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vendredi 1 décembre 2023

Unigamph, le Révélateur

unigamph, le révélateur

Unigamph était aux mirages,
Dans les ténébreux virages
Et au milieu des bois obscurs,
À l'intérieur des anciens murs,
Dans les antiques demeures,
Dans les pendules sans heure
Qui indiquent toujours minuit
Et dans le brouillard qui poursuit
La création qu'il épouvante !
Révélation terrifiante,
Il était toujours aux aguets,
Même quand le jour était gai
Et que la nuit était douce,
C'était une herbe qui pousse
Sur tous les immortels chemins
Où marchent les faibles humains
Auxquels se spectre révèle
Leurs ténèbres avec zèle
Avec leurs sombres vérités,
Le cœur plein de sévérité. 


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 25 octobre 2023

Eichingu, Wagon du Temps

eichingu, wagon du temps

Eichingu, Wagon du Temps,
Allait, poussé par lui-même
Et ne jamais s'arrêtant
Aux nombreuses stations blêmes.

Parfois, il ralentissait
Aux stations de la mémoire,
Mais toujours il repassait
Dans les mêmes régions noires

Où le soleil n'allait pas.
Toujours dans les ténèbres,
Il allait auguste et las,
Avec ses airs funèbres,

En déchirant le linceul
De l'existence fragile,
Pareil à un homme seul
Et cependant agile

Qui dans le calme du soir
Marche dans son propre rêve,
Jusqu'à ce qu'il puisse voir
Le soleil qui se lève.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 28 septembre 2023

Sipos, Révélateur de la Fin

sipos, révélateur de la fin

Sipos se tenait toujours debout,
Comme la mort, à la fin de tout,
Dans le sentier étroit de la vie
Par les hasards donnée et ravie.
Toujours certain, toujours incertain,
Il lisait les arrêts du destin
Et dévoilait les noirs mystères
De toute l'existence austère
Et dont il rallumait le flambeau
Qui brillait au-dessus des tombeaux.
Il voyait toutes les créatures,
Qu'elles fussent pures ou impures,
Passer en rampant et en marchant,
En volant et parfois en cherchant
Une proie ou une obscure cible,
Et d'autres, se croyant invincibles,
Repoussant l'étreinte de la mort ;
Il voyait des joies et des remords
Qui devenaient des choses vivantes,
Ainsi que de vagues épouvantes.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 4 septembre 2023

Ester, le Révélateur

   ester, le révélateur 

À toute créature
Dans la vaste nature
Ester disait toujours,
Aussi clair que le jour,
Le secret de son âme.
Aux hommes, aux femmes,
Il contait sans tourments
Qui ils étaient vraiment ;
Comme un miroir vaste
Et qui n'est pas chaste
Il montrait le corps nu
Du sinistre Inconnu,
Dévoilait les mensonges,
Explicitait les songes,
Révélait les enfers,
Brisait les pesants fers,
Démystifiait les choses
Et ouvrait les roses
Des esprits des mortels,
Comme un soleil au ciel.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 20 août 2023

Dryaclolf, Corbeau du Destin

   dryaclolf, corbeau du destin

Dryaclolf, sur nos gloires
Et nos vaines illusions
Laissait ses plumes noires
Tomber avec dérision.

Gardien des sombres mystères
Et de maints secrets hagards,
Il contemple la terre
Et contemple les hasards ;

Ses croassements résonnent
Avec de terrifiants bruits,
Ses yeux rouges rayonnent
Dans la ténébreuse nuit ;

Avec ses cris il raille
Nos sinistres prétentions,
Tous les champs de bataille
Et les lauriers des nations,

Le ciel entier est sa branche,
On l'attend et on le craint,
Revenant aux régions blanches
Comme un étrange refrain.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 6 juillet 2023

Cartes postales (79)

   CARTES POSTALES (79)

L’araignée tisse savamment
Sa dangereuse toile
Compliquée comme un firmament
Où il y a des étoiles.

Cependant la toile reluit
Et trompe ses victimes,
Invisible quand il fait nuit,
Quand il fait jour sublime !

Pour tant d’insectes imprudents
C’est la fin de l’aventure,
Comme pour d’autres proies sans dents
Et d’autres créatures,

Pour tous ces animaux piégés
C’est la fin de la route.
Les morts ne sont plus affligés
Et il n’y a plus de doute.

La vie tisse inlassablement
Sa toile magnifique
Faite de joies et de tourments
Et de splendeurs antiques.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 27 mai 2023

Cartes postales (41)

  CARTES POSTALES (41)

L’existence est une porte
Dont l’homme cherche la clé
Que le destin emporte,
Pareil à un monstre ailé.

Par le trou de la serrure,
Fenêtre immense et sans fin,
L’éternité calme et mûre,
Fragile comme un parfum,

Apparaît et s’évapore
Dans les azurs toujours clairs
Où rayonne l’aurore,

Où scintille la lune,
Où le soleil emplit l’air
De ses rayons de fortune.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 25 juin 2022

Le destin

  Le destin

On ne peut intercéder auprès de lui sans sa volonté. Lorsque la crainte sera bannie de leurs cœurs, ils demanderont : Qu’a ordonné votre Dieu ? On leur répondra : La vérité. Il est le Dieu grand et très-haut. (Coran, 34-23)

Le Prophète a dit : « Quand Dieu décide au ciel
Pour ce qu’il a créé, soumis à l’Éternel,
Les anges fléchissent leurs ailes frémissantes
Avec le bruit que fait une chaîne puissante
En tombant sur une pierre polie. Songeurs
Et revenus de leur première terreur,
Les anges demandent : « Que nous a dit Dieu ? »
Et ceux qui sont les plus puissants dans les cieux
Répondent : « Le Seigneur a dit la vérité,
Car il est le Très-Haut et l’a toujours été
Et il est le plus grand au ciel et sur la terre. »
Les démons, les génies qui guettent les mystères
Après qu’ils ont ouï le commandement divin,
S’en vont pour le dire aux sorciers et aux devins ;
Ils sont l’un sur l’autre : un dard flamboyant brûle
L’un, et l’autre s’enfuit dans le crépuscule.
À son tour, le sorcier redit ce qu’il a ouï,
En mentant cent fois ; on le croit et il éblouit. 


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

mardi 28 décembre 2021

Les quatre Commandements

  Les quatre commandements

Dieu vous a créés et il vous nourrit ; il vous fera mourir et puis revivre. Y en a-t-il un seul parmi ceux que vous lui associez qui puisse en faire quoi que ce soit ? Par sa gloire ! Il est trop au-dessus de ce qu’on lui associe. (Coran, 30, 40)

Le Prophète a dit : « Le fœtus est rassemblé
Pendant quarante jours. De sang coagulé,
Il devient un morceau de chair, quand il change.
Le Seigneur lui envoie ensuite un ange
Chargé d’exécuter quatre commandements :
Il écrit ses actions dès le commencement,
Les biens qu’il gagnera, le temps qu’il va vivre,
S’il est des damnés ou des heureux dans le Livre ;
L’ange lui insuffle l’âme, et voilà qu’il vit.
Un homme peut faire l’œuvre du Paradis
Au point qu’une coudée seulement l’en sépare,
Jusqu’au moment où son destin l’en égare
Et qu’il aille en enfer. Un homme peut œuvrer
Comme œuvrent les damnés, de l’enfer séparé
Par une seule coudée, jusqu’à ce qu’il agisse
Comme les heureux, et son destin s’accomplisse. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 5 août 2021

Le destin du soleil

Le destin du soleil

Le soleil parcourt sa carrière jusqu’au lieu où il se repose, ainsi que l’a ordonné le Dieu puissant et savant. (Coran, 36, 38)

Le Prophète demande au pieux Abou Dharr,
Au coucher du soleil : « Sais-tu, à son départ,
Où va le soleil ? » Il répond : « Je l’ignore,
Dieu et son messager le savent. » « Il implore,
Reprend le Prophète, ce grand soleil radieux,
Prosterné au-dessous du Trône de Dieu,
De se lever à l’est comme il le fait sur terre.
Dieu n’exaucera pas, un jour, sa prière ;
On lui dira : “Soleil, retourne d’où tu viens”
Et il se lèvera à l’ouest. Alors rien
Ne pourra arrêter l’heure inéluctable
De la fin des temps, pour l’impie redoutable. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 10 avril 2020

Les babioles des journées

Les babioles des journées

Comme des babioles inutiles,
Nous collectionnons les journées futiles
Que nous jetons dans la nuit des tiroirs,
Ces gouffres où il fait froid, où il fait noir,
Et qui sont pareils à des mers immenses
Emportant nos souvenirs sans clémence
Jusqu’au rivage éternel du néant !
Ils se ressemblent comme des géants,
Ces jours aussi longs qu’ils sont éphémères !
À chaque jour son but et sa chimère,
Son soleil, son étoile et son destin ;
Ils nous dévorent comme des festins
Et avec délice mangent nos rêves ;
Chaque jour qui recommence et s’achève,
Pareil à l’autre, nous rend différents,
Comme les petits dans les contes errant,
Nous ramassons tout ce qu’il nous jette,
Les friandises et aussi les miettes
Qui sont nos joies et qui sont nos douleurs,
Et nous allons en cueillant maintes fleurs
À la maison de l’ogre qui dîne
et nous attend, le soir, dans sa cuisine.   


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 18 août 2019

Le destin des païens

le destin des païens

Jadis, quand chaque chose avait son dieu :
Le ciel infini, la mer immense,
La lune pâle et le soleil radieux,
La brise et la tempête sans clémence,

L’homme crédule sans souci errait
Dans l’incommensurable nature,
Entouré de tout ce qu’il adorait
Et de mystérieuses créatures,

Ainsi qu’une coupe de marbre blanc,
Le vaste encens parfumait les temples
Où la prêtresse au vêtement tremblant
Sourit aux étoiles et les contemple,

Tout était divin, même en n’étant rien,
Les déités étaient si nombreuses
Que les poètes les comptaient en vain,
Ténèbres d’une nuit ténébreuse.

Telle était la vie humaine. Soudain,
Le monothéisme, nuage sombre,
Vint voiler la nature avec dédain
Et rendit les temples mornes et sombres,

Et des prophètes la terrible voix
Pour avertir toute la race humaine
Retentissait pour annoncer la loi,
Obscure, formidable et souveraine.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 23 mai 2019

Terre omnivore

terre omnivore

Gourmande et impitoyable,
La Terre mange nos morts,
Nos souvenirs, nos remords
Et nos cœurs inconsolables.

Nous sommes sa nourriture
Et nous sommes son festin,
À la table du Destin
Elle invite la Nature,

Les deux sinistres causeuses
Causent de leur noir repas :
« Est-ce un cœur ? Je n’aime pas. »
« J’enlève la moelle osseuse. »

« Donne un peu de cette haine. »
« Donne un peu de cet amour. »
« Vite ! mets cette âme au four. »
« Cette belle jambe est mienne ! »

Les animaux et les plantes
Sont leurs desserts favoris ;
L’une parle, l’autre rit,
Et rien ne les épouvante.

La Terre nous dévore,
Et comme nos corps ouverts
La bouche emplie de vers,
Se délecte encore

De son dîner terrible
Et pourtant spirituel,
Avec l’appétit cruel
Des rêveurs inextinguibles.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 16 mai 2019

L'arbre maudit

L'arbre maudit

Comme des feuilles que le vent emporte,
Nos vies tombent de l’arbre du Destin
Vieux et appesanti de choses mortes,
Aux branches décharnées, grave et hautain.

Cet arbre a la forme de nos squelettes
Et semble dire une insulte à genoux
Quand de maigres et féroces bêtes,
Le soir, errent autour de lui et de nous ;

Il dit dans l’ombre d’affreux blasphèmes
Quand la mort vient l’élaguer chaque nuit,
Et en levant au ciel sa tête blême
Crie : « Dieu ! t’amuses-tu de mes ennuis ?

As-tu ris assez ? De tes créatures
Las, tu as tout créé pour t’amuser,
Et moi je suis seul dans la nature,
Jeté là comme un vieux verre brisé !

Le corps humain, chose ridicule !
Mon tronc est plein de sang et endurci,
Et je suis seul dans ton crépuscule,
Dieu moqueur, invisible et sans merci ! »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 21 juillet 2012

Les trois vœux


Les trois vœux 


 Un pauvre homme priait Dieu chaque nuit du Destin
D’être clément, et le ciel d’être moins hautain
Et de se pencher un peu pour voir son ombre.
Il gémissait, seul, dans les ténèbres sombres,
N’ayant point de femme et n’ayant point d’enfants,
Disant à Dieu : « Vous êtes radieux et triomphant,
Tout vous obéit, les hommes et les choses,
La nuit au front noir et l’aurore aux doigts roses,
Et toute la création, qui vous voit à genoux,
Vous implore comme moi, courbée devant vous !
Pitié, Seigneur ! Maintes fois, sans nourriture,
Je me suis endormi. La faim me torture
Et tous mes jours sont des jours de jeûne éternel !
Vous souriez aux pécheurs, aux sombres criminels ;
Mon cœur est pur et je ne vois point reluire
Pour me consoler, votre éternel sourire,
Et pourtant vous êtes doux et miséricordieux !
Ô, suis-je donc le seul que ne voit point Dieu ?
Suis-je maudit, moi qui vous aime et vous adore ?
Quand tout est éclairé par votre aurore,
Ne verrai-je jamais sur moi tomber vos rayons,
Rongé par la misère et vêtu de haillons,
Cadavre vivant et que les vers tourmentent ?
Les heures et les années passent, sœurs véhémentes,
Et moi je gémis en espérant votre amour
Et j’erre appesanti par le fardeau des jours. »

Une nuit, tandis qu’il priait de la sorte,
Le pauvre hère vit une mystérieuse porte
S’ouvrir soudain dans les insondables cieux.
Tremblant et étonné, il ferma ses yeux,
Aveuglé par le jour de cette lumière étrange.
Quand il les rouvrit, il vit devant lui un ange
Qui lui dit : « Manant, le Seigneur m’envoie à toi,
Comme tout ici-bas, il t’entend et te voit
Et il exaucera trois de tes prières.
Tu ne me verras plus dans ta chaumière,
Songe avant de parler. » Le manant promptement
Dit : « Etre riche comme Crésus et Lokiman
Est mon premier souhait. » Son bouge misérable
Devint château. Il dit : « Ô, ange vénérable !
Je veux être certain d’aller au paradis »
L’ange le contempla un instant et lui dit : 
« Dieu doit voir ce que tu feras de tes richesses
D’abord. Fais un troisième vœu, car le temps presse
Et je dois m’en aller auprès du Seigneur. »
Le manant s’écria : « Ô, ange aux douces lueurs !
Je veux être aimé de toutes les femmes que j’aime »
Et l’ange répondit : « Sache que Dieu lui-même
Sur le cœur d’une femme n’a que peu de pouvoir. »
Et s’envola, radieux, dans le firmament noir.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène