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La mort du pauvre
Alexandre
Antigna, La Mort du Pauvre (1855)
Un pauvre est mort dans sa demeure
misérable,
Las, vaincu par la faim et par le
désespoir ;
Il a enfin fermé ses yeux vénérables
Qui rêvaient tous les jours de ne plus
rien voir.
Sa vie ne fut qu’une épuisante agonie,
C’était un être obscur et couvert de
haillons
Qui bravait du Destin l’implacable
ironie,
Et errait dans les rues, le soir, sous
les rayons,
Employé à quelque basse et rude besogne,
Travaillant et mendiant, mendiant et travaillant,
Et promenant partout son grand cœur qui
saigne
Et ses pas fatigués qui demeuraient
vaillants.
Pour le salut de sa famille qui souffre
Son front était empli d’une ingrate
sueur,
Et il sentait sous lui un immense
gouffre
S’ouvrir comme un rêve dans la nuit sans
lueurs.
Sa femme et sa fille pleurent et se
lamentent,
Noires allégories de la sombre Douleur,
Malgré leur pauvreté tristement
charmantes,
En contemplant ce mort sans suaire et
sans couleurs ;
Son fils, qui ne comprend rien aux
arrêts du sort,
Regarde son père, puis il les regarde,
Pour lui, la vie n’est qu’un mot, tout
comme la mort,
Et il leur demande : « Est-ce
que papa dort ? »
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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samedi 19 novembre 2016
La Mort du Pauvre
lundi 31 août 2015
Conte: Bastuncedu dirida (Partie IV)
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CONTE: BASTUNCEDU DIRIDA (PARTIE IV)
IV. Comment l’hôtelier fut châtié par son hôte pour
sa grande cupidité
Le
pauvre homme revint à l’hôtel encore
Où
le fourbe hôtelier l’attendait dès l’aurore.
Il
s’écria en le voyant : « Ah ! vous revenez !
Soyez
le bienvenu, bon sire. » « Oui, tenez,
Lui
dit notre hère chercheur de fortune,
Ce
bâton enchanté et qui m’importune.
Mais
ne lui dites pas – vous serez attrapé –
Bâtonnet
dirida, frappe car tu sais frapper. »
« Dormez,
sire, et soyez sans inquiétude. »
Mais
dès qu’il s’endormit, comme d’habitude,
L’hôtelier
parla au bâton. Après ce vers,
Le
bâton le frappa à tort et à travers,
Lui
cassant les jambes, les bras et les côtes.
L’hôtelier
appelait au secours son hôte
Et
criait : « Arrêtez votre maudit bâton !
Je
vous rendrai tous vos biens ! » Le fourbe glouton
Fut
rossé de coups comme il méritait de l’être
Jusqu’à
ce que, lassé de ses cris, le maître
Commandât
au bâton enchanté de cesser
De
punir l’hôtelier et de bien le rosser.
Ce
dernier rendit à son hôte qui erre
La
serviette et l’âne que lui donna saint Pierre.
Sous
les coups du bâton il était presque mort
Et
jura à notre bonhomme avec remords
De
ne plus rien voler après cette torture
Par
Dieu le Tout-Puissant à ses créatures.
« C’est
bien, retiens toujours cette rude leçon,
Lui
dit le bonhomme, et sois honnête garçon. »
Et
il vécut jusqu’à sa mort heureux et riche,
Nourrissant
les pauvres sans jamais être chiche,
Et
après ses anciens jours sombres et miséreux
Remerciant
le Seigneur et son saint généreux.
[FIN DU CONTE: BASTUNCEDU DIRIDA]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 30 août 2015
Conte: Bastuncedu dirida (Partie III)
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CONTE: BASTUNCEDU DIRIDA (PARTIE IiI)
Vocabulaire: Bastuncedu dirida: Petit bâton dirida, "dirida" étant un mot vide de sens, dans le dialecte basque/ L'âne "caga dinari": L'âne aux écus
III. Le troisième et dernier présent que saint
Pierre fit au pauvre bonhomme, volé une autre fois par son fourbe hôtelier
De retour à l’hôtel, le pauvre écervelé
Dit à l’hôtelier : « C’est
vous qui m’avez volé ;
Prenez soin de mon âne et n’osez point
lui dire :
Âne, fais ce que tu dois. » « Entendu,
sire,
Répondit le fourbe, je ne lui dirai
rien.
Soyez sans inquiétude et surtout dormez
bien. »
Quand le hère dormit, avec effronterie
Son hôtelier alla, la nuit, à l’écurie
Et dit à l’âne : « Fais,
âne, ce que tu dois. »
« Ah ! ah ! s’écria-t-il,
mais qu’est-ce que je vois ?
En voyant le baudet faire de belles
pièces,
Je dois remercier ce sot de sa
gentillesse !
Par le rude labeur fini d’être marri !
J’ai cet âne, grâce au ciel, caga dinari,
Jusqu’à ma mort je vais demeurer
prospère,
D’une beauté l’époux, d’heureux enfants
le père. »
Et alla remplacer le baudet enchanté
Par un autre, comme lui en bonne santé
Et noir comme la nuit profonde et
hagarde
En pensant que son pauvre hôte n’aurait
garde,
Imbécile tel qu’il l’était, de le
savoir.
Le hère s’en alla, en effet, sans rien
voir.
Voulant quelques écus, il dit à la bête :
« Âne, fais ce que tu dois. »
qui fit à sa tête.
L’imbécile attendit, attendit, puis se
dit :
« Je crois que saint Pierre de mon
malheur se rit !
Sa serviette et son âne, hélas !
sont éphémères. »
Et il revint au ciel, l’âme bien amère,
Frappa à la porte et attendit un moment.
Saint Pierre, en le voyant, s’écria : « Comment,
Tu reviens encore ! N’as-tu point
fait fortune ?
Tu es un bon garçon mais tu m’importunes. »
« Pardonnez-moi, grand saint. Je
reviens vous revoir
Car votre âne a aussi perdu tout son
pouvoir.
Je ne vous demanderai plus rien, je vous
le jure. »
« Tu es bien sot, mon pauvre ami à
l’âme pure !
Prends ce bâton, que nul ne pourra
échapper
S’il dit : Bastuncedu dirida, va
frapper.
S’il dit : Bastuncedu dirida,
arrête,
Il s’arrêtera, doux comme une amourette.
Ce sera mon dernier présent; prends-en bien soin
Car tu en auras plus que les autres
besoin. »
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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samedi 29 août 2015
Conte: Bastuncedu dirida (Partie II)
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CONTE: BASTUNCEDU DIRIDA (PARTIE iI)
II. Ce que le pauvre hère fit de son présent enchanté
Comme
la nuit tomba, notre pauvre hère
Entra
dans une auberge, oubliant sa misère,
Et
demanda un lit. Avant de s’endormir,
Nonobstant
le conseil du saint, sans en frémir,
Il
dit à l’hôtelier : « Voilà une serviette
Qui
t’aidera à remplir toutes les assiettes
Et
qui...Mais il ne faut surtout pas oublier
Qu’il
ne faut pas sans m’en parler la déplier. »
« Ne
vous inquiétez point, dit avec fourberie
A
son hôte naïf le maître d’hôtellerie,
Je
ne la déplierai jamais, mon bon ami. »
Mais
ayant oublié ce qu’il avait promis,
Dès
que le pauvre homme dormit, il alla, preste,
Déplier
la serviette et s’écria : « Peste ! »
En
la voyant remplie de tout ce qu’on aimait,
De
vins et de gâteaux, de fruits et de mets.
« Bien ! se
dit-il, cette serviette docile
A
mes vœux, rendra ma cuisine plus facile. »
Et
à sa place il mit une autre promptement
Qui
lui était pareille, et alla lestement.
Le
lendemain, pour qu’il déjeunât, le bonhomme
Déplia
sa serviette et n’eut point une pomme.
Il
eut beau attendre, rien n’arriva, hélas.
Il
alla dire à son hôte, bien triste et las :
« As-tu
déplié ma serviette ? » « Non, sire,
Je
suis blessé par ce que vous venez de dire !
Je
ne l’ai point touchée, ma parole d’honneur. »
« Ah !
c’est bien étrange, se dit le déjeuneur,
Ma
serviette est devenue soudain indocile. »
Et
il revint au ciel, le pauvre imbécile.
« Pan !
pan ! » « Voilà, voilà ! Pourquoi m’importuner,
Et
pourquoi reviens-tu, mon pauvre infortuné ? »
« Excusez-moi
de vous déranger, bon saint Pierre,
Votre
serviette, après une heure sur terre,
A
mon grand étonnement a perdu son pouvoir.
Faites-moi
un autre présent. » « Ton seul devoir,
Répondit
le saint, a été de ne rien dire,
Mais
tu es bien sot et tu me fais sourire.
Prends
cet âne enchanté qui jamais ne s’endort
Et
te fera quand tu voudras des pièces d’or :
Tu
lui diras seulement : Fais ce que tu dois, âne.
Profite
bien, mon bon garçon, de cette manne,
Mais
ne sois pas leurré par les rusés mortels. »
Et
notre bonhomme revint au même hôtel
En
remerciant le saint avec véhémence
De
sa grande bonté et de sa clémence.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mardi 25 août 2015
Conte: Bastuncedu dirida (Partie I)
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CONTE: bastuncedu dirida (PARTIE i)
I. Comment un pauvre hère arriva au paradis, et le
présent que saint Pierre lui fit
Un pauvre hère
que la misère importune
Se mit en tête
un jour d’aller faire fortune.
Il voyagea
longtemps, longtemps, chercheur errant,
Et vit dans un
pays un châtaignier si grand
Qu’il atteignait
le ciel, et que ses vertes branches
S’enfonçaient
dans les nues édéniques et blanches.
« Grimpons
sur cet arbre, se dit le malheureux,
Le paradis m’attend
peut-être, chaleureux,
Sur son sommet,
et la fortune fuyeuse
M’accordera
enfin ses faveurs radieuses. »
Le voilà qui
monte, qui monte, avec ferveur.
Il arriva enfin
au paradis rêveur,
Frappa à la
porte, vêtu de ses hardes,
Et il vit saint
Pierre, qui était de garde.
« Mon
bonhomme, que veux-tu ? » « Las de ses noirs tours,
Après la fortune
depuis longtemps je cours,
Et ne la
trouvant point sur terre, vain mirage,
Je suis venu
pour la chercher dans ces parages.
Est-elle ici, ô
saint ? Ou dois-je encor courir ? »
« Oui, mais
tu n’entreras point avant de mourir.
Je ne te
laisserai pas passer quoi qu’il arrive. »
Le hère s’écria : « Ah !
même Dieu me prive
Des fruits
abondants de ses bienfaits éternels !
Je ne suis pas,
pourtant, un pécheur criminel,
Et mon seul tort
est qu’il m’a fait pauvre naître !
Hélas !
daignez avoir pitié de moi, maître,
Car je veux être
heureux avant que d’être mort,
Bien que je sois
certain de périr de remords
Si je m’en vais
d’ici aussi pauvre et hère
Que sur terre où
je vis dans la grande misère. »
« Tu me
sembles homme de bien, mais tu n’entreras pas,
Lui répondit le
saint, sauf après ton trépas.
Mais prends
cette serviette, et tu n’as qu’à l’étendre
Pour avoir ce qu’il
faut. Nul n’en doit entendre
Parler ; un
tel présent attire les voleurs
Qui te feront
revenir à ton premier malheur. »
« Je vous
le promets, grand saint. Il faut que j’aille
L’essayer sur
terre et faire bonne mangeaille. »
Et il descendit
du châtaignier, fort content,
Et à revenir sur
terre il ne fut point longtemps.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 13 février 2015
Conte: Jean des Merveilles (Partie V)
CONTE: JEAN DES MERVEILLES (PARTIE V)
V. Comment Jean des Merveilles accomplit sa
courageuse mission
Jean ordonna à
son équipage diligent
De prendre le
chemin du Sud, se dirigeant
Vers l’île où la
princesse où était prisonnière.
Le navire
voguait d’une fougueuse manière
A tribord, à
bâbord et aussi en avant,
Obéissant à son
capitaine savant
Qui des ondes
connaît les sombres mystères.
Jean et son
équipage courageux restèrent
Trois jours en
pleine mer. Quand le quatrième vint,
Alors que Jean
croyait ce long voyage vain
Et désespérait
de trouver la princesse,
En exhortant à
la rechercher sans cesse
Ses hommes
obéissants, courroucé et déçu,
Ils aperçurent
une île et mirent cap dessus.
Jean vit quinze
navires postés autour d’elle,
L’un d’eux s’avança
vers lui ; aux marins fidèles
Il commanda manœuvre,
d’une attaque tremblant.
Le corsaire qui
venait tira deux coups à blanc
Et un à boulet. « Feu ! »
cria Jean des Merveilles,
Mais ses
canonniers, lents comme l’enfant qui s’éveille,
Restèrent
immobiles comme de fiers monuments.
« Obéissez !
cria leur chef éperdument,
Ou vous serez
châtiés ! », pâlissant de rage.
Mais les
matelots, devenus soudain sans courage,
Ne bougeant pas,
laissèrent les pirates infester
Le vaisseau,
sans même tenter de résister.
Jean des
Merveilles pensa à sa coque charmée,
Et ayant résolu
de punir son armée,
Lui dit : « Coque
de noix, sauve-moi du trépas,
Deviens, pour me
tirer de ce bien mauvais pas,
Un petit navire où
il n’y a qu’une place. »
Le vaisseau
devint une chaloupe qui, lasse
De tant de
voyageurs, les noya à l’instant.
Le chef des
corsaires, le seul à bord restant,
Et qui était l’ennemi
de la fée vieillissante,
Qui donna la
coque à Jean et était puissante,
Fut changé en un
gros chat noir, et dit à Jean :
« Tu seras
cent ans prince, et moi, en m’affligeant,
Je serai cent
ans chat. » Jean aborda à l’île,
Délivra la
princesse, fit un voyage tranquille
Dans sa chaloupe
qu’en vaisseau il transforma.
Le roi, qui de
ne point le revoir s’alarma,
L’embrassa et en
fit l’époux de sa fille pieuse.
Il y eut de
belles noces, qui étaient si copieuses,
Que le lendemain
on vit des invités nombreux
Qui mangèrent et
burent lors du soir ténébreux
Et des belles
princesses égayaient leurs paupières,
Ronfler heureusement
sur les mètres de pierres.
[FIN DU CONTE: JEAN DES MERVEILLES]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mardi 10 février 2015
Conte: Jean des Merveilles (Partie IV)
CONTE: JEAN DES MERVEILLES (PARTIE IV)
IV. Jean des Merveilles et son héroïque voyage
Jean entendit
parler de la fille du roi
Dont le père
était bien triste et empli d’effroi,
Car sa fille lui
fut ravie et transportée
Dans une île
lointaine, des hommes désertée.
Le roi promit de
la marier au héros preux,
Fût-il le plus
pauvre des hommes ou un lépreux,
Qui la
délivrerait ; beaucoup de navires
Partirent à l’aventure,
mais les flots les ravirent,
Et aucun d’eux
ne revint triomphant à la cour.
Notre héros
voulut aller à son secours,
Et dit à sa
grand-mère : « Je veux sauver la fille
Du roi, à l’aide
de ma magique coquille.
Cela nous
vaudrait mieux que ce coffre plein d’or
A cause duquel
jamais en paix tu ne t’endors,
Et où nous ne
pouvons prendre qu’une pièce. »
Elle consentit
et lui dit : « Modère ta hardiesse,
Tu as la coque,
mais le voyage est dangereux,
Et de te perdre
mon cœur serait malheureux.
N’oublie point
que nul n’a pu sauver la princesse !
S’il t’arrive
malheur, mon enfant, ma vie cesse. »
Jean l’embrassa
et lui promit d’être prudent.
Prêt à partir en
mer et le cœur bien ardent,
Il commanda au
coffre de devenir coquille
Qu’il mit dans
sa poche comme une broquille.
Sur le bord de
la mer, il lui dit, hâté :
« Coque de
noix, deviens un navire bien mâté,
Bien gréé, avec
des gabiers et deux batteries
Et des
canonniers qui servent sans affronterie. »
Jean vit apparaître
un beau navire guerrier
Muni de deux
rangées de canons meurtriers,
Qui masquait ses
voiles et semblait l’attendre.
Il vit aussi,
ébloui, avant de s’y rendre,
Une baleinière
dorée. Lorsque Jean fut monté,
Les hommes qui y
furent, sachant sa volonté,
Nagèrent habilement,
et tout l’équipage
Le reçut comme
un roi, saluant sans tapage,
Rangé sur la
lisse et les armes à la main.
Jean douta que ses
preux serviteurs fussent humains,
Mais rien n’était
plus sûr que leur obéissance,
Et leur
habileté égalait leur puissance.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 9 février 2015
Conte: Jean des Merveilles (Partie III)
CONTE: JEAN DES MERVEILLES (PARTIE III)
III. Comment Jean des Merveilles montra à sa
grand-mère les pouvoirs de sa coque de noix
Jean raconta à
sa grand-mère, à la maison,
L’histoire de la
coque. « Il faut perdre la raison,
Lui dit-elle,
pour croire une histoire pareille.
Te moques-tu de
ta grand-mère qui est vieille ?
Si ce que tu me
contes est vrai, commande-lui
De se changer en
un coffre d’or empli de louis. »
Jean le fit à l’instant
et vit sa coquille
Devenir un grand
coffre empli d’or qui brille.
La grand-mère
souleva le couvercle et elle prit
Un louis d’or
dans sa main, pensant perdre l’esprit,
Mais elle ne put
prendre une seconde, et insoumise,
Sans pouvoir le
faire mouilla sa chemise,
Ce dont son cœur,
joyeux pourtant, fut bien marri.
Jean prit une
pièce ; comme si le coffre était tari,
Il essaya en
vain de prendre une seconde.
Quand la nuit
arriva, en hasards féconde,
Ils se
couchèrent. La grand-mère, avec pâleur,
Ne put fermer l’œil
et croyait ouïr des voleurs.
Le lendemain,
elle dit à Jean des Merveilles :
« Pour
garder notre coffre il faut que tu veilles,
Et pour que nul
voleur ne te fasse frémir,
Je vais t’acheter
un pistolet et dormir
Car je n’ai
point fermé l’œil la nuit précédente. »
Elle alla dormir,
mais mille pensées obsédantes
L’en
empêchaient, et elle se réveillait souvent
De sa volage
torpeur, dans son lit se mouvant,
Et demandant à
Jean : « Ah ! qui est-ce qui nous vole ? »
Et lui, en se
riant de son sommeil frivole,
Lui disait : « Personne,
grand-mère ; nul n’est venu. »
Chaque jour se
contentant d’un louis d’or menu,
Ils étaient
toutefois heureux de leur pactole,
Et la grand-mère
cachait pour Jean ses pistoles.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 8 février 2015
Conte: Jean des Merveilles (Partie II)
CONTE: JEAN DES MERVEILLES (PARTIE II)
II. De quelle manière Jean tira ses camarades d’affaire,
grâce à sa coque de noix
Jean marcha
encore, de son chemin instruit,
Avec les autres ;
ils virent une marchande de fruits,
Une fois à l’assemblée,
et ils lui achetèrent
De bonnes noix
qu’avec délice ils grignotèrent.
Jean ouvrit une
avec son couteau et tira
Ce qu’il y avait
dedans, et quand il l’aspira,
Sans qu’il ne
réfléchît, alla jeter la coque.
La vieille
marchande qui portait des loques
Lui dit : « Ne
jette pas ta coque de noix. » « Je
veux bien,
Lui répondit
Jean, mais elle n’est plus bonne à rien,
Car j’ai mangé
ce qu’il y avait dans ses entrailles. »
« Ramasse-la,
dit la marchande. Tu me railles ?
Ne sais-tu pas
que tu pourras lui commander
Ce que tu
voudras, et même lui demander
De te rendre
invisible ou te rendre riche ? »
Incrédule, il
mit la coque, qu’il croyait chiche,
Dans sa poche, et
alla encor se promener
Avec ses
camarades, et semblait les mener.
Ils passèrent
une journée des plus agréables ;
Au moment de
partir, les petits diables
Virent que la
rivière qu’il fallait traverser
Avait bien
débordé, comme pour les farcer,
Et à un lac
était devenue pareille.
Embarrassés, ils
en avaient sur l’oreille,
Et bien qu’ils
fussent hardis, aucun n’y mit son pied.
Un garçon s’écria,
qui était fort inquiet :
« Ah !
c’est cette sorcière qui de nous se venge !
Nous l’avons
insultée et couverte de fange,
Nous avons été
bien méchants, en vérité,
Et contre nous
son cœur est resté irrité.
Cherchons-la,
mes amis, faisons-lui des excuses. »
« Ce que tu
racontes, dit un autre, m’amuse,
Car peu de
sorcières possèdent un tel pouvoir
Pour enchanter
les eaux et les faire mouvoir. »
Jean leur dit de
se taire, songeant au problème
Calmement, alors
que ses amis étaient blêmes.
Il pensa tout à
coup à sa coque de noix,
Et se dit : « Ah !
nous serons tous bien benoîts
Si je n’ai pas
été moqué par la marchande !
Eprouvons cette
coque, il faut que je lui demande
De nous sauver. »
Il la mit à l’eau et somma :
« Coque de
noix, deviens un navire aux beaux mâts
Et fais-nous
tous passer. » Ses camardes virent,
Etonnés et
joyeux, apparaître un navire,
Et passèrent à l’autre
côté sans nul hasard,
Grâce à ce
vaisseau plus rapide qu’un busard
Auquel Jean
commanda, de sa demeure proche,
De redevenir
coque, qu’il cacha dans sa poche.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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