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LA dévoration de diomède
Gustave Moreau, Diomède
dévoré par ses chevaux (1865)
Diomède
de Thrace, monstre abhorré
Dont
les hôtes sont morts dans les chaînes,
Vaincu
par Héraclès, est dévoré
Par
ses juments nourries de chair humaine.
Elles
mangent leur maître tout sanglant
Comme
dans les montagnes un peu d’herbe,
Qui
avec des gestes vains et violents
Lutte
contre ses bêtes superbes,
Courroucée,
dont les museaux sont fumants
Comme
une terrible et profonde forge
Et
comme une mer d’hiver écumants
Tandis
qu’elles lui mordent la gorge
Les
bras, les pieds et l’impassible cœur,
Pareilles
aux lubriques Ménades
Qui
déchirèrent Orphée avec fureur,
Le
sein empli de son amour malade !
Comme
l’orage ennemi des flambeaux
Démantèle
les errantes voiles,
Elles
répandent ses rouges lambeaux
Jetés
partout, ainsi que les étoiles.
Prenez
garde, mortels qui frémissez
De
cette horrible et sanglante histoire,
Aux
sombres bêtes que vous nourrissez
Et
qui vous mangeront dans la nuit noire.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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La Muse a commencé à soupirer le 08/04/2012. Poèmes publiés sur le Blog : 2209.
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jeudi 6 avril 2017
La Dévoration de Diomède
samedi 1 avril 2017
Andromède enchaînée
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andromède enchaînée
Théodore Chassériau, Andromède attachée au rocher par les Néréides (1840)
Andromède, châtiée à cause de sa mère,
Gémit, à un rocher enchaînée, dans les fers,
Et attend, éplorée et de son sort amère,
Que la bête vienne des ténébreux enfers.
La mer semble railler sa sombre détresse
Et cache le monstre de son dieu dans ses flancs,
Et ses flots dangereux s’agitent avec paresse
Devant la beauté nue qui gémit en tremblant ;
On entend, pareil à un lointain tonnerre,
Venir de l’abîme un lointain rugissement,
La chose formidable au cœur sanguinaire
Comme un amant des eaux approche doucement !
Tout comme Iphigénie sacrifiée par son père,
La victime enchaînée au rocher sacrificiel
Attend avec effroi et secrètement espère
Et soupire en rêvant et contemplant le ciel
Calme et que rien n’émeut, grand sphinx impassible
Dont le dos est doré par le radieux soleil,
Qui dort éternellement, vaste et invincible,
Et dont rien ne trouble le souverain sommeil !
Elle attend qu’il envoie pour lui sauver la vie
Un héros rugissant et qui tarde à venir
Son âme légère sera-t-elle ravie ?
Elle attend et à la mer semble appartenir.
Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène
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lundi 27 février 2017
Cérès et Ascalabe
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cérès et ascalabe
Salomon Koninck, Cérès moquée par Ascalabe (1645)
Maigre comme un fantôme qui passe,
Cherchant Perséphone loin des rayons,
Cérès voit soudain, affamée et lasse,
Mismé et sa coupe de cycéon.
Croyant voir partout sa fille ravie,
La pauvre déesse, errant tout le jour
Et demandant Perséphone à la vie,
Emplie d’un grand et maternel amour,
A prié Hadès comme on prie un maître,
Bien qu’il soit son égal, et a ployé
Ses genoux dans les temples de ce traître,
Le cœur dans des flots de chagrin noyé !
Elle a pleuré comme toutes les mères
Victimes de l’inéluctable sort,
Qui se penchent, sources éphémères,
Sur les berceaux hideux de leurs fils morts !
Sa faim le disputant à sa tristesse,
Elle aperçoit de loin, spectre charmant,
L’humble masure de sa vieille hôtesse,
Et le cœur étant lui aussi gourmand,
Reprend espoir et boit la coupe pleine
Goulûment, quand Ascalabe insolent
Lui lance une raillerie soudaine,
Enfant que frappe un châtiment violent.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 24 février 2017
Hylas et les Nymphes
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hylas et les nymphes
Francesco Furini, Hylas entraîné par les Nymphes (v. 1630)
Environné de flots et de nymphes lascives
Qui veulent l’emporter dans leur abîme amer,
Hylas gémit comme les beautés chétives,
Ravi à ses amis par l’ombre et par la mer.
Polyphème est inquiet, et les Argonautes,
Ne voyant point revenir le frêle aventurier,
Se demandent si ce n’est pas de leur faute
Et si ce jeune homme deviendra un guerrier ;
Héraclès, dont Hylas était l’éromène,
Cherche quelque chose dans l’ombre à massacrer,
Un monstre, l’Hydre grecque ou les Furies romaines,
Embrasé lentement par son courroux sacré.
Les nymphes murmurent des choses charmantes
À leur captif tremblant et accablé de fers,
Belles divinités nues et alarmantes
Et dont les yeux sournois sont de radieux enfers !
La mer, sombre au milieu de toutes ces aurores,
Ténébreux et profond abîme qui sourit,
Encercle l’éphèbe qu’elle mange et dévore
Et comme ses filles de lui se nourrit.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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vendredi 10 février 2017
La Tentation des anachorètes
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la tentation des anachorètes
Salvator Rosa, Anachorètes tentés par les démons (1660-1665)
Dans la ruine qui leur sert de maison
Quand le soir vient, les anachorètes
Entendent soudain hurler sans raison
Des démons caressant leurs lyrettes,
Ténébreux saltimbanques de l’enfer
Dansant, chantant, effrayants et comiques,
Qui ont soudain brisé leurs pesants fers
Et disent aux moines des choses lubriques,
Enivrés par la joie et par l’amour,
Etreignant leurs volages femelles,
Louant l’aurore, bénissant le jour,
La nuit et l’aube, ces sœurs jumelles !
Par ces bruyants visiteurs tourmentés,
Les anachorètes en vain se cachent,
De faire comme leurs bourreaux tentés
Et craignant que les cieux ne se fâchent ;
Les démons, s’agrippant à leurs haillons,
Les suivent comme des flots rapides,
Leur montrent en vain les éternels rayons
Et le bleu du firmament limpide.
Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène
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