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vendredi 30 juillet 2021

Soi contre soi

soi contre soi

Aujourd’hui nous apposerons un sceau sur leurs lèvres ; leurs mains nous parleront seules, et leurs pieds témoigneront de leurs actions. (Coran, 36, 65)

« Une fois, dit Anas ibn Malik, nous étions
Chez le Prophète, moi et d’autres compagnons.
Le Prophète soudain rit ; « Pouvez-vous me dire,
Demanda-t-il, ce qui me fait ainsi rire ? »
On répondit : « Dieu le sait et son messager. »
Le Prophète alors dit : « J’ai ri car j’ai songé
À l’homme qui au jour où chaque mort se lève
Dira à Dieu : “Avant que la vie ne s’achève
Et après la vie, Dieu, ne m’as-tu pas promis,
Que quand je serai à ton jugement soumis,
Je serai jugé sans craindre l’injustice ?”
“Oui”, lui répondra Dieu. “Alors que je choisisse,
Reprend l’homme. Je veux être jugé, Seigneur,
Par ce qui est comme moi.” “Sois donc ton meilleur
Juge, dit Dieu, avec les anges qui écrivent
Toutes tes actions dans ta vie et te suivent.”
Un sceau est posé sur sa bouche, et c’est alors
Qu’il est commandé à ses membres et son corps
De parler à sa place, et qu’ils disent ses œuvres.
Lorsque la parole reviendra à ses lèvres,
Il s’écriera : “Soyez maudits et soyez morts !
Je voulais vous défendre, objets de mes remords !” »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 3 mai 2020

Le château foncé

le château foncé

Mon âme est un château dans une plaine
Dont les pièces sont de spectres pleines,
L’un dort et l’autre lit dans le salon,
un autre contemple comme un félon
Ses confrères, en cachant sa dague noire
Qui dans les ténèbres reluit sans gloire,
Tandis qu’un autre, en se tenant loin,
Mange des choses immondes dans un coin.

Assailli par le soleil et la pluie,
Larme que le temps peu à peu essuie,
Il s’enfonce lentement sous les fleurs,
Chiffon déchiré qui boit sa douleur
Et se noie dans des flots invisibles.
De toute la nature il est la cible :
La foudre le frappe comme un fouet,
Des vents sans pitié il est le jouet,
Et la tempête, capricieuse fille,
Dans la vaste création l’éparpille.

Cela me réjouit de penser, parfois,
Qu’il y a partout des poussières de moi
À l’intérieur du ciment du monde,
Dans les forêts, les déserts et les ondes,
Que l’univers est plein de mes débris,
Ces éphémères et effrayants cris,
Et que mes pensées que rien ne voile
Dans le ciel deviennent des étoiles.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène