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deux épreuves de salomon David eut pour fils Salomon. Il fut un serviteur pieux et sincère. Un soir on lui avait amené des chevaux excellents ; ils couraient d’une si grande vitesse qu’à peine leurs pieds touchaient la terre. (Coran, 38, 30-31) Nous éprouvâmes Salomon, et nous plaçâmes sur son trône un corps informe. Salomon, pénétré de repentir, retourna à nous. (Coran, 38, 34) I Salomon, roi et de Dieu serviteur zélé, Contemplait, avant le soir, ses chevaux ailés Préparés au combat depuis la veille. Quand le soleil cacha ses lueurs vermeilles, Le grand roi s’écria, navré et étonné : « Du sentier de mon dieu ces biens m’ont détourné ! Je n’ai pas prié à l’heure de la prière ! Ramenez, serviteurs, ces chevaux à terre. » Aussitôt qu’on l’eut fait, le roi les immola. II Un démon malfaisant pour son pouvoir vola L’anneau de Salomon, et bientôt le traître Du royaume du roi devint le seul maître. Le démon usa de puissants enchantements Pour se faire passer pour le roi. Tristement, Salomon errait loin de sa nation altière, Et même les enfants lui jetaient des pierres, Renié par ses sujets, de tout dépossédé. Dieu voulait le punir car il avait cédé Quand il conquit Sidon, aux prières chagrines D’une femme dont il fit sa concubine. Cette femme implora longuement son époux : « Ô roi puissant, daigne m’écouter, et sois doux ! Certes, je t’appartiens, mais mon âme est amère, Je me languis de mon pays et de mon père ; Permets-moi donc d’avoir, dans mes appartements Une statue de lui. », et fit secrètement De cette statue son dieu, restée idolâtre. Salomon, ne pouvant démentir ni combattre Le ravisseur aussi invincible que lui, Loin de sa terre erra pendant quarante nuits. Des hommes pieux virent cette supercherie, Ils savaient les écrits saints et comment on prie Pour chasser les démons, et devant l’imposteur Récitèrent la parole du Créateur. Le vil démon s’enfuit alors loin du monde Et en volant il fit tomber dans les ondes L’anneau de Salomon. Un poisson l’avala. Or un brave pêcheur de bon matin alla Jeter son filet. Le roi était son hôte, Et il le connaissait. Il revient de la côte Avec le gros poisson où l’anneau est caché, Et l’ouvre et rend au roi ce qu’il n’a pas cherché. Salomon, de nouveau puissant, avec flamme Châtia le démon et châtia la femme. « Pardonne-moi, dit-il, ô Seigneur tout-puissant, Et que mon empire soit le plus florissant Qui fût jamais. Tu es le bienfaiteur suprême. » Dieu exauce toujours ses apôtres qu’il aime : Il donna à Salomon l’empire des vents Qui lui obéissaient et étaient ses servants, Dieu lui soumit aussi les démons, quand il parle Élevant des palais et pêchant des perles, Et d’autres qui étaient de chaînes accablés. Dieu lui dit : « Te voici de nos bienfaits comblé. Fais-en ce que tu veux : donne ou bien resserre. |
La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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lundi 16 novembre 2020
Deux épreuves de Salomon
mercredi 17 juin 2015
Conte: L'anneau enchanté (Partie IV)
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CONTE: L'ANNEAU ENCHANTÉ (PARTIE Iv)
IV. Ce qu’il advint de Milia, quand elle revint
vivre chez ses parents
L’aîné demanda : « Où est
la fée maudite
Qui nous a changés en boucs, sombre et
érudite ?
Car je veux la faire périr et nous
venger. »
« Elle est morte. Vous ne courez
plus de danger,
Lui répondit Milia, et j’ai sa puissance
Ainsi que toutes ses magiques
connaissances. »
« Qu’as-tu fait ? S’écria-t-on,
quels sont ces pouvoirs ? »
« Je ne puis vous le dire, c’est
mon sacré devoir.
Mais grâce à ces pouvoirs qui furent
bien sombres
Je vais rendre tous ceux qui sont ici
libres. »
Quand cela fut fait, tous vinrent
chaleureusement
Remercier Milia qu’on contemplait
rêveusement.
Le roi et la reine, généreux, lui
offraient
Des villes et des châteaux, et disaient
qu’ils souffraient
Volontiers qu’elle fût la princesse et
régnât
Après leur mort avec leur fils. Qu’on
lui daigna
Accorder cet honneur bien
reconnaissante,
Elle était toutefois suffisamment
puissante
Pour avoir tout ce qu’elle désirait
posséder.
Grâce à ses pouvoirs, pour encore les
aider,
Elle fit sortir de terre des carrosses
Somptueux et dorés, non par des rosses
Mais conduits par de fiers chevaux fort
vigoureux.
Elle-même en prit un, et ses parents
heureux
S’émerveillèrent de voir leur fille et
ses frères
En pareil équipage, eux qui
désespérèrent
De les revoir vivants, les attendant
longtemps.
« Notre fille est riche ! »,
se disaient-il, contents.
La chemise enchantée devint si crasseuse
Que Milia demanda à une rinceuse
De la laver, et au soleil on l’étendit
Pour qu’elle séchât. Un fripon entendit
Dire que la chemise était ensorcelée,
L’aperçut et la prit et elle fut volée.
On chercha bien longtemps le sombre
malfaiteur.
Triste, Milia mourut, et par le Créateur
Ses frères jurèrent, même au prix de
leurs vies,
De trouver le voleur et la chemise ravie,
De venger leur sœur et de le faire
mourir.
Mais ils eurent beau dans tout le pays
courir,
Ils ne le trouvèrent point, ce
misérable,
Et j’ignore moi-même le nom du coupable.
[FIN DU CONTE: L'ANNEAU ENCHANTÉ]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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Conte: L'anneau enchanté (Partie III)
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CONTE: L'ANNEAU ENCHANTÉ (PARTIE IiI)
III. Comment Milia sauva ses six frères charmés par
la méchante fée
Quand la fée vit Milia, elle lui laissa
choir
Son anneau enchanté, voulant aussi la
voir
Transformée en chèvre. Un oiseau aux
grandes ailes
Passa et l’emporta dans son bec avec
zèle ;
C’était celui qui fut par elle délivré
Et qui de la voir chèvre aurait été
navré.
« Pan ! Pan ! » « Entrez. »
Milia entra. « Il faut que j’aille,
Dit la maîtresse du logis, chercher
mangeaille
Pour mes bêtes, et aussi nous chercher à
manger.
Je suis bien contente de voir un
étranger !
Asseyez-vous, ma fille, car vous devez
être
Bien fatiguée. » L’oiseau frappa à
la fenêtre
Quand la vieille sortit. « Tes
frères sont charmés,
Dit-il à la fillette, dans la cave
enfermés.
Surtout n’accepte rien de cette fée
infâme
Qui est puissante et qui est méchante
femme,
Ou tu seras changée en statue. T’avertir
Je suis venu, Milia. Maintenant je dois
partir. »
Au même instant la fée entrait. Fermant
la porte,
Elle dit à Milia : « Ma
fille, j’apporte
Pour vous un vin exquis et un bien bon
gâteau
Qu’on peinerait à trouver même dans le
château.
Buvez-en et mangez-en, ces deux délices
Vous feront oublier la marche et ses
supplices. »
« Je n’ai besoin de rien, madame,
et mon désir
Est de dormir ici. Pour me faire plaisir
C’est tout ce que je veux, devant la
douce braise
De votre cheminée. » « Mettez-vous
à votre aise »,
Lui dit doucement la fée qui pensait
cependant :
« Cette fille-là est étrange ;
en l’entendant
On l’eût crue avertie. Il faut que je
frappe
Et il ne faut pas que ma victime m’échappe. »
Et elle alla chercher, cœur sombre empli
de fiel,
Un collier et des robes changeantes
comme un ciel :
« Prenez ces présents, ne soyez
point trop fière,
Car je veux vous être, ma fille,
hospitalière.
Ainsi dans le village on ne contera pas
Qu’on est venu chez moi sans manger un
repas
Et sans emporter de ma bienveillance un
gage. »
« Vous êtes bien bonne, et votre
noble langage
Me suffit. Sans vouloir ainsi vous
offenser,
Avec ces merveilles pourquoi récompenser
Une fille pauvre comme moi en errance ?
Ce n’est point que mon cœur soit plein d’indifférence,
Mais robes et collier seraient vite
gâtés,
Alors que ces présents eussent d’autres
flatté,
Par les buissons qu’il faut encor que je
traverse. »
Voyant échouer ses ruses, la fée
perverse
Montra à la fillette un bon sourire
aimant,
Cacha sa colère et dormit profondément.
L’oiseau revint frapper à la fenêtre
encore.
« Milia, dit-il, Milia, il faut qu’avant
l’aurore
Tu tues cette sombre fée, ou tu vas
périr
Toi et tes six frères que tu ne pourras
guérir.
Quand tu l’auras tuée, tu prendras sa
chemise,
Tu auras ses pouvoirs quand tu l’auras
mise. »
Milia se leva et sans faire aucun bruit
Prit un couteau sur la table, et comme
un fruit
A la méchante fée elle coupa la gorge,
Puis elle lui ôta sa chemise large,
Encore ensanglantée, dont elle se vêtit.
Son esprit s’éclaircit, et le monde
petit
Devint immense pour elle et vénérable,
Et elle comprit des mystères
impénétrables
Et de maintes choses les obscures
raisons.
Milia commença par visiter la maison
Avant d’éprouver ses pouvoirs, grande et
riche.
Elle vit deux statues placées dans une
niche
Qui étaient une reine et un roi
enchantés.
Milia descendit à la cave. Epouvantés,
Elle aperçut six boucs d’une affreuse
maigresse
Qui en la regardant criaient de
détresse.
Elle reconnut ses six frères adorés
Et leur sœur eut les yeux et le cœur
éplorés
En songeant au moyen d’annuler le
charme.
Elle se souvint tout à coup, malgré ses
larmes,
De ces mots : « Chemise,
tu m’obéiras
Et jamais, et jamais tu ne me trahiras. »
Qui étaient écrits sur la chemise
charmée.
En les disant elle pensait : « C’est
alarmée
Que je vois mes frères changés en boucs
hideux ;
Chemise, chemise, daigne avoir pitié d’eux,
Qu’ils redeviennent humains comme jadis
ils furent. »
Elle vit leurs cornes, affreuses
coiffures,
Tomber, et leurs pattes redevenir des
mains
Et des pieds, et ses frères à nouveau
des humains.
Sa joie fut immense. Ses frères l’embrassèrent
Car d’être sauvés un jour ils se
lassèrent,
Avec transports, en remerciant leur sœur
Qui les délivra de la mort, de tout leur
cœur.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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mardi 16 juin 2015
Conte: L'anneau enchanté (Partie II)
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CONTE: L'ANNEAU ENCHANTÉ (PARTIE Ii)
II. Les bonnes actions de Milia, et comment elle fut
aidée par une fée à trouver ses frères
L’un après l’autre,
les cinq frères alarmés
Comme leur cadet
en boucs furent transformés
Quand ils mirent
l’anneau que leur jeta la fée
Au doigt, de
vengeance sombrement assoiffée.
Milia, inquiète
pour ses six frères chéris
Qui s’étaient
égarés ou qui avaient péri,
Partit à son
tour. La jeune fille était belle,
Yeux bleus et
cheveux noirs, blanche colombelle
Qui dans son
village plaisait aux damoiseaux.
Chemin faisant,
la sœur rencontra un oiseau
Grand mais
prisonnier d’un buisson comme une cage
Et ne pouvant
sortir, malgré toute sa rage.
La jeune fille à
l’aide de son couteau coupa
Les ronces et
délivra l’oiseau qui s’échappa
En lui disant : « Merci,
Milia ; merci, ma douce. »
Elle continua sa
route. Sur la mousse
Elle s’assit, la
nuit tombant, pour délasser
Ses pieds et
manger un pain. Elle vit passer
Une pauvre femme
qu’appesantissait l’âge
Et qui employait
ses forces volages
A se traîner
durement, la marche l’épuisant.
Milia courut à
sa rencontre en lui disant :
« Appuyez-vous
sur moi, venez, ma bonne mère,
Manger avec moi
de mon pain éphémère
Et sous cet
arbre que voici vous reposer. »
Quand elle eut
dit ces mots, elle vit s’imposer,
Eblouie, au lieu
de la vieille misérable,
Une charmante
fée, d’autant plus vénérable
Qu’elle était
parée d’un magnifique collier
De perles fines,
et qu’on ne pouvait oublier
La splendeur de
sa robe bleue, toute d’or brochée.
Elle dit à
Milia, pour la voir approchée :
« Que
veux-tu, bonne fille ? J’ai de puissants pouvoirs
Et d’exaucer tes
vœux je me fais un devoir. »
Milia lui
répondit : « Je cherche mes frères
Qui dans ces mêmes
bois comme moi errèrent,
Et j’aimerais
savoir s’ils sont mort ou vivants. »
« Tes
frères vivent encor, mais toi, en les suivant,
Tu cours un
grand danger. Tu les as vus naître,
Mais tu ne
pourras pas, maintenant, les reconnaître.
Continue ta
route et va droit devant toi ;
Ils sont tous
enfermés sous le premier toit. »
Milia la
remercia. Elle marcha des heures,
Et la petite sœur
aperçut la demeure
De la méchante
fée. « C’est là que je trouverai,
Pensa-t-elle,
mes frères, et je les sauverai. »
Et elle hâta le
pas et frappa à la porte,
Attendant qu’on
ouvrît et effrayée certes.
[A SUIVRE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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Conte: L'anneau enchanté (Partie I)
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CONTE: L'anneau enchanté (partie i)
I. Ce qui arriva au petit frère de Milia et à ses
cinq autres frères
Quelques années
avant l’invasion sarrasine,
Allant chaque
jour à la forêt voisine
Chercher leur
nourriture, car pauvres et affamés
Et leurs parents
malades par le sort diffamés,
Il était six
frères et leur sœur, fillette frêle
D’une grande
beauté et bonté naturelle.
Un jour qu’ils
allèrent chercher, mais vainement
Des châtaignes
dans le bois voisin, soudainement
Le cadet arrêta,
pensif. « Pauvres hères
Que nous sommes !
dit-il. Las de cette misère,
Je veux aller
par le monde et m’aventurer
Pour faire
fortune. Je puis tout endurer,
Mais non la
pauvreté affreuse et inhumaine !
Je viendrai vous
dire au bout d’une semaine
Ce que j’ai pu
faire et ce qui m’est arrivé.
Adieu ; je
reviendrai et vous serez sauvés. »
Et le petit
partit, préférant l’errance
Et ses hasards
nombreux à sa sombre souffrance.
Il marchait
plusieurs jours comme par devoir,
Sans savoir où
aller, quand il finit par voir
Dans la forêt
une petite chaumière
Où il voyait
reluire une douce lumière.
« Enfin, se
dit-il, de ce voyage constant
Je vais me
reposer ici quelques instants
Pour boire et
pour manger une bonne croûte
Et pour me
délasser de cette longue route. »
« Pan !
Pan ! Pan ! Ouvrez-moi je vous prie ! » « Qui est
là ? »
« Un jeune
voyageur de voyager fort las. »
La maîtresse de
la maison le regarde,
Elle était fée,
et laisse comme par mégarde
Tomber son
anneau que le petit frère vit
Et ramassa et
mit au doigt, enfant ravi
De ce présent,
qui dit : « Ah ! l’anneau magnifique ! »
Mais aussitôt
son corps de poils horrifiques
Se couvrit, deux
cornes lui poussèrent, ses mains
Devinrent pieds
de bouc. Il n’était plus humain ;
« Bée, bée,
bée ! » faisait-il, mais à cause du charme
Il ne put
retrouver sa première forme,
La méchant fée
le lia et le mena
A sa cave, et un
peu d’herbe lui donna.
Ses frères et
Milia, sa sœur, pour lui s’inquiétèrent
Car il n’arrivait
pas, et les cinq se hâtèrent
D’aller à sa
recherche, et laissèrent leur sœur
Les attendre eux
aussi, priant avec douceur
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vendredi 12 juin 2015
Conte: L'anneau de la princesse (Partie II)
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CONTE: L'ANNEAU DE LA PRINCESSE (PARTIE Ii)
II. Ce que le jeune seigneur fit pour sauver sa
princesse et en devenir l’époux
Le cavalier et sa rapide monture
Voyagèrent longtemps, épris de l’aventure,
Avant qu’ils n’arrivassent au royaume
lointain
De l’aigle ravisseur et sombrement
hautain.
Ils atteignirent après sept jours de
voyage
Le bord de la mer. Nul vaisseau en
mouillage
N’était perceptible en ce rivage
oublieux.
Le royaume de l’aigle, qu’on voyait au
milieu,
Etait dans une île, hélas, inabordable.
« Comment parcourrons-nous la mer
insondable ? »
Demanda le seigneur à son cheval.
Marchons
Encore quelques jours et un marin
cherchons. »
Le cheval, sans rien dire à son maître pâle,
Partit sans s’enfoncer dans les ondes
fatales ;
Comme l’éclair rapide et en bravant les
flots,
Ils arrivèrent à l’île sans se mouiller
par l’eau.
On entendit des cris affreux et
sauvages,
C’étaient les aigles, de les voir dans
leur rivage
Fort mécontents. Sur eux, sans nul
discernement,
Ils tombèrent, frappant avec acharnement
De leurs becs les intrus qui foulaient
leur retraite
Qu’ils désiraient garder sans doute
secrète.
Mais le brave cheval, qui était
enchanté,
Les assaillit aussi sans être épouvanté,
En tua un grand nombre et montra son
courage.
Or l’aigle ravisseur, grand et rempli de
rage,
Arriva tout à coup et saisit le seigneur
Par les habits, puis le puissant oiseau
grogneur
S’éleva dans les airs en emportant sa
proie.
Tous les aigles crièrent en signe de
joie,
Et le cheval, vaincu et bien désespéré,
Se coucha sur l’herbe, triste et dos
lacéré
Par les griffes de ses assaillants
farouches.
Le grand aigle emporta, léger comme une
mouche,
Jusqu’aux nues le seigneur au cœur empli
d’effroi.
L’île était son royaume et il était le
roi
De ces bêtes sauvages, à ses ordres
dociles.
Il l’avait l’intention, chose qu’il crut
facile,
De laisser le seigneur tomber d’un haut
endroit.
Mais malgré sa frayeur rusé et fort
adroit,
Il prit une corde qu’il avait dans sa
poche
Et au milieu du corps, comme une lourde
roche,
S’étant lié, aux pattes de l’aigle il
attacha
L’autre bout de la corde. L’animal le
lâcha,
Ne s’étant aperçu de rien ; mais sa
victime
Dont il ne tint pas la ruse en haute
estime
L’entraîna à son tour et arriva sans mal
A l’île. Le seigneur éventra l’animal
Et il trouva l’anneau. Ô joie
incomparable !
Il remonta sur son cheval vénérable
Et il partit au grand galop, car il restait
Un jour à vivre à sa belle qui s’attristait.
Le roi et la reine s’affligeaient et
pleuraient
De voir périr leur jeune fille qu’ils
adoraient.
La princesse songeait à son brave
sauveur :
« Hélas ! disait-elle, sa
fatale ferveur
Le conduira bientôt à la mort, ô alarmes ! »
Et la pauvre princesse versait mille
larmes.
Mais au même moment elle entendit venir
Son amant triomphant et qu’avant de
bénir
Tous entourèrent et de questions
accablèrent.
Le roi et la reine de son échec
tremblèrent,
Mais il avait l’anneau et courut, fort
heureux,
Le mettre au doigt de celle dont il est
amoureux
Et qui devint, par là, sa légitime
épouse,
Ce qui rendit mille âmes de son bonheur
jalouses.
Les fêtes durèrent trente jours entiers
Et on mangea et but sans faire de
quartier.
Plus tard, le prince et la princesse
montèrent
Sur le trône à leur tour et sagement
gouvernèrent
Leurs sujets qui étaient de leur règne
contents.
Ils moururent tous deux après plus de
cent ans
Et avaient douze fils comme eux bons et
justes
Et plusieurs petits-fils charmants et
robustes
Qui vécurent, eux aussi, heureux et sans
gémir,
Sans courir de hasards et sans jamais
frémir.
[FIN DU CONTE: L'ANNEAU DE LA PRINCESSE]
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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