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mercredi 8 février 2017

La tête d'Holopherne

la tête d'Holopherne

Pierre Paul Rubens, Judith avec la tête d'Holopherne (1616)

Judith, belle comme une fée,
Brandit son horrible trophée,
La tête au regard douloureux
D’Holopherne ivre et amoureux,
Vaincu par sa sombre beauté,
En rêvant avec cruauté.

Sa vieille et sinistre servante
Sans que cela ne l’épouvante
Touche la barbe du guerrier
Dont l’amour est le meurtrier
Et dont le bourreau est l’ivresse,
Mort en rêvant d’une caresse !
Cœur sans remords et sans douleur,
Sa maîtresse, comme une fleur
Par un amant fervent cueillie,
Tient l’auguste tête haïe
Du général au sombre sort
Qu’envoie Nabuchodonosor
Pour châtier l’ouest rebelle ; 
Aussi dangereuse que belle,
Un sourire étrange et odieux
Eclaire son front radieux.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 13 décembre 2016

Le supplice de Prométhée

le supplice de prométhée

Pierre-Paul Rubens, Prométhée enchaîné (1612)

Prométhée, dont le Caucase est le fer,
Gémit impuissamment dans son enfer,
Captif sublime et éternelle proie
Du vaste aigle qui lui ronge le foie !

Pour avoir volé le feu olympien
Qui reluisait mais qui n’éclairait rien,
Et sauvé toute l’humanité sombre,
Il gémit maintenant dans les ombres
Torturé, oublié, brisé, mangé,
Immortel et son supplice inchangé
Depuis des siècles de douleur immense !
Penché sur son sein, l’aigle sans clémence,
Aux yeux une féroce lueur,
Lui fouille les entrailles, railleur,
Et semble y chercher quelque chose ;
Alors qu’il ne peut bouger, il pose
Ses griffes sanglantes sur le regard
Du supplicié fatigué et hagard
Enveloppé d’un vague crépuscule,
Et qui depuis mille ans attend Hercule. 


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

dimanche 27 novembre 2016

La Charité romaine

la charité romaine

Pierre Paul Rubens, Cimon et Péro (1612)

Condamné à mourir de faim et dans les fers,
Cimon gémit dans sa prison éternelle
Pour son crime châtié par des lois criminelles
Et implorant la Mort et les dieux de l’enfer !

Las d’attendre l’heure bienheureuse et fatale
Où il sera enfin mort, maudissant sa chair,
Affamé, assoiffé, il voudrait manger l’air
Et boire un peu d’ombre, blême comme Tantale !

Péro entre soudain, et le voyant gémit,
De laisser son pauvre père périr frémit,
Et songe à son devoir et à sa misère,

Puis lui donne son sein nu en lui disant : « Bois !
Père, ne rougissez point, car nul ne nous voit,
Pour vous sauver il faut que je sois votre mère. »

  
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène