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Les deux jardins Propose-leur en parabole ces deux hommes : à l’un d’eux nous donnâmes deux jardins plantés de vignes ; nous entourâmes ces jardins de palmiers, et entre les deux nous plaçâmes des champs ensemencés. Les deux jardins portèrent des fruits et ne furent point stériles. (Coran, 18, 32) Il y avait deux frères : le premier était pieux Et le second était un ennemi de Dieu. Le premier dépensa tout son héritage À nourrir les pauvres, content de son partage, Et disait : « Mes femmes et tous mes serviteurs Sont dans le paradis. Et à mon créateur J’achète une maison qui est grande et belle. » Il devint pauvre. Son frère, riche et rebelle, Acheta une terre et acheta du bétail. Sans penser aux manants, il pensait au travail ; Son bétail grossissait, et sa terre fertile Était toujours emplie de récoltes utiles. On voyait l’épi croître et la vache beugler, Dieu le rendait plus riche et voulait l’aveugler. Ce frère impie avait deux jardins insignes Entourés de palmiers et plantés de vignes, Aux fruits toujours pesants et qui parfumaient l’air, Et Dieu fit couler entre eux un ruisseau clair. Son frère vint un jour, des haillons sur son âme Et sa faim grandissant ainsi qu’une flamme, Lui demandant de le prendre comme fermier. Le deuxième frère railla le premier : « Ton dieu ne te nourris donc pas ? Vois mes terres, Il me faut un cheval afin que j’y erre ! Je ne compte plus mon or, ni mes serviteurs. » « Tout périt, lui dit son frère, dans ce monde, Et ton esprit marche dans la nuit profonde. Dieu te ressuscitera au jour du Jugement, Ne sois pas aussi fier, et crains son châtiment ! » L’autre continua toutefois ses railleries : « Mais qu’a-t-il fait pour toi, ce dieu que tu pries ? Le Jugement dernier ? C’est toi qui l’as rêvé ? Même ressuscité, moi, je serai sauvé ! Si ton dieu me donne tout cela, c’est qu’il m’aime. » L’homme pieux s’écria : « Garde-toi des blasphèmes ! Dieu t’entend et te voit, de tout est l’auteur ! Pauvre impie ! Oses-tu renier ton bienfaiteur, Celui qui t’a créé de terre et t’a fait homme ? Dis plutôt, en entrant dans les lieux où nous sommes : Sa volonté soit faite, et il est le plus fort. Quant à moi, il sera mon dieu jusqu’à ma mort. Je n’ai point ton or, ni ta progéniture, Mais Dieu, qui connaît le destin des créatures, Me récompensera, s’il veut, dans l’au-delà. Tu es heureux et fier, il peut te rendre las, Foudroyer tes jardins et les réduire en cendres Ou pour les détruire sur eux faire descendre Quelque trait du ciel, ou cacher à tes yeux l’eau. » Le lendemain l’impie éclatait en sanglots Et se tordait les mains, regrettant ses dépenses, Car le Seigneur avait puni ses offenses : Il dévasta sa terre où tout était détruit, Et les arbres étaient dépouillés de leurs fruits. Il cria, victime de cette parabole : |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2210.
mardi 13 octobre 2020
Les deux jardins
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