mardi 28 avril 2020

Le souffle angoissant

Le souffle angoissant

Qu’est-ce que ce néant qui sort de nos œuvres
Comme d’un cadavre sort une lourde odeur ?
Sur nos pensées marchant, ô ces fragiles fleurs,
Nous cherchons, dans la mer des soucis, un havre,

Et nos questions, nos peurs, nos douleurs et nos doutes,
Plus ténébreux que le plus ténébreux hiver,
Et dans les chemins bleus et dans les chemins verts,
Forment un épais brouillard qui cache la route ;

Nous allons sans répit dans notre propre haleine,
Le souffle de la vie, le souffle de l’esprit,
Et l’étoile menue qui reluit et sourit
Nous semble aussi grande que la vaste baleine,

Nous errons dans notre souffle, soudain toxique,
Incommensurable mer aux mille poisons,
Qui change notre cœur et change les saisons
Comme la maladie la femme anorexique,

Nous posons des questions à la brume immense
Qui s’est appesantie sur nos cœurs écrasés
Par le grand flambeau de l’infini embrasés,
Romes victimes d’un Néron sans clémence !

Tout ce que fait l’homme a des airs de pourriture !
Le relent infini de nos vaines actions
Vient pour nous étouffer dans nos dérélictions,
Voile invisible qui nous cache la nature.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

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