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lundi 24 juillet 2023

Cartes postales (95)

   CARTES POSTALES (95)

Le phare contemple la mer sombre
Où une foudre immense reluit,
Et il a l’air de savoir le nombre
De toutes les étoiles de la nuit.

Il est debout, toujours, dans les ténèbres,
Pareil à un homme seul qui attend
Quelque chose de grand et de funèbre,
Incommensurable comme le temps.

Il montre le chemin aux épaves,
Ces souvenirs délabrés des vaisseaux
Que content les esprits des marins braves
Qui ont osé défier les vents et les eaux ;

Emblème immortel et inutile,
Il semble se flétrir comme une fleur
Et surveille de loin, sur son île,
De toute l'existence spectateur,

Tandis qu'à quelques lieues, la tempête
Rugit ainsi qu'un monstre qui a faim
Et dans la vaste immensité répète
Les sombres synonymes de la fin. 


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 8 octobre 2021

Cartes postales (2)

 CARTES POSTALES (2)

Comme un œil ouvert dans les ténèbres,
Celui d’un chat ou d’un fauve qui dort,
Le phare reluit sous le ciel funèbre
Pour montrer aux voiles perdues le port.

Il est debout sur sa montagne verte
Et semble attendre un être qu’il aimait,
Ou, la porte hospitalière et ouverte,
Quelque chose qui ne viendra jamais ;

Il est hanté de souvenirs, de spectres,
De murmures sourds, de parfums anciens,
Il est tout seul et n’a pas de maître :
Le ciel bleu, le brouillard blanc, et rien !

Il a la majesté des patriarches
Des beaux monuments et des rois bénis,
Il semble chercher lui-même une arche
Quelque part dans l’océan infini,

Attendre qu’une tempête l’emporte
Dans le brouillard calme et mystérieux,
Que le ciel s’ouvre comme une porte
Pour qu’il retourne, comme tout, à Dieu.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 24 mars 2014

La montagne, la mer

La montagne, la mer

Quand on est sur ce mont où se trouve le phare,
Il est bien doux de contempler la mer,
Les chèvres et les moutons que rien n’effare
Et qui errent tranquillement dans les pâturages verts,

Le ciel serein et bleu que le soleil éclaire,
Le grand océan qui semble une ombre sous lui,
Calmes tous les deux, sans violence et sans colère,
Qui bercent nos regards éperdus et éblouis,

Les quelques voiles qui font un mystérieux voyage
Sans qu’on ne sache quelle est leur destination,
Et les rocs attendris embrasser les feuillages
Et leur chanter des vers avec adoration !

A nos pieds le monde semble petit et vague
Et on entend, au lieu des bruits que les hommes font,
Les soupirs harmonieux des éternelles vagues,
Poétesses tragiques qui chantent et qui vont,

Et des oiseaux, du ciel agiles aèdes,
Les poétiques chants, joyeux hymnes au bonheur,
Qui retentissent, de nos maux divins remèdes,
Sans trembler des houles et des hivers veneurs !


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 23 mars 2014

Al-Nadhour, le Phare de Tarbarka

Al-nadhour, le phare de tabarka

Ô, phare qui reluit sur la montagne
Comme un flambeau qu’un géant nous brandit,
Majestueux captif dans son bagne,
Epié sombrement par les flots bandits,

Es-tu, seul dans ton roc solitaire
Et d’un antique palais entouré,
Un roi ou un philosophe ? Mystère
Qui ne cesse point de nous attirer !

A tes pieds, le havre blanc qui sommeille
Semble un enfant dans son berceau pierreux,
Que le bois vert et l’aurore vermeille
Bercent tous les deux, doux et amoureux !

Tu montres la voie aux errantes voiles
Tourmentées par la nuit et par le vent,
Et tu es une terrestre étoile
Qui observe notre monde en rêvant

Et rayonne dans l’éternelle ombre !
Ô, soleil majestueux de la nuit
Qui éclaire les immensités sombres
Et ramène au port le marin qui fuit !


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène