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dimanche 8 septembre 2024

Point de vue sur l’épanouissement de l’âme

POINT DE VUE SUR l'épanouissement de l'âme

Notre âme, fleur ardue,
Maintes fois s’épanouit
Dans des contrées perdues
Que ravage la nuit.

Ses vaillants pétales
Ont, dans ces pays vains,
La rage de Tantale
Cherchant les fruits divins ;

Toujours insatisfaite
Dans la prison du corps,
Déjà elle fête

Sa liberté certaine
En pensant à la mort
Et sa faux hautaine.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 3 octobre 2022

L'âme

  L'âme

Réponds-leur : L’ange de la mort qui veille sur vos démarches, tranchera le fil de vos jours, et vous reparaîtrez devant Dieu. (Coran, 32, 11)

Le Prophète a dit : « Quand vient l’heure de mourir,
Les anges sont autour du dernier soupir.
Si le défunt est bon, on dit : “Sors, âme bonne,
Âme bénie. Ton Dieu est clément et pardonne,
Va aux félicités et va aux doux parfums.”
Et c’est ce qu’on répète à l’âme du défunt
Jusqu’à ce qu’elle sorte et qu’elle soit conduite
Aux portes du ciel. On lui ouvre et on l’invite
En demandant : “Qui est-ce ?” On répond “C’est un tel”.
On la bénit alors de nouveau, jusqu’au ciel
Où se trouve le Trône et où se trouve Dieu.
Si le mort est mauvais : “Sors, âme mauvaise,
Lui dit-on, qui était dans son corps à son aise !
Sors méprisée, maudite, et attends les tourments
Différents et variés, qui sont tous alarmants !”
On ne lui répète, et elle arrive au ciel
Où trône le Seigneur Très-Haut et Éternel ;
On lui en ferme alors aussitôt les portes,
Et elle revient au tombeau qui l’emporte.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 3 mai 2020

Le château foncé

le château foncé

Mon âme est un château dans une plaine
Dont les pièces sont de spectres pleines,
L’un dort et l’autre lit dans le salon,
un autre contemple comme un félon
Ses confrères, en cachant sa dague noire
Qui dans les ténèbres reluit sans gloire,
Tandis qu’un autre, en se tenant loin,
Mange des choses immondes dans un coin.

Assailli par le soleil et la pluie,
Larme que le temps peu à peu essuie,
Il s’enfonce lentement sous les fleurs,
Chiffon déchiré qui boit sa douleur
Et se noie dans des flots invisibles.
De toute la nature il est la cible :
La foudre le frappe comme un fouet,
Des vents sans pitié il est le jouet,
Et la tempête, capricieuse fille,
Dans la vaste création l’éparpille.

Cela me réjouit de penser, parfois,
Qu’il y a partout des poussières de moi
À l’intérieur du ciment du monde,
Dans les forêts, les déserts et les ondes,
Que l’univers est plein de mes débris,
Ces éphémères et effrayants cris,
Et que mes pensées que rien ne voile
Dans le ciel deviennent des étoiles.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 16 février 2020

Sinistre délivrance

sinistre délivrance

Souvent, notre esprit avec allégresse
Retourne dans l’abîme où il est né,
Las de chercher la vérité traîtresse
Qui n’est pas dans ce monde condamné.

Il s’envole comme un oiseau funèbre
Loin du ciel bleu de la réalité
En cherchant le calme et les ténèbres
Que cherche ce qui est épouvanté,

Il s’en va loin de nous, il erre
Dans des chemins qui nous sont inconnus,
Pareil à un voyageur sans terre
Qui marche dans la nuit, courbé et nu.

Notre âme aussi de nos corps se sépare,
Lasse de ne pas trouver la beauté
Dans ce monde où la beauté est si rare
Et où le mal règne et la cruauté ;

Délivrée de nous et de notre monde,
Elle contemple l’espace infini
Qui se meut comme une mer emplie d’ondes
Dont les audacieux vaisseaux sont bannis,

Seule dans l’immensité éternelle,
Elle contemple le gouffre apaisant
Qui ne cesse de s’ouvrir sous elle,
Sombre porte d’un foyer complaisant.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 30 avril 2019

Cœur et âme

CŒUR et âme

Mon amour est grand comme le ciel clair
Que n’appesantit aucun nuage,
Et il est aussi infini que l’air
Qui dans des pays enchantés voyage,

Mon cœur est aussi profond que la mer
Mais n’a point de port et n’a point de grève,
Et il est empli de grands flots amers,
De grandes douleurs et de beaux rêves,

Mon âme est un bois calme et infini
Qu’éclaire la ténébreuse lune
Et où tous les spectres sont réunis
Et marchent lentement, comme sur des dunes !

Les humains ont fini par me lasser,
Et j’aime peu de choses, ma chérie,
Car par les orages je suis cassé
Et dévasté par les intempéries.

Reçois donc, avec mon encens brûlé,
Le peu de tendresse qu’il me reste
Et mes soupirs fatigués et ailés
Qui vont jusqu’à toi, éternels et prestes !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 17 mars 2019

Anéantissement

anéantissement

Comme une encre dans l’onde rapide
Qui redevient aussitôt limpide,
Il me semble que mon être altier
Dans la vie se dilue tout entier.
Il s’en va dans la ville qui remue,
Sur terre, dans les bois et dans les nues,
Hors de moi, sans que je puisse le voir,
Comme un vain reflet dans un grand miroir !
Où vas-tu, mon esprit ? esprit qui erre
Appesanti de ses lourdes chimères
Et de ses magnifiques illusions ?
Tu t’en vas, frêle comme une vision,
Pareil à un chien cassé, dans les ruelles,
Des hommes et des bêtes cruelles
Te cachant, ô toi le pestiféré,
Frappé à coups de pied et abhorré,
Vivante et ténébreuse pourriture
Qui cherche en vain quelque nourriture
Dans les pénombre impure des chemins
Qui vont comme lui, sans but et sans fin !

De tout ici-bas mon âme est lasse,
Lentement, tout mon être s’efface,
Éphémère dessin fait au crayon,
Voilé d’ombres ou voilé de rayons,
Ces deux néants incommensurables !
Comme une figure sur le sable,
Le vent emporte loin de l’univers
Son essence qui lentement se perd
Et avec célérité voyage
Dans les gouffres noirs et les nuages.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 20 juin 2018

La grisaille de l'âme

LA grisaille de l'âme

Parfois quand, l’hiver, on se réveille
D’un sommeil long et qu’on croit éternel,
Ne montrant point sa lueur vermeille,
L’âme a la même couleur que le ciel ;

Le cœur est lourd comme ces nuages
Qui font pleurer le firmament hagard
Et continuent à faire leur voyage
En posant sur nous de profonds regards ;

L’esprit est sombre comme les nuées,
Ces fardeaux ténébreux et aériens,
Et les pensées par le vent remuées
Sont noires comme l’orage qui vient !

Ô incommensurable grisaille
Que celle qui nous obscurcit le cœur
Et avec ses ténèbres nous assaille
Ainsi qu’un ennemi toujours vainqueur !

La jeunesse a relui, le jour décline,
On ne voit plus que quelques rares fleurs,
Et le soleil, aussi loin que la Chine,
Ne reluit plus sur nos vastes douleurs.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 28 mars 2017

L'Adieu

L'Adieu

Louis Janmot, Adieu (1861)

Sur son nuage, au-dessus de la mer,
La belle s’en va, rapide et blanche,
Loin de son amoureux au cœur amer,
Pareille à un oiseau quittant sa branche,

A ce rivage lointain et fané
Il est venu dire adieu à son âme,
A pleurer et à gémir condamné,
Voyant sa bien-aimée comme une flamme

S’éteindre lentement, victime des vents,
Flambeau jeté dans les sombres ondes
Que le triste amant contemple en rêvant
Et qui reluira dans l’autre monde ;

Voile errante qui s’envole toujours, 
La beauté, elle, triste et légère,
Est bannie du monde en pleurant d’amour,
Apparition sublime et passagère

Qui marche sur les éternels flots verts
Comme jadis sur l’herbe parfumée,
Et quitte son amant et l’univers,
Incommensurable et chère fumée. 


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 27 mars 2017

L'Ange gardien

l'ange gardien

Louis Janmot, L’Ange et la mère (entre 1835 et 1881)  

Tandis que le petit est bercé par sa mère,
Un jeune ange prie pour sa vie éphémère,
Les mains jointes, sous le firmament à genoux,
Et semble aussi prier pour le monde et pour nous.

Cet ange prosterné qui compte nos larmes
Pour cet enfant rose se lamente et s’alarme
Et dit, le cœur empli de vénération :
« Seigneur, ayez pitié de votre création !
Faites que cet enfant condamné à vivre
Lise votre monde, qui est votre livre,
Faites que cet enfant, Seigneur, ne souffre pas !
Ne lui apprenez pas ce sombre mot : Trépas !
Qu’il ait le sourire au front et au visage,
Qu’il soit heureux et qu’il ne soit point un sage,
Qu’il n’aille point un jour, seul, la tristesse au cœur,
Dans les bois soupirer, las du Destin vainqueur ! »

Mais en vain tu gémis, ange monotone,
Auprès de ce printemps, assis dans ton automne !
Cet enfant ne va pas demeurer innocent !
Ses mains seront, peut-être un jour, souillées de sang,
Son petit cœur sera souillé de tristesse,
Il sera son hôte et elle son hôtesse
Qui l’accueillera dans ce monde délabré
Et par sa morne nuit toujours enténébré.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

vendredi 3 février 2017

Combat pour une âme

combat pour une âme

Giacinto Gimignani, Un ange et un démon combattent pour l'âme d'un enfant (1615-1618)

C’est une bien étrange et terrifiante chose
Que ce combat pour un enfant à la chair rose
D’un ange et d’un diable, tous deux tendant la main
A ce commencement incertain d’être humain.
Surpris des deux lutteurs, blanc comme l’aurore,
Le petit, qui est mort, rayonne et ignore ;
Il se croit au berceau comme une épave au port,
Et c’est un vain mot qu’il ne connaît pas, la Mort !
L’ange et le diable hagard veulent tous deux son âme,
Le démon le conduire à son gouffre de flammes,
L’ange à son ciel radieux comme tous les petits,
Mais l’abîme béant et lourd appesantit
Cet enfant innocent qu’il berce et appelle
Et dont l’âme est comme lui délicate et belle !
Il n’est point de repos, même dans l’au-delà ! 
Etre petit, être faible et lutter, hélas !
Combattre pour mourir et combattre pour vivre ! 
Que va faire l’enfant et qui va-t-il suivre ?
C’est comme s’il songeait, mais il ne songe pas,
Il croit voir sa maman sans doute et son papa
Qui, prosternés devant son berceau blanc, pleurent
Ce jeune rayon qui a quitté leur demeure.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène