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dimanche 3 mai 2020

Le château foncé

le château foncé

Mon âme est un château dans une plaine
Dont les pièces sont de spectres pleines,
L’un dort et l’autre lit dans le salon,
un autre contemple comme un félon
Ses confrères, en cachant sa dague noire
Qui dans les ténèbres reluit sans gloire,
Tandis qu’un autre, en se tenant loin,
Mange des choses immondes dans un coin.

Assailli par le soleil et la pluie,
Larme que le temps peu à peu essuie,
Il s’enfonce lentement sous les fleurs,
Chiffon déchiré qui boit sa douleur
Et se noie dans des flots invisibles.
De toute la nature il est la cible :
La foudre le frappe comme un fouet,
Des vents sans pitié il est le jouet,
Et la tempête, capricieuse fille,
Dans la vaste création l’éparpille.

Cela me réjouit de penser, parfois,
Qu’il y a partout des poussières de moi
À l’intérieur du ciment du monde,
Dans les forêts, les déserts et les ondes,
Que l’univers est plein de mes débris,
Ces éphémères et effrayants cris,
Et que mes pensées que rien ne voile
Dans le ciel deviennent des étoiles.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 1 avril 2020

Cœur mutant

CŒUR mutant

Mon cœur est comme la mer
Orageuse et limpide
Et dont les flots rapides
Sont éternellement amers ;

Les idées, voiles, vaisseaux
Ou somptueuses frégates,
Mots d’une sombre hyperbate,
Errent dans les vastes eaux !

Mon cœur change et il grandit,
Mon cœur est plus éphémère
Que ces ondes amères,
Et j’entends tout ce qu’il dit,

Ses grands battements puissants,
Rimes toujours nouvelles,
Chants continus et bruits d’ailes
Se répétant dans mon sang !

Comme si j’avais deux cœurs,
Un pour moi, un pour le monde,
L’un soupire, l’autre gronde,
L’un est doux, l’autre moqueur,

Tout mon corps bat sans répit
Et reçoit toutes les choses,
Le pétale dans la rose
Comme le grain dans l’épi.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 16 janvier 2020

Coma extravagant

COma extravagant

Souvent, mon âme que la nuit dompte,
Dans le néant immobile et sans fin,
Dort comme les princesses des contes
Que réveille un baiser ou un parfum.

Mon esprit se couvre d’un linceul d’ombre
Plus pesant que tous les cieux réunis,
Le monde, plus intéressant et sombre,
Montre l’enfer à cet obscur banni ;

Je marche seul dans mon propre rêve,
Aveugle et sourd, sans entendre et sans voir,
De mon lit d’hôpital je me lève,
Aimant les chemins compliqués du soir,

La solitude est mon infirmière,
Elle prend mon pouls, et aussi mon sang,
Et pour que je ne voie point la lumière
M’administre des sédatifs puissants

Et de son poison emplit mes veines.
Loin de moi-même je ne puis bouger,
Toute lutte contre l’abîme est vaine
Et mon cœur n’en est que plus affligé ;

Dans un sommeil lourd et sans aurore
Qui engourdit et le corps et l’esprit,
Il est plus doux de sombrer encore,
Par les rayons du jour jamais surpris.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 8 septembre 2019

Le mal au cœur d'un oublié

Le mal au CŒUR d'un oublié

Il veut que quelqu’un soit à ses côtés,
Homme, femme ou animal, qu’importe !
Et qu’on vienne frapper à sa porte
Ou griffer sa fenêtre un jour d’été,

Et il voudrait entendre le bonjour
D’un ami, d’un voisin, de quelque âme,
Qu’il y ait dans sa cheminée plus de flamme
Et dans son cœur aride plus d’amour.

En vain, hélas ! Il demeurera seul,
Sa boîte aux lettres et son lit sont vides,
Et il s’endort le visage livide,
Comme un cadavre dort dans son linceul.

Il n’a point d’ami, point de confident,
Seulement un pauvre compte en banque,
Quelqu’un qu’il ne connaît pas lui manque,
Dans l’ombre il serre les poings et les dents

Et s’écrie : « au diable l’humanité !
Soyons seul, je n’ai besoin de personne ! »
Puis imagine qu’à sa porte on sonne
Avec tendresse et avec vanité.

Il entend la voix de son propre esprit ;
Le silence, toujours le silence !
Et de ses pensées dont la violence
Les rend pareilles à de vastes cris.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 6 mai 2019

Mon amour de jeunesse

mon amour de jeunesse

Le temps passe et nous vieillissons, ma belle,
Mais dans mes souvenirs tu as vingt ans,
Aussi fraîche qu’une fleur du printemps
Et aux arrêts du Destin rebelle.

Tu n’as pas changé. Ta grande chevelure
Est remplie du même parfum radieux ;
Tu es toujours jeune, et moi toujours vieux,
Et ton âme d’enfant est toujours pure !

Tes yeux rieurs sont toujours les mêmes
Et ton sourire est charmant et vainqueur,
Et je t’aime encore de tout mon cœur,
D’un amour absolu et suprême !

Tes doigts, pareils aux doigts de l’Aurore,
Sont restés très blancs, très doux, très petits,
Aucun fardeau hideux n’appesantit
Ton esprit léger qui brille encore !

Tes joues ont la couleur de ton âme,
Et mon âme a la couleur de tes yeux !
Que fais-tu ici-bas ? Retourne aux cieux
Qui sont ton pays, angélique femme !

Tu es la tendresse qu’il me reste,
Je t’aime, ma beauté, comme je peux,
Pas assez, ou beaucoup trop, ou trop peu,
Mais mon cœur en pensant à toi est vaste.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 1 mai 2019

Pétrification

pétrification

Aussi profonde que les sombres cryptes,
Ma mélancolie monte jusqu’au ciel,
Pareille aux pyramides d’Égypte
Et aux monts échevelés et éternels.

Mon cœur est désormais un vieux fossile
Qui n’a plus de forme et qui ne bat plus,
Caché dans une terre indocile
Et sur lequel il a neigé et plu,

Maintes fois je l’ai cherché ; chose vaine !
C’est une pauvre pierre sans destin
Et une chose qui n’est plus humaine,
Plus vieille que le grec et le latin,

Un fardeau qui opprime ma poitrine
Et que je porte, inutile et cruel,
Comme Atlas porte tout la Chine
Et comme un âne de gros sacs de sel !

Plus que lui, tous ces humains me pèsent !
Las de les entendre, je hais les voir,
Leurs paroles sont vides ou mauvaises,
Et on devient comme eux sans le savoir !

Comme tout est vain et méprisable,
Et comme la vie est sans intérêt !
Humanité, amour, allez au diable,
Si toutefois à le voir vous êtes prêts.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 30 avril 2019

Cœur et âme

CŒUR et âme

Mon amour est grand comme le ciel clair
Que n’appesantit aucun nuage,
Et il est aussi infini que l’air
Qui dans des pays enchantés voyage,

Mon cœur est aussi profond que la mer
Mais n’a point de port et n’a point de grève,
Et il est empli de grands flots amers,
De grandes douleurs et de beaux rêves,

Mon âme est un bois calme et infini
Qu’éclaire la ténébreuse lune
Et où tous les spectres sont réunis
Et marchent lentement, comme sur des dunes !

Les humains ont fini par me lasser,
Et j’aime peu de choses, ma chérie,
Car par les orages je suis cassé
Et dévasté par les intempéries.

Reçois donc, avec mon encens brûlé,
Le peu de tendresse qu’il me reste
Et mes soupirs fatigués et ailés
Qui vont jusqu’à toi, éternels et prestes !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 7 janvier 2019

Le cœur de papa

 le CŒUR de papa

Dans tes yeux intelligents et beaux
Mon cœur reluit ainsi qu’un flambeau,
Mon cœur que tu tiens dans tes doigts candides
Et que ravit ton sourire limpide
Comme un ciel bleu empli d’un grand soleil !
Quand tu te lèves de ton doux sommeil
Où tu dis de mystérieuses choses,
Il me semble que tes belles joues roses
Sont les pétales que je vois s’ouvrir
D’une fleur qui vient de s’épanouir ;
Ton sourire, comme un ciel de décembre,
Eclaire soudain toute la chambre,
Et ta voix m’emplit de nouveau d’espoir,
Car mon bonheur se résume à te voir.

Le cœur d’un papa, c’est le cœur d’un père !
Même quand tu es là, je t’espère,
Mon fils, et je ne veux qu’un humble toit
Sous lequel il y a ta maman et toi
Qui rayonnez d’une ardeur commune,
Pareils au soleil et à la lune.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 30 septembre 2018

Cœur infini

CŒUR infini

Avec la tristesse d’un lac tranquille
Qui s’étend sous le beau soleil radieux,
Mon cœur s’étend, loin des bruyantes villes,
Autre ciel qui reluit sous les cieux.

Sur terre, mes ondes sont mes nuages,
Il n’y a point de havre, il n’y a point de port,
Mon cœur n’a point de grève ou de rivage,
Et il est infini comme la mort ;

Maintes bêtes errent dans les entrailles
De ce lac profond, maints monstres luisants,
Et à son fond des restes de bataille
Sont jetés avec des trésors pesants,

Et puis de la méchante ferraille
Et quelques lettres d’amoureux défunts,
Des choses rouillées, des choses qui raillent,
Un vaste chaos sans forme et sans fin,

Et pourtant, le vent chante à la surface
Et fait trembler les vagues nénuphars,
Les flots caressent les herbes lasses
Et la nuit remue son flambeau blafard.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

dimanche 16 septembre 2018

La Nature et notre cœur

La nature et notre CŒUR 

Souvent, l’implacable et éternelle Nature
Brise les frêles cœurs de ses créatures,
Ciel d’hiver, ciel d’automne ou grand arbre chenu,
L’automne est arrivé et l’hiver est venu,
Les lacs sont gelés, à l’image de nos âmes,
Le soleil a perdu son éclat et sa flamme,
La nuit semble régner sur terre et dans le ciel,
Hormis les ténèbres, rien ne semble éternel !

La Nature est notre miroir ; avec zèle
Elle nous dévoile et nous nous voyons en elle,
Neiges, vents et pluie ont comme nous des yeux,
Dans ce qui est sombre et non ce qui est radieux
Nous contemplons avec des esprits immenses
L’introuvable reflet de notre existence !
Tout ce qui souffle, tout ce qui tombe et gémit,
Est notre ami à la fois et notre ennemi,
Et tout nous regarde : les nuages, la mousse,
L’herbe qui croît ainsi que la fleur qui pousse.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

dimanche 1 juillet 2018

Cœur de verre

CŒUR de verre 

Mets ta tête sur mon cœur encore,
Entends-tu battre ce cœur qui t’adore,
Faiblement, tel un ruisseau murmurant
Qui chante et s’en va, dans les bois errant ?
Ce cœur aussi frêle que la brise
Est de verre et la tempête le brise,
Quand elle gronde avec dévouement ;
Le vertige, ce vaste secouement,
Le prend dans ses gigantesques serres !
Mon cœur, hélas, n’est point un cœur de pierre !
C’est un ciel empli de nuages clairs,
C’est un jardin infini et désert
Que rongent les herbes parasites,
Sans fleurs, qu’aucun humain ne visite,
Vaste et dévasté, aride et ridé !
Tous les parfums s’y sont suicidés !
Mon cœur est un bois labyrinthique
Où l’on trouve maints monstres antiques,
Maints satyres hirsutes, maints démons
Qui, le soir, chantent et dansent sur les monts,
Et des spectres anciens et bizarres
Pourchassant des nymphes qu’ils effarent.

Et ce cœur dont la souffrance est la loi
Languit d’amour pour un baiser de toi.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

mercredi 13 juillet 2016

Cœur volant

CŒUR volant

Mon cœur, parfois, ouvre ses vastes ailes
Pour s’envoler loin de la création
Et pour chercher son port et sa nation
Dans l’immense abîme qui l’appelle ;

Vaste mer, emplie d’écueils et d’ombre !
Nous sommes des guerriers las du combat.
N’y a-t-il donc rien de radieux ici-bas ?
Comme le monde est petit et sombre !

Chacun va, sur l’aile de sa chimère,
Vers des horizons infinis, obscurs,
En guettant les étoiles de l’azur,
Et revient, le pas lourd, l’âme amère !

Tombez, comme Adam et comme Icare,
Mornes mortels que raille le soleil !
Vos yeux éblouis en resteront vermeils,
Et tout rayon désormais vous effare !

Mortels, contemplez votre monde hagard :
Ces monts sont faits pour vous rappeler la chute,
Tout autour de vous gémit et lutte
En espérant une dent ou un dard,

Contre un ennemi invisible et puissant :
La Mort, le Vide, le Précipice !
Démon qui se rit de vos jours propices
Et vous voit sinistrement en passant.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

mardi 10 mai 2016

La neige du cœur

La neige du CŒUR 

L’éternel ennui m’assiège,
Ennemi nombreux et vainqueur,
Et je ne sais quelle neige
Vient souvent me glacer le cœur.

Mon cœur est un désert vide.
Le plus ténébreux des hivers,
Qui l’a rendu froid et livide
A ravagé tous les prés verts.

L’amour est une chose vaine
Comme le remords et la haine,
Et le temps détruit la beauté,

Rien ici-bas ne demeure,
Tout s’envole avec cruauté
Sur l’aile noire des heures.



Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène