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vendredi 24 octobre 2025

L’attente de l’hiver

 l'attente de l'hiver

Comme un amour qu’on désire,
L’hiver dolent tarde à venir,
Et la vaste ville transpire,
Lasse de vivre et de courir.

C’est la saison où tout rêve,
Souffre, se lamente et attend,
Quelque chose aux cieux s’achève
Et s’évanouira en chantant

Dans la mémoire des hommes,
Maints êtres sont tristes et seuls
Dans les appartements blancs comme
L’effacement et les linceuls.

L’hiver ne vient point, pourtant, l’ombre
Obscurcit l’éphémère ciel,
La création est plus sombre
Et l’amour est plus éternel ;

La pluie, cette immense larme,
Ne descend pas de l’infini,
Et la nature s’alarme ;
Le soleil, pareil aux bannis,

Semble appesanti de chaînes,
S’éloigne, puis brille et revient,
Pour montrer la détresse humaine,
Les plaies et les rêves anciens.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 11 octobre 2024

Point de vue sur un hiver qui tarde à venir

POINT DE VUE SUR un hiver qui tarde à venir

Le soleil répand toute sa lumière
Dans le monde las de ses rayons,
Et dans nos esprits, ces sombres sillons,
Sème des fatigues et des prières.

Le ciel est lourd et l’atmosphère est grise,
Et les vertes dépressions, par milliers,
Viennent comme des démons familiers
Nous assiéger soudain à leur guise ;

L’hiver retient ses larmes pesantes,
Et la terre assoiffée de nos tourments
Attend sombrement la pluie absente

Qui comme une vaste certitude,
Tombera sur le monde en refermant
La porte ouverte de la solitude.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 18 août 2024

Point de vue sur une fin d'hiver

POINT DE VUE SUR une fin d'hiver

La pluie, chantant sa symphonie dernière,
Pleure sur les toits et dans les gouttières,
Le feu éteint est las de crépiter,
La nature épuisée semble méditer,

Le ciel essuie ses yeux longtemps humides,
Un soleil tiède éclaire ses rides,
Tout se réveille et salue les lueurs
Et le monde fait battre son grand cœur.

Adieu, charmes de la solitude !
Le froid était doux dans nos études,
Nous aimions les gémissements du vent,

Et nos esprits, profonds et funèbres,
Chérissaient ces anciennes ténèbres
Et dans l'ombre s'épanouissaient souvent.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 16 juillet 2024

Point de vue sur une nuit d’hiver

POINT DE VUE SUR une nuit d'hiver

La pluie, dehors, tombe sur le monde,
Élégie douce et continue, sans fin,
Et la pluie a une âme et un parfum
Qu'elle répand dans la paix profonde.

L'hiver rend la nuit plus sombre et pensive,
L'emplit de spectres et de cent yeux luisants,
De chants nostalgiques souvent pesants
Et d'apparitions souvent chétives ;

Elle est peuplée de hasards, de folklores,
De silences et d'histoires d'amour ;
Le rideau tombe et j'attends encore,

Non loin de ma lyre et de ma fenêtre,
Impatiemment, le lever du jour,
Qui va briller de nouveau, peut-être !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 5 juillet 2024

Point de vue sur l’hiver

POINT DE VUE SUR L'hiver

L'hiver est la douce saison
Dont la pluie toujours nous console,
Quand nous sommes à la maison
Et quand notre esprit s'envole

Au-dessus des mornes cités
Et des monotonies mortelles
De tous les mondes habités
Par notre race cruelle ;

L'hiver inonde la nature
Et il inonde aussi nos cœurs,
Faisant sortir des créatures

Étranges, visqueuses et lentes,
Qu'on contemple et dont on a peur,
Comme la peur nonchalantes.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 26 juillet 2023

Cartes postales (97)

   CARTES POSTALES (97)

Comme les fleurs éphémères,
L’homme cherche un peu de lumière
Qui descend de la terre au ciel
Et qui reluit dans le tunnel ;
Il lutte contre les ombres
Qui remplissent le monde sombre
Où il marche, rêveur et las.

Bientôt, le noir hiver sera là.
D’une majesté tranquille,
Il descendra sur les villes
Qui dorment d’un pesant sommeil,
À un fantôme errant pareil.
Bienvenue, saison douce et froide !
L’âme, comme le corps roide,
Y trouve tout son réconfort ;
Dans la nuit, comme dans un fort,
Nos pensées couvertes d’un voile
Se cachent loin des étoiles
Dans les ténèbres des maisons ;
Bienvenue, ô douce saison !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 3 avril 2023

Cartes postales (34)

  CARTES POSTALES (34)


La fleur que l’hiver tourmente,
La tête baissée, se lamente
Et dit : « Regardez, je me meurs !
Je ne suis qu’une pauvre fleur,
Qu’une pauvre et belle chose
Qui tremble dans le froid morose
Et que rien ne peut égayer !
Mon cœur est toujours effrayé,
Le moindre vent, la moindre brise,
Tout me torture et me brise,
Tout peut m’être soudain fatal !
Le printemps, mon pays natal,
Est loin, loin, loin, et chaque année,
Je suis à mourir condamnée.
Elle est venue, hélas, la fin
De mes éphémères parfums,
De mes couleurs jadis vives !
Hélas, tout de tout me prive,
Mon âme monte jusqu’au ciel,
Elle est mon parfum éternel ! »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 12 décembre 2022

Carte postale (28)

 CARTES POSTALES (28)

La nature porte son blanc linceul
Et elle vit, bien qu’elle semble morte,
Et l’homme qui pense et qui marche seul
De l’infini voit s’ouvrir les portes.

Homme au cœur embrasé et qui souffre,
Sens-tu la caresse glacée du vent ?
Continue à marcher jusqu’au gouffre
Et disparais dans le gouffre en rêvant !

Bientôt, tu ne seras qu’un pur esprit,
Ton cœur cesse lentement de battre,
Ton âme montera comme un grand cri
Et comme une flamme chaude de l’âtre

Jusqu’au ciel où se trouvent les idées !
Dans la neige polie comme un miroir
Contemple ta conscience ridée
Que tu ne seras jamais las de voir !

Ton passé te regarde, pétrifié,
Blanc, constant, inchangé, inchangeable,
Mais bientôt le temps, jadis réifié,
S’évaporera, calme et redoutable !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 24 juin 2020

Re-Du soleil radieux la brillante splendeur

RE-du soleil radieux la brillante splendeur

D’après le poème  « Du soleil radieux la brillante splendeur » de Clovis Hesteau de Nuysement (~1550-60  ~1623-24), duquel je ne garde ici que la première strophe

Du soleil radieux la brillante splendeur,
Et de la lune aussi la lumineuse face
Par un nuage épais, épars en l’air, s’efface,
Lorsqu’ils vont tournoyant la céleste rondeur.

Il couvre tout le soleil comme un soupir pesant,
Le soupir de l’Hiver gémissant et sombre,
Qui bientôt pleurera loin du soleil, dans l’ombre,
Et la pluie tombera de ses grands yeux luisants.

Il marche dans le ciel, le chemin des saisons,
Tel l’auguste vieillard qu’appesantit l’âge,
Et il dit doucement au printemps volage :
« Je te l’avais dit : je reviens à la maison. »

Les plaies de la terre vont bientôt guérir
L’Hiver fera tomber ses immenses larmes
Dans les sillons brûlants que le soleil alarme,
Maintes fleurs, le matin, vont lentement s’ouvrir

Portes que la brise viendra pousser sans bruit !
Tout sera plus profond et plus radieux encore
Que quand venait avec le Printemps l’Aurore,
Le poète, le cœur aussi lourd qu’un gros fruit,

Aura le cœur aussi léger que l’âme et l’air,
Tous ses vers sembleront alors des prières,
L’ombre reluira pour lui comme une lumière
Et les gouttes de pluie comme des soleils clairs.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 5 juin 2020

Re-Dialogue

RE-DIALOGUE

D’après le poème  « Dialogue» d’Amadis Jamyn (1538 – 1592), duquel je ne garde ici que la première strophe.   

Où sont tant de beautés que le printemps avait,
Ornement des jardins et des molles prairies ?
Où sont toutes les fleurs des campagnes fleuries ?
Où est le temps serein qui les cœurs émouvait ?

Adieu, Printemps béni, pareil au voyageur
Qui s’endort en cherchant un peu de brise et d’ombre,
Entre les dents une paille, sous un arbre,
Et qui continue sa route d’un pas songeur ;

Tu marcheras avec ta couronne de fleurs
Dont le vent fait tomber tous les beaux pétales,
Aussi éphémère qu’une vision pâle
Qui avait des parfums et avait des couleurs.

Bientôt l’Été viendra, interminable et lourd,
Il va nous assaillir de toutes ses flèches,
Il s’en ira enfin, et la gorge sèche,
Montera, fatigué, dans le char ailé du jour.

L’Automne descendra, spectral et indécis,
Les ailes au dos et les rides au visage,
Muet comme un écueil contemplant le rivage
Et de maintes voiles connaissant le récit.

Et l’Hiver couvrira de son vaste linceul
Le monde ténébreux qui s’endort et rêve,
Avant que le soleil fatigué ne se lève
Pour réveiller la femme aimée et l’homme seul.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 29 janvier 2020

La demoiselle sous la pluie

la demoiselle sous la pluie

Elle marchait, la jeune demoiselle,
Comme un printemps, au-dessous de l'hiver,
Sous la pluie qui lui chantait avec zèle
Des strophes mignonnes et de galants vers.

Le ciel pleurait ces larmes nombreuses
Car la beauté, qui s’en allait toujours,
N’entendait pas sa voix ténébreuse
Qui lui parlait de baisers et d’amour,

Il l’implorait comme un pauvre hère
De rester encore un peu, de l’ouïr,
De lui donner un peu de sa lumière,
Mais elle hâtait le pas et semblait fuir

Et dire à son amant improbable :
« Ne me cherche pas, poète marri !
Bientôt ma maison, pour toi redoutable,
Me cachera et sera mon abri ! »

Il pleuvait sur le monde et sur elle,
Mais sur elle seule il semblait pleuvoir !
Hormis les cheveux mouillés de sa belle,
Le ciel amoureux ne voulait rien voir,

Sur elle il faisait tomber ses larmes,
Il ne servira à rien, son chapeau !
Et pour admirer toutes ses formes
Rapprochait ses vêtements de sa peau.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 13 novembre 2019

Parfum d'un nuage

parfum d'un nuage

Dans le ciel d’hiver immense et hagard
Un nuage passe comme une femme
Et à la Nature dit sa flamme
En pleurant à chacun de ses regards.

Sur le monde ténébreux qui frémit
Il fait tomber ces formidables larmes,
Reluit parfois, et parfois s’alarme,
Et tandis que la pluie chante, gémit ;

Le parfum de l’hiver sort des sillons
Comme d’une peau, et emplit la terre
D’éblouissements et de mystères,
Nouveau printemps qui n’a pas de rayons,

L’eau purifie les âmes des mortels
Et emporte, dans son onde rapide,
Toutes les choses sombres et livides
Qui semblent obscurcir le vaste ciel,

Le nuage gémit au firmament,
La pluie chante aux toits et aux fenêtres
Et dans leurs demeures cachent les êtres
Comme la nuit cacherait des amants,

Le pauvre nuage, ainsi qu’une fleur
Qui pousse dans les vastes ténèbres,
S’en va, inconsolable et funèbre,
Appesanti de flots et de douleurs.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 23 août 2018

Tristesse physique

tristesse physique

Tel un enfant sans demeure,
Le ciel orphelin pleure
Sur l’épaule du vieux soir,
Tout ici-bas est si noir
Dans la nuit jetant son ancre,
On dirait qu’un peu d’encre
Est tombé, un jour de froid,
D’un artiste maladroit.

Le vent malade râle
Et dans les arbres pâles
Chante l’hymne des défunts,
Comme un océan sans fin
Tourmenté par l’orage,
La terre emplie de rage
Sur les maisons déferlant,
Lâche ses spectres hurlants,
Ténébreux et difformes,
Criant dans la nuit énorme.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 12 janvier 2017

Nuit d'hiver

nuit d'hiver

Alexeï Kondratievitch Savrassov, Nuit hivernale (1869)

Sur le hameau glacé qui tremble et rêve 
L’hiver chenu descend des cieux hagards
En promenant son austère regard
Sur les ruines du jour qui s’achève.

L’hiver, ce soupir des saisons mortes
Qui parfume la vaste immensité,
Ce linceul des ténébreuses cités 
Dont il ouvre doucement les portes,

Voleur qui fait peur aux misérables
Dont il profane les humbles logis
Que nulle flamme radieuse ne rougit
Et nulle chaleur douce et vénérable !

Car ces sombres demeures sont pareilles
Aux fleurs qui se fanent loin du soleil,
On y dort affamé, et le sommeil
Y ressemble à la mort dont on s’éveille !

La neige, comme un limpide suaire,
Continue à choir sur le front songeur
Du village qui loin des voyageurs
S’endort dans sa paix crépusculaire,

Et la nuit profonde tombe avec elle
Et obscurcit les yeux las des vivants ;
La vie elle-même dort en rêvant,
Le cœur empli de choses éternelles.



Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 13 février 2014

Hymne à l'Hiver

Hymne à l'hiver
 
« Les Hymnes » :

Ô, Hiver majestueux,
Poète des nuées sombres,
Amant des monts oublieux,
Adorateur de l’ombre !

Bien que tu sois morne et froid,
Quand tu viens tu nous rappelles
Qu’il n’est point meilleur endroit
Que le foyer fidèle

Et toujours hospitalier,
Et nous songeons aux humbles
Qui, dans les rues oubliés,
Implorent Dieu et tremblent !

Tu nous fais penser à ceux
Sans abri et sans famille,
Tu nous rappelles, paresseux,
Les soupirs des jeunes filles

Qui ont erré tout le jour
Comme des vieillards augustes,
Qui ne veulent qu’un peu d’amour
Et sont, hélas ! bien tristes !

Sois donc loué et béni
Au nom des misérables
Ici-bas tous réunis
Sous ton ciel vénérable !


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène