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les choses fatiguées
Je revois la
licorne lasse
La corne cassée,
dans l’espace
Ne pouvant plus
jamais s’envoler,
Et remuant ses
deux flancs ailés
Comme la brise
un chêne immense !
Je revois les
fées de notre enfance,
Vieilles et
ridées par le Destin,
Qu’on ne convie
à aucun festin,
Chétives,
errantes, faméliques,
Portant leurs
baguettes magiques
Qui ont soudain
perdu leurs pouvoirs !
Il m’arrive
aussi de revoir
Les princesses
douces et altières,
Même les
méchantes sorcières,
Je m’en souviens
avec ravissement !
Et ces choses,
cruellement, doucement,
S’envolent sans
retour, éphémères
Comme les
charmantes chimères
De notre
enfance, du temps jadis,
Qui font rire
nos filles et fils !
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2210.
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vendredi 13 juillet 2018
Les choses fatiguées
mardi 24 avril 2018
Conte: Étienne l'Habile (Partie IV)
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CONTE: ÉTIENNE L'HABILE (PARTIE iv)
IV. Ce que fit Étienne l’Habile pour gagner la main
de la princesse
« Roi, je vous apporte ces si
chères dispenses,
Dit Étienne, et j’attends votre
récompense :
Maintenant honorez votre auguste serment
Et donnez-moi votre fille aux grands
yeux charmants. »
« Tu ne l’auras jamais, Étienne l’Habile,
Et je te conseille de nous laisser
tranquilles
Ou il t’arrivera certainement malheur
Et je pourrais te pendre aussi haut qu’un
voleur.
Voici, toutefois, ce que je te propose :
Prends autant d’or que tu peux en
porter. La chose
Est à ton avantage, et c’est mieux que
de mourir,
Car je n’ai que de l’or ou la mort à t’offrir. »
Étienne l’Habile sourit : « Je
serais bête !
Que votre volonté, majesté, soit faite. »
Et il appelle sans tarder Samson le Fort
Et le charge vite de cent grands
quintaux d’or
Qui ne lui pèsent pas plus qu’un coussin
de plume.
Le roi voit l’or partir avec amertume
Et il s’écrie : « C’est quoi
ce diable de géant ?
Il pourrait porter mon château comme un
néant !
Rends-moi mon or, Étienne et aie la
princesse ! »
« Je vois que vous tenez enfin
votre promesse,
Dit Étienne en souriant, reprenez tout
votre or,
Car il m’importe peu, et mon plus grand
trésor
Est votre fille aux beaux yeux, qui sera
ma femme. »
Étienne l’Habile, la joie dans l’âme,
Epouse la princesse, et ses cinq
serviteurs
Sont bien récompensés, s’en revenant dès
l’aurore
En portant une autre sur leurs chevaux
encore,
Chacun appesanti par des écus brillants,
Fort heureux, et content d’avoir été
vaillant.
[FIN DU CONTE: ÉTIENNE L'HABILE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 23 avril 2018
Conte: Étienne l'Habile (Partie III)
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CONTE: ÉTIENNE L'HABILE (PARTIE IIi)
III. Le mensonge du roi, et comment Étienne l’Habile
réussit à obtenir les dispenses du pape
Les voyageurs arrivent au château.
Étienne
Ne sait de quelle peau, nouvelle ou
ancienne,
Est fait le coffre, et perd rapidement
espoir.
Jean Fine-Oreille lui dit, faisant son
devoir :
« J’entends le roi parler avec la
princesse,
Et lui dire : d’une punaise qu’on
engraisse
Nul ne saura que ton beau coffre est
recouvert,
Car ils penseront tous, ces voyageurs
divers,
A de nobles bêtes : lions, tigres,
panthères. »
Ils repartent tous cinq, dévoilé ce
mystère.
Étienne l’Habile dit au roi : « Majesté,
Je sais de quoi est fait le coffre
convoité
De la belle et de la subtile princesse :
De punaise engraissée. Tenez votre
promesse
Et daignez m’accorder, roi, sa si
blanche main. »
« Soit, lui répond le roi. Tu as
fait du chemin
Et il va falloir en faire encore, pour
elle.
Va à Rome d’abord, à Rome l’éternelle,
Pour des dispenses du pape. » Les
étrangers
Y vont, mais le roi fait mander un
messager
Et lui dit en secret : « Ce
mariage m’offense,
Dis au pape de ne pas donner les
dispenses. »
Jean Fine-Oreille a tout entendu,
cependant,
Et dit à Étienne l’Habile, bien ardent
A le servir, toute l’affaire. Très vite,
Jean écrit une lettre au pape, l’y invite
A donner ses dispenses, et à
Chien-Lévrier
La confie. Avant le messager ouvrier,
Pourtant, Chien-Lévrier arrive, et le
pape
Donne ses dispenses. Le Bon-Viseur
attrape
Le pigeon qu’il envoie après pour
annuler,
Et les cinq se hâtent donc au château d’aller.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 22 avril 2018
Conte: Étienne l'Habile (Partie II)
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CONTE: ÉTIENNE L'HABILE (PARTIE Ii)
II. Les compagnons de voyage qu’Étienne l’Habile
trouva en route
Seul avec ses chevaux, Étienne prit la
route.
Sept lieues passées, il voit un homme
qui écoute,
L’oreille contre terre, et lui lance :
« Bonjour !
Que fais-tu là, l’ami ? Viens
faire un petit tour. »
« Monsieur, on m’appelle Jean, Jean
Fine-Oreille,
Répond l’homme étrange, j’écoute et je
veille,
J’entends ce que l’on dit dans le monde
des morts. »
« Jean Fine-Oreille, viens avec
moi. Tes efforts
Seront récompensés en m’aidant dans ma
quête. »
Jean se met alors sur l’une des cinq
bêtes.
Après sept autres lieues, les deux voient,
bien caché
Derrière une haie, un homme, un
chasseur, couché,
Qui tire des coups de fusil d’une main
sûre.
« Que fais-tu là, l’ami ? ».
Et l’homme murmure :
« Je suis Pierre le Bon-Viseur, et
aux roitelets
Qui sont là-bas, sur la montagne – et ça
me plaît ! –
Je tire tout le jour. » « Tu aimes
l’aventure,
Pierre le Bon-Viseur. A d’autres
créatures
Tu pourras peut-être tirer ; viens
avec moi,
Une récompense t’attend. » Et tous
les trois
Se remettent en route. Ils voient, sept
lieues passées,
S’entravant avec des cordes entrelacées,
Un autre homme étrange. « L’ami,
que fais-tu là ? »
« Je suis Chien-Lévrier, monsieur.
Et jamais las,
Je m’entrave avec des cordes, sourire
aux lèvres,
Pour ne pas être plus rapide que les
lièvres
Que j’aime bien chasser. » « Viens
avec nous, l’ami.
Si tu m’aides dans ma quête alors c’est
promis :
Tu auras une bonne et belle récompense. »
Ils repartent. Sept lieues après, dans
leur errance,
Ils voient un homme qui tord un chêne
puissant.
« Que fais-tu, mon ami ? » « Ce
chêne de cent ans
Je le tords afin d’en faire un lien. On
m’appelle
Samson le Fort. » « Samson, si tu te mets en selle
Pour moi, je te promets d’être
récompensé. »
Et les cinq voyageurs repartent, peu
pressés.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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samedi 21 avril 2018
Conte: Étienne l'Habile (Partie I)
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CONTE: Étienne l'habile (PARTIE I)
I. Ce qu’il fallait faire pour épouser la princesse,
et le départ d’Étienne l’Habile pour s’acquitter de la mission
Un roi avait une
fille qui inspirait l’amour,
Douce comme la
nuit, belle comme le jour.
Un dimanche, en
allant prier à l’église,
Une punaise qui
semblait d’elle éprise
Etait à son cou,
et la princesse la prit,
Elle l’enferma
dans un coffre et la nourrit,
La nourrissait
chaque jour, de telle sorte
Qu’elle devint
grande comme un chien et forte.
Gavée, elle
mourut à la fin, cependant.
La princesse,
triste à cause de l’accident,
Ecorcha la bête
et donna sa peau épaisse
Au tanneur, qui
n’en vit jamais de cette espèce,
Et qui la
prépara afin d’en recouvrir
Le coffre que
notre belle semblait chérir.
Le roi fit
trompeter, cela fait, que sa fille
Epouserait, de
haute ou de basse famille,
Le garçon qui
saurait à quelle belle était
La peau qui
recouvrait le coffre. On inventait,
Avec beaucoup de
noms on faisait sa prose,
On devinait,
mais sans jamais trouver la chose.
Trois ans se
passèrent. Tout le monde voulait
Epouser la
belle, et de l’énigme parlait.
Un garçon appelé
Étienne l’Habile,
A ses voisins
dit un jour : « J’irai à la ville,
J’irai au
château du roi, et je trouverai
Le nom de l’animal.
C’est moi qui épouserai
La fière
princesse, et devant vous je jure
De deviner le
nom de la créature. »
Les voisins d’Étienne
se moquèrent de lui ;
Le matin il
partit sous le soleil qui luit.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 20 avril 2018
Conte: Le Navire marchant sur terre (Partie VII)
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CONTE: LE NAVIRE MARCHANT SUR TERRE (PARTIE VIi)
VII. Les épreuves imposées par le roi, et comment le
jeune homme gagna la main de la princesse
« Jeune homme, tu auras ma fille,
dit le roi
Et à une dot de sept cents métairies
droit
Quand tu me montreras un homme capable
De lamper comme un peu d’eau et comme un
diable
Sept bordelaises de vin. » Sans
être irrité,
Le jeune homme répond : « Si c’est
la vérité,
Nous serons tous les deux contents. D’une
falaise
Je suis prêt à sauter. Où sont vos
bordelaises ? »
On les apporte. Alors le garçon va
chercher
Celui qu’il a trouvé seul en train de
mâcher
Son cep de vigne. Et le hère, sans qu’il
n’en meure,
Lampe promptement son vin en moins d’une
heure.
Le roi est stupéfait. « Jeune
homme, il faut aller
Trouver un bonhomme qui puisse avaler
La viande de sept bœufs dans une heure. »
« Il arrive !
Dit le garçon au roi, et tous les
convives
Voient venir un homme chétif et
nonchalant –
L’affamé qui rongeait un os de vache
blanc –
Il dévore en moins d’une heure toute la
viande,
Et même, après l’avoir mangée, en
redemande.
« Roi, dit le jeune homme de
patience s’armant,
Honorez maintenant votre premier
serment. »
« Ma fille ne veut pas de toi, et
elle baille
En entendant ton nom. » « Tu
mens ! Faisons bataille. »
Le roi mande tous ses soldats, pour cet
affront
Prêt à le châtier. Il va trouver le
bûcheron
Et l’homme au soufflet grand comme une
grande église.
Le bûcheron, avec sa hache et à la
surprise
Du roi, massacre tous les combattants vaillants ;
L’homme au soufflet se tient face à ses
assaillants
Et fait voler boulets de fer, balles,
pierres.
Le roi, désespérant de gagner la guerre,
Crie : « arrête, arrête !
Ne soyons plus ennemis !
Tu auras ma fille et aussi, comme
promis,
Sept cents métairies en dot ». Et
le soir même
Le jeune homme épouse la princesse qu’il
aime,
Et ils vivent longtemps, aussi riches qu’heureux,
Aidant tous les manants et tous les
miséreux.
[FIN DU CONTE: LE NAVIRE MARCHANT SUR TERRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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jeudi 19 avril 2018
Conte: Le Navire marchant sur terre (Partie VI)
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CONTE: LE NAVIRE MARCHANT SUR TERRE (PARTIE Vi)
VI. Les autres voyageurs, et le retour du jeune
homme au château du roi
Les trois voyageurs voient un bûcheron
qui porte
Sur son robuste dos, comme une chose
morte,
La moitié d’une coupe entière de forêt.
Le jeune homme commande au navire l’arrêt.
« Que fais-tu donc, l’ami ? » « Ma
marâtre me crie
Que je rapporte peu de bois, avec furie.
Elle me traite sans amour et sans pitié !
Alors j’ai décidé de charger la moitié
D’une forêt sur mon dos, bourreau de
moi-même,
Pour qu’elle me laisse enfin tranquille
ou m’aime. »
« Viens avec nous, l’ami, et tu
seras content. »
Reprenant leur chemin sans attendre
longtemps,
Les quatre compagnons continuent leur
voyage
Et voient un homme souffler vers les
nuages
Armé de son soufflet comme une église
grand.
Le jeune arrête son beau navire errant.
« Que fais-tu, mon ami ? »
« De quoi je me mêle ?
Pour chasser le mauvais temps ainsi que
la grêle
Qui pourraient emporter nos récoltes, je
viens
Souffler tous les matins et protéger les
miens. »
« Viens avec moi l’ami. » « Mais
j’ai fort à faire ! »
« C’est l’été, mon ami, et si tu le
préfères
Tu pourras revenir chez toi à tout
moment. »
L’homme monte avec eux, et bien
rapidement
Ils arrivent au château du roi. « Voyez,
sire,
Dit le jeune homme au roi, ce merveilleux
navire
Qui marche sur terre ; je vous l’ai
apporté.
Devant votre château il est en sûreté.
Maintenant honorez, roi, votre promesse :
Sept cents métairies et la main de la
princesse. »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mercredi 18 avril 2018
Conte: Le Navire marchant sur terre (Partie V)
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CONTE: LE NAVIRE MARCHANT SUR TERRE (PARTIE V)
V. Qui était en vérité le vieux mendiant, et ce qu’il
demanda au jeune homme de faire
« Jeune homme, commande, dit le
patriarche,
Ce Navire enchanté sera la deuxième
arche
Et il t’obéira au doigt et à l’œil
Ainsi qu’un serviteur zélé et sans
orgueil. »
Le jeune homme essaye : « Recule,
navire ! »
Il recule. « Navire, avance ! »
Un sourire
Aux lèvres, le navire avance. « Maintenant
Tourne ! » Et le navire
tourne. Alors s’étonnant
De tous ces prodiges, le jeune demande
Au vieil homme : « Qui es-tu ? »
« C’est moi qui commande
Tout ici-bas : la nuit et le soleil
radieux.
Je suis, jeune homme au cœur généreux,
le bon Dieu.
Ce navire est à toi et je te le donne. »
Le jeune homme se dit : « J’ai
donc fait l’aumône
Au bon Dieu ! » et il se
prosterne devant lui.
Dans son navire qui comme le soleil luit
Il monte, et le bon Dieu lui demande d’attendre
Et lui dit, tout au long de son chemin,
de prendre
Ceux qu’il rencontrera. Le navire, en
rêvant,
Part, aussi rapide que l’éclair et le
vent,
Et marche sur terre comme dans un songe.
Le jeune homme aperçoit un homme qui
ronge
Un cep de vigne, et qui semble affamé et
las.
« Navire, arrête ! » « Mon
ami, que fais-tu là ? »
« Je suis pauvre, et le vin est
bien cher cette année !
Je ronge alors ce cep comme une âme
damnée
Car il me rappelle le goût perdu du vin. »
« Viens avec moi, l’ami, ce ne sera
point vain. »
Ils voient, cent lieues plus loin, un
homme misérable
Qui ronge un os tout blanc, de vache,
comme un diable.
« Que fais-tu, mon ami ? »
« Hélas ! faute de mieux
Je ronge cet os, la viande est un bien
précieux
Cette année, trop précieux. Cela me
rappelle
Le goût de la viande, qui est tendre et
belle. »
« Monte avec moi, l’ami ». Et
les trois voyageurs
Continuent à errer, bien contents et
songeurs.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 16 avril 2018
Conte: Le Navire marchant sur terre (Partie IV)
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CONTE: LE NAVIRE MARCHANT SUR TERRE (PARTIE iv)
IV. Comment le troisième fils de la veuve réussit à
trouver le Navire marchant sur terre
Le dernier des trois fils dit : « Je
veux partir, mère,
Chercher le navire qui marche sur terre. »
Et il part sans tarder dès l’aube du
lendemain,
Avec son pain noir et son bâton à la
main.
