vendredi 8 octobre 2021

Cartes postales (2)

 CARTES POSTALES (2)

Comme un œil ouvert dans les ténèbres,
Celui d’un chat ou d’un fauve qui dort,
Le phare reluit sous le ciel funèbre
Pour montrer aux voiles perdues le port.

Il est debout sur sa montagne verte
Et semble attendre un être qu’il aimait,
Ou, la porte hospitalière et ouverte,
Quelque chose qui ne viendra jamais ;

Il est hanté de souvenirs, de spectres,
De murmures sourds, de parfums anciens,
Il est tout seul et n’a pas de maître :
Le ciel bleu, le brouillard blanc, et rien !

Il a la majesté des patriarches
Des beaux monuments et des rois bénis,
Il semble chercher lui-même une arche
Quelque part dans l’océan infini,

Attendre qu’une tempête l’emporte
Dans le brouillard calme et mystérieux,
Que le ciel s’ouvre comme une porte
Pour qu’il retourne, comme tout, à Dieu.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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