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La tempête
Ary Scheffer, La tempête (1820)
Un vieux, des épouses, des enfants et un
chien
Sont venus contempler les flots qui
gémissent,
Pareils à des spectres menaçants et
anciens
Qui, quand la nuit tombe, grondent et
grandissent !
Les femmes attendent leurs époux
laborieux,
Partis dès le matin, qui bravent les
ondes,
Victimes peut-être des sombres flots
furieux
Et perdus dans la mer immense et
profonde !
Sur chaque flot elles se penchent en
écoutant
Son rugissement lugubre, errant et
monotone,
Et guettent en tremblant, en rêvant et
en doutant,
Les cris de leurs époux dans l’océan
d’automne.
Les enfants, effrayés pour d’obscures
raisons,
Devant les sombres flots appellent leurs
pères
Pour qu’ils en sortent et qu’ils
reviennent à la maison
Caresser leurs têtes mignonnes et si
chères,
Et les fidèles chiens, qui ne peuvent
parler,
Font retentir en chœur leurs aboiements
sonores ;
Comme les flots voleurs ils voudraient
déferler
Pour sauver leurs maîtres partis dès
l’aurore.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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lundi 21 novembre 2016
La Tempête
mercredi 16 novembre 2016
Complainte d'une jeune fille
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complainte d'une jeune fille
Ary Scheffer, La plainte de la jeune fille (1827)
En
contemplant les flots flagellant les rochers,
Sa
tristesse obscure l’empêchant de marcher,
Une
jeune fille, assise sur le rivage,
Gémit
d’une façon monotone et sauvage.
Les
pieds et la gorge nus, de l’hiver tremblant,
Vêtue
d’une robe blanche ou d’un linceul blanc,
Elle
épouse le vent et attend ses caresses
Et
rêve avec douleur et avec paresse !
Il
vient et il s’en va, son bel amant brutal,
Le
pays de l’amour est son pays natal,
Et
sa pauvre amante, rêveuse et livide,
Sent
que le monde, empli de lui, devient vide,
Quand
il va caresser les grèves et les fleurs !
Ses
beaux yeux virginaux sont emplis de grands pleurs,
Et
son cœur est une coupe qui déborde,
Elle
laisse mourir sa jeunesse hagarde
Devant
ces flots grondeurs, profonds et gémissants,
Le
sein brûlant, emplie d’un feu sombre et puissant
Et
qui la ronge avec fougue et persévérance
Et
se repaît de ses sublimes souffrances !
Mais
elle reviendra, le lendemain, s’asseoir
Et
embrasser le vent, comme tous les soirs.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 14 novembre 2016
La danse de Zalongo
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La danse de zalongo
Ary Scheffer, Les femmes souliotes (1827)
Sur le mont de Souli, leur fier foyer,
Les Souliotes, crânes montagnardes
Qui ne verront plus leurs prés verdoyer
S’apprêtent à mourir, calmes et hagardes.
Vaincues par les farouches Ottomans,
Houle qui ploie tout et que rien n’arrête,
Elles insultent l’ennemi alarmant
Du haut de leur auguste retraite,
Et vont bientôt sauter dans l’Achéron
Et se noyer dans ses sombres ondes,
Pour aller, donnant l’obole à Charon,
Aux enfers d’Hadès, dans la nuit profonde !
Comme leur frère, le moine Samuel,
Elles préfèrent la mort à la honte ;
Nues, sans armes face aux guerriers cruels,
Elle descendront avant qu’ils ne montent !
Feu tombant tout à coup des vastes cieux,
Ali Pacha a saccagé l’Epire ;
Elles ne reverront plus leurs dieux
Et leurs chaumières où le feu expire ;
Elles contemplent, guerrières ailées,
Le cœur navré, avec zèle et douleur,
Ce qui reste de leur patrie brûlée,
Respirant sa fumée comme une fleur.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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dimanche 13 novembre 2016
Le jeune malade
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Le jeune malade
Ary Scheffer, Le jeune malade (1824)
Son frêle corps rongé par la fièvre
Comme un fruit immature par les vers,
Un poème inconnu sort des lèvres
Du jeune malade qui dit des vers ;
Le cœur empli d’une vague prière,
Il lève ses yeux troubles vers le ciel,
Vaincu par l’agonie meurtrière
Qui le torture avec son vin mortel
Gravissant son esprit vulnérable !
Sa mère, comme lui misérable,
Lui dit des douceurs pour le consoler,
Et maudit la maladie criminelle
En tenant sa main qui lui semble une aile,
Comme pour l’empêcher de s’envoler.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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samedi 12 novembre 2016
Les amours de Paolo et Francesca
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Les amours de paolo et francesca
Ary Scheffer, Les ombres de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta apparaissent à Dante et à Virgile (1855)
Les deux amants, dans leur éternelle étreinte,
S’envolent, emportés par le même tourbillon,
S’aimant, après la mort, avec tendresse et crainte,
Dans les sombres enfers, en tremblant des rayons ;
Leurs âmes d’un seul être épris sont les ailes,
Bien qu’ils soient exilés, qu’ils soient châtiés et seuls,
Paolo et Francesca s’enlacent avec zèle
Soupirant pour toujours dans leur profond linceul !
Francesca, la fille du seigneur de Ravenne,
Guido da Polenta, aima d’un tendre amour
Son beau-frère Paolo ; chose tendre et vaine !
Quand son mari jaloux assassina leurs jours,
Ils devinrent tous deux des ombres amoureuses,
Condamnés à errer jusqu’à la fin des temps,
Unis par la même caresse douloureuse,
Se croyant poursuivis, frissonnants et contents !
Les deux poètes les plaignent et les contemplent
Emus par leurs baisers et par leur châtiment,
Tandis que les amants qui s’adorent et tremblent
S’envolent sans repos dans le noir firmament
Et cherchent vainement un salutaire havre
Qu’ils ne trouveront pas dans la mer des enfers,
Victimes tous les deux d’un amour qui les navre,
Qui se délectent de leurs invisibles fers.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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