Affichage des articles dont le libellé est île. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est île. Afficher tous les articles

mercredi 6 octobre 2021

Cartes postales (1)

 cartes postales (1)

Une île où le soleil reluit
Et semble dire à la nuit :
« Va-t’en d’ici, femme sombre,
Et ne cache pas dans ton ombre
La mer bleue que tu fais crier,
Ces vagues en train de prier,
Ces arbres pesants et calmes
Qui ont des fruits ou des palmes,
Ce sable si chaud et si blanc,
Ces nids où les oiseaux tremblants
Se taisent quand tu arrives,
Cette montagne, ta captive
Dont tu feras une prison,
Et ce joyeux horizon ! »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 9 mars 2020

L'île virtuelle

l'île virtuelle

Le rêve, cette porte ouverte
De la maison de mon esprit,
Me fait voir une île verte
Qui reluit et qui me sourit,

Une île où il fait bon vivre,
Aussi bleue que l’immense ciel,
Emplie d’une odeur qui enivre,
Aux fleurs appesanties de miel,

Aux arbres remplis de sève
Comme ils sont remplis de fruits,
Une île où dès l’aube on rêve
Jusqu’à la tombée de la nuit.

Point de bus, le matin, à prendre,
J’ai brisé les fers du travail ;
Sous un palmier on va attendre,
Moi, ma lyre et mon éventail,

Qu’une beauté exotique
Aux yeux luisants comme sa peau,
Pareille aux déesses antiques
Qu’on voit sortir soudain de l’eau,

Vienne chanter, onde vivante,
Une douce chanson sans fin,
À la fois reine et servante  
Dont le sourire est un parfum.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 5 février 2018

Conte: L'île mystérieuse (Partie V)

CONTE: L'ÎLE MYSTÉRIEUSE (PARTIE V)


V. Ce que devint le jeune prince, une fois détrône et exilé

Le prince remercie son bienveillant vizir
Et suit tous ses conseils, exprimant son désir
D’envoyer ses ouvriers les plus habiles
Construire un grand palais sur la fatale île.
Pendant cent jours, on creuse alors intrépidement
En allant et venant de vastes fondements,
Elevant des murailles et taillant la pierre,
Coupant forces arbres de la forêt altière,
Et un palais de la terre jaillit enfin,
Merveilleux, s’élevant plus haut que les parfums
Sortant de bouteilles renversées par terre,
Auguste et fascinant comme le mystère.
Le prince est fort content, et y fait transporter
Tous ses trésors, qui y seront en sûreté,
Gardés par ses soldats les plus impitoyables.
A des fermiers zélés et infatigables
Il ordonne d’aller labourer et semer
Pour rendre son île où on n’entend rien bramer
Aussi fertile que celle dont il est maître.
Le moment de l’exil vient cependant, traître,
Mais notre monarque est bien loin de regretter
Son royaume, et il a hâte de le quitter
Pour prendre possession de nouvelle île.
Il demeure donc fort et demeure tranquille
Au noir moment où il se voit précipité
De son trône, et conduit avec brutalité,
Sans ornements, portant ses anciennes guenilles,
Sur le vaisseau qui tel la faux de la Mort brille.
Il trouve son île, devenue un doux séjour,
Labourée, cultivée, gardée avec amour,
En devient le prince, et tous les ans y accueille
Les princes détrônés que l’exil endeuille.

[FIN DU CONTE: L’ÎLE MYSTÉRIEUSE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène  

samedi 3 février 2018

Conte: L'île mystérieuse (Partie IV)

CONTE: L'ÎLE MYSTÉRIEUSE (PARTIE iv)


IV. Comment le prince pourrait l’emporter sur son destin

Tourmenté et inquiet, le prince éphémère
Demande à son vizir d’une voix amère : 
« Et mes prédécesseurs ? ont-ils été instruits
D’un sort aussi sombre que la plus sombre nuit ? »
« Oui, ils l’ont tous été. Mais l’ivresse du trône
Les a tous emportés, et la belle couronne
Sur leur tête a relui, leur faisant ignorer
Leur funeste destin et leur sort assuré,
Car ils ne songeaient plus qu’aux sujets qu’ils domptaient,
Ils ne comptaient plus les jours ; les jours les comptaient ! »
Le prince à ce discours est de crainte rempli
Et comme un jour d’hiver ténébreux il pâlit,
et demande encore au vizir, dans ses alarmes
Les yeux emplis soudain, malgré lui, de larmes :
« Je sais maintenant mon sort, sage vizir,
Mais y a-t-il un moyen que je puisse choisir
Pour fuir ce noir destin et sauver ma tête ? »
« Souvenez-vous, majesté, qu’après une tempête
Vous êtes venu nu et vous allez sortir.
Il n’y a qu’un seul moyen : avant que de partir,
Envoyez sans tarder dans cette fatale île
Vos ouvriers les plus crânes et habiles
Qui vous obéiront tant que vous êtes roi,
Et faites construire dans ce mortel endroit
De vastes magasins remplis, pour survivre,
De provisions, des mois avant qu’on ne vous livre
Aux orages et aux périls de l’inconnu
Et que vous soyez tel que vous êtes venu.
Souvenez-vous que le temps vous est compté, sire,
Et profitez-en comme il faut sans le maudire. »

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 31 janvier 2018

Conte: L'île mystérieuse (Partie III)

CONTE: L'ÎLE MYSTÉRIEUSE (PARTIE IiI)


III. Ce que le grand vizir révéla au jeune prince au sujet de son règne

Le prince, songeant à son destin nuit et jour,
Fait mander le plus grand seigneur de sa cour
Et lui dit : « Soudain ma destinée m’est montrée !
Vizir, qui m’a donc fait roi de cette contrée ?
Et que signifie tout ceci ? On m’obéit
Bien que je sois un étranger dans ce pays,
On m’appelle monarque et on m’appelle maître,
Mais je sais, quant à moi, que le pouvoir est traître
Et que nul, hormis Dieu, ne règne éternellement.
Que vais-je devenir ? Dites-le loyalement ! »
Le vizir lui répond : « Majesté, cette île
Par des génies à leurs propres frères hostiles
Est habitée, et ils ont demandé à Dieu
D’envoyer chaque année un souverain bon et pieux
Et qui est un enfant d’Adam, le seul à être
Digne de régner et devenir leur maître.
Dieu les a exaucés, et tous les ans un roi
Vient régner, au même jour. Son sceptre est sa croix :
On obéit d’abord, on acclame, on fête,
Mais ce qui en provient retourne à la tempête :
Quand l’année s’écoule, le monarque irrité
Est du trône qu’il a chéri précipité,
Dépouillé de son or et de ses richesses,
Revêtu de hardes, et avec rudesse
Par d’impitoyables soldats tous aguerris
Jeté sur un vaisseau, de ses rêves guéri,
Tout noir, qui le conduit à une île déserte,
Ancienne demeure dont la porte est ouverte
Tourmentée par les vents, sinistres visiteurs
Qui frappent à sa porte tels des inquisiteurs. »

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

mardi 30 janvier 2018

Conte: L'île mystérieuse (Partie II)

CONTE: L'ÎLE MYSTÉRIEUSE (PARTIE iI)


II. Ce qui arriva au voyageur après qu'il eut trouvé une grande ville

Bientôt, le voyageur égaré et lassé
Voit un chemin devant lui, à peine tracé.
Un chemin ! un chemin ! ô bonheur suprême !
Il le suit sans tarder, aussi content que blême,
Et il voit le spectre d’une ville, de loin.
« Que vois-je ? une ville ! c’est ce dont j’ai besoin. »
Se dit-il, et poursuit, tout joyeux, sa route.
« Enfin ! J’y trouverai des vivants, sans doute »,
Pense-t-il encore. Mais soudain, étonné,
Il se voit entouré par un peuple effréné
Et qui s’embrase à son aspect comme une flamme
Et d’une même voix de toute part l’acclame ;
Les cris de joie montent comme l’astre du jour,
On danse, on chante et on le loue avec amour,
Et avec pompe, enfin, et comme dans un rêve,
On le conduit à un palais, non loin de la grève,
Merveilleux, très vaste, digne du plus grand roi.
C’est lui qui est maître de ce divin endroit !
On le revêt de pourpre, et sa tête est ceinte
D’un diadème auguste et qui inspire la crainte,
Les grands seigneurs viennent avec humilité
Lui jurer obédience et leur fidélité,
Et lui, pendant ce temps, tant sa surprise est grande,
Regarde autour de lui, muet, et se demande :
« Seigneur ! est-ce rêve ? suis-je vivant ou mort ?
Suis-je victime d’un mauvais tour ou d’un sort ?
Roi, moi ! il y a quelques jours, j’étais esclave !
Vous connaissez mon cœur ; jamais je ne brave
Les saints arrêts du Ciel et ses commandements,
Mais tout ceci frappe mon humble entendement !
Etre soudain assis sur un immense trône,
Porter des fers, porter ensuite une couronne ! »

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 29 janvier 2018

Conte: L'île mystérieuse (Partie I)

CONTE: L'île mystérieuse (PARTIE I)

I. Le voyage d’un esclave affranchi

Un fort riche seigneur, généreux, noble et brave,
Voulut contribuer au bonheur d’un esclave
Qu’il avait, gémissant depuis longtemps des fers,
En exauçant son vœu le plus doux et plus cher,
Car il était content de sa bonne conduite :
Il le rendit libre. Il fit équiper ensuite
Un vaisseau tout doré et digne d’un roi,
Et dit à son ancien esclave : « Souviens-toi
Qu’il faut faire le bien partout où l’on se trouve
Et éviter le mal que le Ciel réprouve.
Va-t’en par le monde, navigue avec fierté
Dans tous ses océans ; jouis de ta liberté :
C’est le dernier ordre que ton seigneur te donne. »
Reconnaissant, le bon esclave s’abandonne
Aux flots, qu’il croit cléments, en souriant et rêvant.
Or bientôt il entend gronder les furieux vents
Et bientôt l’affreuse tempête se déchaîne,
Brisant son vaisseau comme il a brisé ses chaînes,
Jetant sur une île déserte ses débris
Et arrachant à son équipage cent cris.
Malheur ! tous ses marins sont morts ou se meurent !
Sans marchandises, sans secours, lui seul demeure,
Désespérant de vivre et pensant à mourir,
Ses frêles illusions ne pouvant le nourrir,
Perdu, perdu sur cette île vaste et déserte
Qui semble une porte dans le néant ouverte !
Et le pauvre, attendant l’heure de son trépas,
Sans savoir dans la nuit où diriger ses pas,
Marche, accablé d’une morne lassitude,
Les yeux emplis de pleurs et le cœur d’inquiétude.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 22 janvier 2017

L’Île de la Mort

l'île de la mort

Arnold Böcklin, L'Île des morts (version de 1886)

Obscure et sans port,
Crépusculaire, 
Nul soleil n’éclaire
L’île de la Mort.

Le soir éternel
Tombe sur elle,
Les âmes frêles
Hurlent sous son ciel ;

Quand le morne vent
Plein de choses mortes
Franchit sa porte,
Il chante en rêvant 

Des hymnes obscurs
Et de noirs poèmes,
Comme lorsqu’on aime
Ecrit sur le mur

Le nom de sa belle ;
Le morne Charon 
Du Trépas larron
Serviteur fidèle,

L’allure altière,
Lentement conduit,
Les âmes, la nuit,
Devenues matière.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 12 janvier 2014

Histoire de Sindbad le Marin (Deuxième voyage, partie IV)

Histoire de Sindbad le marin (deuxième voyage, partie IV) 

Poèmes de "la série Mille et une Nuits"
 

Je pris d’abord les diamants les plus pesants
Qui étaient les plus beaux et les plus imposants
Et les mis dans mon sac de provisions de bouche.
Je choisis ensuite, pareil aux bêtes farouches
Et qui cherchent, affamées, une bonne proie à manger,
Le morceau de viande le plus long et léger
Et l’attachai autour de ma bourse et ma taille
Et je dis : « Ô, Dieu ! Les infortunes m’assaillent,
Tout ici-bas, hormis vous, est mon ennemi !
Écoutez un sombre marin et qui gémit !
De ne plus courir les mers vastes et traîtresses
Si vous me sauvez je vous fais la promesse ! »
Je priais de la sorte quand un aigle arriva
Et avec le morceau de viande m’enleva
Et me porta jusqu’au sommet de la montagne
Loin de cet étrange et somptueux bagne.
Quand l’aigle effrayé fut par les crieurs chassé,
Un marchand de cueillir ses diamants fort pressé
Vint et eut peur de me voir dans cette posture
Puis, sans me demander par quelle aventure
Et par quel étrange sort je me trouvais là,
En réclament ses chers biens il me querella.
« Vous serez, lui dis-je, plus clément sans doute
Quand vous saurez quelle singulière route
M’a conduit jusqu’ici ; et vous serez plus doux
Quand vous aurez vu les diamants que j’ai pour vous. »
Le marchand crut d’abord que c’était une ruse
Mais il me présenta ses plus flatteuses excuses
Quand il vit que je lui disais la vérité
Au sujet des diamants qu’il avait mérités.
Les marchands étonnés de ma sombre histoire
M’accueillirent, me donnèrent à manger et à boire
Et de mes présents furent honorés et contents.
Dans les montagnes nous restâmes quelque temps
Et après quelques jours ensemble nous gagnâmes
Le premier port, d’où sans peine nous passâmes
A l’île de Roha où croît l’arbre curieux
Dont on tire le camphre, et où des fauves mystérieux
Appelés rhinocéros, qui ont une seule corne
Et qui en les voyant vous sembleront mornes
Se battent, intrépides, avec les éléphants
Et deviennent aveugles bien qu’ils soient triomphants
A cause du sang de ces bêtes et de leurs graisses
Qui leur coulent sur les yeux. Le Rokh s’empresse,
Aussitôt tombés par terre, de les enlever
Pour nourrir ses petits, prenant soin de laver
Sa proie en la plongeant dans une rivière.

Après avoir quitté cette île singulière
Et fait des aumônes aux veuves et aux démunis
Je revins à Bagdad. » Les convives réunis
Écoutèrent ce récit avec grande surprise.
Le Sindbad se tut, car l’aventure promise
Etait finie. Et il donna cent sequins d’or
Au porteur, le priant de revenir encor
Pour qu’il lui racontât sa troisième errance
Le lendemain, avec douceur et déférence.

[FIN DU DEUXIÈME VOYAGE DE SINDBAD LE MARIN]


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène