Affichage des articles dont le libellé est chat. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est chat. Afficher tous les articles

lundi 9 octobre 2023

Geffin, chat de la mélancolie

Geffin, chat de la mélancolie

Geffin, chat éternel,
Dormait loin du ciel
Dans un petit coin sombre
D'un foyer plein d'ombres,
Vétuste et poussiéreux
Et toujours ténébreux.
Âme triste et lasse,
La souris qui passe
Ne le réveille point,
Il voit venir de loin
Ses maîtres antiques
Et fantomatiques
Sans miauler un seul vers,
Quand vient le froid hiver,
Il contemple, peinte,
La cheminée éteinte
Où ne brille aucun feu
Et se réjouit d'un peu
De morne nourriture
Spectrale et impure.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 4 mars 2018

Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie XI)


CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE Xi)






XI. Les trois frères de nouveau unis et réunis

Furti-Furton comme une paille est enlevé,
Porté en triomphe tel un prince rêvé
Que depuis fort longtemps les manants attendent,
Avec de joyeuses chansons que tous entendent,
Au village voisin ; tous veulent avoir l’honneur
De l’héberger chez eux, de leurs maisons donneurs,
De leur meilleur vin et des mets sur leurs tables.
Il est à leurs yeux le héros d’une fable
Et ils auraient bientôt fait de lui leur roi.
On lui demande, enfin, de vendre sa faucille
Qui comme le soleil radieux du printemps brille.
« Combien me l’achetez-vous ? » « Nous vous donnerons
Tout ce que vous voudrez : diamants, rubis, fleurons,
Sceptre, un temple même, et même une couronne ! »
« Je veux simplement que chacun de vous me donne
Autant de pièces d’or qu’il est tombé d’épis
Grâce à cette belle qui frappe sans répit. 
Avez-vous cet argent ? » « Pour cette merveille
Qui n’est à nulle autre sur Terre pareille,
Nous vous le trouverons ! » Bientôt de gros sacs d’or
Viennent de toutes parts. Il faut, pour leur transport,
Dix mulets bien bâtis. Furti-Furton décide,
Après avoir laissé les caisses presque vides,
Avec tous ses mulets de retourner chez lui
Jouir du soleil qui brille et de l’or qui reluit.
Il y arrive au bout de quelques semaines
Et y trouve Furti ainsi que sa reine
Qui l’attendaient. Mais ils sont tous les deux privés
De leur frère Furton. Le voici arrivé !
« Riches tous trois grâce à notre bonne fortune,
Leur dit leur frère aîné, que nos âmes soient une,
Ne nous quittons jamais et demeurons unis
Puisque notre calvaire est maintenant fini. »
« Nous le jurons ! » s’écrient-ils. Les trois frères
S’embrassent tendrement. Loin de la misère
Ils vivent maintenant, font construire bientôt
Dans leur village un grand et somptueux château,
Y vivent en harmonie, en aidant ensemble
Le pauvre qui gémit et le vieillard qui tremble.

[FIN DU CONTE : LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

samedi 3 mars 2018

Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie X)


CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE x)





X. L’exploit que Furti-Furton put accomplir grâce à sa faucille

Furti-Furton est tout étonné. Il décide
De tirer parti de sa faucille limpide
Et dit aux habitants : « Je vois les épis mûrs
D’ici emplir la plaine, et suis tout à fait sûr
Que vous ne savez pas comment vous y prendre
Pour couper tout ce blé radieux sans attendre. »
« Eh bien ! nous le scions, ce blé, avec les dents. »
« La chose est pénible. » « Pour ce faire on est cent. »
« Combien de temps vous faut-il pour faire la chose ? »
« Seulement deux ou trois mois, sans que nul ne cause. »
« Vous perdez beaucoup trop de temps ! Écoutez-moi : 
Ce que vous ne pouvez faire qu’en deux, trois mois,
Ma faucille le fait en seulement une heure.
Jamais la fatigue sombre ne l’effleure,
Et mes chers amis, sans vouloir vous offenser –
Vous la verrez chanter dans le blé et danser –
Elle va plus vite que tout votre courage. »
« Ce petit instrument, faire seul tant d’ouvrage ! »
« Tout à fait, et je vais le prouver à l’instant. »
Et Furti-Furton, sans qu’il ne perde de temps,
Va vers le champ doré, en quelques moments fauche
Ce que n’ont pas fauché les habitants gauches.
Ils voient tomber tous les épis lourds et radieux :
Furti-Furton serait-il donc un jeune dieu ?
Ils sont émerveillés, et avec joie et flamme,
De tous côtés leur voix commune l’acclame :
« Ah le bel instrument, rapide et jamais las ! »
« La bonne machine, Dieu ! que vous avez là ! »
« Regardez cette fée qui court et travaille ! »
« Quel bijou ! » « Ça coupe, ça coupe, où que ça aille ! »

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 2 mars 2018

Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie IX)


CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE ix)



IX. Furti-Furton et sa faucille au pays des Malissours

Furton est devenu riche comme Furti.
Qu’en est-il, maintenant, de leur cadet, parti
Sa faucille à l’épaule et rêvant de gloire ?
Ne s’arrêtant que pour manger ou pour boire,
Il chemine par monts et par vaux, nuit et jour,
Et arrive enfin au pays des Malissours.
Juillet frappait à la porte de la Nature,
Le soleil réchauffait toutes les créatures,
Et les plaines semblaient radieuses comme lui
Quand dans le firmament infini il reluit ;
Les épis, tout dorés, dansaient comme des femmes
Au souffle du zéphyr qui leur disait sa flamme.
Furti-Furton est las, très las. Il a besoin
De se reposer, et ne peut aller plus loin,
Il se couche sur un épais tapis de mousse,
A l’ombre d’un chêne, sur l’herbe qui pousse.
Il dort longtemps, il dort très longtemps. Le soleil
Ne le réveille pas de son pesant sommeil
Mais des sons de cloches et des bruits de foule.
On le regarde comme s’il était une goule.
« J’ai faim, les amis, dit-il, et je vais mourir.
Aidez-moi ! N’avez-vous donc rien à m’offrir ? »
« Si, si. Mais à une condition particulière. »
« Laquelle ? » « C’est cette demi-lune altière
Qui dort à vos côtés : dites-nous ce que c’est. »
« Une demi-lune ? Mais qu’est-ce que j’en sais ? »
« C’est votre compagnon sur la mousse verte ! »
« Ah ! vous êtes drôles ! C’est ma faucille, offerte
Par mon père, ce n’est point un être vivant. »
« Faucille ? Drôle de nom ! » Dit-on en rêvant.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

jeudi 1 mars 2018

Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie VIII)


CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE VIiI)





VIII. Ce que Furton gagna grâce à son chat

Les habitants sourient aussi : « Ton compagnon ?
C’est de cet animal si petit et mignon
Que tu parles ? Le crois-tu vraiment capable
De vaincre sans alliés cette horde innombrable ?
Ah, décidément, tu es un simple d’esprit. »
« Je comprends, messires, que vous soyez surpris,
Leur dit Furti, mais je veux bien tenter ma chance. »
Les habitants, surpris de son arrogance,
Veulent bien le laisser essayer. Sans peur,
Le chat, dans la mêlée, comme un maître danseur,
Saute joyeusement. Hop ! un coup de patte,
Un bond par devant, par derrière, à gauche, à droite,
Les souris étranglées tombent, ainsi que les rats,
Victimes des griffes de notre vaillant chat.
Les habitants sont tous stupéfaits ; c’est la fête !
Ils dansent et ils chantent. Sur ces entrefaites,
Le seigneur des lieux passe : avec admiration
Il contemple le chat accomplir sa mission,
Se démenant de la plus belle des manières.
Ayant occis jusqu’aux derniers et aux dernières
Les rats et les souris, le roi dit à Furton :
« Ton puissant animal vient de faire un carton !
Vraiment, je suis ébloui. Veux-tu me le vendre ? »
Furton dit poliment : « Cet animal si tendre
Et si vaillant, est mon chat et mon seul ami,
Et avec moi il a tant de fois blêmi.
Je ne le vendrai pas. » « Parlons de la chose :
Cent écus ? » « Non. » « Mille ? » « Jamais. » « Dix mille ? » « Non ! »
« Je ne vais pas crier à l’affront, mais voyons !
Que veux-tu pour ton chat ? Mais sois raisonnable. »
« Des près, un moulin, des vignes, mille écus. » « Diable !
Je t’accorde cela. » « Mon chat vous appartient,
Majesté. S’il vous plaît, traitez-le toujours bien. »
Le bon roi lui en fait l’auguste promesse,
Et Furton est content de toutes ses richesses.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

mercredi 28 février 2018

Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie VII)


CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE VIi)




VII. L’étrange contrée où le voyage de Furton le conduisit

Grâce à son coq, Furti n’est plus dans la misère.
Mais qu’est-il advenu de Furton, son frère,
Le possesseur du chat ? A-t-il été heureux
Ou bien est-il resté comme avant miséreux ?
C’est ce que nous allons savoir tout à l’heure.
Après avoir quitté sa pauvre demeure
Sans attendre le soir, dès le petit matin,
Furton, content de son lot et de son destin,
S’en va, chantant, sifflant, d’humeur fort joyeuse,
Oubliant l’avenir et non loin des yeuses
Buvant l’eau des sources et mangeant de bons fruits.
Après avoir marché longtemps, sans être instruit
Sur sa destination, le bon Furton arrive
Chez les Marzipouloms, une contrée sans rives
Où les oiseaux parlent comme des êtres humains,
Les fleurs murmurent des chansons dans les chemins
Le bœuf et le cheval ont des ailes rapides.
Fasciné par tant de prodiges sans rides,
Furton voit dans les rues beaucoup d’hommes chassant
Des souris moqueuses, et vite se lassant.
Ce spectacle l’amuse, il éclate de rire.
« On se moque de nous ? » s’écrie-t-on : « Pardon, sires,
Pour bien peu de chose vous vous donnez du mal,
En chassant ainsi un si petit animal. »
« Peu de chose ? Comment ! Étranger, nous sommes
Légions contre ces rats plus forts que des hommes !
Qu’en savez-vous ? Et vous osez ici venir
Nous juger ? » « Vous pouvez de chez vous me bannir,
Répond Furton, mais nous pouvons sans en être blêmes,
Moi et mon compagnon, finir votre problème. »

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

mardi 27 février 2018

Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie VI)


CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE Vi)




VI. La récompense que toucha Furti, qui vendit cher son coq

A quatre heures, le coq chante une fois encore,
Emplissant l’espace de son hymne sonore.
« Ohé ! qu’est-ce encore ? » « Le coq vous avertit
De son retour. Jusqu’au ciel il est parti,
Et il a ramené le jour indocile !
Regardez ! » Dans le ciel immense et tranquille,
Cette fenêtre ouverte, on voit le jour radieux
Qui frappe aux portes de tous les hommes joyeux
Et, pareil à la mer, par de grands flots entre
Dans toutes les maisons et dans tous les antres,
Réveillant les bêtes et aussi les humains
Et jusqu’aux lits, jusqu’aux nids, trouvant un chemin.
Le prince, émerveillé de cette aventure,
Veut posséder cette puissante créature
Petite, mais beaucoup plus forte qu’un cheval !
« Nul n’osera, pense-t-il, être mon rival,
Les rois voisins seront jaloux de ma gloire !
Être capable de vaincre la Nuit noire,
Cela fera frémir maints royaumes soumis ! »
Et Calamor va dire à Furti : « Mon ami,
Mon nom est Calamor, et ton camarade
Me sera utile contre la nuit maussade.  
Veux-tu me le vendre ? » « C’est ce qui m’est resté
De mon défunt père que j’aimais, majesté.
Je ne le vendrai pas. » « Cent écus ? » « Pas pour mille ! »
« Diable, l’ami, tu es donc bien difficile !
« Dix mille écus ? » « Non » « Cent mille écus ? » « Non » « Par Dieu !
Quel prix proposes-tu ? » « Votre fille aux beaux yeux. »
Le prince est interdit, il médite, hésite
Et dit à Furti : « C’est ta première visite,
Etranger, et tu veux ma fille ! Il n’y a donc rien
D’autre que tu préfères avoir ? Réfléchis bien. »
« Je ne veux rien d’autre », « Dans ce cas je te donne
Ma fille Seluska dont la beauté rayonne
Et cent mille écus d’or pour sa dot. » Fort content,
Furti embrasse le bon roi. En peu de temps
Le mariage se fait, et grâce au coq magique,
Calamor n’envoie plus chercher le Jour antique
Qui tel un visiteur patient et éternel
Vient frapper de lui-même à la porte du ciel.

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

lundi 26 février 2018

Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie V)

CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE V)


V. Pourquoi le prince Calamor alla se coucher dans le grenier de son propre château

On explique au prince : « Un étranger est venu
Hier, fort tard, d’un pays lointain et inconnu,
Demander le couvert et demander le gîte.
Son coq a des plumes d’or... » Le prince s’irrite :
« Qu’a-t-il fait ? Répondez ! » « Son petit animal
Est plus fort, majesté, que le plus fort cheval,
Alors qu’il nous semblait faible et sans défense !
Eh bien ! nous l’avons vu sans aucune assistance
Ramener le soleil dans le grand firmament. »
« Je ne puis le croire ; vous mentez sûrement. »
« Seigneur, si nous mentons, coupez-nous la tête ! »
Le prince sait que ses hommes ne sont point bêtes
Pour exposer leurs vies de la sorte pour rien.
Il réfléchit alors un peu puis dit : « Eh bien !
Même si je ne crois pas à ce prodige,
Ces chevaux morts, toutes ces pertes m’affligent.
Retenez l’étranger, mais doucement, au château.
J’y viendrai moi-même sans m’annoncer, bientôt. »
Sans faire de bruit, au château dont il est maître
Calamor va. Le jour est long à disparaître !
Le prince est impatient, et il va se coucher
Dans le petit grenier sans s’en effaroucher.
Furti vient dire à tous : « Comme d’habitude
Je ramène le soleil. Soyez sans inquiétude,
Retournez vous coucher. » Aussitôt on s’endort,
Mais ce n’est point le cas du prince Calamor
Qui ne ferme pas l’œil, brûlant d’impatience.
« Cocorico ! » chante le coq avec vaillance
« Cocorico ! » « Qui est là ? » demande le roi,
« C’est mon coq aux plumes d’or, n’ayez pas d’effroi. »

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 25 février 2018

Conte: Le chat, le coq et la faucille (Partie IV)

CONTE: LE CHAT, LE COQ ET LA FAUCILLE (PARTIE iv)


IV. Furti accomplissant sa mission

Le jeune homme dit aux paresseux serviteurs :
« Attendez, les amis, au nom du Créateur !
Retournez vous coucher, c’est moi qui me charge
De cette besogne qui ainsi vous dérange. »
On ricane : « Comment ! De remplir la mission
Tout seul, étranger, vous avez la prétention !
Dix chevaux réunis ne pourraient pas faire
Ce que vous croyez seul pouvoir. On préfère
Alors penser que vous vous moquez bien de nous. »
« Je ne moque point de vous, et à genoux
Vous prie de me laisser accomplir cette tâche,
Et cela m’attriste que ma bonne foi fâche. »
« Mais vous ne pouvez pas ! » « Laissez-moi essayer. »
« Si vous n’y arrivez pas, vous allez le payer
Cher, bien cher ! le maître, pourtant bon et juste,
N’aime pas plaisanter avec le jour auguste,
Vous perdrez votre vie ! Et il va, peu clément,
Vous pendre sans pitié. » « Couchez-vous tranquillement
Et laissez-moi faire. » Voyant tant d’assurance,
Les charretiers, contents de leur délivrance,
Reviennent se coucher. Après un temps fort court,
Le coq chante soudain. Il doit faire jour,
Les serviteurs ont mal dormi jusqu’à l’aurore,
Mais ils n’ont point le temps de dormir encore,
Et tous sont étonnés de voir à leur réveil
Briller dans le ciel bleu un grand et beau soleil.
Et on court avertir Calamor : « Maître, maître !
Le jour vient, les chevaux...cela va vous paraître... »
« Crevés tous, n’est-ce pas ? » « Non, maître, non ! le jour
Est là, et la voiture est toujours à la cour ! »
« Vous moquez-vous de moi, coquins ? » « Jamais on n’ose ! »
« Le jour ne vient pas seul, expliquez la chose. »

[A SUIVRE]


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène