|
la sirène en colère
Sirène
courroucée qui sort des ondes
Et veut que tout
périsse dans la mer,
Le Coronavirus
échevelé gronde
Et rit des
matelots accablés de fers ;
Pareils à des
étoiles, dans l’ombre,
Ses yeux brillent,
comme toutes ses dents,
Et il erre dans
le monde sombre
Des Furies
portant les flambeaux ardents.
Dans les maisons
il chante avec patience :
« Que tout
périsse, sinistres humains !
La civilisation
et la science !
Hier, c’est
aujourd’hui et demain !
Aucun Ulysse
ici-bas ne me dompte,
Je casse le
verre de vos esprits,
Vos morts et vos
mourants, je les compte,
Et je compte vos
larmes et vos cris !
Périssez, c’est
votre raison de vivre !
Plongez dans l’immense
gouffre béant !
De vos exquises
douleurs je m’enivre
Et je vais vous
envoyer au néant ! »
Il chante sa
chanson infernale
Et disparaît
dans les profondes eaux,
Puis répète sa
rime finale,
Pareil à un
ténébreux oiseau.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
|
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
Affichage des articles dont le libellé est sirène. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sirène. Afficher tous les articles
lundi 23 mars 2020
La Sirène en colère
Publié par
Mohamed Yosri Ben Hemdène
à
23:28
0
commentaires
Libellés :
blog,
colère,
Coronavirus,
mort,
muse,
poème,
poésie,
sirène,
soupirs,
tunisie,
vie
mardi 21 mai 2019
Le crâne de la sirène
|
le crâne de la sirène
Je nage souvent
dans ma propre vie
Comme dans un
ténébreux océan
Dont le fond est
plein de débris géants,
De doux billets
et de lettres suivies,
D’épaves de
romans et de poèmes,
Restes se
décomposant lentement
De mes fausses
couches et avortements,
Créatures difformes
que j’aime ;
D’épées cassées,
de vieilles armures,
De boucliers où
pousse le corail,
De factures et
de contrats de bail
Et de statues
périmées et impures.
Jusqu’au fond
que le souvenir pollue ,
En retenant mon
souffle et en rêvant,
Dans ma propre
vie je nage souvent.
Combien de
choses écrites et lues !
Combien de
choses qu’on distingue à peine !
Ma vie, c’est
donc ce sale dépotoir
Où mes jouets d’enfants,
que je peux voir,
Sont avec le
crâne d’une sirène.
La vie est un
océan où on passe,
Et nous sommes
tous des nageurs amers !
Nos rêves sont
morts au fond de la mer
Qui les jette
partout et les casse.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
|
mardi 3 mars 2015
Conte: La Sirène de la Fresnaye (Partie IV)
CONTE: LA SIRÈNE DE LA FRESNAYE (PARTIE IV)
IV. Ce qui arriva quand le sabotier et sa famille
virent la Sirène de la Fresnaye une deuxième fois
Ils ne virent point la Sirène un an
entier ;
La bourse cependant du pauvre sabotier
Diminuait, et plus elle devenait légère,
Plus il songeait à la Sirène passagère.
Souvent il s’en allait, le cœur sombre
et amer,
A l’endroit où il la vit, au bord de la
mer,
En promenant les yeux et prêtant l’oreille
Pour retrouver cette beauté sans
pareille
Sur les mêmes vagues que jadis elle
hantait.
Un jour, la famille l’entendit qui
chantait,
Ils accoururent, bien joyeux et bien
prestes,
Et virent la Sirène lumineuse et chaste ;
Tout rayonnait autour d’elle et était
vermeil,
Et la mer brillait comme un rayon de
soleil.
Quand elle fut à une petite distance,
Le sabotier lui dit : « Pour
ta douce constance
Nous te remercions et sommes
reconnaissants.
Tu n’as point fui, bonne Sirène, en nous
laissant,
A toute tes promesses tu demeures fidèle
Alors que pour partir tu n’as point
besoin d’ailes,
Et j’espère que je ne te prierai pas en
vain
De m’aider, car je n’ai plus ni argent
ni pain. »
« Bientôt, vous n’allez plus manquer
de ressources,
Dit la Sirène, et je vais remplir votre
bourse. »
Elle déplia ses nageoires et battit l’eau
Et elle envoya au rivage un heureux flot
D’or et d’argent, suivi bientôt par un
deuxième.
« Vous vivrez heureux, toi et ta
femme que tu aimes
Et tes deux enfants, grâce à tout cet or
pesant.
Moi, je m’en vais chercher des flots
plus reposants,
Emploie bien ton argent, sabotier. Sur
ces ondes
Tu ne reverras plus ; je pars pour
l’Inde. »
Dit la Sirène qui s’éloigna sans tarder.
Toute la famille fut à la regarder
Et à la saluer, les yeux emplis de
larmes.
Jamais on ne revit la Sirène aux doux
charmes,
Et dans la baie de la Fresnaye nul n’entendit
Ses charmantes chansons qu’elle chantait
tandis
Qu’elle emplissait tout le rivage de
lumière,
Et qui étaient aussi douces que des prières.
[FIN DU CONTE: LA SIRÈNE DE LA FRESNAYE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
|
lundi 2 mars 2015
Conte: La Sirène de la Fresnaye (Partie III)
CONTE: LA SIRÈNE DE LA FRESNAYE (PARTIE III)
III. Libérée par le sabotier et sa femme, la Sirène
de la Fresnaye tint sa promesse
« Alors, qu’en penses-tu ? »
Demanda Olérie
A son époux. « Ramenons-la en mer,
ma chérie,
Pourquoi la faire mourir ? De sa
sincérité
Je ne doute point, et elle dit la
vérité,
Répondit-il. Cette Sirène est gentille
Et innocente comme notre petite fille,
Ce serait dommage qu’elle meure
cruellement,
Et nous regretterions sa mort éternellement. »
Ils prirent le panier et portèrent
ensemble
Aux ondes où elle était la Sirène qui
tremble
Et l’y plongèrent sans faire de
conditions.
Maintenant sûre de ne plus être en
perdition,
Elle rit bruyamment en sentant l’eau
fraîche
Et dit au sabotier, sans lui faire de
prêche :
« Pour te faire plaisir qu’est-ce
que je ferais ? »
Il répondit : « Pas grand
chose ; je désirerais
Du pain, du poisson et des habits plus
propres,
Car il ne nous reste plus une seule câpre,
Et l’hiver approche, et nous aurons bien
froid. »
« Je t’apporterai tout cela à cet
endroit
Le lendemain. » lui promit la belle
Sirène.
« Je voudrais, poursuivit-il, une
autre étrenne
Que tu nous ferais par bonté ; il
est urgent
Que je paye mon maître, et je n’ai plus
d’argent. »
La Sirène ne dit rien ; avec ses
nageoires
Elle battit l’eau plus claire qu’une
moire,
Et des gouttelettes il jaillissait de l’or
Et qui tombait aux pieds du sabotier
alors.
Toute la grève en fut rapidement
couverte.
« Cette fortune est à vous et vous
est offerte,
Dit la Sirène, et vous pouvez la
ramasser. »
Ils le firent tous et ne pouvaient se
lasser
De remercier la bonne Sirène, retournèrent,
Les poches remplies d’or, chez eux, et
se bornèrent
A attendre sagement venir le lendemain.
Le sabotier, le jour suivant, prit le
chemin
De la mer, et avec sa femme ils
attendirent.
La Sirène chantait et ils l’entendirent,
Elle s’approcha d’eux en glissant sur
les flots,
Et de ses nageoires frappa doucement l’eau :
Une grosse vague déferla sur la grève
Et puis se retira, éphémère comme un
rêve,
En laissant aux pieds du sabotier charmé
Et de son épouse, un grand coffre bien
fermé.
La Sirène sauta sur l’eau trois fois
ensuite,
Et dit au sabotier : « Je
ne prends point la fuite
Et je vous aiderai quand vous en aurez
besoin.
Dans ce coffre fermé que voici j’ai pris
soin
De te laisser tout ce que tu me
demandes. »
Ce soir-là, toute la famille gourmande
Mangea à son gré. Ils trouvèrent des
vêtements
A leur taille, et avec un grand
contentement,
Chaque fois qu’ils revenaient au rivage,
ils pêchaient
Abondamment les bons poissons qui se
cachaient.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
|
dimanche 1 mars 2015
Conte: La Sirène de la Fresnaye (Partie II)
CONTE: LA SIRÈNE DE LA FRESNAYE (PARTIE Ii)
II. Comment le sabotier put capturer la Sirène, et ce
qu’il en fit
Le sabotier pensait au poisson
formidable
Dont le foyer était la mer insondable
Et dont il désirait à tout prix s’emparer,
Car à nul autre on ne pouvait le
comparer.
Un jour qu’il se promenait, seul, sur le
rivage,
Il vit, endormie, la Sirène sauvage
Qui, bercée par les flots, tout près du
bord flottait,
Alors que la brise doucement la
ballotait.
Il se mit à l’eau sans faire de bruit ;
sous elle,
Passant un panier sous la jolie
demoiselle
Qu’il emporta à terre, doucement, sans l’éveiller.
Le sabotier resta à s’émerveiller
De sa frêle beauté ; elle était de
la taille
D’un enfant de huit ans, d’une grâce
sans faille,
Son corps était blanc et ses cheveux
couleur d’or,
Et rien n’était plus beau que cette
belle qui dort
Et qui au lieu des pieds avait des
nageoires
Et une longue queue. « Ah ! Je
ne puis croire
Qu’une telle créature existe bel et bien !
Mon petit gars surpris n’a exagéré rien,
Dit le sabotier, c’est une chose
curieuse
Que cette Sirène charmante et radieuse. »
Il songeait ainsi en reprenant son
chemin,
Quand elle s’éveilla. « Sabotier
inhumain !
S’écria-t-elle, je dormais, tu m’as
surprise ;
Mais je ne t’en veux pas pour cette
traitrise,
Ramène-moi à l’eau et je te protégerai,
Et grâce à mes pouvoirs rien ne vous
affligerait
Toi, ton épouse, ton garçon et ta fille,
Et je veillerai sur toi et ta famille. »
« Non, répondit-il, bien qu’il ne
fût point méchant,
J’ai passé tant de jours te guettant et
cherchant ;
Je vais te porter à la maison tout de
suite,
Car si je te ramène tu prendras la
fuite.
Tu n’es point une femme et tu n’es point
poisson !
Quand tu auras chanté une de tes
chansons,
Je te ramènerai si ma femme chérie
Le veut. » Il appela sa femme : « Viens,
Olérie !
Amène les enfants ; je viens de
capturer
La belle Sirène, et qui m’a conjuré
De la laisser partir. Mais avant, qu’elle
chante. »
La femme accourut ; elle n’était
point méchante,
Mais elle dit : « Non, il
ne faut point y songer !
Ce poisson est trop beau, il faut le
manger. »
« Ah ! soupira alors la
Sirène, aux ondes
Je dois revenir, ou ne serait plus de ce
monde.
Si tu te nourris de ma chair, tu vas
mourir,
Et ton mari, comme tes enfants, vont
souffrir.
Je ne suis point poisson et je ne suis
point femme,
Je suis la Sirène de la Fresnaye,
madame.
J’exaucerai tous tes vœux, et tu dois
savoir
Que des antiques fées je possède le
pouvoir.
Si je reste ici, je ne pourrai point
vivre,
Et si vous me mangez, vous allez me
suivre.
Dépêche-toi donc à mon sort de
réfléchir,
Car si tu y consens, je puis vous
enrichir. »
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
|
samedi 28 février 2015
Conte: La Sirène de la Fresnaye (Partie I)
CONTE: La sirène de la Fresnaye (PARTIE I)
I. Ce que le fils et la fille du sabotier virent en
allant pêcher
Jadis à Saint-Cast, dans les bois de l’île
Aval,
Qu’il faut, pour parcourir, quatre jours
à cheval,
Vivait un sabotier aussi bon que pauvre
Avec sa femme et ses deux enfants, dans
leur havre,
Une petite hutte en terre qu’il bâtit
Au bord de la mer que la vallée aplatit.
Certains disent qu’on en voit encor les
restes,
Mais à les effacer le temps fut bien
preste,
Et les frêles foyers de ces bons
sabotiers
Ne demeurent point, en s’effritant, tout
entiers.
La famille n’était pas très riche ;
ils n’avaient
Que leur travail dont tous les quatre
ils vivaient,
Le mari creusait ses sabots, sa femme
aidait
Dans le grenier de cette hutte qu’il
possédait,
Le petit garçon et la petite fille,
Enfants laborieux d’une laborieuse
famille,
Le long du rivage allaient tous deux
pêcher.
Un jour que le petit garçon, dans les
rochers,
Etait à prendre un bon poisson bien
rebelle,
Il entendit tout à coup une voix fort
belle
Chanter mystérieusement un doux chant
mélodieux
Semblable au chant des anges
miséricordieux.
En regardant l’endroit il vit nager,
sereine,
En chantant sur les flots, une belle
Sirène,
Et autour d’elle la mer briller
tellement
Que la vue cédait la place à l’aveuglement.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
|
Inscription à :
Articles (Atom)





