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samedi 15 août 2020

Re-Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous

 RE-ce monde, comme on dit, est une cage à fous

D’après le poème  « Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous » d’André Mage de Fiefmelin (1560-1603) duquel je ne garde ici que la première strophe


Ce Monde, comme on dit, est une cage à fous,

Où la guerre, la paix, l'amour, la haine, l’ire,

La liesse, l’ennui, le plaisir, le martyre

Se suivent tour à tour et se jouent de nous.

 

Nul ne saura de quoi les lendemains sont faits,

De lumière ou de nuit, d’espoirs ou de ténèbres,

Et l’avenir est comme un voile funèbre

Jeté sur la vie et aussi pesant qu’un faix.

 

L’existence raille les futiles desseins

De l’homme qui soustrait et qui additionne

Pour compter les rayons du soleil qui rayonne,

Les nuages du ciel, des oiseaux les essaims !

 

La vie, en vérité, est un sombre sentier

Et nul ne sait jamais où son destin le pousse,

Tempête courroucée ou alors brise douce

Qui prend la frêle voile ou le vaisseau altier

 

Jusqu’à des rivages radieux ou ténébreux !

L’ennui est immortel, l’espoir impérissable,

Nos maisons sont comme les châteaux de sable

Et nos rêves comme le genre humain nombreux ;

 

L’homme de son sommeil est réveillé soudain

Par la réalité qui vient de naître,

Aurore qui entre toujours par la fenêtre

Et éclaire toute la chambre avec dédain.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 24 octobre 2016

Le poète à l’hôpital des fous

le poète à l'hôpital des fous

Eugène Delacroix, Le Tasse à l’Hôpital Sainte-Anne de Ferrare (1839)

Le poète, oublié dans sa prison sombre,
Et raillé par les fous comme par le destin,
Gémit, appesanti par les fers de l’ombre
Qui dévore son cœur comme un vivant festin ;

A ses pieds, déchirés comme par des serres,
Ses manuscrits jetés, toujours recommencés,
Pareils aux cadavres dans lesquels le ver erre,
Sont les épais linceuls du génie offensé !

Et il songe, vaincu, triste et ridicule,
A ses jours de gloire, éphémères mais beaux,
Dans cette chambre emplie d’un vague crépuscule

Qui l’éclaire comme un invisible flambeau,
L’esprit comme le corps couvert de mille haillons,
Cherchant on ne sait où d’impossibles rayons.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène 

jeudi 29 septembre 2016

La Maison de fous

la maison de fous

Francisco de Goya, La Maison des fous (1812-1819)

Dans une cave obscure et profonde
Où le soleil apeuré n’entre pas,
On entend la sombre Folie qui gronde
Et qui raille la vie et le trépas ;

Des aliénés, laissés dans cette geôle,
Prisonniers dont les esprits sont les fers,
Parés de leurs sinistres auréoles,
S’amusent dans leur éternel enfer :

L’un porte des plumes, l’autre une tiare,
Un autre une tricorne ; l’un combat,
L’autre prie, un autre dort ou s’effare,
Guettant quelque chose qui vient d’en bas,

Et ces damnés, effrayants et grotesques,
Privés d’air frais comme de la raison,
Hantés de mille visions cauchemardesques,
Errent dans leur éternelle maison !

Ils ne reverront plus la douce aurore
Blanchir le ciel, enneiger les sommets !
Et la nuit, ils erreront encore,
Forçats de l’ombre, maudits à jamais !

Et pourtant, ces captifs nous ressemblent,
Rêveurs armés des lyres ou des compas,
Et qui d’un mot ou d’une onde tremblent,
Las de tout ce qui existe ici-bas ! 


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène