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dimanche 2 août 2020

Re-Sur ces paroles : combien de choses avons-nous...

RE-sur ces paroles : combien de choses avons-nous...

D’après le poème  « Sur ces paroles : combien de choses avons-nous... » de Lazare de Selve  (1540?-1623) duquel je ne garde ici que la première strophe

Homme rempli d’orgueil et de curiosité,
Qui te fait si hardi de rechercher la cause
Des œuvres du grand Dieu auteur de toute chose ?
Et demander un compte à la divinité ?

Pauvre atome perdu dans la création !
Tes illusions, que tu crois impérissables,
Sont aussi nombreuses que les grains de sable,
Et les tempêtes de l’orgueil et des passions

Ainsi qu’une feuille morte, emportent ton cœur
Au rivage lointain que ne mouille pas l’onde,
Où tu demeureras jusqu’à la fin du monde
Parmi les arbres secs et les rares fleurs.

Vil être invisible qui fait beaucoup de bruit,
Jamais tu ne seras plus grands que les montagnes,
Jusqu’au jour du Jugement, la terre est ton bagne,
Tu seras brûlé par le soleil qui reluit

En ouvrant tes ailes dans le firmament bleu !
Quant à tes théories, quant à tes découvertes,
Elles peuvent séduire et être belles, certes,
Mais montrent ton néant et que tu es si peu !

À genoux, petit être sans nom, à genoux !
Jamais tu ne pourras égaler ton Maître,
Comme une poussière tu sors par la fenêtre
De la maison des cieux emplie de parfums doux.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

jeudi 12 décembre 2019

Absurdité des choses


 Absurdité des choses

Tel un serpent qui se mord dans la queue dans l’ombre,
Tout se meut dans la nuit dans ce monde sombre,
Ainsi que les vaisseaux sous un ciel inclément,
Dans une mer sans phare et aux grands flots déments.

L’homme est condamné avant même que de naître,
Il est perdu et ne sait quel sera son sort,
Habillé d’un linceul, il tremble de la mort
Comme un enfant dans une maison sans fenêtres.

Toutes nos opinions, toutes nos doctrines,
Rendent le gouffre plus terrifiant et plus noir,
Et la vérité est plus loin que la Chine
De notre entendement et de ce qu’on peut voir.

La vie, flot immense, au néant nous emporte,
L’inconnu devant nous s’ouvre comme la porte
D’une vaste chambre tout emplie de brouillard,
De vases aux fleurs fanées ainsi que d’œuvres d’art.

Nos mots sont impuissants et couvrent les choses
Comme d’infimes grains de poussière et de nuit
Et comme la rosée qui couvre les roses
Lorsque la douce aurore au firmament reluit.

Nous mettons tout ce qui existe au dictionnaire
Mais rien n’a de sens ni de but ici-bas,
Et vivre est défectif et nous en sommes las
Comme nous sommes las des deux auxiliaires.



Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène

mercredi 4 septembre 2019

Les choses mornes

les choses mornes

Je veux chanter, ô Muse,
Les firmaments sans soleil
Aux sombres hivers pareils
Et à des âmes confuses,

Je veux chanter les fleurs mortes
Écrasées sur les trottoirs,
Que l’inexorable soir
Dans ses huit serres emporte,

Les appartements vides
Où les draps sont des linceuls
Et où on est toujours seul
Avec son cœur livide,

Les hôpitaux où l’on souffre
Et où la mort n’est pas loin,
Malgré les généreux soins,
Et l’image du gouffre,

Les escaliers qu’avec peine
Et essoufflé on gravit,
Destin de tout ce qui vit
Et de la race humaine,

Et les souvenirs qui tourmentent
Notre esprit et notre cœur,
Victimes du temps vainqueur
Qui dans l’ombre se lamentent.


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène 

vendredi 13 juillet 2018

Les choses fatiguées

les choses fatiguées

Je revois la licorne lasse
La corne cassée, dans l’espace
Ne pouvant plus jamais s’envoler,
Et remuant ses deux flancs ailés
Comme la brise un chêne immense !
Je revois les fées de notre enfance,
Vieilles et ridées par le Destin,
Qu’on ne convie à aucun festin,
Chétives, errantes, faméliques,
Portant leurs baguettes magiques
Qui ont soudain perdu leurs pouvoirs !
Il m’arrive aussi de revoir
Les princesses douces et altières,
Même les méchantes sorcières,
Je m’en souviens avec ravissement !

Et ces choses, cruellement, doucement,
S’envolent sans retour, éphémères
Comme les charmantes chimères
De notre enfance, du temps jadis,
Qui font rire nos filles et fils !


Par : Mohamed Yosri Ben Hemdène