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mercredi 22 janvier 2020

Cécité après le monde

Cécité après le monde

Quand le monde sera fini comme un livre
Qui ennuie à la fin et au début enivre,
Et que la nuit fera taire ses cris,
Ce qui existera, ce sera l’esprit.
Aveuglé devant les choses altières
Par l’ombre comme on l’est par la lumière,
Il cherche la Beauté et la Raison,
Ces deux portes de la même maison,
Il erre sans fin dans des chemins sombres
Qui n’ont pas de but et n’ont pas de nombre
Et comme le vieux cosmos sont ridés,
Tel Prométhée, autrefois, décidé
À voler le feu divin à l’abîme
Et à le donner – forfait sublime –
Aux spectres qui ont été des mortels.
L’esprit trouvera toujours son autel,
Même dans la nuit la plus immense,
Même dans la tempête sans clémence,
Il est le seul asile et le seul port.
Comme un nouveau-né de sa mère sort,
Il sortira glorieusement des ténèbres
Et s’en ira dans l’espace funèbre,
Torche enflammée et grand flambeau vivant,
En brillant, en pensant et en rêvant.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

vendredi 1 juillet 2016

Le Néant

 Le néant

Hélas ! cet univers n’est qu’une vaste ombre,
Et la nuit nous couvre de son aile sombre !
Tout ce qui est grand, tout ce qui est bien et beau,
Est l’éternelle proie de l’éternel tombeau !
Pourquoi ces planètes, pourquoi ce monde ?
Pourquoi ce firmament, ces printemps, ces ondes ?
Tout est voué à la destruction, à la mort,
Rien ne demeurera ici-bas, c’est le sort !
Quant à vous, rois, tyrans que le néant enivre,
Lisez les deux premiers mots de l’énorme livre :
Mort, Anéantissement ! Lisez le mot suivant :
Illusion ! vous grondez sombrement en rêvant ;
Taisez-vous, écoutez ce morne silence !
Votre néant se tait, et vous, pestilences,
Vous pourrissez déjà, rongées par les vils vers !

Mais vous vivez longtemps, et ceux qui nous sont chers
Ephémères comme des rêves, se meurent !
Les plus bons nous quittent et les plus mauvais demeurent !
Comme tout est absurde et petit ici-bas !
L’abîme n’écoute point notre coeur qui bat ;
Hélas, hélas ! tout va au ténébreux gouffre !
Tout ce qui vit gémit, tout ce qui vit souffre,
Chimère que le monde ! illusion que l’amour !
Ce jour, mortel, est peut-être ton dernier jour !
Cette nuit, tu verras tes dernières étoiles !
Et le précipice pesant te voile
Déjà de ses ténèbres et de son noir linceul,
Dans ses limbes sans fin tu erreras seul !


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène