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dimanche 27 mai 2018

Galatée

galatée

En attendant, le cœur pieux,
L’improbable déesse,
Pygmalion, la nuit, caresse
Son chef-d’œuvre avec les yeux.

Il rêve comme un damné
Devant la froide statue
Au doux sourire qui tue,
Et avec des mots fanés

Lui déclare sa flamme
En l’appelant sa femme
Et son véritable amour,

Et attend, âme maudite,
La défunte Aphrodite
Jusqu’à l’aurore du jour.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

vendredi 16 décembre 2016

Psyché aux enfers

psyché aux enfers

Eugène-Ernest Hillemacher, Psyché aux enfers (1865)

Pour retrouver Cupidon, son amant,
La blanche Psyché, belle et maudite
Par la jalouse et sombre Aphrodite,
Fait reluire aux enfers son front charmant ;

Charon, l’éternel et vieux passeur,
Contemple, bien qu’il soit impassible,
Cette douce beauté irrésistible,
Et rêveur, rame avec plus de douceur,

Les morts dont les yeux, comme des flambeaux,
Reluisent dans la nuit qui les assiège,
N’ont jamais vu autant de neige
Et un front aussi doux et aussi beau,

Voulant monter dans la barque, l’un d’eux
A qui Charon donne un grand coup de rame,
Désire enlacer avec fureur l’Âme,
Bien qu’il soit nauséabond et hideux,

Car c’est Psyché, qui émeut l’univers,
Et dont la beauté ressuscite et tue,
Qu’on va contempler comme une statue
Et qui attendrit les vents de l’Hiver,

Et vient, d’Aphrodite souffrant les fers,
Pour voler un peu de Proserpine,
Portant sa boîte comme une épine
Et errant dans les ténébreux enfers.


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 13 août 2012

Le jour d'Aphrodite


Le jour d’Aphrodite


Ce poème est dédié à la femme tunisienne qui célèbre aujourd'hui sa Fête nationale. Vive la femme libre et épanouie!


Ne gémis point, noble femme,
Et brave fièrement et sans effroi
Au nom de tes éternels droits
Tous tes ennemis infâmes !

La fleur que la houle courbe
Garde toujours sa douce odeur ;
Combats et terrasse sans peur
Ceux qui oublient, sombres et fourbes,

Qu’ils furent une pensée éphémère
Dans ton sein qui les enfanta
Et comme un fardeau les porta
Appesantissant leurs mères,

Qu’avec ta voix pleine de tendresse
Tu berças l’enfant endormi
Qui pleure sans raison et gémit,
Epris de toutes tes caresses !

Dis-leur : « Je suis la déesse
De la vie, comme de l’amour !
Et je rayonne comme le jour
Qui reluit avec paresse,

De mes droits légitimes,
De mon éternelle liberté
Que je chante avec fierté
Malgré vos fers et vos crimes,

Vous ne me priverez pas ! Vos chaînes
Ne pourront pas m’appesantir,
Et je ne puis consentir
A gémir de votre haine

Ou trembler de vos voix qui grondent !
Quand je passe, vous vous courbez
Et à mes pieds vous tombez
Et je ploie le dos du monde

Qui contemple mes divins charmes
Et m’implore de le sauver
Et passe sa nuit à rêver
De ma beauté qui l’alarme ! »


Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène

lundi 7 mai 2012

A Aphrodite et à ses filles


à Aphrodite et à ses filles


Ô, Aphrodite ! Que ton foudre radieux
Sur les criminels ennemis des dieux
Qui maudissent tes filles charmantes
Tombe, en les emplissant d’épouvante !
Maudis l’homme qui n’a jamais soupiré
En songeant à un visage adoré
Ou à un baiser ardent et sombre
Volé à une beauté, dans l’ombre !
Comme tu châtias Tirésias imprudent
Qui devint aveugle en te regardant,
Châtie le fourbe qui de reluire
N’a jamais imploré un sourire
Et bénis doucement les amoureux
Appesantis par leurs fers et heureux
Qui dans les bois et dans les rues errent
Epris d’un parfum et de la lumière !

Femmes radieuses, plus belles que le jour,
Soyez bénies, déesses de nos amours !
Amoureuses ou rebelles, vous êtes
Les muses qui bercent les poètes
Lentement, avec les chants de leurs voix,
Et quand, belles et nonchalantes, on vous voit,
Tout nous éblouit car tout rayonne !
Du ciel qui vous envoie vous êtes l’aumône,
Comme le soleil fait épanouir les fleurs,
Vous faites soudain épanouir dans nos cœurs
Votre amour parfumé qui nous enivre,
Pétales d’une rose, feuilles d’un livre,
Ils s’ouvrent, caressés par vos blancs doigts !
Nous obéissons à vos douces lois,
Et quand nous ne pouvons, souveraines,
Vous embrasser, nous embrassons nos chaînes,
Rêveurs, en vous vous voyant enfin venir,
Nous vous aimons et aimons vous bénir !



Par: Mohamed Yosri Ben Hemdène