Affichage des articles dont le libellé est Sens. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sens. Afficher tous les articles

jeudi 27 mai 2021

Le sens d’un verset du Coran

 LE sens d'un verset du coran

Ceux qui font le bien, et que la pensée du jugement tient dans la crainte. (Coran, 23, 60)

Aïcha, la Mère des croyants, au Prophète
Demande une fois, le plus savant interprète
Du Coran : « Qui sont ceux dont notre Seigneur
A dit qu’ils font ce qu’ils font et de lui ont peur
Car ils retournent à lui à leur heure dernière ?
Sont-ils ceux qui, bien qu’ils fassent la prière,
Volent et boivent du vin ? » « Ce ne sont point ceux-là,
Fille du Véridique ! Et le Seigneur parla,
Dit le Prophète, de ceux qui font l’aumône,
Qui font la prière et qui font aussi le jeûne,
Et qui ont pourtant peur, tout en faisant le bien,
Que Dieu, qui sait leurs actions, n’en agrée rien. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 25 février 2020

L'Absurde escroc

L'absurde escroc 

À ce que nous faisons, à ce que nous sommes,
À notre joie d’être dans le monde des hommes,
À nos convictions ainsi qu’à nos erreurs,
L’Absurde vient voler le sens avec fureur.
Aigle du néant, il prend dans ses grandes serres
Les affections les plus pures et sincères,
Ceux qui nous sont chers et ceux qui ne le sont pas.
De rire de notre condition jamais las,
Il nous montre avec un grand sourire intime
Notre déréliction ainsi que notre abîme,
De pesantes portes qui n’ont pas de maisons,
L’inanité de la vie et de la raison,
La nullité de tout, et que l’existence
Est une punition, non une récompense ;
Il nous fait errer dans d’insondables chemins,
Il raille toutes les vanités des humains
Et tout ce qui fait croire à notre pauvre race
Qu’elle est supérieure aux autres et les dépasse !
Pendant notre sommeil et lorsque nous rêvons,
L’Absurde nous vole tout ce que nous avons,
C’est-à-dire l’espoir, et rit et nous regarde,
Comme à un voyageur on vole ses hardes
Qui marche dans la nuit, fatigué et tout nu,
Dans des sentiers errants, sous des cieux inconnus.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 15 janvier 2016

Les cinq sens

LES CINQ SENS


Entends-tu mon cœur qui soupire
Et emplit les lointains mystérieux ?
Si tu l’entends, d’où vient ce sourire
Sur ton charmant visage radieux ?

Vois-tu, noir vampire, mon esprit
Frapper, le soir, à ta porte close ?
Tu le vois, et pourtant tu souris,
Cruelle déité aux joues roses !

Sens-tu le relent de mon âme,
Escaladant le mont de l’azur ?
Tu ne le sens point, car ma flamme
N’est point sur ton front souriant et pur !

Bois-tu jusqu’à la lie, comme moi,
Le calice des amours défuntes ?
Car, indifférente à mes émois,
Tu as souri souvent sans feinte !

Caresses-tu, toi aussi, les cordes
De la lyre, ô, ma muse aux sept doigts ?
Divinité sans miséricorde,
Cesse de sourire, tu le dois ! 





Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

mercredi 6 mai 2015

Conte: Du Jongleur qui alla en enfer (Partie III)

CONTE: DU JONGLEUR QUI ALLA EN ENFER (PARTIE IiI) 

III. Comment se termina la partie que le ménétrier joua contre saint Pierre, et ce que fit Lucifer

Le ménétrier va, dans la chaudière immense,
Chercher quelques âmes, et la partie commence,
Pierre étale son or, et au bord du fourneau
Les deux jours s’assoient dans les gouffres infernaux.
Le saint gagnait toujours, malgré toute l’adresse
De son adversaire qui, sans nulle paresse,
Redoublait et même triplait tous ses paris,
Mais perdait toujours et en était fort marri.
Ne comprenant rien à cette infortune cruelle
Et qui lui était, plus est, perpétuelle,
Il s’étonna d’abord de sa dextérité
Puis se dit qu’il trichait au jeu en vérité
Car il ne pouvait perdre autant de fois de suite.
Il se fâcha donc de l’indigne conduite
De son adversaire, s’emporta, l’injuria
Et qu’il ne paierait point une âme lui cria.
Son adversaire lui dit qu’il n’était qu’un fourbe,
Ils se battirent et ils se prirent à la barbe,
Le saint était le plus fort et il le rossa.
De cette querelle bientôt il se lassa
Et proposa à saint Pierre une autre partie.
« Toutes les âmes de la chaudière sorties,
L’avertit le saint, n’y vont plus y revenir,
Car cette fois je ne vais plus me retenir
Pour te jeter dedans. » Chevaliers ou moines,
Roturiers ou princes, chanoinesses ou chanoines,
Le ménétrier lui jura qu’il choisirait
Parmi toutes ces âmes celles qu’il désirait
Et promit de payer, cette fois, sans traitrise.
A cette partie, à sa plus grande surprise,
Notre ménétrier ne fut pas plus heureux,
Et au jeu n’étant point toutefois un peureux,
Joua cent âmes, mille âmes, les perdit toutes,
Ce qui rendit le saint très content sans doute.
Certain de perdre face au prodigieux joueur,
Il se leva, disant qu’il lui faut un voueur
Pour gagner la partie, maudissant l’infortune
Qui sur terre comme en enfer l’importune.
Le saint, sans s’occuper de ses malédictions,
Alla sauver de leur éternelle affliction
Des âmes à la chaudière. Toutes les victimes
Criaient en l’implorant d’être magnanime.
Mais le ménétrier furieux y accourut,
Et comme jadis sur terre resté bourru
Et aventurier, il résolut sans attendre,
Dans sa folie, de tout gagner ou tout perdre.
Il proposa au saint, qui ne voulait pas mieux,
De jouer toutes les âmes, et l’apôtre vieux
Gagna encore et prit toutes ces âmes heureuses
Au paradis, loin de la géhenne affreuse.
Lucifer arriva quelques heures plus tard
Avec sa troupe, et fut courroucé et hagard
De voir tous ses brasiers éteints et livides
Et sa vaste chaudière devenue soudain vide.
Il appela le chauffeur : « Par mes scorpions et rats
Tu seras dévoré ! Qu’as-tu fait, scélérat ?
Où sont mes prisonniers ? Je ne vois nulle âme,
Prépare-toi à être embrasé par la flamme,
Je vais t’écorcher vif, et comme un bon repas
Te cuire, sans même t’accorder le trépas. »
Le ménétrier, qui tremblait de tous ses membres,
Conta à Lucifer toute l’affaire sombre
En accusant du sort la noire inimitié
Et en implorant de son maître la pitié.
« Quel est donc le butor qui à mon royaume,
S’écria Lucifer, a amené cet homme ?
Qu’on l’amène à son tour, il va s’en repentir. »
On lui amena donc, sans un instant ralentir,
Le pauvre diablotin. D’une verte manière
On l’étrilla ; jusqu’à son heure dernière
De ne plus se charger d’aucun ménétrier
Il jura. Quand on eut fini de l’étriller,
Le monarque ordonna : « Chassez d’ici ce hère,
Et votre châtiment sera des plus sévères
Si vous osez faire venir des musiciens.
Dieu peut le recevoir à l’éden. Il est sien
Car il aime la joie, et moi je l’abhorre. »
Le chanteur ne se fit pas prier encore,
Il se sauva et fut reçu au paradis.

Ménétriers, jongleurs, aucun ne vous l’a dit :
Réjouissez-vous, que le Diable vous emporte !
Ce ménétrier vous a fermé la porte
De l’enfer, et vous n’y serez jamais entrés
Grâce à cet homme que saint Pierre a rencontré.

[FIN DU CONTE: DU JONGLEUR QUI ALLA EN ENFER]


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 5 mai 2015

Conte: Du Jongleur qui alla en enfer (Partie II)

CONTE: DU JONGLEUR QUI ALLA EN ENFER (PARTIE Ii) 


II. Ce que saint Pierre, déguisé en vieil homme, convainquit le ménétrier de faire

Un jour Lucifer, las d’entendre les mêmes râles,
Pour qu’ils fissent ensemble une battue générale
Convoqua ses suppôts, et avant de partir
Appela le chauffeur, qu’il prit soin d’avertir
Qu’il devait se charger pendant son absence
De sa mission, et que la moindre licence
Qu’il accorderait aux captifs, ferait de lui
L’éternel repas de la flamme qui reluit.
« Sire, partez en paix. Que rien ne vous retarde,
Dit le ménétrier. Ils sont sous bonne garde,
Je ne me lasserai point de vous obéir
Et je fais le serment de ne point vous trahir. »
« Je le saurai, lui dit-il, si tu es traître,
De ces lieux que tu vois je suis l’unique maître,
Et donnerai l’ordre de te faire rôtir. »
Dès qu’il vit l’armée de démons enfin partir,
Saint Pierre, qui guettait patiemment l’heure
D’entrer sans souci à l’infernale demeure,
Y alla, en vieillard habilement déguisé,
Qui par le fardeau des années était brisé,
Avec une barbe blanche et la tête baissée
Et de longues moustaches qui étaient bien tressées.
Il accosta notre ménétrier : « L’ami,
Pour jouer aux dés ma mère au monde m’a mis
Bien qu’elle ne fût pas de mon sort avertie.
Il y a de l’argent. Veux-tu faire une partie ? »
Et il lui montra sa bourse emplie d’écus d’or.
« Je n’ai plus rien, lui dit le bonhomme, et je dors
En enfer, hélas ! je n’ai, pour seule mise,
Que cette loque qui me sert de chemise.
Ne me tentez donc point et partez, étranger,
Cessez, car je travaille, d’ainsi me déranger. »
Saint Pierre répliqua : « Tu as bien autre chose
A miser, et seul un brave joueur l’ose,
Ce sont ces jolies âmes de damnés que je vois. »
« Quoi ? s’écria le pauvre hère, baissez la voix !
Si Lucifer entend ce que vous osez dire,
Il nous fera rôtir tous les deux, plein d’ire.
Trouvez-moi quelque autre monnaie. » « Sombre idiot !
Repartit saint Pierre, aux néants primordiaux
Ton maître de chasser avait l’habitude,
Cinq ou six âmes sur une telle multitude
Sont invisibles. Allons, il ne va rien savoir,
Je mets vingt sous au jeu, et tu peux les avoir,
Regarde ces belles pièces toutes neuves !
Amène-moi des âmes de pauvres et de veuves,
Si je m’en vais, tu vas seul ici séjourner
Sans me voir plus jamais à ces lieux retourner. »
Malgré l’avertissement qu’il venait d’entendre,
Le ménétrier, qui avait peur de perdre,
Consentit à jouer quelques coups seulement
Et une âme à la fois, contemplant pâlement
Les dés, sans pouvoir y tenir. « Tope pour une,
Dit l’apôtre, mâle ou femelle, blonde ou brune,
C’est comme tu l’entends, je te laisse choisir,
Et tu peux en miser, mon bonhomme, à loisir. »

[A SUIVRE]


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

lundi 4 mai 2015

Conte: Du Jongleur qui alla en enfer (Partie I)

CONTE: du jongleur qui alla en enfer (PARTIE I) 

I. Comment un ménétrier alla en enfer, et la mission dont Lucifer le chargea

A Sens, jadis, vivait un doux ménétrier,
Bon garçon mais errant comme un aventurier,
Homme dérangé qui hantait les cavernes
Et qui dépensait tous ses sous à la taverne.
Gagnait-il quelque argent ? Vite il se déridait
A secouer les dés ou aux pots qu’il vidait.
Sans le sou, il mettait son violon en gage.
Aussi, déguenillé, n’ayant point de bagage
Autre que sa chemise, souvent même nu-pieds,
Par la bise ou la pluie comme aux manants il sied
Il allait, sur la tête un chapel de branches,
Demandant de mettre la semaine en dimanches
Au Seigneur tout-puissant, et cependant content.
Il mourut enfin et ne vécut point longtemps.
Un jeune diable, encore novice,
Qui cherchait une âme souillée par le vice
Depuis un mois, sans qu’il ne pût l’escamoter,
Vit notre violoneux, et de le ligoter
S’empressa, et joyeux, emporta son âme
Jusqu’à la géhenne rougie par les flammes.
A cette même heure, aussi fiers que des monts,
De la chasse revenaient de sinistres démons ;
Lucifer, sur la tête sa royale couronne,
Pour les voir arriver assis sur son trône,
Les attendait. Chacun d’eux à ses pieds jetait
Sa proie, et du poids de son fardeau haletait,
Il y avait des champions portant encor le heaume,
Des marchands, des voleurs et des gentilshommes
Et même des moines, tous poussant d’affreux cris
Et d’être les hôtes de Lucifer surpris.
Le noir monarque, dont l’âme est sombre et altière,
Fit jeter les captifs dans sa vaste chaudière
Quand il les eut d’abord tous bien examinés,
Puis il ferma la porte et sans être chagriné
Demanda s’il y avait encore du monde.
« Oui, répondit-on, un pauvre manant immonde
N’est toujours pas rentré. Il est fait comme un bœuf
Et c’est un pauvre idiot, bien simple et bien neuf. »
Le diablotin parut en ce moment même
Et le ménétrier déguenillé et blême.
Lucifer ordonna : « Ah ! approche, mon beau.
Es-tu voleur, espion ? Ou serais-tu ribaud ? »
« Non, sire, répondit-il, dans ma vie physique
J’étais ménétrier, et sur terre en musique
Je suis le plus docte, sans vouloir me vanter. 
Vous ne gagneriez donc rien à m’épouvanter,
Au lieu de me mettre au supplice, je propose
De vous égayer par des chansons non moroses. »
« Des chansons ! s’écria le cruel Lucifer,
Ce n’est point la musique qu’il me faut en enfer.
Vois-tu cette chaudière bien haute et bien large ?
De la faire chauffer, chanteur, je te charge,
Et, parbleu ! tu veilleras qu’il y ait toujours bon feu.
Si tu le refuses, tu y seras sous peu,
A te plonger dedans mes démons seront prestes. »
Notre homme se rendit aussitôt à son poste,
Content d’échapper à l’éternelle affliction,
Et s’acquitta comme il se doit de sa fonction.

[A SUIVRE]


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène