Qui se répand comme un feu allumé
Dans le monde tremblant et enflammé !
Virus qui nous rappelle avec malice

Que nous sommes vains et éphémères
Et que seul notre orgueil est géant,
Virus qui nous rappelle nos néants
Ainsi que notre vérité amère,

Notre fragilité et nos faiblesses
Et qu’il suffit d’un rien pour nous tuer,  
Pauvres êtres toujours infatués
Jusqu’à ce que l’Infini les blesse

Avec sa griffe large et sanglante
Qui torture sans répit notre chair
Aussi frêle que de l’eau ou de l’air
Et qui devient tempête violente !

L’homme qui croit être un héros épique,
Un conquérant et un dominateur,
L’homme qui défie tous les prédateurs
Vaincu par un ennemi microscopique

Qui se cache sous le lit et dans l’armoire,
Dans l’air, dans les étoiles et les transports !
L’Infini n’est-il pas donc le plus fort
Et ne sont-elles pas vaines, nos gloires ?


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 27 janvier 2019

Infini de rue

infini de rue

Tenant la main à deux cafés minables
Et à d’antiques et petites maisons,
La vaste rue allait, interminable
Sous le soleil éteint de la saison.

Elle marchait avec les marcheurs blêmes
Appesantis de leurs pesants manteaux,
Et semblait avoir froid elle-même
Et espérer les climats orientaux,

Elle implorait les vieux réverbères
Cassés comme le dos d’un portefaix,
Ténébreux gibets sans lumière,
De reluire comme le soleil fait,

Elle rêvait d’un ciel plus limpide
D’aurores, de brises et de printemps,
Tandis que des passants les pas rapides
La chagrinaient comme le mauvais temps !

Elle semblait une vaste mer grise
Dont les deux rivages sont les trottoirs,
De tous ses marins toujours éprise,
Et dont les flots ne peuvent se mouvoir,

Sur l’homme qui va et l’homme qui erre
Veillant, montrant et cachant le chemin,
Triste, malgré tout, comme un pauvre hère
Au ventre balafré comme sa main.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 26 novembre 2018

Paysages

paysages

Je tremble de cette mer sans clémence
Qui s’étend, infinie, devant mes yeux,
Comme le ciel au-dessus d’elle immense,
Cachant au fond d’elle un soleil radieux,

Cette montagne, si haute et si fière,
Et qui règne sur un peuple inconnu,
Me confond par sa majesté altière,
Pareille à un spectre à minuit venu,

Ces forêts qui donnent envie de se perdre,
Ces enchantements, ces vastes sentiers,
Ces dédales qui donnent des ordres
A la nature et au monde entier,

Tout cela me terrifie et m’emmène
A des pays que je ne connais pas,
Loin de toutes les contrées humaines,
A la beauté peut-être, ou au trépas,

Au paradis ou à la géhenne !
Tous les chemins, déserts ou parfumés,
Sont dangereux, toutes les routes vaines
Me conduisent loin de mes bien-aimés !

Ô paysages souriants et pleins de zèle,
Rivages infinis, noirs firmaments,
Ne me prenez pas, ce soir, sur votre aile,
Je frissonne de vos gouffres charmants !

Ne me montrez pas vos vastes dédales,
Vous êtes infinis à faire peur !
Je me perds dans vos étendues fatales,
Comme dans le ciel le parfum des fleurs.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 30 septembre 2018

Cœur infini

CŒUR infini

Avec la tristesse d’un lac tranquille
Qui s’étend sous le beau soleil radieux,
Mon cœur s’étend, loin des bruyantes villes,
Autre ciel qui reluit sous les cieux.

Sur terre, mes ondes sont mes nuages,
Il n’y a point de havre, il n’y a point de port,
Mon cœur n’a point de grève ou de rivage,
Et il est infini comme la mort ;

Maintes bêtes errent dans les entrailles
De ce lac profond, maints monstres luisants,
Et à son fond des restes de bataille
Sont jetés avec des trésors pesants,

Et puis de la méchante ferraille
Et quelques lettres d’amoureux défunts,
Des choses rouillées, des choses qui raillent,
Un vaste chaos sans forme et sans fin,

Et pourtant, le vent chante à la surface
Et fait trembler les vagues nénuphars,
Les flots caressent les herbes lasses
Et la nuit remue son flambeau blafard.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène