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le vieux lion Sous un figuier cassé, le lion se repose Et dans ses yeux reluit une flamme rose : Ce qui reste de sa force et de sa santé ! Jamais, pourtant, la mort n’avait épouvanté Ce grand dormeur de la jungle, dont la crinière S’effiloche et s’éteint comme une lumière ; Jamais il n’avait craint, toujours il était craint, Les mouches aujourd’hui, autour de son grand rein Et de son grand mufle, incessamment bourdonnent ; Avec leurs yeux rouges qui presque rayonnent, Les hyènes, les vautours, marabouts et chacals, Attendent sans férir que le moment fatal Vienne, et qu’ils profitent de leur proie royale Qui était terrifiante et jadis était mâle ! Et la vie continue, pourtant, et va toujours, Les fleurs s’épanouissent et les arbres sont lourds, Les singes voyagent, légers dans les lianes, Tout vit, alors qu’hélas, tout le condamne ! Ses grandes pattes tremblent, et le doux vent en deuil Berce ce symbole décadent de l’orgueil ; Il ne peut plus rugir et n’a plus de force, Son lionceau, qui était derrière une écorce, Vient jouer avec lui, et ses yeux de père S’allument tour à coup, emplis de lumière. Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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jeudi 4 décembre 2025
Le vieux lion
mardi 15 août 2023
Jor, Lion des étoiles
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jor, lion des étoiles Jor errait dans l’immensité, Loin de nos mortelles cités, Lion allant d’étoile en étoile Et déchirant le grand voile Avec ses griffes et ses dents. Comme un feu il était ardent Et brillait dans les abîmes Du grand espace sublime ; C’était un marin jamais mort Cherchant d’invisibles ports Et qui hantait les planètes, À la fois savant et poète, A la fois poète et savant ! Quand il rugissait en rêvant, Il faisait trembler l’espace, Pareil à un trou noir qui passe Et se nourrit de la santé De toute la réalité, Et jamais ce lion rapide Ne se reposait dans le vide. Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène |
lundi 12 février 2018
Conte: Histoire d'un lion qui voulait se venger de l'homme (Partie V)
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CONTE: HISTOIRE D'UN LION QUI VOULAIT SE VENGER DE L'HOMME (PARTIE V)
V. La quatrième rencontre, après laquelle le lion
rencontra l’homme
Le lion voit devant lui une masse énorme
Qui marche pesamment, colossale et difforme.
Il se retient pour ne pousser un grand
cri.
Les pieds de ce géant comme lui sont
tout gris,
C’étaient des colonnes montant jusqu’aux
étoiles !
Ses vastes oreilles ressemblaient à deux
voiles,
Son nez à un arbre de branches
dépouillé.
« Voilà donc l’homme ! dit le lion
émerveillé,
Maintenant il faut combattre et il faut
être brave. »
Il s’avance : « Homme dont
tout est l’esclave !
S’écrie-t-il, meurtrier vil de mes deux
parents !
Je vais te combattre et te maudire en
mourant !
Luttons jusqu’à la mort. » « Brave
lion, tu te trompes.
Je ne suis point l’homme, non !
avec ma trompe
Et mes grosses pattes, j’amuse ses
enfants,
Alors qu’à ses côtés autrefois
triomphant,
Je partais avec lui aux champs de
bataille. »
« Toi aussi, tu le sers ! Ah,
le destin me raille !
Je sais qu’il est puissant, que je suis
en danger,
Mais j’ai promis à ma mère de la venger
Et ne serai jamais un lâche parjure. »
« Tu es la plus noble, lion, des
créatures,
Digne d’être le roi de tous les animaux.
Il te craint plus que moi et plus que le
chameau,
Va donc le combattre et que Dieu te
bénisse,
Je vais prier, ce soir, pour que tu
réussisses. »
Le lion poursuit sa route, à son grand
combat prêt,
Quand il voit tout à coup, sortant d’une
forêt,
Un pauvre être chétif, pâle comme un
malade,
Et qu’il prend en pitié, le croyant bien
maussade.
Il lui demande avec douceur, sans l’effrayer :
« Sais-tu où est l’homme ? car
je vais essayer
De le tuer, afin de venger mère et père. »
« Oui, je le sais, répond le frêle
être, et j’espère
Que tu le combattras et tu seras
vainqueur,
Oui, je l’espère, grand lion, et de tout
mon cœur !
Car je souffre comme toi de ses
injustices
Et il m’a fait faire tant de sacrifices !
Mais avant, aide-moi, ô grand lion, s’il
te plaît,
A fendre ce tronc d’arbre, et je suis
ton valet. »
Le lion introduit ses pattes dans la
fente
Formée par un coin très enfoncé. Sans
attente,
Un coup de hache le fait sauter, et le
lion
Est piégé comme un ver dans un vaste
sillon.
« Je suis l’homme ! s’écrie
alors le petit être,
Avec Dieu du monde tremblant je suis le
maître !
Tu voulais me tuer ? Tu es entre
mes mains,
Imbécile qui vient pour braver les
humains ! »
Et méchamment, avec un rire de tempête,
L’homme avec sa hache lui fend bientôt
la tête.
[FIN DU CONTE: HISTOIRE D'UN LION QUI VOULAIT DE VENGER DE L'HOMME]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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samedi 10 février 2018
Conte: Histoire d'un lion qui voulait se venger de l'homme (Partie IV)
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CONTE: HISTOIRE D'UN LION QUI VOULAIT SE VENGER DE L'HOMME (PARTIE iv)
IV. La troisième rencontre
Épouvanté, le lion continue cependant
Sa marche éternelle, flairant et
attendant,
Et s’arrête soudain, comme en voyant le
diable,
Devant un colosse sombre et formidable
Portant deux grandes tours sur son
immense dos.
« Qu’est-ce que ce géant qui porte
des fardeaux ?
Se demande le lion, ma fin est imminente !
Mais si elle me tue, la bête
surprenante,
J’aurais tenté, au moins, de venger mes
parents. »
D’une voix tremblante à ce monstre
effarant
Le lion demande : « Es-tu l’homme ?
C’est toi, sans doute ! »
« L’homme ? s’écrie la bête,
évite sa route,
Ne marche pas dans le même sentier que
lui
Et si tu le trouves ne te bats pas et
fuis !
Je suis son serviteur. Ce monstre m’humilie,
Je m’incline devant lui quand il vient,
et plie
Mes genoux pour porter sa femme et ses
enfants
Et même la maison de ce dieu triomphant !
Je parcours le désert quand il me l’ordonne
Et, fidèle, jamais je ne l’abandonne,
Je brave la tempête et les grands
ouragans
Pour l’homme volage, ce seigneur arrogant
Qui maintes fois oublie de me donner à
boire. »
L’âme de notre lion s’emplit d’une peur
noire ;
« L’homme est bien terrifiant et
fort, en vérité !
Se dit-il, de me voir il sera irrité,
Mais je ne serai point un jour son
esclave,
Allons, s’il faut mourir, alors mourons
en brave ! »
Et le lion continue devant lui à marcher
Et en craignant l’homme veut toujours le
chercher.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 9 février 2018
Conte: Histoire d'un lion qui voulait se venger de l'homme (Partie III)
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CONTE: HISTOIRE D'UN LION QUI VOULAIT SE VENGER DE L'HOMME (PARTIE IiI)
III. La deuxième rencontre que le lion fit dans la
forêt
La majestueuse et puissante bête
Répond, sans avoir peur, au lion qui l’arrête :
« Non, lion, je ne suis pas l’homme,
mais je le sers. »
« Comment ! s’écrie le lion,
il t’accable de fers !
Est-il aussi puissant que toi et aussi
brave ? »
« L’homme est mon maître et moi je
suis son esclave,
Pour que je sois soumis et aussi moins
ardent,
Avec un morceau de fer il brise mes
dents ;
Pour que je ne sois pas à son confort
rebelle,
Il ploie mon dos avec une lourde selle ;
Dans mes pieds fatigués il enfonce des
clous
Pour que je sois aussi rapide que les
loups.
Hélas, je ne suis point l’homme que tu
cherches ! »
« Où puis-je le trouver ? »
« Devant toi toujours marche
Et tu le trouveras, où il va te trouver !
Sauve-moi, alors, ou essaie de te
sauver. »
Le lion rugit. Toute la nuit il voyage
Et rêve de combats et de grands ravages.
A l’aube, il aperçoit un être menaçant,
Brandissant deux cornes sur sa tête,
passant
Tranquillement devant lui, sûr de sa
force,
Sans trembler, pareil à la robuste
écorce
Qui ne tressaille point de l’orage rampeur.
Pour la première fois de sa vie il a
peur,
Songe d’abord à fuir, puis reprend
courage,
A la grande bête qui lui fait ombrage
Demandant : « Serais-tu l’homme ? »
« Ah ! Malheureux !
S’écrie la bête, quel nom sinistre et
affreux
Viens-tu de prononcer ! Non, je ne
suis pas l’homme,
Mais c’est ainsi que dans ce monde
horrible on nomme
Celui qui est mon pire ennemi, et dont
je suis
La propriété, que dans ses champs je
suis
Pour les labourer, qui n’hésite pas à
prendre
Le lait de mes enfants sans songer à les
rendre,
Car ils deviennent aussi en grandissant
son bien.
L’homme ! il est inhumain et croit
que tout est sien !
En plus de ses fardeaux, en plus de ses
sillons,
Ce barbare me pique avec un aiguillon,
Et quand je vieillis, il me tue et me
mange
Et de mes cornes fait des jouets
étranges
En se couvrant les pieds de ma bien
chaude peau.
Tu cherches l’homme, ô lion ? C’est
le sombre suppôt
Du diable ! Que dis-je ? c’est
le diable lui-même !
Fuis-le, insensé ! » Et le
lion devient blême.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mercredi 7 février 2018
Conte: Histoire d'un lion qui voulait se venger de l'homme (Partie II)
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CONTE: HISTOIRE D'UN LION QUI VOULAIT SE VENGER DE L'HOMME (PARTIE Ii)
II. La rencontre que fit le lion en cherchant l’homme
Un an passa. Toujours abhorrant notre
engeance,
Les spectres de sa mère et de sa
vengeance
Hantaient notre lionceau devenu un grand
lion,
Contre tous les hommes vivants en
rébellion.
Il ressemblait maintenant à son défunt
père,
Et le désert était son royaume prospère,
Car aucun animal n’osait le quereller.
Le brave tigre était son serviteur zélé,
Le loup était son humble esclave, et les
bêtes
Craignaient son rugissement fort comme
la tempête.
« Elle est venue enfin, l’heure du
châtiment ! »
Se dit le terrible lion, de son pâtiment
Se souvenant toujours, et de la mort
sombre
De son père et de sa mère, ces deux
ombres.
Le voilà qui part, avec courroux
cherchant
L’homme, ce criminel, et vaillamment
marchant
Pendant trente jours et trente nuits, de
l’aurore
Au soir, puis se mettant à voyager encore.
Il passe des fleuves, escalade des
monts,
Traverse des jungles, pour trouver ce
démon
Qui tua ses parents, par plateaux et
plaines
Va, et la Nature de son courroux est
pleine ;
En vain ! Rien ne lui dit où est le
meurtrier.
Un soir, pourtant, il voit un animal
altier
Dont il ne sait le nom, les naseaux
blancs d’écume
Et pareils à une forge chaude qui fume,
De grande taille, l’œil sombre mais
fulgurant,
Et dans l’immensité sans lassitude
errant.
Le lion bondit devant lui, prêts aux
grands ravages,
Et lui demande en lui barrant le passage
Et en rugissant d’un air sinistre et
méchant :
« Es-tu l’homme ? réponds, ou tu
meurs sur-le-champ. »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mardi 6 février 2018
Conte: Histoire d'un lion qui voulait se venger de l'homme (Partie I)
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CONTE: histoire d'un lion qui voulait se venger de l'homme (PARTIE i)
I. Le testament d’une lionne, sur le point d’expirer
Le brave lion,
terreur des bois et des déserts
A qui on compare
ceux qui brisent leurs fers,
Venait de
succomber à ses larges blessures,
Blessé par l’homme
traître et à la main sûre.
La lionne, sa
compagne, à qui on a ôté
La vie, expire
avec un râle à ses côtés
Et lutte avec de
vains hurlements farouches
Contre la mort
qui la poursuit comme une mouche,
En se tordant d’une
bien horrible façon.
Un lionceau,
près d’elle, qui est son seul garçon,
Ne sachant point
comment exercer son courage,
Pleure, court,
bondit, fou de douleur et de rage,
Puis retourne
lécher les plaies de sa maman
Dont le sang tout
rouge jaillit abondamment.
« Approche,
mon cher fils, dit faiblement la lionne,
La vie en cet
instant me quitte et m’abandonne,
Je te charge de
la mission de nous venger. »
« De qui,
pauvre mère ? » « De l’ignoble étranger
Qui s’appelle l’homme,
qui envahit et souille
Nos paisibles
forêts, ainsi que la rouille
Souille le fer
luisant. » « Par le sable mouvant,
Par les grands
chênes, dit le petit en rêvant,
Par le calme
ruisseau et par le ciel auguste,
Ma vengeance
sera terrible et sera juste. »
« Prends
garde, mon cher fils ! car l’homme est fort rusé
Comme il est
fort méchant. Ne sois pas abusé
Par son
apparente mais fausse faiblesse. »
« Je
grandirai, maman, et si le Ciel me laisse
Vivant, je
parcourrai le monde des humains.
