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dimanche 11 juillet 2021

Les chevaux bénis

 les chevaux bénis

Chargés ou légers, marchez et combattez dans le sentier de Dieu, avec vos biens et vos personnes. Cela vous sera plus avantageux, si vous le comprenez. (Coran, 9, 41)

Une fois, Salama ibn Noufayl al-Kindi,
Était chez le Prophète. Un homme et vint et dit :
« Ô messager de Dieu ! Des hommes humilient
Les chevaux, cachent les armes et les oublient
Et disent : “l’heure n’est plus au combat ! La guerre
Est finie contre tous les impies de la terre.” »
Le Prophète leva la tête et répondit :
« Ils mentent tous, ne leur donnez aucun crédit !
Maintenant, maintenant est l’heure de combattre,
Et le combat ne va désormais que s’accroître !
Toujours des hommes de ma nation, les plus pieux,
Combattront sans répit pour le seul et vrai Dieu.
D’autres les aimeront ; grâce à ces créatures,
Ils obtiendront ici-bas leur nourriture
Jusqu’au jour auguste du Jugement dernier.
Jusqu’à ce jour, montés par les guerriers,
Le bien demeurera attaché aux crinières
Des chevaux, toujours et de la même manière.
Dieu m’a révélé que je ne resterai pas
Longtemps vivant, parmi vous, au monde ici-bas ;
Vous serez divisés et vous serez en guerre,
Et le Sham des croyants sera alors la terre. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 15 mai 2021

Ce que dit le Prophète avant un combat

 CE QUE dit LE PROPHÈTE avant un combat

Vous désiriez la mort avant qu’elle se présentât, et lorsque vous l’avez vue, vous avez balancé. (Coran, 3, 143)

Une fois, le Prophète à un combat alla.
Il attendit qu’il fît moins chaud et il parla
Et dit à ses soldats : « Que nul ne souhaite
Combattre l’ennemi, sûr de sa défaite,
Guidé, non par Dieu, mais par l’aveugle fierté.
Priez votre Seigneur d’être en sécurité,
Si le combat devient toutefois nécessaire,
Résistez et soyez patients et sincères ;
Soyez aussi certains – c’est moi qui vous le dis –
Qu’à l’ombre des sabres il y a le Paradis. »
Et le Prophète dit enfin une prière :
« Ô Dieu possesseur de la vérité entière
Qui fit descendre le Livre, et qui dans le ciel,
Fait mouvoir les nuées, ô vainqueur éternel
Des ligues des impies aux âmes noires,
Défais-les et donne-nous la victoire. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 19 avril 2020

Duel de névrosées

duel de NÉVROSÉES 

La Vérité dit à l’Illusion : « Je règne
Sur le cœur de l’homme, sans moi son esprit saigne,
Blessé par ton dard et blessé par ton poison !
L’homme, ma sœur, n’a pas besoin de la raison
Pour vivre : il a besoin du rêve et du mensonge !
Plus que les théories il aime les songes,
Le visage d’une femme plus que le tien,
Et il aime le Beau, mais n’aime pas le Bien !
Je te le dis, ma sœur, je suis la lumière,
Je fais un grand palais de l’étroite chaumière,
Du plus faible flambeau le plus radieux soleil,
Et rien dans ce monde ne me sera pareil ! »

La Vérité ricane et s’écrie : « Pauvre sotte !
L’homme a toujours aimé les femmes idiotes,
Moi je suis auguste, et je montre le chemin
À tout ce qui existe et à tous les humains !
Sois visible, d’abord, pour que je te réponde !
De loin on voit la mer, on ne voit pas les ondes,
C’est moi qui suis l’écueil, c’est moi qui suis le port,
Je sais toute la vie, je sais toute la mort ! »

Folles échevelées qui crient sous la lune,
La commère blonde et la commère brune,
Se battent, et les lambeaux de cheveux et de chair
Tombent comme la pluie de leurs corps pleins d’hiver.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

vendredi 3 février 2017

Combat pour une âme

combat pour une âme

Giacinto Gimignani, Un ange et un démon combattent pour l'âme d'un enfant (1615-1618)

C’est une bien étrange et terrifiante chose
Que ce combat pour un enfant à la chair rose
D’un ange et d’un diable, tous deux tendant la main
A ce commencement incertain d’être humain.
Surpris des deux lutteurs, blanc comme l’aurore,
Le petit, qui est mort, rayonne et ignore ;
Il se croit au berceau comme une épave au port,
Et c’est un vain mot qu’il ne connaît pas, la Mort !
L’ange et le diable hagard veulent tous deux son âme,
Le démon le conduire à son gouffre de flammes,
L’ange à son ciel radieux comme tous les petits,
Mais l’abîme béant et lourd appesantit
Cet enfant innocent qu’il berce et appelle
Et dont l’âme est comme lui délicate et belle !
Il n’est point de repos, même dans l’au-delà ! 
Etre petit, être faible et lutter, hélas !
Combattre pour mourir et combattre pour vivre ! 
Que va faire l’enfant et qui va-t-il suivre ?
C’est comme s’il songeait, mais il ne songe pas,
Il croit voir sa maman sans doute et son papa
Qui, prosternés devant son berceau blanc, pleurent
Ce jeune rayon qui a quitté leur demeure.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

mardi 24 janvier 2017

Combat pour la vie

combat pour la vie

Edvard Munch, Dødskamp (1915)

Toute la famille soupire
Autour de l’enfant qui gémit
Et comme d’un vent froid frémit,
Ne pouvant rien comprendre ou dire.

La maman et le grand-père
Aux regards suppliants et doux
Ainsi que le père à genoux
Tout cela prie et espère

Dans la chambre où leur petit être
Sait que pour vivre il faut lutter,
Dans la mer de la vie jeté,
Noyé au moment de naître !

Car la vie est une onde infâme !
Tous nos jours sont emplis d’écueils
Et nous avons reçu le deuil
Quand nous avons reçu une âme !

Le tragique petit cherche
Désespérément un peu d’air,
Et le plafond est un flot clair
Où ce menu marin marche !

Hélas ! Même en ayant son âge
On apprend, perdu loin du port,
A combattre la sombre mort,
Divinité des naufrages.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

vendredi 6 juillet 2012

La bataille d’Armageddon


La bataille d’Armageddon


Sur le mont Megiddo haut comme le ciel,
L’archange Lucifer et l’archange Michel
Armés de leurs épées, méditent et se regardent.
L’immensité tremble, ténébreuse et hagarde,
Car voici venir l’heure du combat final
Du jour contre la nuit, du Bien contre le Mal,
Qui fait tressaillir toutes les pâles créatures.
Michel est revêtu de sa sombre armure
Et a sa lame qu’on voit reluire de loin,
Lucifer orgueilleux n’a que l’épée au poing.
Les deux rivaux attendent que le clairon sonne
Le duel terrible, et l’éternité frissonne
En les voyant tous les deux se contempler là.

Lucifer, le premier, parle et dit : « Je suis las
D’attendre éternellement que Dieu enfin daigne
Souffler dans son clairon pour que ses fils saignent ;
Ce combat est l’une de ses divines dérisions !
A ses yeux nous sommes poussières et illusions,
Il peut te tuer et me faire disparaître
Mais il veut que notre sang coule pour s’en repaître
Car il est cruel, et sans doute il sourit
En nous regardant tous les deux avec mépris !
Pourquoi avoir créé le Mal s’il l’abhorre ?
A quoi sert la nuit ? A quoi sert l’aurore ?
A quoi sert toute l’immense création ?
Pourquoi créer les hommes que bercent les passions
Et les châtier ensuite pour leurs sombres fautes ?
Punit-on la cime parce qu’elle est haute ?
Châtie-t-on un aveugle parce qu’il ne voit pas ?
Pour plaire à ce bourreau nous courons au trépas !
Ne combattons point. Ne sommes-nous pas frères ? »
« Tu as désobéi à notre saint père
Répond Michel. Et tu dois êtes châtié.
Ne me tente point car mon cœur est sans pitié.
Père t’a coupé les ailes, je te couperai la tête
Pour que son œuvre, encore inachevée, soit complète.
Pourquoi le Bien ? Pourquoi le Mal ? Vaines questions !
Nous lutterons parce que Dieu veut que nous luttions.
Tu trembles car tu sens venir ton heure dernière,
Comme la tête de Josias, ta tête altière
Quand tu seras vaincu, dans ce mont tombera »
« Prends garde, Michel, car tu peux perdre ton bras »
Dit Lucifer railleur, le sourire aux lèvres.
Soudain, comme à la tête monte la fièvre
Et de sa victime pâle rougit le font,
On entend monter le son du divin clairon
Et le combat affreux dans l’ombre commence.

Ô, des flamboyantes épées choc immense !
Courroux inexorable, éternelle horreur !
Des deux épées on voit jaillir des lueurs,
Le matin impatient dans l’azur se lève
Réveillé par le bruit terrible des glaives,
Les deux frères luttent comme deux ennemis,
La géhenne hurle et le paradis gémit,
Dans le ciel on entend Dieu qui soupire.
Lucifer a aux lèvres son ténébreux sourire
Et le vaillant Michel a la flamme aux yeux ;
A son frère il assène un coup si furieux
Et si puissant, qu’il choit, blessé à la jambe.
Le regardant avec ses yeux qui flambent,
Il lui dit : « Mon frère, repose-toi un peu,
Tu périras debout, tel est l’arrêt de Dieu »
De la balafre de Lucifer, béante,
Deux gouttes de sang, noires et comme les monts géantes,
Plus pesantes que les flots de l’océan,
Fardeaux sombres et énormes, sont tombées du néant
Dans le monde éphémère où vivent les hommes,
L’une est devenue Gomorrhe, l’autre Sodome.

Dans l’ombre épouvantée le combat se poursuit,
Les fers reluisent comme le soleil reluit
Et à la nuit blessée font maintes cicatrices.
Michel gémit tout à coup, atteint à la cuisse ;
Trois plumes de ses ailes nous sont tombées dessus
Pour devenir Moïse, Mahomet et Jésus.
Lucifer rugit comme la houle et à son frère
Dit : « Tu m’as épargné, je ne vais pas le faire,
Michel, tu périras, debout ou endormi ! »
Et lui assène un coup dont Dieu lui-même frémit,
Tellement farouche que son épée est restée
Dans l’immense roc qu’elle n’a pu occire plantée.
Cette vaste épée, c’est la radieuse Excalibur
Que, quelques siècles plus tard, a porté Arthur.
L’archange Michel, fier, jette sa lourde épée
Et dit à son frère : « Nos mains sont mieux trempées »
Et les voilà qui, à mains nues et acharnés,
Combattent corps à corps, pareils à deux damnés
Qui jamais ne s’arrêtent et ne se reposent
Car telle est la loi du Maître des choses,
Et qui, muets et blêmes, luttent éternellement
En se jetant, armes volées au firmament,
Des astres qui jusqu’à aujourd’hui tournent
Sans jamais s’évanouir, dans l’espace sans bornes.



Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène