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la chaîne la plus sainte
À ma femme et mon fils.
S’il est une
chaîne sainte, c’est la famille.
Être entouré de
ses fils et de ses filles,
Petits soleils
qu’on voit briller dans la maison,
Chaque matin,
chaque soir, aux quatre saisons,
Y trouver, comme
des pièces d’or, des sourires
Qu’on ne se
lasse pas de revoir reluire,
Aimer le
désordre qu’on voit autour de soi,
Se sentir plus
comblé de bonheur que les rois
Quand vient à
nous un doux être minuscule,
Ne pas souffrir
du vide et du crépuscule
Dans un
appartement désert et exigu,
D’une voix
innocente ouïr le son aigu
Chanter,
pareille à la plus aimable tempête,
Dans notre âme
aussi bien que dans notre tête,
Être dans sa
demeure, être dans son pays,
Être toujours
aimé, ne pas être obéi,
Rire à pleins
poumons quand on fait une bêtise,
Ne pas voir dans
son toit une nuée grise,
Ne jamais
maudire la nuit, car il fait jour
Dans une maison
où il y a tout notre amour,
Courir derrière
un fils, non après les honneurs,
C’est là toute
la joie, c’est là tout le bonheur.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2208.
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samedi 1 février 2020
La chaîne la plus sainte
jeudi 5 décembre 2019
Sainte excitation
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sainte excitation
Comme une
feuille d’un arbre
Sa robe aux
augustes couleurs
De son corps
blanc comme le marbre
Tombe sur les
radieuses fleurs
Et sur mon désir
immense
Dont elle
devient le linceul,
Nous nous
sentons sans défense
Et nous nous
sentons soudain seuls,
Pareils à Adam
et Ève
Jetés dans la
Création,
Nous sommes
jetés dans le rêve
De notre divine
passion,
Nous nous noyons
avec ivresse
Dans les ondes
de notre sang
Et de toutes nos
caresses
Sortira une
odeur d’encens
Qui nous donne
le vertige.
Comme une douce
punition
Notre amour, qui
nous afflige,
Exalte notre
aliénation,
Car il est notre
seul asile,
Et notre cerveau
qui pâlit
Ainsi qu’un
vieillard tranquille
Mourra un jour
dans notre lit.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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Publié par
Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 24 octobre 2016
Le poète à l’hôpital des fous
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le poète à l'hôpital des fous
Eugène Delacroix, Le Tasse à l’Hôpital Sainte-Anne de Ferrare (1839)
Le poète, oublié dans sa prison sombre,
Et raillé par les fous comme par le destin,
Gémit, appesanti par les fers de l’ombre
Qui dévore son cœur comme un vivant festin ;
A ses pieds, déchirés comme par des serres,
Ses manuscrits jetés, toujours recommencés,
Pareils aux cadavres dans lesquels le ver erre,
Sont les épais linceuls du génie offensé !
Et il songe, vaincu, triste et ridicule,
A ses jours de gloire, éphémères mais beaux,
Dans cette chambre emplie d’un vague crépuscule
Qui l’éclaire comme un invisible flambeau,
L’esprit comme le corps couvert de mille haillons,
Cherchant on ne sait où d’impossibles rayons.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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samedi 6 août 2016
Conte: L'église de saint Jean
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CONTE: L'église de saint jean
La piève de
Santa-Lucia-di-Tallano
Que les monts
entouraient comme de grands anneaux
Avait des
églises dans tous ses villages
Hormis Poggio,
objet de tous les persiflages.
Les habitants,
froissés, se dirent un jour : « Il faut
Que nous
érigions notre église sans défaut. »
Ils se réunirent
sur la place publique,
Pansus et bien
maigres, riches et faméliques,
Et déclarèrent
tous, avant que de partir,
Que dans un
champ désert il la fallait bâtir.
Ils ne tardèrent
point, dans leur enthousiasme,
A se mettre au
travail, guidés par leur fantasme ;
Hommes, femmes
et enfants, appelés par leur foi,
Travaillèrent si
bien, tant de jours, tant de fois,
Qu’ils
apportèrent tout, matériaux et pierres,
Au lieu convenu
à force de prières.
Les truelles, les
pics et les pioches en main,
Les maçons de
Poggio vinrent le lendemain,
Mais ils ne
trouvèrent point, à leur surprise,
La pierre, comme
si le diable l’avait prise.
Tout le village
s’en émut. Qui est l’auteur
De l’ignoble
larcin ? Et – par le Créateur ! –
Comment a-t-il
porté une pierre si lourde ?
Qui croirait des
autres villages à cette bourde ?
On chercha donc
un autre endroit, et on trouva
Une belle vallée
où seul l’oiseau va.
« Des
plaisantins nous ont joué une farce »,
Dirent les
villageois, et leurs ardeurs éparses
Réunies, les
voilà charriant les matériaux
Et poussant
ensemble de grands cris victoriaux.
Cela dura
longtemps malgré leur prestesse
Car les routes
étaient mauvaises hôtesses.
Le lendemain
matin, ô surprise et effroi !
La pierre avait
changé subitement d’endroit,
Et les
Poggiolinchi étaient en colère.
« C’est une
farce que nul chrétien ne tolère !
C’est le diable
qui veut décourager nos cœurs,
Bâtissons notre
église et nous serons vainqueurs. »
Et tous les
travailleurs, malgré leur grande rage,
Se remirent
bientôt tous ensemble à l’ouvrage.
A minuit, des
malins dirent : « Ne partons pas.
Et reposons ici,
cette nuit, nos bras las.
Nous saurons qui
nous a joué ce tour infâme. »
Et ils restèrent
tous, hommes, enfants et femmes.
On chargea les armes
et on se cacha sans bruit
Pour que de ce
mystère on fût enfin instruits.
Une heure
passée, on vit venir un âne
Et un homme.
« Par saint Pancrace et saint Antoine !
S’écria un
paysan, je veux bien faire feu ! »
«Mais non,
conseilla un autre, attendons un peu
Et nous saurons
comment les farceurs s’y prennent
Pour transporter
tous ces fardeaux l’âme sereine. »
L’homme
chargeait l’âne de tous les pesants faix
Qui auraient
écrasé cent grands chevaux bien faits
Et qui
semblaient pour lui légers comme la soie.
La colère de
tous se transforma en joie ;
On cria au
miracle à la vue de l’exploit.
« Qui
êtes-vous, saint homme ? Au nom de quelle loi
Prenez-vous
chaque soir toute notre pierre ? »
« Je suis
saint Jean. J’ai ouï toutes vos prières,
Comme vous
bâtissez l’église à mon honneur,
Je suis venu
ici, bonne gens, en préveneur :
Cette terre est
maudite et j’en suis chagriné,
Mais un enfant y
a été assassiné
Ainsi que sa
mère, par un misérable. »
Quand il eut dit
ces mots, le passant vénérable
Disparut avec l’âne,
et suivant son dessein,
On bâtit l’église
là où voulut le saint.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mardi 24 décembre 2013
Vie de sainte Odile (Neuvième partie)
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Vie de sainte Odile (neuvième partie)
Deuxième partie Troisième partie Quatrième partie Cinquième partie Sixième partie Septième partie Huitième partie
IX
Au pied de son
couvent fondant un hôpital
Pour guérir les
malades aux gémissements fatals,
Tous les jours
Odile, en robe de laine blanche,
Pareille à
l’hirondelle qui quitte sa branche,
Descendait du
couvent, allant au bas moustier,
Et, de la charité
faisant son doux métier,
Elle soignait elle-même
et consolait ses malades,
Et quand l’un d’eux
souffrait, éplorée et maussade,
Elle passait la
nuit à prier Dieu pour lui.
Adorant cet ange
du ciel, le peuple ébloui
Racontait maints
miracles de la sainte Dame ;
Une fois, dit-on,
elle rencontra un moine blême
Et qui mourait de
soif. De son bâton touchant
Le roc, le
caressant et sur lui se penchant,
Il en jaillit une
eau bienfaisante et claire
Qui guérit les
lépreux et les atrabilaires.
En ce temps,
Atalric, blessé, vint à mourir.
Odile le pleura et
elle le vit souffrir
A cause de ses
crimes, dans le purgatoire,
Rongé par les
flammes, suivi par les âmes noires
De tous ceux qu’il
avait tués. Odile en pleurs
Ressentit pour son
père une immense douleur,
Et malgré ses
péchés, à gémir condamnée,
Elle pria pour lui
des nuits et des années.
Elle disait : « Seigneur,
vous dont la compassion
Est infinie, de la
ténébreuse perdition
Sauvez mon père,
certes coupable, qui irrite
Le ciel, mais qui
s’était repenti et mérite
Votre pardon, ô,
dieu éternel et clément !
Ô, voyez mes
pleurs et oyez mes gémissements,
Et souffrez que
votre serviteuse fidèle
Pleure à vos
pieds, et que ses soupirs s’envolent
Jusqu’à vous, se
mêlant au parfum des encens,
Pour attendrir
votre cœur, Seigneur tout-puissant ! »
Une nuit qu’Odile
priait de la sorte,
Elle vit une vive
lueur, et une voix forte
Lui dit : « Tes
prières de ses fautes l’ont lavé ;
Ne pleure plus ton
père chéri, il est sauvé. »
« Ne me
réveillez pas ! J'étais si heureuse ! »
Dit Odile aux sœurs
qui la trouvèrent en extase,
A genoux et
presque sans vie. Pleurant doucement,
Elle sourit et
ferma ses deux yeux charmants
Et en bénissant
Dieu, elle rendit l’âme.
Dans le firmament
on vit reluire une flamme
Et un parfum plus
doux que le parfum des lis
Se répandit dans
le mont altier qui pâlit
En voyant mourir
sa céleste maîtresse.
Jusqu’à aujourd’hui,
ce parfum béni caresse
Les voyageurs,
quand ils passent dans ces saints lieux,
Et l’on dit que c’est
l’âme d’Odile revenant des cieux.
[FIN]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 23 décembre 2013
Vie de sainte Odile (Huitième partie)
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Vie de sainte Odile (huitième partie)
Deuxième partie Troisième partie Quatrième partie Cinquième partie Sixième partie Septième partie
VIII
Tout à coup le
rocher s’ouvrit. Ces têtes fières
Virent rayonner
une céleste lumière,
Comme s’il allait
soudain faire jour. Émerveillés,
Ils virent, telle
un enfant par l’aurore réveillé,
Innocente et pure,
la vierge sublime
Apparaître et
reluire, doucement magnanime.
Atalric s’écria : « Seigneur,
pardonnez-nous
Nos péchés ! »
Et toute la troupe se mit à genoux
Devant Odile,
rêveuse et surnaturelle.
Ces farouches
guerriers, devant cette jeune fille frêle
Tremblaient et
demeuraient muets d’admiration.
Le duc Atalric, le
cœur plein de vénération,
Devint le
serviteur de sa fille chaste
Qui se donna à son
Rédempteur céleste,
Lui céda, retiré
au château d’Aubernai,
Son autre castel
que la montagne enchaînait.
Le sombre sommet
de cette montagne altière
Qui fut le foyer d’âmes
terribles et fières,
Les Gaulois belliqueux,
l’empereur Maximien
Et un duc
criminel, était l’asile chrétien
De la foi et de sa
sœur, l’abstinence.
De ce castel Odile
fit la résidence
Du Christ. Elle y
fonda un couvent et devint
Son abbesse,
gardienne du mystère divin
Qui habite ces lieux
qui jamais ne changent.
Couchant sur une
peau d’ours, elle mangeait du pain d’orge
Et dormait sur une
pierre. Sa modeste piété,
Ses humbles repas
et ses jeûnes répétés
La rendirent
sensible à la souffrance humaine.
Elle songeait à
tous ces cœurs minés par la haine,
Aux âmes
tourmentées des malheureux pécheurs
Qui avaient perdu
leur originelle blancheur,
Aux misérables qui
tremblent dans leurs bouges,
Aux pauvresses qui
ont les joues pâles et les pieds rouges
En errant dans les
rues et cherchant l’aumône !
Odile était
pareille au soleil qui rayonne
Pour ces sombres
damnés ; quand elle apparaissait,
La douleur s’envolait
et le soupir cessait,
Et il leur
suffisait de voir son sourire
Pour consoler
leurs maux généreusement reluire.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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