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RE-l'éternelle histoire
D’après le poème « L’éternelle histoire » d’Anatole
Le Braz (1859 – 1926), duquel je ne garde ici que la première strophe.
Ils
avaient dit bonsoir aux femmes
En
train de coucher les petits ;
Et,
sur le dos mouvant des lames,
À
la brune, ils étaient partis.
La
mer a porté leurs voiles
En
marchant, sur son vaste dos,
Avec
la nuit et les étoiles
Elles
formaient un seul fardeau ;
« Pourvu
que la pêche soit bonne ! »
Se
disaient-il en souriant,
Et
le poisson qui rayonne
Jouait
dans la mer en fuyant,
Voilé
comme par des nuages
Par
les ondes de l’océan,
À
la fois soleil et mirage
Dans
l’oasis du néant.
Malgré
la tempête et l’onde,
Ils
sont braves, ces bons pêcheurs,
Et
ils aiment la mer qui gronde
Comme
une femme aime les fleurs !
Avec
leurs poissons et leurs rêves
Ils
reviendront, si Dieu le veut,
À
l’heure où le soleil se lève,
Fatigués
mais contents, chez eux.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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samedi 13 juin 2020
Re-L'éternelle histoire
mercredi 22 avril 2015
Conte: Du Prud’homme qui retira de l’eau son compère
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CONTE: DU PRUD'HOMME QUI RETIRA DE L'EAU SON COMPÈRE
Un pêcheur qui
était occupé à pêcher
Et de rentrer
chez lui voulait se dépêcher
Voit quelqu’un
tomber dans les flots, et il cherche
A l’accrocher
par ses habits avec sa perche
En faisant mille
efforts vaillants pour secourir
Cet homme qui
allait certainement mourir.
Il le sauve,
mais par malheur il lui crève
Un œil avec le
croc pointu. Jusqu’à la grève
Il conduit le
noyé gémissant de douleur
Qui était son
compère, et soigne le grouleur,
Le nourrit et
dans sa demeure le garde
Jusqu’à sa
guérison qui à venir tarde.
Celui-ci, au
moment même où il est sorti,
Et sans
remercier son vaillant sauveur parti,
Forme plainte
contre lui, de ses soins indigne,
Pour l’avoir
blessé. Le bailli leur assigne
Un jour où ils
doivent comparaître tous deux.
Chacun expose
ses raisons ; un fou hideux
Interrompt les
juges au moment de la sentence
Et crie comme un
pendard conduit à la potence :
« Assez,
messieurs ! La chose est simple à décider,
A être
équitables je veux bien vous aider :
Cet homme qui se
plaint avec ingratitude
Qui, à l’entendre,
me semble son habitude,
Eh bien !
Qu’il soit jeté à l’eau au même endroit
Et qu’aux
dédommagements qu’il souhaite il ait droit
S’il s’en retire ;
mais au cas où il y reste,
Récompensez cet
homme vaillant et modeste
Qui l’a sauvé,
pour le service qu’il a rendu. »
Ce jugement,
trouvé juste, fut entendu.
Mais le noyé, de
peur de périr dans les ondes,
Se désista
bientôt de sa sombre demande.
C’est temps
perdu, sires, que vouloir obliger
Un ingrat, et il
va alors vous affliger.
Sauvez un
larron, et votre récompense
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lundi 30 mars 2015
Conte: Le Château suspendu dans les airs (Partie V)
CONTE: LE CHÂTEAU SUSPENDU DANS LES AIRS (PARTIE V)
V. Comment le pêcheur sauva sa princesse, et de
quelle manière son ravisseur fut châtié par le roi
La femme du pêcheur était à sa fenêtre,
Innocente comme l’enfant qui vient de
naître ;
Apercevant son mari appelé par le
devoir,
Elle le reconnut, heureuse de le voir,
Car elle l’aimait bien, et elle était
ravie
Par un homme cruel qui menaçait sa vie
Et qui jurait, pour la fléchir, de la
tuer.
Elle s’empressa donc, de loin, de saluer
Son époux, et lui dit, sans être
entendue :
« En vous voyant, seigneur, mon âme
m’est rendue.
L’usurpateur, de tout mortel s’effarouchant,
Ne quitte jamais la tabatière ; en
couchant
Il la met, le fourbe, et ferme la porte,
Avant de dormir, sous son oreiller, de
sorte
Qu’on ne peut la prendre sans le
réveiller.
Je l’ai su en allant, mon cher, le
surveiller.
Sachez que je vous suis et vous serai
fidèle. »
Le pêcheur raconta tout ce qu’on fit d’elle
Au roi des Rats et des Souris, l’heureux
époux
De sa troisième sœur, avec un grand
courroux.
Après avoir songé à un stratagème,
Il lui dit : « Pour
sauver la princesse que j’aime,
Ordonne à un de tes sujets obéissants
D’aller dans la chambre pour fourrer,
roi puissant,
Sa queue dans sa bouche qui sera
entrouverte ;
Quand il toussera, ce qui causera sa
perte,
Et pendant qu’il sera assis sur son
séant,
Je reprendrai ma femme et mon château
géant
Quand je lui reprendrai enfin ma
tabatière. »
Sur le dos de l’aigle aux ailes altières
Le pêcheur revint au château, en apportant
Une souris avec lui et un rat sortant
Sa longue queue, noire comme une vieille
enclume,
En venant avec lui, de ses blanches
plumes.
Quand le seigneur se mit à ronfler, bien
nourri,
Elle courut jusqu’à sa chambre, et la
souris
Lui fourra sa queue dans la bouche ;
mais courte,
L’homme la lui serra d’une façon si
forte,
Sans qu’il se réveillât, qu’il la fit
cuiter.
Le rat à la longue queue entra sans
bruiter
Et il fourra sa queue jusque dans la
gorge
De l’homme qui dormait comme un fer dans
la forge.
Il s’éveilla, cette fois, toussant et
crachant,
A moitié étranglé. Le pêcheur, se
cachant
Auprès du lit, prit sa tabatière
enchantée
Et l’ouvrit, par la fée obéissante hantée,
Qui lui dit : « Maître,
que puis-je pour vous servir ? »
« Transporter cet homme qui a osé
ravir
Ma princesse, ainsi que mon château
prospère,
Là où il fut, dans le jardin de mon
beau-père. »
Répondit le pêcheur. Et le château
allait,
Et dans le jardin du roi, face à son
palais,
Fut enfin posé et resta immobile.
Le roi, en le voyant, crut être débile
Et qu’il eut la berlue, mais il vit
arriver
Son gendre et sa fille chérie. Sans se
priver
De l’embrasser, ils lui racontèrent l’histoire,
La lâcheté du seigneur, du pêcheur la
victoire ;
Le roi fut bien joyeux et châtia l’amant
Qu’il fit écarteler par quatre chevaux
fumants.
Le pêcheur et sa femme vécurent sans
peine
Jusqu’à la fin de leur vie serein et
sereine,
Mais, de peur d’un nouvel accident, il
cacha
Sa tabatière qu’à son ventre il attacha.
[FIN DU CONTE: LE CHÂTEAU SUSPENDU DANS LES AIRS]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 29 mars 2015
Conte: Le Château suspendu dans les airs (Partie IV)
CONTE: LE CHÂTEAU SUSPENDU DANS LES AIRS (PARTIE Iv)
IV. Ce que le pêcheur fit pour retrouver son château
et la princesse
Quand il revint de la chasse avec son
beau-père,
Le pêcheur ne vit point son château
prospère,
Et de ne plus le revoir il était si
surpris
Que le pauvre époux en faillit perdre l’esprit.
Le roi entra dans une terrible colère,
Voyant que sa fille et le château s’envolèrent,
Et fit devant sa cour le serment
solennel
Qu’il ferait écarteler son gendre
criminel
S’il ne ramenait pas, en deux mois, sa
fille ravie,
Par quatre chevaux noirs qui lui
prendraient la vie.
Le pêcheur était bien triste ; mais
il pensa
Que ses puissants beaux-frères et qu’il
récompensa
Par les mains de ses sœurs qui n’étaient
point laides,
Pourraient le secourir et lui apporter l’aide.
Il se mit en route, donc, pour aller les
voir,
Et au roi des Poissons il fit d’abord
savoir
La sombre trahison et l’affaire
affreuse,
Quand il eut embrassé sa sœur, bien
heureuse.
Il demanda au roi s’il entendit parler
D’un château suspendu dans les airs. « Déferler
M’est familier, lui dit-il, depuis ma
naissance,
Et, hélas, je n’en ai point eu
connaissance.
Mais attends, je ne suis point, mon
frère, inconstant,
Et je pourrai te dire, je pense, en un
instant
Où il est, car la mer de mes sujets est
pleine. »
Il les assembla, de la puce à la
baleine,
Et il leur demanda s’ils avaient entendu
Parler d’un grand château dans les airs
suspendu ;
Ils répondirent, sans apporter de
lumières,
Qu’ils en entendaient parler pour la
première
Fois, et ne savaient point que cette œuvre
existait.
Seul un Marsouin chenu sans répondre
restait.
Le roi lui demanda : « Toi
qui es vieux et sage,
As-tu vu ce château dans l’un de tes
passages ? »
Le Marsouin répondit : « Non,
votre majesté,
Mais d’un aigle savant le souvenir m’est
resté,
Qui m’en a parlé et l’a vu dans ses
voyages,
En me disant que dans huit jours un
mariage
Y sera célébré, et qu’on y a amené
Tant de viandes, qu’il en est encore
étonné,
Et qu’il n’avait jamais mangé autant,
maître. »
Le roi le remercia. Qu’on avait vu le
traître
Il dit à son beau-frère, qui sortit de
la mer
Et alla parler au roi des Oiseaux, amer,
De l’aigle, du château et de la
princesse.
Le roi, indigné de cette grande bassesse,
Réunit ses sujets et les interrogea
Au sujet d’une fille de roi qu’on
relogea
Et d’un château qui est suspendu aux
nuées.
L’aigle répondit : « Loin
des ondes remuées
Par le vent, à mille lieues, voyageant
alors,
J’ai vu ce château qui brille comme de l’or.
Dans huit jours, majesté, un roi y
célèbre
Un mariage, mais son épouse est funèbre,
Je ne sais pourquoi, car rien ne semble
plus beau
Que ce château qu’éclairent mille
radieux flambeaux,
Et la noce sera sans doute des plus
belles. »
« A mon commandement ne sois pas
rebelle,
Transporte cet homme au château »,
dit le roi.
« Volontiers, répondit l’aigle, à
cet endroit
Je vais le transporter, mais la route
est difficile
Et bien longue d’ici au royal domicile,
Et il me faut manger pour pouvoir
accomplir
Ma mission. » Pendant la nuit, on
vit se remplir
Le château de bouchers laborieux, qui
purent
Nourrir l’aigle jusqu’au matin, et le
repurent.
Il s’envola avec le pêcheur sur les
flots
Où on ne voyait rien, hormis le ciel et
l’eau.
Mais comme ses forces peu à peu
faiblissaient,
Sur un rocher que les grandes marées
laissaient
A découvert, il mit notre pêcheur,
allant,
Pour qu’il se sustentât, au château en
râlant.
Le pêcheur resta sur le rocher. L’inquiétude
Emplissait son cœur dans cette solitude,
La mer montait, montait, et loin de ses
regards,
L’aigle avait disparu, et le bonhomme
hagard
Se mit debout, sur la pointe la plus
élevée,
Certain que ses heures étaient
maintenant achevées.
L’eau baigna ses pieds, son genou, et atteignit
Sa taille, sans que le danger ne
contraignît
L’aigle à venir. Quand l’eau lui arriva,
mortelle,
Jusqu’au menton, il le vit ; sa
joie était telle
Qu’il faillit en périr. Il vint à son
secours
Et le déposa dans la château, à la cour.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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samedi 28 mars 2015
Conte: Le Château suspendu dans les airs (Partie III)
CONTE: LE CHÂTEAU SUSPENDU DANS LES AIRS (PARTIE III)
III. De quelle manière le jeune pêcheur devint
l’époux de la princesse, et ce qui arriva ensuite
Cependant le père de la belle princesse
Fit publier à son de trompe, sans cesse,
Dans tout son royaume et aux pays
voisins,
Que celui qui pourrait remplir les
magasins
De plus de grains, serait l’époux de sa
fille,
La plus belle des femmes et la plus gentille,
Car la récolte était bien maigre, et ses
sujets,
Menacés de famine, expliquaient son projet.
Les prétendants étaient nombreux, et les
routes
De chargements de grains étaient emplies
toutes,
Ainsi que des navires dans les flots
rassemblés,
Immenses et dont la cale était remplie
de blé.
Notre jeune pêcheur était content
d’apprendre
La promesse du roi qu’il venait
d’entendre,
Et il se dit que sa tabatière pourrait
De la belle princesse dont il
s’énamourait
Faire de lui l’époux. « Je veux des
charrettes
Toutes chargées de blé, à voyager
prêtes,
Avec de bons attelages et de bons
charretiers,
Qui appesantiront le royaume
entier. »
Ordonna-t-il à sa vieille tabatière.
Tout cela vint, chargé de la précieuse
matière,
Et les routes furent couvertes de
chariots
Plus nombreux que les grains de sable et
les loriots.
Le pêcheur les amena au roi. « Il
me semble
Que vous avez plus de grains que ces
hommes ensemble. »
Lui dit le noble roi qui le nomma
vainqueur.
La princesse épousa son amant de bon
cœur,
Et comme il fut beau, elle n’en était
point marrie.
Pour plaire à son beau-père ainsi qu’à
sa chérie,
Il demanda à sa tabatière un château
Suspendu dans les airs, invisible aux
bateaux,
Par quatre chaînes d’or, immense et
prospère,
Au-dessus du palais de son royal
beau-père.
Il était magnifique, et rien n’était
pareil
A ce château aussi radieux que le
soleil.
Quand le roi le vit, il demanda à son
gendre
D’où vint cet édifice. « Cela va
vous surprendre,
Répondit le pêcheur, sire, mes ouvriers,
Qu’on ne voit pas et plus nombreux que
vos guerriers,
L’ont bâti cette nuit, pour que votre
fille
Soit à vos côtés, dans ce château qui
brille.
Venez, si vous voulez, maintenant le
visiter. »
Le roi embrassa son gendre, et sans
hésiter
Le suivit, bien ébloui de tout ce qui s’y
trouve.
Il dit à son gendre : « Ce
château me prouve
Que vous aimez ma fille, et j’en suis
fort content.
Venez chasser, nous ne resterons point
longtemps. »
Un prétendant, en leur absence, âme
rusée,
Aperçut dans un coin la tabatière usée
En visitant les lieux. Étonné de la voir
Dans ce château auguste, il l’ouvrit
pour savoir
Ce qu’il y avait dedans. La voix
féerique
Qu’il crut d’abord, surpris de l’ouïr,
chimérique,
Dit : « Pour votre
service, mon maître qu’y a-t-il ? »
Il répondit : « Soyez de
mon courroux l’outil,
Transportez ce château avec la princesse
A mille lieues d’ici. » Souriant
avec bassesse,
Il sentit le château bouger par son
devers
Et passer au-dessus des forêts et des
mers
Qu’il traversait, rapide, comme s’il
avait des ailes,
Obéissant à son commandement avec zèle,
Et s’arrêter enfin dans un pays lointain
Où il n’y avait âme qui vive, sombre et
hautain.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 27 mars 2015
Conte: Le Château suspendu dans les airs (Partie II)
CONTE: LE CHÂTEAU SUSPENDU DANS LES AIRS (PARTIE II)
II. Comment le pêcheur découvrit les vertus de sa
vieille tabatière, et ce qu’il en fit
Notre jeune pêcheur, quand il pensa tout
vain,
De son village et de son foyer se
souvint
Et de la mer qui lui fut souvent
généreuse
Même quand la pêche lui fut onéreuse.
Il reprit donc de son village le sentier
Retrouver sa cabane, reprendre son
métier
Et braver du destin la rude inclémence,
Mais quand il arriva, devant la mer
immense,
Il ne revit plus son bateau que prit
Mistrau
Et sa cabane était comme ces lieux
spectraux
Où personne n’entre et dont le mystère
effare.
Seuls son grappin restait et des bouts
d’amarres
Qu’il contempla avec peine, à moitié
pourris.
Il entra donc dans sa cabane, mal nourri
Et bien désespéré, malgré son courage,
Et fouilla dans les poches de son beau
cirage
En y cherchant quelque pièce de cent
sous,
Mais il ne trouva, par-dessus et
par-dessous,
Rien, hormis sa vieille tabatière
offerte
Par son beau-frère, et de cette
découverte
Mécontent, il allait la jeter dans un
coin
En pensant qu’il ne va pas en avoir
besoin,
Puis se ravisa en se disant que
peut-être
Il y avait du tabac. Dès qu’il l’ouvrit,
« Maître,
Lui dit une voix, vous ne serez point
trahi.
Pour votre service qu’y a-t-il ? »
Ebahi
D’entendre parler sans qu’il ne vît
personne,
A cette voix pareille à une enfançonne
Il dit : « Pour le
moment, sans vouloir chagriner,
J’aimerais une table avec un bon dîner. »
Aussitôt se dressa devant lui une table
Pareille à celle d’un grand roi
redoutable,
Emplie de pain, de viande, de café et de
vin.
Lui qui avait jeûné, de la voir il
devint
Fou de joie, et mangea avec
gloutonnerie.
Quand il n’eut plus faim et soif, avec
coquinerie,
Il ordonna d’être transporté à l’endroit
Où dormait cette nui-là la fille du roi.
Il s’éleva doucement au-dessus des
nuages,
Et par le vent porté fit un galant
voyage
Et fut bientôt sur un lit souple déposé
Où dormait la princesse au visage rosé,
Belle comme le jour, à la douce haleine,
Au souffle parfumé qu’on entend à peine.
Notre jeune pêcheur chastement la
couvrit
Et à l’aurore, pour s’en aller, il
rouvrit
Sa tabatière avant le réveil de la belle.
Il contemplait, pendant trois jours, sa
colombelle,
Et se faisait servir de somptueux repas.
De sa douce beauté il ne se lassait pas
Et il était épris de ses divins charmes,
Et s’en allait, pour ne point lui causer
d’alarmes,
Pareil à un voleur, aimant la
surveiller,
A l’aurore, laissant le jour la
réveiller.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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jeudi 26 mars 2015
Conte: Le Château suspendu dans les airs (Partie I)
CONTE: Le château suspendu dans les airs (PARTIE I)
I. Les trois seigneurs auxquels un jeune pêcheur
maria ses trois sœurs, et ce qui lui arriva par la suite
Un bon pêcheur,
jadis, n’avait pour seules mannes
Qu’un bateau,
ses filets et une cabane
Petite et qu’on
voyait qui contemplait la mer.
Mais notre
bonhomme n’en était point amer
Car il avait un
fils de bien bonne mine
Qui combattait
avec lui les jours de famine
En allant à la
pêche, et qui, lorsqu’il passait,
Entendait soupirer
quand sa froideur lassait,
Et trois jolies
filles presque du même âge,
Belles comme
leur mère et à son image.
Le pêcheur, bien
âgé, mourut ; son fils devint
Le chef de
famille, et le fardeau lui revint
De partir chaque
jour à la mer étonnée
Ramener à manger
à toute sa maisonnée.
Un jour qu’il
partait aux matinales lueurs,
Il vit à sa
porte trois augustes seigneurs
Qui lui demandèrent
à rester dans sa demeure
Pour se délasser
du voyage quelques heures.
Il les accueillit
et satisfit leur désir.
La beauté de ses
sœurs leur fit tellement plaisir
Que tous les
trois devinrent amoureux, prièrent
Leur hôte d’être
leurs époux, et se marièrent
Avec les beautés
qui dirent oui en rougissant.
Les trois
seigneurs étaient en vérité puissants,
Et chacun d’eux
était le roi d’un royaume :
Le roi des
Poissons était le premier homme,
L’autre le roi
des Rats, le dernier des Oiseaux,
Et ils étaient
tous les trois des mondamoiseaux.
Après la noce,
avant de quitter leur beau-frère,
A partir, d’abord,
les trois se préparèrent
Puis lui firent
chacun un présent : deux d’entre eux,
Qui lui
semblaient être plus bons et généreux
Que leur
confrère, lui offrirent des bourses
Pleines d’or,
alors qu’il avait peu de ressources,
Et de le
dernier, comme s’il n’était pas roi,
Ne lui offrit,
hélas, malgré son grand arroi,
Au lieu d’une
bourse, qu’une vieille tabatière,
Que le jeune
pêcheur, d’une âme trop altière
Pour lui en
demander l’utilité, cacha
Dans sa vareuse,
sans l’ouvrir, et sa fâcha
En pensant que c’était
une moquerie infâme
De ce roi riche
et qui prit sa sœur pour femme.
Les trois sœurs
partirent donc avec leurs maris.
Ennuyé, le
pêcheur s’en alla à Paris ;
Sa bourse bien
garnie et sa belle figure
Semblaient être
au jeune homme heureux de bon augure,
Il s’habilla
comme un bourgeois cossu, vivant
Sans qu’il ne
manquât de rien. Les jours se suivant,
Et comme il ne
comptait jamais ses dépenses
Et que la
jeunesse à demain jamais ne pense,
Il finit par
vider sa bourse, et fut chassé
De sa maison, et
comme un hère trépassé
Il fut oublié de
ses amis volages
Et il n’eut
droit qu’à leurs méchants persiflages.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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