Malheur à ceux
que je verrai sur mon chemin !
Je les briserai
tous et briserai leurs patries
Ainsi que le
potier brise une poterie. »
Contente de voir
son lionceau déjà vaillant,
La lionne expire
sous les coups de l’assaillant.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 9 août 2015
Conte: Harpalionu
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CONTE: harpalionu
Un âne que les
faix de l’homme importunent
Se mit en tête
un jour d’aller faire fortune.
Le voilà donc
qui rompt son licol et court, court,
Des oiseaux du
printemps entendant le discours,
Dans la vaste
prairie d’elle-même amoureuse.
Il y avait
maints chardons, l’herbe était savoureuse,
Le soleil dans
le ciel était doux et radieux,
Et notre
compagnon brayait tant, si joyeux,
Qu’un lion
curieux vint voir d’où venait ce vacarme.
Il trouva notre
âne, comme objet d’un charme,
Qui dansait et
sautait, par la joie bâtonné,
Et il lui
demanda, de le voir étonné,
Car il n’avait
jamais vu bête pareille :
« Comment t’appelle-t-on ? »
Il leva ses oreilles
Et il lui
répondit : « Je suis Harpalionu. »
« Harpalionu ? »
« Oui. » « Ton nom m’est inconnu,
Tes oreilles
sont si grandes et ta peau si épaisse !
Je n’ai jamais
vu des bêtes de ton espèce ;
Quelle est ta
force ? Et es-tu au-dessus des lions ? »
« Oui, je
suis plus fort qu’eux. Quel fauve en rébellion
Oserait me
braver, sire, sans épouvante ? »
« Mon ami,
dit le lion, je crois que tu te vantes,
Et j’en serai,
si c’est le cas, bien irrité.
Mais si ce que
tu me dis est la vérité,
Pour que cette
pâle forêt de nous tremble,
Il faut faire un
traité et pactiser ensemble
Pour nous liguer
contre les autres animaux. »
« Je veux
bien. » dit l’âne. Et marchant sous les rameaux,
Les voilà partis
tous deux, âmes aventurières.
Il fallut
traverser une grande rivière :
D’un son, le
lion atteint la rive. Et le baudet
Nageait si mal,
et si maladroitement rôdait,
Qu’il faillit se
noyer. Mais voilà qu’il arrive,
Après avoir fait
mille efforts, à la rive.
Étonné de le
voir à ce point maladroit :
« Tu ne
sais pas nager ? dit le lion, cet endroit
Est pourtant
paisible, et il n’y a point d’ondes. »
« J’ai nagé
dans des eaux deux fois plus profondes,
Lui dit l’âne,
voulant passer pour un héros,
Mais ma queue a
pris un poisson si gros, si gros
Qu’il me faisait
foncer. Je l’ai chassé, ensuite,
Pour ne point
tarder l’ai laissé prendre la fuite. »
De cette réponse
le lion se contenta
Et vers la route
avec son ami s’orienta.
Ils virent
bientôt tous deux une muraille :
Le lion brave et
qui n’a point peur aux entrailles
Le franchit d’un
seul bond. Le baudet malheureux
En souffrit,
lui, comme d’un long supplice affreux,
Il leva deux
pattes comme un vieux sa canne,
Et par un
prodigieux effort, le pauvre âne
Réussit à monter
sur le mur, sans pouvoir
Aller ou
reculer. Étonné de le voir
Aussi gauche qu’avant :
« Que fais-tu encore ?
Et pourquoi
gémis-tu comme une pécore ? »
Lui demanda le
lion, de nouveau stupéfait.
« N’avez-vous
pas vu, lui dit-il, ce que j’ai fait ?
Je me pesais
pour voir quelle de mes parties
Est plus lourde
que l’autre. » « Eh bien ! ta répartie
Ne me convainc
pas, et je crois que tu me mens.
Tu es faible et
je te punirai durement. »
« Faible ?
le croyez-vous ? Parions à qui jette
Cette muraille
par terre et la rendra miettes. »
Le lion donna
des coups de pattes dans le mur,
Mais il se
blessa, et ses efforts futiles
Etaient, malgré
toute sa force, inutiles.
Il s’arrêta. L’âne
le vit soudain pâlir
Et il lui dit : « Ce
mur, je peux le démolir. »
Et il se rua
avec une telle violence
Qu’en peu d’instant
il le fit sans indolence.
« Ne
suis-je pas plus fort que vous ? » dit-il, content.
« De
démolir ce mur j’ai essayé longtemps
Et je n’ai pas
pu, moi que les bêtes vénèrent ! »
Et l’âne d’ajouter : « C’est
chose ordinaire,
De mes autres
talents vous seriez étonné. »
« Que
sais-tu faire aussi ? » « Sans être passionné,
Je peux, si je
le veux, manger des épines. »
« Des
épines ? Te voir le faire me mine !
Montre-moi donc
cela. Puissant ami, pardon ! »
Harpalionu
tondit devant des lui des chardons.
Quand il finit : « Tu
es bien extraordinaire !
S’écria le lion,
et de mes congénères
Je te nomme le
roi. » « Merci, lion, je veux bien,
Car à mes bons
amis je ne refuse rien. »
Les lions de la
contrée tous se réunirent,
Jurèrent allégeance
à leur roi et le bénirent.
Harpalionu régna
longtemps et justement
Sur ses nombreux
sujets qui vivaient fastement
Car il ne les
privait jamais de leur chasse.
Mais comme la
santé la jeunesse passe,
Harpalionu
devint fort malade et fort vieux,
Et on l’enterra,
à sa mort, aux mêmes lieux
Qui le virent
régner jadis, en grande pompe.
Les forêts,
comme d’un immense son de trompe,
Retentirent, bon
roi et de tous adoré,
Des hurlements
de ses sujets endolorés.
[FIN DU CONTE: HARPALIONU]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 8 juillet 2012
Hamza et le lion d’Alep
Hamza et le lion d’Alep
Le fier Hamza
passait sur son blanc palefroi,
Il était seul et
il n’avait point d’armes
Mais ses yeux
d’aigle jetaient des regards fermes
A tout ce qu’il
voyait, cet éternel guerrier
Avait sur la tête
d’invisibles lauriers
Et épiant quelque
chose dans la solitude,
Du combattant
avait la sombre attitude,
Attentif aux
dagues cachées soudain frappant,
Aux flèches
empoisonnées et aux noirs guets-apens.
Il arriva enfin à
l’antique ville,
Calme d’habitude,
elle était fébrile,
Houleuse et
alarmée, secouée affreusement
Par une grande
peur ou un grand évènement ;
Leurs petits
pendant à leurs seins, les mères hagardes
Couraient comme
des gazelles que les serpents mordent,
Les vieillards
chenus, les femmes et les enfants
Fuyaient quelque
chose d’horrible et triomphant,
Du peuple rapide
et empli de zèle
L’effroi ailé
faisait déployer les ailes,
Les aveuglait,
mettant son bandeau sur leurs yeux,
Car ils se
bousculaient sans rien voir devant eux
Et poussaient un
énorme cri plein d’épouvante.
Hamza étonné, en
arrêtant une manante
Lui
demanda : « Pourquoi courez-vous tous ainsi ?
Par la nuit le
ciel n’est pas encore obscurci
Et on ne voit
point de spectres à cette heure.
D’où vient que
vous fuyez ? D’où vient que tu pleures ?
L’ennemi vous
attaque-t-il ? Votre roi est-il mort ?
Réponds ! » « Je
quitterai cette ville sans remords
Répondit la
manante effrayée. Peu importe
Que de mon humble
bouge j’y laisse la porte
Ouverte aux
voleurs et qui n’oseront pas
Venir ici braver
le farouche trépas !
Un lion nous
assaille et il est gigantesque,
On eût dit un
dragon ou une tarasque
Que nous envoya
quelque dieu des païens !
Et je pense, par
Dieu ! que l’unique moyen
Pour que périsse
cette bête immonde et cruelle
Est que la foudre
du Seigneur tombe sur elle !
Elle a mangé deux
preux, qui étaient assez fous
Pour braver sans
trembler son funeste courroux,
Ça, guerrier, qui
que vous soyez, quittez cette ville »
Hamza descendit de
son cheval, et tranquille,
Sans répondre à la
femme tremblante, informé,
Il s’avança vers
la ville, seul et désarmé.
Il vit, sans
tressaillir, la formidable bête :
De sa crinière
énorme l’épouvantable crête
Comme un champ de
bataille était souillée de sang
Et elle poussait
des rugissements puissants.
Ni le lion de
Némée, ni les lions de Rome
Qui dévorent dans
les cirques chaque jour un homme
N’étaient plus
effrayants que ce lion forcené.
Une heure passa,
ô, combat noir, acharné,
Des ongles
empourprés et des griffes vermeilles !
Hamza, en traînant
la bête par l’oreille,
Sortit de la
ville, fatigué et vainqueur,
Et dit aux manants
qui tremblaient encor de peur :
« La terreur
n’assiège que les âmes impures,
L’homme qui craint
Dieu ne craint point ces créatures »
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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