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La fête de la faux
Chaque jour est
une fête
Et un effroyable
festin
Pour la Mort,
paysanne bête
Qui se lève tôt
le matin
Pour couper son
blé, la main gauche
Et les gestes
maladroits,
Fauchant comme l’orage
fauche
Et sous ses
guenilles ayant froid.
Elle rit et elle
danse
Sur les cadavres
amoncelés,
Et raille notre
souffrance
Qui nous
condamne à l’appeler,
Elle frappe à
gauche et à droite
Et, blessée par
sa propre faux,
Elle crie :
« Allez, dans la boîte !
Mourez
maintenant, il le faut ! »
Elle trébuche et
elle tombe,
Marchant dans
son propre linceul,
Et elle envoie à
la tombe
La femme pâle et
l’homme seul,
Le rire idiot,
les dents luisantes
Comme des étoiles
sans noms,
Et portant sa
faux pesante
Qui à nos
chimère dit : non.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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mercredi 18 décembre 2019
La fête de la faux
vendredi 29 novembre 2019
Morne ballet
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morne ballet
Deux squelettes, main dans la main,
Dansent sur une tombe verte,
La bouche éternellement ouverte,
Ils rêvent et rient du genre humain.
Ils n’ont point de cœur ni de chair
Et sont libres et sans tendresse,
La mort les emplit de jeunesse
Et elle a brisé tous leurs fers,
Ils sont immortels et sont seuls
Ces deux danseurs ridicules
Qui jettent, dans le crépuscule,
Jusqu’à la lune leurs linceuls,
À l’heure où vient la sombre nuit,
Ils danseront sous les étoiles
En tournoyant comme des voiles
Que la tempête poursuit,
Ils tournoieront sur leurs tombeaux
Sans jamais avoir le vertige ;
Plus rien ici-bas n’afflige
Ces deux morts ridicules et beaux.
Jadis, ils étaient amoureux –
Leur passion était si forte !
Et ils sont morts. Peu importe !
Ils danseront et seront heureux.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mercredi 8 mars 2017
La danse de Salomé
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LA danse de salomé
Georges-Antoine Rochegrosse, Salomé dansant devant Hérode (1887)
Salomé, subtile comme un serpent qui rôde,
Danse lascivement devant son père Hérode
La contemplant, rêveur et charmé malgré lui,
Radieux soleil de chair qui se lève et reluit.
Frêle et plus puissante, pourtant, que la tempête,
Ce que Salomé veut, c’est une sainte tête
Qu’une jeune auréole appesantit soudain :
C’est celle d’un obscur prophète du Jourdain
Du nom de Jean Baptiste, ermite vivant seul
Et qui s’endort, la nuit, drapé de son linceul,
Buvant l’eau des sources, mangeant un peu d’herbe,
Tout habité par les mystères du Verbe
Et à qui l’on prête de ténébreux pouvoirs,
Pâle comme un mourant, maigre et qu’on peine à voir,
Homme qu’on a souvent pris pour du vent qui passe.
La danse continue, Salomé n’est point lasse.
Dans ses deux blanches mains elle porte des fleurs,
C’est une ivresse de parfums et de couleurs
Qui attendrit les cœurs impétueux des braves,
La musique jaillit des harpes des esclaves
Comme une source emplie d’un suave poison,
La cour est chancelante, elle perd la raison,
Le vertige monte, la bête parfumée,
Sur l’aile limpide de la sombre fumée
Des encens embrasés qui embrasent les cœurs,
Incommensurable, lumineux et vainqueur.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 14 novembre 2016
La danse de Zalongo
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La danse de zalongo
Ary Scheffer, Les femmes souliotes (1827)
Sur le mont de Souli, leur fier foyer,
Les Souliotes, crânes montagnardes
Qui ne verront plus leurs prés verdoyer
S’apprêtent à mourir, calmes et hagardes.
Vaincues par les farouches Ottomans,
Houle qui ploie tout et que rien n’arrête,
Elles insultent l’ennemi alarmant
Du haut de leur auguste retraite,
Et vont bientôt sauter dans l’Achéron
Et se noyer dans ses sombres ondes,
Pour aller, donnant l’obole à Charon,
Aux enfers d’Hadès, dans la nuit profonde !
Comme leur frère, le moine Samuel,
Elles préfèrent la mort à la honte ;
Nues, sans armes face aux guerriers cruels,
Elle descendront avant qu’ils ne montent !
Feu tombant tout à coup des vastes cieux,
Ali Pacha a saccagé l’Epire ;
Elles ne reverront plus leurs dieux
Et leurs chaumières où le feu expire ;
Elles contemplent, guerrières ailées,
Le cœur navré, avec zèle et douleur,
Ce qui reste de leur patrie brûlée,
Respirant sa fumée comme une fleur.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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