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samedi 10 juillet 2021

Salomon et le loup

 salomon et le loup

Nous avons donné la science à David et à Salomon. Ils disaient : Louange à Dieu, qui nous a élevés au-dessus de beaucoup de ses serviteurs croyants ! (Coran, 27, 15)

Deux femmes sont chacune avec son fils. Un loup
Vient, dévore l’un d’eux et s’en va. Sur le coup,
Chacune des femmes dit que l’enfant en vie
Est le sien, et qu’elle ne lui est pas ravie.
Elles décident de porter leur différend
Devant David, à qui il semble cohérent
Que la femme la plus âgée soit la mère.
Il se prononce en sa faveur. L’autre adhère
Au jugement rendu. Elles voient en sortant
Salomon, et ce qu’il pense leur important,
Lui racontent toute l’affaire. Le prophète
Ne doute pas de la sagesse parfaite
De son père, mais se montre plus créatif
Et sait son jugement donc interprétatif.
« Qu’on m’apporte un couteau, dit-il, je partage
Cet enfant entre vous. » Il obtient le suffrage
De la plus âgée, qui veut que cela ait lieu.
L’autre s’écrie cependant : « Que Dieu
T’accorde, Salomon, sa miséricorde !
Ne le fais pas ! Mettons fin à cette discorde :
Cet enfant est le sien. » Et Salomon comprend
Qu’elle est la mère, et il règle le différend.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mardi 1 juin 2021

Des femmes chez le Prophète

 des femmes chez le prophète

Ô croyants ! n’élevez point la voix au-dessus de celle du prophète ; ne lui parlez point avec la familiarité qui règne entre vous, de peur que vos œuvres soient vaines à votre insu. (Coran, 49, 2)

Omar ibn Al-Khattab demanda à entrer
Chez le Prophète, et il le trouva entouré
De femmes de Quraych, venues pour entendre
Ses conseils, mais qui sans se taire et attendre,
Parlaient en même temps, avec beaucoup de bruit.
Elles virent Omar et eurent peur de lui
Et se hâtèrent de se couvrir la tête.
« Vous osez me craindre plus que le Prophète,
Insensées ! » s’écria Omar. « On lui parlait,
Le Prophète n’est pas rude, mais toi tu l’es ! »
Répondit-on. Le Prophète se mit à rire.
« Que Dieu te rende heureux, dit Omar. Je soupire
De voir ces femmes me craindre plus que toi. »
« Ô fils d’Al-Khattab ! dit le Prophète, ta foi
Fait fuir le diable, et par le Maître de mon âme,
Jamais dans ton chemin ne marche cet infâme. »



Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 25 mars 2021

Salomon et ses cent femmes

salomon ET ses cent femmes

Nous laissons demeurer dans les entrailles ce qu’il nous plaît jusqu’à un terme marqué, et puis nous vous en faisons sortir tendres enfants. (Coran, 22, 5)

Le Prophète conta que le roi Salomon
Qui grâce à Dieu courbait les vents et les démons,
Dit, une nuit : « Je vais honorer mes cent femmes.
Chacune enfantera, courageuse et noble âme,
Un guerrier combattant dans le sentier de Dieu. »
L’ange qui descendait pour Salomon des cieux
Apparut, rappelant au grand roi de dire :
« Si Dieu le veut ». Mais le penser dut lui suffire,
Salomon oublia de prononcer ces mots.
Une seule de ses femmes, dans de grands maux,
Donna naissance à la moitié d’un homme.
Les autres restèrent malheureusement comme
Elles étaient avant qu’il n’allât les aimer.

« Par Celui qui tient l’âme de Mahomet !
Jura le Prophète, Salomon devait dire :
Si Dieu le veut. Cela seul allait lui suffire
Pour avoir cent fils preux, qui n’auraient pas eu peur
De combattre, comme lui, au nom du Seigneur. »


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 14 novembre 2016

La danse de Zalongo

La danse de zalongo

Ary Scheffer, Les femmes souliotes (1827)

Sur le mont de Souli, leur fier foyer,
Les Souliotes, crânes montagnardes
Qui ne verront plus leurs prés verdoyer
S’apprêtent à mourir, calmes et hagardes.

Vaincues par les farouches Ottomans,
Houle qui ploie tout et que rien n’arrête,
Elles insultent l’ennemi alarmant
Du haut de leur auguste retraite,

Et vont bientôt sauter dans l’Achéron
Et se noyer dans ses sombres ondes,
Pour aller, donnant l’obole à Charon,
Aux enfers d’Hadès, dans la nuit profonde !

Comme leur frère, le moine Samuel,
Elles préfèrent la mort à la honte ;
Nues, sans armes face aux guerriers cruels,
Elle descendront avant qu’ils ne montent !

Feu tombant tout à coup des vastes cieux,
Ali Pacha a saccagé l’Epire ;
Elles ne reverront plus leurs dieux
Et leurs chaumières où le feu expire ;

Elles contemplent, guerrières ailées,
Le cœur navré, avec zèle et douleur,
Ce qui reste de leur patrie brûlée,
Respirant sa fumée comme une fleur.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

dimanche 13 mai 2012

Aux grands-mères de la Patrie


Aux grands-mères de la Patrie


Ô, vaillantes amazones ! Chaque jour
Vous vous levez quand l’aurore se lève
Réveillées doucement de vos rêves
Par l’oiseau qui chante un poème d’amour !

Ployées éternellement par les fardeaux,
Dans les vastes champs et dans les usines,
Penchées sur une fleur ou une machine,
Le labeur courbe pieusement vos dos

Sur l’autel sacré du divin Devoir !
Vous ignorez, femmes rustiques et sages,
Le nom du président et votre âge,
Et quand après le matin vient le soir

Vous rentrez, lasses et radieuses, chez vous,
A vos petits-fils raconter des fables
Où des héros fiers et redoutables
Du vil Satan terrassent le courroux,

Et où le bien triomphe du mal
Et l’amour triomphe de la haine,
Et où l’on voit souvent des reines
Majestueuses et le front triomphal,

Embrasser des roturiers dans les bois !
Et vos enfants, la tête emplie de songes,
S’endorment en rêvant de voir un ange
Que seul l’homme dont le cœur est pur voit !

Ô, douces grands-mères ! Le ciel bénit
Votre amour et votre labeur blême,
Comme ces enfants la Patrie vous aime
Et elle entend vos soupirs infinis

Quand dans les ténèbres vous gémissez,
Appesanties par le fardeau de l’âge,
En pleurant votre jeunesse volage
Et en vous souvenant de vos trépassés,

Héros morts pendant la Révolution
Pour défendre l’honneur de la patrie
Qui, comme vous, pour ces vaillants prie
Et essuie vos larmes avec compassion !



Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 9 mai 2012

Un chant de mai


Un chant de mai


Ô, déesses ! Voici venir l’été
Propice à l’amour et la beauté !
L’hiver n’appesantira plus vos charmes
Avec ses fardeaux qui nous alarment !
Comme une rose aux pétales vermeils,
Votre beauté s’épanouit au soleil,
Et, caressées par les brises passagères,
Vos robes deviennent plus légères
Et de votre chair montrent la blancheur
Douce comme l’amour qui emplit nos cœurs !
Comme dans le paradis les âmes,
Dans les vastes rues errez, mesdames,
En éblouissant nos yeux déjà éblouis !
C’est pour vous que le firmament reluit,
Mai amoureux chante vos louanges !
Comme des ailes déployées d’un ange,
De vos chevelures qu’embrasse le vent
On voit des plumes blanches choir en rêvant !
Quand vous passez, vos parfums nous enivrent,
Et charmés, nous aimons à vous suivre
En vous chantant éternellement des vers
Et en vous montrant sans répit nos fers,
Car nous aimons, beautés souveraines,
Vos grâces sublimes autant que nos chaînes !

Ô, nous chantons vos rayons ; rayonnez
En passant devant nos yeux étonnés !
Emplissez de vos divines lumières
Le monde qui vous dit des prières !
Comme nous aimons vos charmes redoutés,
Soyez éprises de votre liberté
Et de votre beauté magnanime
Qui fait gémir vos heureuses victimes,
Proies blessées par les flèches de l’Amour
Qui vous bénissent, aurores de nos jours !



Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène