dimanche 10 novembre 2019

La femme brumeuse

La femme brumeuse

Comme un spectre marche dans la brume,
Elle marche, le soir, dans mes souvenirs,
En me tendant, dans l’ombre qui fume,
Sa main blanche que je ne puis tenir.

Elle va dans la vapeur immense
Comme un rêve appesanti d’un linceul,
Et chaque fois qu’à elle je pense,
Elle apparaît, et je me sens plus seul,

Elle ne dit rien, mais me regarde
Fixement, comme on regarde un miroir,
Et moi je la vois, belle et hagarde,
Avec ses yeux plus que mon esprit noirs.

Son sourire vague et imperceptible,
Étoile orpheline, soleil d’hiver,
Est aussi beau qu’un amour impossible
Qui a bravé mille périls divers,

Le brouillard, qui est son auréole,
Me semble un parfum qui sort de sa chair,
Et son corps, avec ses formes molles,
Un nuage qui passe ou un peu d’air.

Elle reviendra demain, peut-être,
Dans un siècle peut-être ou dans un jour,
Brise qui entre par la fenêtre
Dans mon cœur plein d’ombre et empli d’amour.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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