Il s’assied au bord de la même fontaine
Que ses frères, et voit l’apparition
lointaine
D’un vieil homme qui vient lui dire : « Hélas,
hélas !
J’ai bien faim, j’ai bien soif, je suis
pauvre et très las !
Donne-moi à manger, jeune homme, je t’en
prie,
Pour l’amour de Dieu et de la Vierge
Marie. »
Le jeune homme sourit doucement : « Avec
plaisir,
Même si tu n’auras pas vraiment à
choisir !
Prends, pauvre homme, cette miche de
pain, et mange. »
« Sois béni par Dieu, par ses saints et
ses anges.
Non, toi, prends celle-ci. » Et le
jeune homme sort
Une miche de pain qui reluit comme l’or
De sa besace, aussi tendre que la rosée,
Et comme par magie est métamorphosée.
« Où vas-tu, jeune homme ? »
« Pour ne rien te cacher
D’un village lointain je viens ici
chercher
Le Navire du roi, qui marche sur terre,
Et pour cette raison matin et soir j’erre. »
« Jeune homme, dors ici et ne t’inquiète
point.
Ce Navire enchanté n’est pas de toi si
loin.
Repose-toi, à ton réveil, noble jeune
homme,
Tu seras bien content. » Il fait un
petit somme
Et quand il se réveille il voit, tout
ébloui,
Le Navire marchant sur terre devant lui,
Peint de toutes couleurs, avec d’énormes
voiles
De soie rouge, des mâts d’argent, des
étoiles
Au front, en bois radieux et aux
cordages d’or.
Il se frotte les yeux et croit qu’il
rêve et dort.
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 15 avril 2018
Conte: Le Navire marchant sur terre (Partie III)
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CONTE: LE NAVIRE MARCHANT SUR TERRE (PARTIE IiI)
III. L’échec du cadet des trois fils de la veuve
Le cadet des trois fils dit : « Ma
mère, demain
Je voudrais, à mon tour, aller par les
chemins
Chercher le Navire qui marche sur terre. »
A la pointe de l’aube il part, et il
erre
Son bâton à la main et, comme son aîné,
Le pain que sa pauvre mère lui a donné
Dans sa besace, prêt aux grandes
aventures
Et à braver toutes sortes de créatures :
Monstres, ogres...allant comme va le
destin.
Or pour déjeûner, à dix heures du matin,
Il s’assied au bord de la même fontaine
Qui a vu son frère aux paroles
hautaines.
Un pauvre hère passe et lui dit : « Ah,
j’ai faim !
Beau jeune homme, aide-moi, ou pour moi
c’est la fin.
Donne-moi à manger. » « Je n’ai
qu’une miche
De pain, et c’est pour moi. Va-t’en,
vieux derviche ! »
Lui répond rudement le jeune homme
furieux.
« Où vas-tu, jeune homme ? »
« Bien loin de toi, le vieux !
Je poursuis mon nez et mon cul le
pourchasse. »
« Ah, que tu es grossier ! »
« Par ici je passe
Car je veux trouver des quenouilles.
Maintenant
Va-t’en, ou mon bâton te rossera. »
Et tenant
Son bâton, menace le vieux mendiant fragile.
« Eh bien, tu trouveras des
quenouilles ». Agile
Et fort, le jeune homme se remet à
marcher
Pour trouver le Navire il est venu
chercher.
Comme son frère il est devant la
métairie
Et vaincu par la faim, implore, prie et
crie.
On le chasse et on lui jette en le
raillant
Une quenouille. Et le jeune homme
vaillant,
Mais rustre, après une courte vie de
sauvage
Avec ses quenouilles revient au village
Et dit à sa mère : « Que
la fille du roi
Cherche un autre mari ; ce ne sera
pas moi. »
[A SUIVRE]
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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