mardi 25 février 2020

L'Absurde escroc

L'absurde escroc 

À ce que nous faisons, à ce que nous sommes,
À notre joie d’être dans le monde des hommes,
À nos convictions ainsi qu’à nos erreurs,
L’Absurde vient voler le sens avec fureur.
Aigle du néant, il prend dans ses grandes serres
Les affections les plus pures et sincères,
Ceux qui nous sont chers et ceux qui ne le sont pas.
De rire de notre condition jamais las,
Il nous montre avec un grand sourire intime
Notre déréliction ainsi que notre abîme,
De pesantes portes qui n’ont pas de maisons,
L’inanité de la vie et de la raison,
La nullité de tout, et que l’existence
Est une punition, non une récompense ;
Il nous fait errer dans d’insondables chemins,
Il raille toutes les vanités des humains
Et tout ce qui fait croire à notre pauvre race
Qu’elle est supérieure aux autres et les dépasse !
Pendant notre sommeil et lorsque nous rêvons,
L’Absurde nous vole tout ce que nous avons,
C’est-à-dire l’espoir, et rit et nous regarde,
Comme à un voyageur on vole ses hardes
Qui marche dans la nuit, fatigué et tout nu,
Dans des sentiers errants, sous des cieux inconnus.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Mon avis sur cet article: