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Geffin, chat de la mélancolie Geffin, chat éternel, Dormait loin du ciel Dans un petit coin sombre D'un foyer plein d'ombres, Vétuste et poussiéreux Et toujours ténébreux. Âme triste et lasse, La souris qui passe Ne le réveille point, Il voit venir de loin Ses maîtres antiques Et fantomatiques Sans miauler un seul vers, Quand vient le froid hiver, Il contemple, peinte, La cheminée éteinte Où ne brille aucun feu Et se réjouit d'un peu De morne nourriture Spectrale et impure. Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2210.
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lundi 9 octobre 2023
Geffin, chat de la mélancolie
Publié par
Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 4 mars 2018
Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie XI)
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CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE Xi)
XI. Les trois frères de nouveau unis et
réunis
Furti-Furton comme
une paille est enlevé,
Porté en triomphe tel
un prince rêvé
Que depuis fort
longtemps les manants attendent,
Avec de joyeuses
chansons que tous entendent,
Au village voisin ;
tous veulent avoir l’honneur
De l’héberger chez
eux, de leurs maisons donneurs,
De leur meilleur
vin et des mets sur leurs tables.
Il est à leurs
yeux le héros d’une fable
Et ils auraient bientôt
fait de lui leur roi.
On lui demande,
enfin, de vendre sa faucille
Qui comme le
soleil radieux du printemps brille.
« Combien me l’achetez-vous ? »
« Nous vous donnerons
Tout ce que vous voudrez :
diamants, rubis, fleurons,
Sceptre, un temple
même, et même une couronne ! »
« Je veux simplement
que chacun de vous me donne
Autant de pièces d’or
qu’il est tombé d’épis
Grâce à cette
belle qui frappe sans répit.
Avez-vous cet
argent ? » « Pour cette merveille
Qui n’est à nulle
autre sur Terre pareille,
Nous vous le
trouverons ! » Bientôt de gros sacs d’or
Viennent de toutes
parts. Il faut, pour leur transport,
Dix mulets bien
bâtis. Furti-Furton décide,
Après avoir laissé
les caisses presque vides,
Avec tous ses
mulets de retourner chez lui
Jouir
du soleil qui brille et de l’or qui reluit.
Il
y arrive au bout de quelques semaines
Et
y trouve Furti ainsi que sa reine
Qui
l’attendaient. Mais ils sont tous les deux privés
De
leur frère Furton. Le voici arrivé !
« Riches
tous trois grâce à notre bonne fortune,
Leur
dit leur frère aîné, que nos âmes soient une,
Ne
nous quittons jamais et demeurons unis
Puisque
notre calvaire est maintenant fini. »
« Nous
le jurons ! » s’écrient-ils. Les trois frères
S’embrassent
tendrement. Loin de la misère
Ils
vivent maintenant, font construire bientôt
Dans
leur village un grand et somptueux château,
Y
vivent en harmonie, en aidant ensemble
Le
pauvre qui gémit et le vieillard qui tremble.
[FIN DU CONTE : LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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samedi 3 mars 2018
Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie X)
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CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE x)
X. L’exploit que Furti-Furton put accomplir grâce à
sa faucille
Furti-Furton est tout étonné. Il décide
De tirer parti de sa faucille limpide
Et dit aux habitants : « Je
vois les épis mûrs
D’ici emplir la plaine, et suis tout à
fait sûr
Que vous ne savez pas comment vous y
prendre
Pour couper tout ce blé radieux sans
attendre. »
« Eh bien ! nous le scions, ce
blé, avec les dents. »
« La chose est pénible. » « Pour
ce faire on est cent. »
« Combien de temps vous faut-il
pour faire la chose ? »
« Seulement deux ou trois mois,
sans que nul ne cause. »
« Vous perdez beaucoup trop de temps !
Écoutez-moi :
Ce que vous ne pouvez faire qu’en deux,
trois mois,
Ma faucille le fait en seulement une
heure.
Jamais la fatigue sombre ne l’effleure,
Et mes chers amis, sans vouloir vous
offenser –
Vous la verrez chanter dans le blé et
danser –
Elle va plus vite que tout votre
courage. »
« Ce petit instrument, faire seul
tant d’ouvrage ! »
« Tout à fait, et je vais le
prouver à l’instant. »
Et Furti-Furton, sans qu’il ne perde de
temps,
Va vers le champ doré, en quelques
moments fauche
Ce que n’ont pas fauché les habitants
gauches.
Ils voient tomber tous les épis lourds
et radieux :
Furti-Furton serait-il donc un jeune
dieu ?
Ils sont émerveillés, et avec joie et
flamme,
De tous côtés leur voix commune l’acclame :
« Ah le bel instrument, rapide et
jamais las ! »
« La bonne machine, Dieu ! que
vous avez là ! »
« Regardez cette fée qui court et
travaille ! »
« Quel bijou ! » « Ça
coupe, ça coupe, où que ça aille ! »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 2 mars 2018
Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie IX)
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CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE ix)
IX. Furti-Furton et sa faucille au pays des
Malissours
Furton est devenu riche comme Furti.
Qu’en est-il, maintenant, de leur cadet,
parti
Sa faucille à l’épaule et rêvant de
gloire ?
Ne s’arrêtant que pour manger ou pour
boire,
Il chemine par monts et par vaux, nuit
et jour,
Et arrive enfin au pays des Malissours.
Juillet frappait à la porte de la
Nature,
Le soleil réchauffait toutes les
créatures,
Et les plaines semblaient radieuses
comme lui
Quand dans le firmament infini il reluit ;
Les épis, tout dorés, dansaient comme
des femmes
Au souffle du zéphyr qui leur disait sa
flamme.
Furti-Furton est las, très las. Il a
besoin
De se reposer, et ne peut aller plus
loin,
Il se couche sur un épais tapis de
mousse,
A l’ombre d’un chêne, sur l’herbe qui
pousse.
Il dort longtemps, il dort très
longtemps. Le soleil
Ne le réveille pas de son pesant sommeil
Mais des sons de cloches et des bruits
de foule.
On le regarde comme s’il était une
goule.
« J’ai faim, les amis, dit-il, et je
vais mourir.
Aidez-moi ! N’avez-vous donc rien à
m’offrir ? »
« Si, si. Mais à une condition
particulière. »
« Laquelle ? » « C’est
cette demi-lune altière
Qui dort à vos côtés : dites-nous
ce que c’est. »
« Une demi-lune ? Mais qu’est-ce
que j’en sais ? »
« C’est votre compagnon sur la
mousse verte ! »
« Ah ! vous êtes drôles !
C’est ma faucille, offerte
Par mon père, ce n’est point un être
vivant. »
« Faucille ? Drôle de nom ! »
Dit-on en rêvant.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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jeudi 1 mars 2018
Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie VIII)
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CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE VIiI)
VIII. Ce que Furton gagna grâce à son chat
Les habitants sourient aussi : « Ton
compagnon ?
C’est de cet animal si petit et mignon
Que tu parles ? Le crois-tu
vraiment capable
De vaincre sans alliés cette horde
innombrable ?
Ah, décidément, tu es un simple d’esprit. »
« Je comprends, messires, que vous
soyez surpris,
Leur dit Furti, mais je veux bien tenter
ma chance. »
Les habitants, surpris de son arrogance,
Veulent bien le laisser essayer. Sans
peur,
Le chat, dans la mêlée, comme un maître
danseur,
Saute joyeusement. Hop ! un coup de
patte,
Un bond par devant, par derrière, à
gauche, à droite,
Les souris étranglées tombent, ainsi que
les rats,
Victimes des griffes de notre vaillant
chat.
Les habitants sont tous stupéfaits ;
c’est la fête !
Ils dansent et ils chantent. Sur ces entrefaites,
Le seigneur des lieux passe : avec
admiration
Il contemple le chat accomplir sa
mission,
Se démenant de la plus belle des manières.
Ayant occis jusqu’aux derniers et aux
dernières
Les rats et les souris, le roi dit à
Furton :
« Ton puissant animal vient de
faire un carton !
Vraiment, je suis ébloui. Veux-tu me le
vendre ? »
Furton dit poliment : « Cet
animal si tendre
Et si vaillant, est mon chat et mon seul
ami,
Et avec moi il a tant de fois blêmi.
Je ne le vendrai pas. » « Parlons
de la chose :
Cent écus ? » « Non. »
« Mille ? » « Jamais. » « Dix mille ? »
« Non ! »
« Je ne vais pas crier à l’affront,
mais voyons !
Que veux-tu pour ton chat ? Mais
sois raisonnable. »
« Des près, un moulin, des vignes,
mille écus. » « Diable !
Je t’accorde cela. » « Mon
chat vous appartient,
Majesté. S’il vous plaît, traitez-le
toujours bien. »
Le bon roi lui en fait l’auguste
promesse,
Et Furton est content de toutes ses
richesses.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mercredi 28 février 2018
Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie VII)
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CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE VIi)
VII. L’étrange contrée où le voyage de Furton le
conduisit
Grâce à son coq, Furti n’est plus dans
la misère.
Mais qu’est-il advenu de Furton, son
frère,
Le possesseur du chat ? A-t-il été
heureux
Ou bien est-il resté comme avant
miséreux ?
C’est ce que nous allons savoir tout à l’heure.
Après avoir quitté sa pauvre demeure
Sans attendre le soir, dès le petit
matin,
Furton, content de son lot et de son
destin,
S’en va, chantant, sifflant, d’humeur
fort joyeuse,
Oubliant l’avenir et non loin des yeuses
Buvant l’eau des sources et mangeant de
bons fruits.
Après avoir marché longtemps, sans être
instruit
Sur sa destination, le bon Furton arrive
Chez les Marzipouloms, une contrée sans
rives
Où les oiseaux parlent comme des êtres
humains,
Les fleurs murmurent des chansons dans
les chemins
Le bœuf et le cheval ont des ailes
rapides.
Fasciné par tant de prodiges sans rides,
Furton voit dans les rues beaucoup d’hommes
chassant
Des souris moqueuses, et vite se
lassant.
Ce spectacle l’amuse, il éclate de rire.
« On se moque de nous ? »
s’écrie-t-on : « Pardon, sires,
Pour bien peu de chose vous vous donnez du
mal,
En chassant ainsi un si petit animal. »
« Peu de chose ? Comment !
Étranger, nous sommes
Légions contre ces rats plus forts que des
hommes !
Qu’en savez-vous ? Et vous osez ici
venir
Nous juger ? » « Vous
pouvez de chez vous me bannir,
Répond Furton, mais nous pouvons sans en être
blêmes,
Moi et mon compagnon, finir votre
problème. »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mardi 27 février 2018
Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie VI)
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CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE Vi)
VI. La récompense que toucha Furti, qui vendit cher
son coq
A
quatre heures, le coq chante une fois encore,
Emplissant
l’espace de son hymne sonore.
« Ohé !
qu’est-ce encore ? » « Le coq vous avertit
De
son retour. Jusqu’au ciel il est parti,
Et
il a ramené le jour indocile !
Regardez ! »
Dans le ciel immense et tranquille,
Cette
fenêtre ouverte, on voit le jour radieux
Qui
frappe aux portes de tous les hommes joyeux
Et,
pareil à la mer, par de grands flots entre
Dans
toutes les maisons et dans tous les antres,
Réveillant
les bêtes et aussi les humains
Et
jusqu’aux lits, jusqu’aux nids, trouvant un chemin.
Le
prince, émerveillé de cette aventure,
Veut
posséder cette puissante créature
Petite,
mais beaucoup plus forte qu’un cheval !
« Nul
n’osera, pense-t-il, être mon rival,
Les
rois voisins seront jaloux de ma gloire !
Être
capable de vaincre la Nuit noire,
Cela
fera frémir maints royaumes soumis ! »
Et
Calamor va dire à Furti : « Mon ami,
Mon
nom est Calamor, et ton camarade
Me
sera utile contre la nuit maussade.
Veux-tu me le vendre ? » « C’est
ce qui m’est resté
De mon défunt père que j’aimais,
majesté.
Je ne le vendrai pas. » « Cent
écus ? » « Pas pour mille ! »
« Diable, l’ami, tu es donc bien
difficile !
« Dix mille écus ? » « Non »
« Cent mille écus ? » « Non » « Par Dieu !
Quel prix proposes-tu ? » « Votre
fille aux beaux yeux. »
Le prince est interdit, il médite,
hésite
Et dit à Furti : « C’est ta
première visite,
Etranger, et tu veux ma fille ! Il
n’y a donc rien
D’autre que tu préfères avoir ?
Réfléchis bien. »
« Je ne veux rien d’autre », « Dans
ce cas je te donne
Ma fille Seluska dont la beauté rayonne
Et cent mille écus d’or pour sa dot. »
Fort content,
Furti embrasse le bon roi. En peu de
temps
Le mariage se fait, et grâce au coq
magique,
Calamor n’envoie plus chercher le Jour
antique
Qui tel un visiteur patient et éternel
Vient frapper de lui-même à la porte du
ciel.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 26 février 2018
Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie V)
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CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE V)
V. Pourquoi le prince Calamor alla se coucher dans
le grenier de son propre château
On explique au prince : « Un
étranger est venu
Hier, fort tard, d’un pays lointain et
inconnu,
Demander le couvert et demander le gîte.
Son coq a des plumes d’or... » Le
prince s’irrite :
« Qu’a-t-il fait ? Répondez ! »
« Son petit animal
Est plus fort, majesté, que le plus fort
cheval,
Alors qu’il nous semblait faible et sans
défense !
Eh bien ! nous l’avons vu sans
aucune assistance
Ramener le soleil dans le grand
firmament. »
« Je ne puis le croire ; vous
mentez sûrement. »
« Seigneur, si nous mentons,
coupez-nous la tête ! »
Le prince sait que ses hommes ne sont
point bêtes
Pour
exposer leurs vies de la sorte pour rien.
Il
réfléchit alors un peu puis dit : « Eh bien !
Même
si je ne crois pas à ce prodige,
Ces
chevaux morts, toutes ces pertes m’affligent.
Retenez
l’étranger, mais doucement, au château.
J’y
viendrai moi-même sans m’annoncer, bientôt. »
Sans
faire de bruit, au château dont il est maître
Calamor
va. Le jour est long à disparaître !
Le
prince est impatient, et il va se coucher
Dans
le petit grenier sans s’en effaroucher.
Furti
vient dire à tous : « Comme d’habitude
Je
ramène le soleil. Soyez sans inquiétude,
Retournez
vous coucher. » Aussitôt on s’endort,
Mais
ce n’est point le cas du prince Calamor
Qui
ne ferme pas l’œil, brûlant d’impatience.
« Cocorico ! »
chante le coq avec vaillance
« Cocorico ! »
« Qui est là ? » demande le roi,
« C’est
mon coq aux plumes d’or, n’ayez pas d’effroi. »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 25 février 2018
Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie IV)
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CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE iv)
IV. Furti accomplissant sa mission
Le jeune homme dit aux paresseux
serviteurs :
« Attendez, les amis, au nom du
Créateur !
Retournez vous coucher, c’est moi qui me
charge
De cette besogne qui ainsi vous
dérange. »
On ricane : « Comment !
De remplir la mission
Tout seul, étranger, vous avez la
prétention !
Dix chevaux réunis ne pourraient pas
faire
Ce que vous croyez seul pouvoir. On
préfère
Alors penser que vous vous moquez bien
de nous. »
« Je ne moque point de vous, et à
genoux
Vous prie de me laisser accomplir cette
tâche,
Et cela m’attriste que ma bonne foi
fâche. »
« Mais vous ne pouvez
pas ! » « Laissez-moi essayer. »
« Si vous n’y arrivez pas, vous
allez le payer
Cher, bien cher ! le maître,
pourtant bon et juste,
N’aime pas plaisanter avec le jour
auguste,
Vous perdrez votre vie ! Et il va,
peu clément,
Vous pendre sans pitié. » « Couchez-vous
tranquillement
Et laissez-moi faire. » Voyant tant
d’assurance,
Les charretiers, contents de leur
délivrance,
Reviennent se coucher. Après un temps
fort court,
Le coq chante soudain. Il doit faire
jour,
Les serviteurs ont mal dormi jusqu’à l’aurore,
Mais ils n’ont point le temps de dormir
encore,
Et tous sont étonnés de voir à leur réveil
Briller dans le ciel bleu un grand et
beau soleil.
Et on court avertir Calamor : « Maître,
maître !
Le jour vient, les chevaux...cela va
vous paraître... »
« Crevés tous, n’est-ce pas ? »
« Non, maître, non ! le jour
Est là, et la voiture est toujours à la
cour ! »
« Vous moquez-vous de moi, coquins ? »
« Jamais on n’ose ! »
« Le jour ne vient pas seul,
expliquez la chose. »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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