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DEUX hommes, deux destins I Avec le Prophète, à la bataille d’Honeïn, Un homme combattait bravement les païens. Son sabre, qui tournait à droite et à gauche, Était comme une faux de moissonneur qui fauche Les épis mûrs, l’été. Aussi durs que l’acier, On cassa sur son dos et sur son bouclier Des sabres bien forgés et de grandes lances. Comme la tempête et la foudre, avec violence, Il s’abattait sur les hommes et les chevaux Qu’il emportait, et sur eux tombait de nouveau, Il donna et reçut des coups mémorables, Vingt fois, on le crut mort. La terre redoutable S’abreuvait lentement de son sang généreux. On dit : « C’est un brave, il sera des bienheureux ! Nous aurions essuyé, sans lui, une défaite ! » « Il sera en enfer », dit alors le Prophète. Tous étaient étonnés. Le guerrier, cependant, Avec le même feu attaquant, défendant, Du sabre et de la lance aimait les morsures, Jusqu’à ce qu’il devînt lui-même une blessure ; La douleur était trop forte, alors sur son fer Il se jeta soudain, et alla en enfer. II Il faisait aussi chaud que dans une fournaise Et la terre semblait devenue une braise, Même l’impie croyait à l’enfer, ce jour-là. Un voyageur passait et il était très las, La soif le torturait, terrible et cruelle, L’eau était un mirage et était irréelle, Il la voyait, il l’espérait, il l’attendait, Quand sa propre sueur sur ses joues descendait, Il avait si soif qu’il pensait à la boire, Et son esprit était plein de pensées noires, Il songeait à la mort, à l’enfer, à la nuit, Quand tout à coup il vit un puits ; un puits, un puits ! Alors il y sauta la tête la première Et il put étancher sa soif meurtrière. L’homme allait partir. Il aperçut, devant lui, Un chien famélique : la chaleur l’avait cuit, Et on voyait ses os et sa langue pendante. L’homme eut pitié de cette bête errante, Se dit : « De ce chien j’ai porté le fardeau », Et il lui donna, dans sa sandale, un peu d’eau. Le chien après l’avoir bue, dit une prière, |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
mercredi 14 octobre 2020
Deux hommes, deux destins
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