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vendredi 8 janvier 2021

Le martyr volant

LE martyr volant

Quel est votre espoir ? Que nous soyons victorieux ou martyrs. Et nous, nous espérons que Dieu vous punira, ou remettra en nos mains sa vengeance. Attendez, nous attendrons avec vous. (Coran, 9, 52)

Le Prophète, avant la bataille de Mou’tah,
Aux compagnons restés avec lui conta
Que trois martyrs allaient tomber avec gloire,
Et d’un sabre de Dieu viendrait la victoire,
Et il nomma, avec des larmes dans les yeux,
Ibn-Rawaha, Jaafar et Zayd, trois héros pieux.

Les Byzantins étaient plus grands par le nombre
Et ressemblaient, de loin, à des fourmis sombres.
On voulut revenir et chercher du renfort,
Mais Ibn-Rawaha dit : « Nous souhaitons la mort,
Et ils veulent la vie. Il devrait vous suffire
Que nous obtiendrons la victoire ou le martyre !
Nous avons triomphé toujours grâce à la foi,
Jamais grâce au nombre, et nous triomphons deux fois :
Dans l’au-delà et sur terre. Aimons les batailles,
Et comme d’autres les caresses, les entailles ! »
Alors on s’écria : « Ibn-Rawaha dit vrai ! »
Les trois héros étaient déterminés et prêts
Et ils frappaient dans la mêlée avec flamme.
Zayd ibn Harithah, le chef, rendit l’âme,
L’étendard à la main. Avant qu’il ne tombât,
Il le donna, pour qu’il le tînt dans le combat,
À Jaafar ibn Abou-Talib. Sur sa monture,
Il chargea l’ennemi. On cassa son armure,
Il donna mille coups dont aucun n’échappa.
Un ennemi, d’un coup de sabre, lui coupa
La main. Il ramassa l’étendard avec l’autre.
On la lui coupa aussi. Voulant combattre,
Il prit avec ses deux épaules l’étendard
Et mourut. Abdullah ibn-Rawaha, aux dards
Et aux lances montrant ses grandes blessures,
Ramassa l’étendard d’une main brave et sûre
Et périt au combat. Tous sont au paradis.
Le fils d’Omar au fils de Jaafar avait dit :
« Que la paix soit sur toi dont le père a deux ailes ! »
Dieu les lui donna pour récompenser son zèle,
Et il peut voler au paradis éternel,
Comme un oiseau vole, dans le radieux ciel.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 13 juillet 2016

Cœur volant

CŒUR volant

Mon cœur, parfois, ouvre ses vastes ailes
Pour s’envoler loin de la création
Et pour chercher son port et sa nation
Dans l’immense abîme qui l’appelle ;

Vaste mer, emplie d’écueils et d’ombre !
Nous sommes des guerriers las du combat.
N’y a-t-il donc rien de radieux ici-bas ?
Comme le monde est petit et sombre !

Chacun va, sur l’aile de sa chimère,
Vers des horizons infinis, obscurs,
En guettant les étoiles de l’azur,
Et revient, le pas lourd, l’âme amère !

Tombez, comme Adam et comme Icare,
Mornes mortels que raille le soleil !
Vos yeux éblouis en resteront vermeils,
Et tout rayon désormais vous effare !

Mortels, contemplez votre monde hagard :
Ces monts sont faits pour vous rappeler la chute,
Tout autour de vous gémit et lutte
En espérant une dent ou un dard,

Contre un ennemi invisible et puissant :
La Mort, le Vide, le Précipice !
Démon qui se rit de vos jours propices
Et vous voit sinistrement en passant.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène