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le vol d'icare
Charles-Paul Landon, Dédale et Icare (1799)
Poussant son fils dans le ciel
Comme le vent une voile,
Dédale lui dit : « Mon bel,
Embrasse les étoiles !
Le firmament est ta mer,
Tes ports sont les planètes !
Vole, libre de tes fers
Dans les régions secrètes ! »
Pareil à un ange blanc
Qui obéit et ignore,
Le doux jeune homme tremblant
Qui tombe sur l’aurore,
Ouvre ses bras sans vigueur
Pour enlacer les astres,
Et il rêve avec langueur
Sans songer au désastre,
Oiseau qui au firmament
Veut déployer son aile,
Gracieux, léger et charmant,
Plein d’une joie éternelle !
Comme Icare, le soleil
Embrase souvent nos songes
Avec ses rayons vermeils
Qui brûlent nos mensonges.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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jeudi 16 février 2017
Le vol d'Icare
mercredi 8 février 2017
La tête d'Holopherne
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la tête d'Holopherne
Pierre Paul Rubens, Judith avec la tête d'Holopherne (1616)
Judith, belle comme une fée,
Brandit son horrible trophée,
La tête au regard douloureux
D’Holopherne ivre et amoureux,
Vaincu par sa sombre beauté,
En rêvant avec cruauté.
Sa vieille et sinistre servante
Sans que cela ne l’épouvante
Touche la barbe du guerrier
Dont l’amour est le meurtrier
Et dont le bourreau est l’ivresse,
Mort en rêvant d’une caresse !
Cœur sans remords et sans douleur,
Sa maîtresse, comme une fleur
Par un amant fervent cueillie,
Tient l’auguste tête haïe
Du général au sombre sort
Qu’envoie Nabuchodonosor
Pour châtier l’ouest rebelle ;
Aussi dangereuse que belle,
Un sourire étrange et odieux
Eclaire son front radieux.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 26 décembre 2016
La martyre
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La martyre
Paul Delaroche, La jeune martyre chrétienne (1856)
Elle-même devenue une onde,
Elle s’en va loin du monde,
La pauvre martyre au front adoré,
Sous l’œil bleu et doucement éploré
De la lune qui éclaire ses charmes.
L’eau qui l’emporte semble une larme
Pleurée par la nature et l’univers,
Aussi blanche qu’une neige d’hiver
Emportée par les flots profonds et sombres,
Rayon qui reluit dans la vaste ombre !
Ses pieds et ses poings ont été liés
Par ses bourreaux, et son corps oublié
Dans le grand Tibre incommensurable,
En le voyant, cette misérable
A pensé : « Malgré l’écueil de la Mort,
Du Paradis je trouverai le port ! »
Puis reçut un deuxième baptême,
Et devint tout à coup aussi blême
Quand elle tomba dans les flots fatals,
Qu’une feuille loin du chêne natal.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 25 décembre 2016
Le supplice de Jane Grey
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LE supplice de jane grey
Paul Delaroche, Le Supplice de Jane Grey (1833)
Lady Jane Grey, les yeux bandés, sans chaînes,
Car elle est faible comme un jeune amour,
Cette éphémère reine de neuf jours
Qui attend pâlement sa mort prochaine,
Vêtue d’une robe blanche et légère
Qui semble le linceul d’un trépassé,
Insultée, le cœur de vivre lassé
Comme son mari et comme son père !
Comme s’il s’endormait sur sa hache,
Le bourreau attend le moment fatal
Pour l’envoyer au Royaume natal
De la sombre Mort, qui berce et fauche,
Le Sir John Brydges, pour qu’elle meure digne,
Lui décrit doucement l’éden radieux,
Lui parle des anges, d’amour, de Dieu,
Et de lits semés de plumes de cygnes ;
Ses dames d’honneur pleurent derrière elle
Celle qu’on accuse de trahison,
Et la paille fraîche, sombre horizon,
Veut le sang de cette victime frêle
Comme un pré hagard la pesante pluie
Qui mouille le monde silencieux,
Larme qui tombe des immenses cieux
Et que la main du soleil essuie.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 23 décembre 2016
Les princes de la Tour
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les princes de la tour
Paul Delaroche, Les Enfants d'Édouard (1830)
Edouard, le jeune roi d’Angleterre, a douze ans,
Et son frère, le duc d’York, neuf. Fatal présent
Que fait le Destin aux hommes, qu’une couronne !
C’est leur oncle Richard qui, briguant le trône,
Dans la tour de Londres les a emprisonnés
Pour les assassiner, et leur heure a sonné.
Tous les deux sont inquiets et doucement se serrent
L’un contre l’autre, et croient voir surgir des serres
Des ténèbres qui les entourent et sous le lit ;
Richard de Shrewsbury plus qu’Edouard pâlit,
Etant le plus jeune et des deux le plus faible.
Son frère tremblant, en lui lisant la Bible,
Lui conte des fables pour tromper sa terreur.
Oubliant son crime, dans sa noire fureur
Croyant sans doute faire une bonne chose,
Leur oncle a laissé à ses deux neveux roses
Qui sont ses prisonniers, non la vie mais un chien.
« Ils ne s’ennuieront pas, a-t-il pensé, c’est bien. »
Et il les a jetés tous les deux dans l’ombre.
Les murs semblent habités par des spectres sombres
Qui errent sans répit, gémissants et hideux,
Et dansent, vêtus de blancs linceuls, autour d’eux.
Le chien fidèle tout à coup dresse l’oreille
Car il entend venir quelqu’un, et vermeille,
Une pâle lueur sous la porte reluit,
L’assassin vient et la ferme derrière lui.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mardi 13 décembre 2016
Le supplice de Prométhée
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le supplice de prométhée
Pierre-Paul
Rubens, Prométhée enchaîné (1612)
Prométhée,
dont le Caucase est le fer,
Gémit
impuissamment dans son enfer,
Captif
sublime et éternelle proie
Du
vaste aigle qui lui ronge le foie !
Pour
avoir volé le feu olympien
Qui
reluisait mais qui n’éclairait rien,
Et
sauvé toute l’humanité sombre,
Il
gémit maintenant dans les ombres
Torturé,
oublié, brisé, mangé,
Immortel
et son supplice inchangé
Depuis
des siècles de douleur immense !
Penché
sur son sein, l’aigle sans clémence,
Aux
yeux une féroce lueur,
Lui
fouille les entrailles, railleur,
Et
semble y chercher quelque chose ;
Alors
qu’il ne peut bouger, il pose
Ses
griffes sanglantes sur le regard
Du
supplicié fatigué et hagard
Enveloppé
d’un vague crépuscule,
Et
qui depuis mille ans attend Hercule.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 27 novembre 2016
La Charité romaine
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la charité romaine
Pierre Paul
Rubens, Cimon et Péro (1612)
Condamné à mourir de faim et dans les
fers,
Cimon gémit dans sa prison éternelle
Pour son crime châtié par des lois
criminelles
Et implorant la Mort et les dieux de
l’enfer !
Las d’attendre l’heure bienheureuse et
fatale
Où il sera enfin mort, maudissant sa
chair,
Affamé, assoiffé, il voudrait manger
l’air
Et boire un peu d’ombre, blême comme
Tantale !
Péro entre soudain, et le voyant gémit,
De laisser son pauvre père périr frémit,
Et songe à son devoir et à sa misère,
Puis lui donne son sein nu en lui
disant : « Bois !
Père, ne rougissez point, car nul ne
nous voit,
Pour vous sauver il faut que je sois
votre mère. »
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 17 avril 2015
Conte: Du Vilain qui gagna le Paradis en plaidant
CONTE: du vilain qui gagna le paradis en plaidant
Un vilain
mourut, qui était si misérable
Et inconnu, que
dans les cieux vénérables
Ainsi que dans l’Enfer,
nul ne fut averti
De sa mort, et
ne prit sur son sort de parti.
Je ne sais, mes
seigneurs, comment se fit cela,
Mais ce dont je
suis sûr est que dans l’au-delà,
Au moment où du
hère vint l’heure dernière,
Nul ange ni
démon ne vint, de manière
Qu’il était tout
seul et tout tremblant, et partit
Sans guide,
inquiet et de son sort inaverti.
Il pensa – c’est
une chose bien naturelle –
Qu’il valait
mieux, même au prix de mille querelles,
Aller au Paradis
que mériter l’enfer,
Et voulut que l’éden
lui fût enfin souffert.
Mais notre
vilain ne connaissait pas la route
Et il
contemplait les chemins, empli de doute,
Quand il aperçut
de loin l’archange Michel
Conduisant un
élu au Séjour éternel.
Sa joie de voir
le saint ange était bien forte,
Il le suivit,
sans rien dire, jusqu’à la porte.
Saint Pierre
ouvrit à l’ange et à son compagnon,
Et à notre
vilain qui avait le guignon
Ici et dans l’au-delà,
dit : « Plat-ventre,
Nul au saint
Paradis sans permission n’entre,
Et les vilains
comme toi y sont malvenus. »
Le paysan s’écria
au vieil homme chenu :
« Vilain
vous-même ! Vous ne devriez pas être
Ici, après avoir
renié notre Maître
Trois fois, et
vous osez chasser de cet endroit
De plus honnêtes
gens que vous, qui y ont droit !
Voilà une
conduite peu digne d’un apôtre !
Vous gardez l’éden,
mais il n’est pas le vôtre,
Vous ne méritez
pas, ma foi, d’en être chef,
Et je ne sais
pourquoi Dieu vous confie ses clefs. »
Pierre de ce
discours étrange eut grand honte,
Il ne répondit
point et en fit le conte
A saint Thomas,
qu’il vit, avec de grands soupirs.
« Comptez
sur moi, je vais vous faire déguerpir,
Lui dit-il, ce
manant qui vous embarrasse. »
Il alla parler
au vilain avec grâce
Et il lui
demanda toutefois de partir
Et quitter le
séjour des bons et des martyrs.
« Eh !
repartit notre vilain, qu’est-ce que vous faites
Au Paradis ?
C’est une erreur si vous y êtes,
Vous qui n’avez
pas cru à la résurrection
Et qui avez même
touché – quelle sombre action ! –
Le ressuscité du
doigt pour daigner y croire !
D’entrer ici je
ne tire nulle gloire
Puisque les
mécréants y sont bien accueillis. »
Thomas, de ce
flot de vérités assailli,
Baissa la tête,
et il s’en alla, bien preste,
Honteux et tout
confus, sans demander son reste.
Il parlait à
saint Pierre du hère qui les lassait,
Quand saint
Paul, venu là par hasard, qui passait,
Entendit leurs
plaintes et leur dit avec moquerie :
« De ce
vilain je vais punir la loufoquerie.
Vous ne parlez
pas bien, et je fais le serment
De chasser ce manant
qui vous semble alarmant. »
Il s’avance
donc, fier, et prend le pauvre hère
Pour le chasser
par le bras, sombre et sévère.
Le villageois
lui dit : « Ces airs sont bien les tiens !
Parce que,
persécuteur ou espion des chrétiens,
Tu as toujours
été un tyran sans scrupules.
Et c’est moi que
tu oses traiter comme crapule !
Dieu a dû bien
peiner, chauve, à te corriger,
Et ta sombre
conduite ne peut que l’affliger.
Frappe-moi, si
tu l’oses, que rien ne te retienne !
Je ne suis point
parent de ce bon saint Étienne
Et de ces
honnêtes gens que tu as tués,
Mais je te
connais bien, despote infatué. »
Saint Paul ne
put rien dire au vilain plein de verve.
Il résolut d’aller
se plaindre sans réserves
Au sujet du
manant, au Père Éternel.
Pierre, le chef,
parla à Dieu du criminel,
Demanda justice
et déplora l’insolence
De ce vilain qui
leur fit aux trois violence.
« Je vais
lui parler moi-même », dit alors Dieu.
Il apparut au
même instant, grand et radieux,
Au manant à qui
il demanda sans colère
Pourquoi il osa
aux trois apôtres déplaire
Et devant la
porte du Paradis se tient.
Le vilain, en
voyant que le Seigneur lui vient,
Se met à genoux
et lui dit : « Comme tous les hères,
Vous m’avez fait
naître, Sire, dans la misère,
Je ne m’en
plains pas ; mais je vous suis demeuré
Toujours fidèle,
j’ai prié et j’ai pleuré,
J’ai cru à l’Évangile,
et malgré ma peine,
Ma maison de
pauvres a toujours été pleine,
Que j’ai nourris
avec mon pain durement gagné.
Puisque venir à
moi vous avez bien daigné,
A votre jugement
je me soumets, mon Maître,
Et j’espère que
vous allez me permettre
De séjourner
ici, ô, clément Créateur !
C’est une chose
que disait notre pasteur :
Celui qui naît
et qui meurt bon, il mérite
Le Paradis, et
que cela ne vous irrite :
En m’appelant
vous m’y faites déjà entrer ;
M’y voilà, j’y
reste et je vais m’opiniâtrer,
Car vous avez
dit : il est entré qu’on l’y laisse.
Sire Dieu, vous
êtes grand et sans faiblesses,
Et à votre
parole vous ne pouvez manquer. »
« En effet,
dit Dieu, tu l’as bien fait remarquer.
Va au Paradis,
il sera ta récompense,
Et tu l’as gagné
en plaidant ce que tu penses. »
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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