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samedi 30 novembre 2024

Point de vue sur un brouillard

POINT DE VUE SUR un brouillard

Le brouillard est sombre et plein de dangers.
C’est l’heure où les entités matinales
Chantent déjà leurs symphonies finales,
Venues soudain d’un pays étranger.

Le monde, appesanti d’un grand linceul,
Ne veut point s’éveiller, et la ville
Ressemble à une forêt tranquille
Où l’on n’ose pas, pourtant, aller seul.

L’ombre est implacable et elle est immense,
Le brouillard cache ce que l’on pense
Et cache également ce que l’on fait ;

La vie est comprimée dans son étreinte,
L’homme se perd dans son labyrinthe
Et semble marcher en portant des faix.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 6 janvier 2022

Cartes postales (17)

CARTES POSTALES (17)

Maints monstres gémissent dans l’ombre
De la forêt formidable et sombre
Qu’environne le profond brouillard,
Porte ouverte du foyer hagard
Des apparitions et des spectres !
La forêt est peuplée d’étranges êtres
Et de fleurs qui ne s’épanouissent pas,
Le calme y règne ainsi que le trépas,
La verdure y est ténébreuse et pâle,
On y entend parfois comme des râles,
Vestiges sonores d’un monde mort !
C’est un océan qui n’a pas de port,
Un firmament qui n’a pas de nuages,
L’esprit s’y envole et y voyage
Jusqu’à des contrées sans noms, librement ;
Ce sont des nuages sans firmament.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 8 octobre 2021

Cartes postales (2)

 CARTES POSTALES (2)

Comme un œil ouvert dans les ténèbres,
Celui d’un chat ou d’un fauve qui dort,
Le phare reluit sous le ciel funèbre
Pour montrer aux voiles perdues le port.

Il est debout sur sa montagne verte
Et semble attendre un être qu’il aimait,
Ou, la porte hospitalière et ouverte,
Quelque chose qui ne viendra jamais ;

Il est hanté de souvenirs, de spectres,
De murmures sourds, de parfums anciens,
Il est tout seul et n’a pas de maître :
Le ciel bleu, le brouillard blanc, et rien !

Il a la majesté des patriarches
Des beaux monuments et des rois bénis,
Il semble chercher lui-même une arche
Quelque part dans l’océan infini,

Attendre qu’une tempête l’emporte
Dans le brouillard calme et mystérieux,
Que le ciel s’ouvre comme une porte
Pour qu’il retourne, comme tout, à Dieu.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 28 avril 2020

Le souffle angoissant

Le souffle angoissant

Qu’est-ce que ce néant qui sort de nos œuvres
Comme d’un cadavre sort une lourde odeur ?
Sur nos pensées marchant, ô ces fragiles fleurs,
Nous cherchons, dans la mer des soucis, un havre,

Et nos questions, nos peurs, nos douleurs et nos doutes,
Plus ténébreux que le plus ténébreux hiver,
Et dans les chemins bleus et dans les chemins verts,
Forment un épais brouillard qui cache la route ;

Nous allons sans répit dans notre propre haleine,
Le souffle de la vie, le souffle de l’esprit,
Et l’étoile menue qui reluit et sourit
Nous semble aussi grande que la vaste baleine,

Nous errons dans notre souffle, soudain toxique,
Incommensurable mer aux mille poisons,
Qui change notre cœur et change les saisons
Comme la maladie la femme anorexique,

Nous posons des questions à la brume immense
Qui s’est appesantie sur nos cœurs écrasés
Par le grand flambeau de l’infini embrasés,
Romes victimes d’un Néron sans clémence !

Tout ce que fait l’homme a des airs de pourriture !
Le relent infini de nos vaines actions
Vient pour nous étouffer dans nos dérélictions,
Voile invisible qui nous cache la nature.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 20 avril 2020

L'irrésistible brouillard

l'irrésistible brouillard

Souvent, dans un brouillard dense
Comme la terre et comme l’or,
Je marche, je rêve et je pense,
Et mon âme devient un corps.

Ce brouillard songeur m’attire,
Sourire infini et charmant
Du ciel qui ne peut sourire,
À la fois boussole et aimant ;

Dans ce chemin que j’ignore
Avec délice je me perds,
Loin de la sublime aurore
Et libéré de tous mes fers

Que j’entends tomber dans l’abîme
En faisant un immense bruit,
Comme d’un arbre aux hautes cimes,
Quand le soir vient, de pesants fruits

Que fait voler le sombre orage.
Le brouillard, c’est le lourd parfum
De la Nature volage
Qui enivre mon cœur sans fin,

C’est l’infini qui s’évapore,
C’est l’haleine du néant,
C’est une errante métaphore
Et c’est un poème géant.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

dimanche 10 novembre 2019

La femme brumeuse

La femme brumeuse

Comme un spectre marche dans la brume,
Elle marche, le soir, dans mes souvenirs,
En me tendant, dans l’ombre qui fume,
Sa main blanche que je ne puis tenir.

Elle va dans la vapeur immense
Comme un rêve appesanti d’un linceul,
Et chaque fois qu’à elle je pense,
Elle apparaît, et je me sens plus seul,

Elle ne dit rien, mais me regarde
Fixement, comme on regarde un miroir,
Et moi je la vois, belle et hagarde,
Avec ses yeux plus que mon esprit noirs.

Son sourire vague et imperceptible,
Étoile orpheline, soleil d’hiver,
Est aussi beau qu’un amour impossible
Qui a bravé mille périls divers,

Le brouillard, qui est son auréole,
Me semble un parfum qui sort de sa chair,
Et son corps, avec ses formes molles,
Un nuage qui passe ou un peu d’air.

Elle reviendra demain, peut-être,
Dans un siècle peut-être ou dans un jour,
Brise qui entre par la fenêtre
Dans mon cœur plein d’ombre et empli d’amour.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 16 octobre 2019

Le brouillard de l'avenir

LE brouillard de l'avenir

Comme une grande vapeur menaçante
Cachant tout, même le soleil luisant
Et la nature vague et absente,
Notre avenir nous cache le présent.

Il s’appesantit sur le vaste monde
Et voile ce qui est radieux et vert,
Souffle qui sort de la forêt profonde
Du Temps essoufflé qui marche en hiver.

Notre vie, c’est Londres et sa grisaille,
Nous errons dans un pays étranger,
Et toute la création nous assaille
Avec ses éléments et ses dangers ;

La vie est vulnérable et exotique,
Oiseau qu’oppriment les nouveaux climats
Et qui rêve en vain de son île antique
Quand sur sa branche sèche il voit un mât.

L’avenir nous aveugle et nous pousse
Vers des mondes inconnus et nouveaux,
Pareils à de maigres et petits mousses
Qui dorment et s’éveillent sur leur vaisseau

Et qui voient parfois, debout sur leur voile
Et dans la paix auguste de la nuit,
Reluire un phare ou une étoile
Dont la lumière revient et fuit.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène